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Société, Nature, Technologie (2001)

La Contribution de la Sociologie Rurale. XIXème Congrès de la Société Européenne pour la Sociologie Rurale

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Publié le mercredi 01 novembre 2000 par Marin Dacos

Résumé

Les récents Congrès de la Société Européenne pour la Sociologie Rurale ont contribué à remettre profondément en cause les oppositions classiques entre villes et campagnes, modernité et tradition, qui conduisaient à n’analyser les dynamiques sociales ru

Annonce

Les récents Congrès de la Société Européenne pour la Sociologie Rurale ont contribué à remettre profondément en cause les oppositions classiques entre villes et campagnes, modernité et tradition, qui conduisaient à n’analyser les dynamiques sociales rurales que sous l’influence de l’urbanité. Les travaux présentés ont contribué à faire évoluer les thématiques et paradigmes des recherches, et à considérer les sociétés rurales comme des lieux actifs d’expression des mouvements de la modernité tardive. Nous souhaitons que le XIXème Congrès poursuive cette évolution : au-delà de l’analyse des nouvelles formes sociales que prend aujourd’hui la ruralité, nous souhaitons que les travaux présentés soient particulièrement centrés sur l’évaluation des apports de la sociologie rurale à la compréhension des caractéristiques et évolutions de la société dans son ensemble et dans ses relations à la nature et à la technologie.

Dans cette perspective, et sans que ces thématiques ne soient comprises comme limitatives, nous appelons les sociologues ruraux européens, ainsi que tous les chercheurs menant des études rurales, à apporter leur contribution, à l’occasion du Congrès de Dijon, aux points suivants :

 La renaissance rurale et ses problèmes. Dans plusieurs pays européens, les mouvements démographiques entre centres urbains et campagnes se sont inversés, des zones rurales redeviennent créatrices d'emplois et lieux de résidence de populations diversifiées. Par ailleurs, les limites spatiales entre villes et campagnes se dissolvent avec l’extension de la périurbanisation et des infrastructures de transport. Les nouvelles techniques de communication abolissent la séparations entre relations locales et relations à distance. En se diversifiant, les collectivités rurales affrontent de nouveaux problèmes d’intégration sociale entre groupes d’âge, nouveaux et anciens résidents, professions aux capitaux sociaux et culturels très différents. Dans le même temps, d’autres zones rurales, notamment dans les pays d’Europe Centrale et Orientale, mais aussi du Sud, continuent à affronter des restructurations profondes qui introduisent de grandes disparités sociales et régionales tant dans leur structure interne que dans leur insertion dans les ensembles nationaux et supranationaux

 L’environnementalisme et les ruralités disputées. La campagne, consacrée dans la période précédente essentiellement comme support de la production alimentaire, est de manière croissante traitée comme un réservoir de nature. Elle apparaît destinée à contribuer au maintien des grands équilibres et au patrimoine écologiques, et dans le même temps à satisfaire les loisirs des populations urbaines proches ou lointaines. Les modes d’utilisation du territoire des activités traditionnelles, comme l’agriculture, la foresterie ou la chasse, sont souvent remis en cause au nom des risques ou des dégradations environnementales. Ce mouvement contribue à redistribuer des responsabilités dans l’appropriation et l’aménagement de l’espace entre propriétaires, agriculteurs, responsables politiques, scientifiques, environnementalistes, résidents ou usagers. Les formes professionnelles ou citoyennes d’organisation et de mobilisation dans les sociétés rurales sont de manière croissante affectée par ces tendances.

 Le contrôle social sur les systèmes de production alimentaire. Avec la montée concomitante des inquiétudes alimentaires (comme dans le cas de la maladie de la vache folle) et des progrès des biotechnologies (et en particulier des OGM), les techniques de production et les filières agro-alimentaires sont soumises à la vigilance accrue des consommateurs et de la loi. Les contraintes de sécurité, de qualité, de traçabilité, deviennent partie intégrante des activités sur les terroirs ruraux, dans les laboratoires scientifiques et les chaînes de distribution alimentaire. Mais, face à ce mouvement qui contribue à accroître le contrôle social sur les modalités de la production alimentaire, les forces de la mondialisation, au nom de la libre circulation des marchandises, tendent à combattre toutes formes de contraintes réglementaires. Les techniques agricoles et agro-alimentaires deviennent d’importants enjeux dans les négociations internationales sur le commerce, l’environnement ou la santé.

 Le développement rural, la société réflexive et la mondialisation. L’Europe a une longue histoire de développement inégal dans le domaine social et économique. Dans le contexte de la nouvelle Europe et des mouvements de mondialisation, il est important d’évaluer les conséquences pour le développement rural, à l’ouest comme à l’est et au sud du continent, de ces nouveaux impératifs d’intégration sociale, de créations d’emplois, de respect et de restauration du patrimoine écologique, paysager et architectural, de contrôle des évolutions technologiques au nom du principe de précaution. Si les objectifs de modernité et d’équité de la période précédente gardent leur actualité dans beaucoup de pays et de régions, s’y ajoutent dorénavant des attentes et impératifs d’équilibre social, de sagesse environnementale et de sécurité alimentaire, dans un contexte de dérégulation commerciale accélérée. Toutes les stratégies de développement rural sont soumises à ces pressions contradictoires.

Nous invitons tous nos collègues, universitaires, chercheurs et étudiants, à apporter leur contribution à cette analyse et à cette compréhension des sociétés rurales contemporaines parties intégrantes de la modernité tardive, et à présenter leurs travaux au XIXème Congrès de la Société Européenne pour la Sociologie Rurale qui se tiendra à Dijon (France) du 3 au 7 septembre 2001. Nous souhaitons saisir l’occasion de ce Congrès pour nous adresser à l’ensemble de la communauté des sociologues européens, et lui montrer la vitalité de la sociologie rurale et son importance dans la compréhension du monde d’aujourd’hui.

Afin d’organiser le cadre des contributions et des débats, nous appelons ici nos collègues dans un premier temps à proposer des thèmes d’ateliers correspondant à l’orientation générale du Congrès. Nous souhaitons qu’une large place soit faite à cette occasion aux jeunes sociologues ou aux sociologues nouveaux dans la profession, et nous les engageons à ne pas hésiter à se porter candidats à la définition des thèmes et problématiques de ces ateliers. La même invitation est faite aux collègues des sciences sociales voisines et amies. Un second appel au Congrès, cette fois pour les communications (qui seront présentées en anglais), sera diffusé en janvier 2001.


Date limite pour les propositions d’ateliers et d’animateurs (à adresser au Comité Scientifique du Congrès) : 15 décembre 2000.

Comité scientifique du XIXème Congrès de la SFSR: Christian Deverre (France) (deverre@avignon.inra.fr) et Manuel Belo Moreira (Portugal) ( mbelomoreira@isa.utl.pt ).

Comité d’organisation: Bruno Lemery (Bruno.Lemery@enesad.inra.fr) et Philippe Perrier-Cornet (France) (perrier@enesad.inra.fr).

Site Web de la Société Européenne pour la Sociologie Rurale : http://cc.joensuu.fi/~alma/esrs/index.htm


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Society, Nature, Technology

The Contribution of Rural Sociology

XIXth Congress of the European Society for Rural Sociology

Dijon (France), 3-7 September 2001.


Recent Congresses of the European Society for Rural Sociology have contributed to deeply questioning the classical distinctions between town and country, modernity and tradition, that understand social rural dynamics as shaped only by urbanity. Studies have focused on new objects and paradigms, and rural societies have been considered as active places where the trends of late modernity fully develop. We wish in the XIXth Congress to carry on this theme: beyond the analysis of the new social forms that rurality takes today, we would like especially to assess the degree to which rural sociology can offer a significant understanding of the characters and evolution of the society, as a whole and in its relations with nature and technology.

With this end in view, we call European rural sociologists and other scientists interested in rural studies to address the following issues for the Dijon Congress (this list is not exhaustive):

 Rural renaissance and its problems. In several European countries, the demographic movements between urban centres and countryside have reversed, rural areas are creating jobs and becoming places of residence for diversified populations. Moreover, spatial limits between town and countryside are dissolving with the spreading of “rurbanity” and new means of transport. New communication techniques are abolishing the gap between local and distant relations. Diversifying themselves, rural communities are faced with rising social integration problems between generations, early and new residents, occupations with very different social and cultural capitals. In the meantime, other rural areas, especially in Central and Eastern European countries, but also in the South, continue to face deep structural changes and redeployments, that bring great social and regional disparities, as much in their internal structure as in their insertion in the national and supranational entities.

 Environmentalism and contested ruralities. The countryside, considered primarily as the base for food production in the past, is increasingly treated as a nature tank. It is required to contribute to the conservation of global ecological stability and heritage, and, at the same time, to meet urban populations’ leisure expectations. The ways in which traditional activities, like farming, forestry or hunting, used rural territories are often criticised for generating environmental deterioration or risks. This movement leads to new allocation of responsibility in landscape appropriation and management between landowners, farmers, political bodies, scientists, environmentalists, residents and consumers. Professional and citizen forms of organisation and mobilisation in rural societies are governed more and more by these trends.

 The social control of food production systems. With the joint rise in concerns about the quality of food (as in the case of the mad cow disease) and about biotechnological advances (especially genetically modified organisms), agricultural and agro-industrial production techniques and organisations are subject to growing watchfulness from consumers and law makers. Obligations of safety, quality, traceability, become integral parts of food production activities, scientific and industrial laboratories, and food handling companies. However, against this movement toward a growing social control over food production practices, the trends of globalisation, in the name of free trade, tend to rule out any form of regulatory compulsion. Farming techniques become important stakes in the international negociations dealing with trade, environment or health.

 Rural development, reflexive society and globalisation. Europe has a long history of uneven economic and social development. In the context of the new Europe and of the globalisation movement, it is important to assess the consequences for rural development, in the west as in the east and the south of the continent, of these new requirements of social integration, job creation, respect for and conservation of ecological, aesthetic and architectural landscapes, and precautionary control of the technological evolutions. If the political goals of modernity and equity fulfilment that had priority in the last period are still topical in many countries and regions, new objectives are taking the lead on the agenda, such as social harmony, environmental wisdom, health and safety, in a context of fast trade deregulation. All rural development strategies are facing those contradictory pressures.

We invite all our colleagues, academics, researchers and students to contribute to the analysis and understanding of contemporary rural societies as integral parts of late modernity, and to present their current work in the Congress. We should seize the opportunity of this Congress to address the whole community of European sociologists in order to demonstrate the vitality and fertility of rural sociology, and its importance for understanding today’s world.

In order to organise these contributions, we call here first for convenors who will suggest topics for workshops in line with the general theme of the Congress. We hope too that a large share of the Congress program will be taken by sociologists new to the profession, and we invite them to take an active part in the definition of the topics and in the animation of these workshops.

Deadline for convenors to propose workshops to the Scientific Committee: December 15th 2000

Scientific Committee: Christian Deverre (France) (deverre@avignon.inra.fr) and Manuel Belo Moreira (Portugal) ( mbelomoreira@isa.utl.pt ).


Local Organising Committee: Bruno Lemery (Bruno.Lemery@enesad.inra.fr) and Philippe Perrier-Cornet (France) .






Lieux

  • Dijon
    Dijon, France

Dates

  • lundi 03 septembre 2001

Source de l'information

  • Jacques Rémy (INRA et ARF) ~
    courriel :

Pour citer cette annonce

« Société, Nature, Technologie (2001) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 01 novembre 2000, http://calenda.org/185849