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    Responsabilités des universités (savoirs)

    Transmission des savoirs et responsabilités des universités Nazisme, Vichy, conflits coloniaux et ethniques

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    Publié le mardi 24 octobre 2000 par Marin Dacos

    Résumé

    Colloque international 27-28 octobre 2000 En octobre 2000, l’université Paris 7-Denis Diderot fête ses trente ans d’existence, le temps d’une génération et l’occasion, entre fondation et refondation, d’une réflexion sur le rôle de l’univers

    Annonce


    Colloque international
    27-28 octobre 2000


    En octobre 2000, l’université Paris 7-Denis Diderot fête ses trente ans d’existence, le temps d’une génération et l’occasion, entre fondation et refondation, d’une réflexion sur le rôle de l’université dans la transmission des savoirs et sur les responsabilités qu’implique ce rôle essentiel à la survie de nos sociétés.
    Ces dernières décennies, l’université a été confrontée de manière récurrente aux problèmes posés par ces " passés qui ne passent pas ", nazisme, Vichy, guerres coloniales mais aussi par les idéologies se réclamant de la race, de la purification ethnique et autres politiques multipliant massacres et génocides en cette fin de siècle. Les médias, la justice et l’Etat placent souvent l’enseignement et la recherche en première ligne, soit pour leur demander des expertises, soit pour leur assigner des tâches civiques d’éducation, soit au contraire pour mettre en cause leurs responsabilités, et pour se substituer à eux. Le milieu scientifique lui-même est agité par des scandales, des polémiques, des affaires qu’on ne saurait traiter comme étant circonscrits à des individus ou à des minorités dévoyées. Exorciser les faits en les rejetant dans un passé désormais obsolète, désigner des boucs émissaires ou prononcer des condamnations éthiques ne permet pas de prendre en charge ces questions. Le but de ce colloque n’est pas d’établir un triste mais souvent encore actuel bilan de ces débats mais de s’interroger sur plusieurs problèmes fondamentaux : nature et place des conceptions racistes dans notre histoire, fonction sociale des savoirs, modes des transmissions, mémoire et amnésie.

    Pour tenter d’y réfléchir le colloque s’efforcera d’explorer un certain nombre de secteurs, de reprendre de manière critique certains thèmes laissés parfois dans l’ombre discrète de l’oubli ou de l’indifférence (souvent feinte), de questionner certaines disciplines, de l’intérieur comme de l’extérieur, de mettre en avant nombre de problèmes posés par les transmissions des savoirs telles qu’elles sont pratiquées par l’université, du choix initial aux modes de transmission eux-mêmes : quels savoirs, quels moyens de transmission mais aussi quelles formes de résistance et quels systèmes de références fondés sur une culture européenne séculaire pour dénoncer les ignominies, déconstruire les erreurs, réfuter les amalgames honteux ?

    La question des responsabilités de l’Université dans la transmission des savoirs ne date pas d’aujourd’hui, elle n’est pas le fait d’un pays, d’une histoire ou d’un système éducatif particulier. S’ouvrant à d’autres expériences et à d’autres pays, le colloque privilégiera les approches comparées (en particulier France, Allemagne, Italie et Etats-Unis), mais aussi, dans l’esprit de Denis Diderot, la perspective pluri- et interdisciplinaire.

    Il s’articulera autour de quatre grands axes de transmission du savoir : -les " sciences de gouvernement ", diverses pseudo-sciences en rapport avec les sciences de la vie (marquées par le racisme, l’eugénisme, le " darwinisme social "), la mémoire et la transmission de certains passés (négationnisme, Vichy, histoire du colonialisme), les modes et responsabilités de la transmission des savoirs (enseignement de l’histoire en France et en Allemagne).

    Par ailleurs, si le choix du temps présent s’est imposé, c’est qu’un regard rétrospectif sur le siècle qui vient de se terminer est nécessaire, siècle qui a plus que tout autre révélé l’imbrication des savoirs et des pouvoirs.

    La modernité porte à la fois une scientisation de la société et une politisation de la science. A l’évidence, gouverner et connaître vont de pair. Les sciences de l’homme se sont développées en rapport étroit avec des références contradictoires : idée de progrès et de civilisation, face humaniste de notre culture, mais aussi affirmation des nationalismes, de l’Etat totalitaire et affirmation d’une domination européenne sur le monde.

    Face à ces défis, les sciences ont montré et montrent encore des attitudes contrastées, une perméabilité aux idéologies totalitaires et inégalitaires mais aussi une capacité de résistance.

    L’Université comme lieu d’élaboration et de diffusion de ces savoirs ne pouvait négliger d’affronter les contradictions dont est faite la culture européenne qu’elle a mission de transmettre, d’analyser de manière critique le rôle qui lui incombe dans cette mission.




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    Pour toute information, contacter :
    Claude Liauzu / Gilles Pidart (GHSS) 01 44 27 78 26
    M.C. Hoock-Demarle (EILA/ Vice-présidence LSH) 01 44 27 82 20 / hodemar@ccr.jussieu.fr
    Université Paris 7 -Denis Diderot - 2, place Jussieu 75 251 PARIS cedex 05
    Indormations pratiques : entrée libre
    Université Paris 7, campus Jussieu, Amphithéâtre 24, Métro Jussieu







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    PROGRAMME DES SEANCES
    Amphithéâtre 24

    Ouverture à 9h30-10h

    Michel Delamar, Président de l’Université Paris 7 Denis-Diderot
    Michel Alliot, premier Président de l’Université Paris 7

    I-Sciences de gouvernement, 27 octobre, 10-13h
    Présidence : Catherine Quiminal
    Hervé Le Bras, Quatre démographies au service de l’Etat nation (1662-1999)
    Sandrine Bertaux, Le cas de la démographie française et italienne : instrumentalisation de la démographie par le pouvoir et projet politique des démographes
    Christian Grataloup, La géographie, une discipline chargée d’inculquer l’identité par le territoire national et une certaine vision du monde
    Jochen Hoock, Géopolitique : discours scientifique et discours de domination, le cas allemand
    Commentateur : Véronique de Rudder

    II- Guerres de mémoires et Histoire, 14h30
    Présidence : Rita Thalmann
    Valérie Igounet, Le négationnisme en France 1945-2000
    Marie-Claire Hoock-Demarle, Les dimensions du " Historikerstreit "
    Odile Krakovitch et Caroline Piketty, Faut-il tout communiquer ? Le problème posé par la " libéralisation " des archives de Vichy
    Commentateur : Rita Thalmann
    Présidence : Catherine Coquery-Vidrovitch
    Claude Liauzu, Interrogations sur la difficulté de penser le racisme dans les études historiques
    Florence Gauthier, De l’esclavage à l’aristocratie de l’épiderme. L’exemple du colonialisme du Royaume de France aux XVII°-XVIII° siècles
    Elise Marienstras sur les guerres indiennes dans l’identité nationale et la culture américaines
    Carole Reynaud-Paligot, Paul Rivet : contradictions et ambiguïtés d’un intellectuel antiraciste dans les années trente
    Commentateur: Daniel Hémery
    Film en soirée

    III- Sciences, pouvoir de vie, pouvoir de mort, 28 octobre, 9h30

    Présidence : Pierre Fedida
    Michel Prum, Faut-il transmettre Darwin ?
    Claude Debru, L’hématologie en France et la fondation de l’Université Paris 7
    Michel Audisio, Histoire contrainte, mémoire folle : le jeu de l’exclusion entre scènes psychiques et scènes sociales
    Céline Lesourd, L’épuration dans les Facultés et les écoles de médecine à la Libération
    Benoît Massin, Comment les historiens ont vu le rôle des sciences biomédicales sous le nazisme
    Commentateur :Dr J.P. Liauzu, La découverte du mal et le scandale

    IV- Mémoires et enseignement : approches critiques, 14h30

    Présidence : André Gueslin
    Hubert Tison, L’Association des professeurs d’Histoire et Géographie et son action
    Sophie Ernst et Katy Hazan (INRP), Drames et refoulés de l’histoire du temps présent. Aider les enseignants à assumer des enseignements qu’ils jugent difficiles
    Evelyne Cohen, Enseigner l’histoire de Vichy, une histoire de plus en plus complexe
    Commentateur: Henri Moniot

    Table ronde :

    Michel Alliot
    Monique Chemiller-Gendreau
    Catherine Coquery-Vidrovitch
    Claude Debru
    André Gueslin.
    Marie-Claire Hoock-Demarle
    Claude Liauzu
    Michelle Perrot
    Rita Thalmann
    Hubert Tison

    Avec le soutien de la Présidence de l’Université, du Conseil scientifique, du Laboratoire Sociétés occidentales, du CERI, de l’URMIS et de l’UFR GHSS

    Lieux

    • Paris, France

    Dates

    • vendredi 27 octobre 2000

    Pour citer cette annonce

    « Responsabilités des universités (savoirs) », Colloque, Calenda, Publié le mardi 24 octobre 2000, http://calenda.org/185822