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    Marges et replis dans la gauche française : l'apport des itinéraires militants

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    Publié le lundi 13 novembre 2000 par Natalie Petiteau

    Résumé

    Mardi 21 novembre 2000, 10 h-17h 9 rue Malher 75004 PARIS Amphithéâtre Organisé dans le cadre du programme de recherche " Prosopographie des militants "., CNRS/Paris I, UPRESA 8058, Centre d'histoire sociale du XXe siècl

    Annonce




    Mardi 21 novembre 2000, 10 h-17h
    9 rue Malher 75004 PARIS Amphithéâtre

    Organisé dans le cadre du programme de recherche " Prosopographie des militants "., CNRS/Paris I, UPRESA 8058, Centre d'histoire sociale du XXe siècle.
    Communications attendues

    Le 21 novembre 2000 se tiendra une journée d'étude sur " Marges et replis , frontières, cas limites, dans la gauche française : l'apport des itinéraires militants ". L'intitulé peut surprendre par son emprunt à la sociologie urbaine. Les marges de la ville (banlieue, faubourg, zone) peuvent être rapprochées de secteurs peu visibles des centres ville comme par exemple les " passages " couverts, des zones de replis où se développe une économie marginale.
    Le thème doit être compris comme une volonté de ne pas s'enfermer dans une prosopographie trop étroitement organisationnelle et institutionnelle. Un des intérêts de l'étude des itinéraires est leur grande complexité diachronique et synchronique. On peut porter successivement divers engagements et s'investir simultanément dans divers mouvements. Même si des années trente aux années cinquante s'affirment, dans le monde populaire, des cadres structurants, politiques (on pense en premier lieu au communisme des années de guerre froide), syndicaux ou religieux, on ne peut que constater l'affaiblissement des mouvements centrifuges et des orthodoxies dans les années soixante.
    La marge peut se situer dans l'organisation ou hors de l'organisation, elle peut être politique ou sociale. La faiblesse du capital scolaire ou inversement un capital scolaire qui éloigne du milieu que l'on veut représenter sont-ils des facteurs de marginalisation. La polysémie du mot " repli " nous permet d'envisager à la fois la retraite volontaire ou stratégique (la prise de distance, la dissidence, la défection, le retrait) aux marges de l'organisation ou hors de celle-ci, et le recouvrement qui au sein même de l'organisation voit se former, sous les plis, d'autres formes de vie et de pensée politique que celle envisagée par le parti ou le syndicat : c'est bien sûr l'entrisme, la dissidence intérieure, c'est aussi le mûrissement féministe à la CFDT ou à la CGT, ou encore la présence chrétienne dans des mouvements laïques. Ces itinéraires de marge et de repli peuvent être condamnés à la quasi stérilité (ainsi ceux des militants écartés pour " collaboration " et condamnés à la marginalité, par exemple à l'écriture) ou au contraire s'avérer porteurs d'idées et de pratiques nouvelles : ce sont les prêtres ouvriers -doublement repliés-, les anticolonialistes, les partisans de la nouvelle gauche, les " critiques de gauche " de l'avant 1968, les féministes.
    On pense en premier lieu à l'anarchisme et aux positionnements anarchisants encore que l' " en dehors " participe d'une autre réflexion. Mais n'y a-t-il pas dans certains milieux intellectuels et artistiques (surréalistes, avant-garde..) une esthétisation de la marge. Les enseignants ne sont-ils pas tentés par une marginalité assumée comme un ascétisme (le " refus de parvenir ") en raison de leur place sociale confirmée et renforcée par l'extériorité de leur syndicalisme autonome ? La marge peut-elle être un phénomène générationnel, ainsi pour les étudiants ?
    En fait tout lieu de militantisme (ville, usine), tout groupe militant produit des marges et des replis. Les événements se chargent de les faire émerger. En premier lieu la guerre et la résistance. Bien des résistants ne s'adapteront pas aux logiques politiques des années 50. " L'esprit FTP " au Parti communiste, le " résistancialisme " ailleurs, donnent naissance à des franges militantes parfois mises à l'écart, parfois marginalisées. La guerre d'Algérie est grande pourvoyeuse de clivages qui marginalisent. Les réseaux d'aide au FLN en sont une forme extrême. Les grands thèmes internationaux, l'antisoviétisme, l'antiaméricanisme, l'Europe contribuent à des prises de conscience qui ne se font pas au rythme des organisations d'accueil.
    Les marges sont-elles finalement plus sociales que politiques ? Sont-elles un régulateur ou un dissolvant de la vie des organisations ? Comment intégrer cette dimension, qui n'est pas si " marginale " qu'elle n'en a l'air, dans la prosopographie du militantisme ? Travailler sur les marges et les replis n'est-ce pas travailler aussi sur les frontières et les cas limites et donc contribuer à mieux définir le centre.
    Le thème peut-être abordé en partant d'approches conceptuelles, de groupes, de courants ou d'un individu. Ont été évoqués par exemple André Philip (protestant et socialiste), Pierre Lebrun (gaulliste et syndicaliste CGT), Daniel Guérin (homosexualité et anarchisme), David Rousset (trotskysme, gaullisme et dénonciation des camps). Pour les femmes et le féminisme y a-t-il, pour la période choisie, des cas aussi caractérisés que celui de Madeleine Pelletier pour les quatre premières décennies du siècle.
    Les limites chronologiques ne doivent pas être contraignantes. Des exemples pris avant les années quarante et après les années soixante peuvent apporter au débat.

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    Communications attendues (15 mn maximum par intervenant) :
    Matin : 10h - 13h

    * Claude Pennetier : " Marges et replis dans la gauche, le mouvement ouvrier et le mouvement social : essai de mise en place d'une problématique "

    * Bernard Pudal : " Aux marges du PCF : les réformateurs, les psy, les pédagogues " (sous réserve)

    * Gilles Morin : " Marges et replis dans le Parti socialiste, 1945-1968 "

    * Jean-Guillaume Lanuque : " Marges et replis dans l'extrême gauche "

    * Carole Reynaud-Paligot : " Surréalisme et politique : la marge assumée "

    * Charles Jacquier : " La revue Preuves et l'extrême gauche "

    Après-midi : 14h 15 - 17h

    * Michel Pinault : " Contribution à la réflexion sur la place des intellectuels dans le PC : le cas des scientifiques "

    * Julian Mischi : " Marginalités géographique et sociale dans les fédérations communistes de Loire-Atlantique, Meurthe-et-Moselle et Allier "

    * François Guedj : " Marges et replis dans la vie politique et sociale d'une ville de la région parisienne "

    * Patricia Toucas : " Le mutualisme comme lieu de replis : l'exemple de Lucien Molino "

    * Françoise Tétard : " Un réseau d'aide au FLN "

    * Isabelle Sommier : " Militants-militaires : le cas de Jean Brugier "

    * John Barzman : " Jean Le Gall, des docks du Havre à l'emploi municipal "

    Lieux

    • Paris, France

    Dates

    • mardi 21 novembre 2000

    Mots-clés

    • Histoire politique, gauche

    URLS de référence

    Source de l'information

    • Site du Maitron
      courriel :

    Pour citer cette annonce

    « La gauche française », Colloque, Calenda, Publié le lundi 13 novembre 2000, http://calenda.org/185893