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    Les pays, des territoires légitimes ?

    Journées d'étude : Les Pays, de Vidal de la Blache aux lois d'aménagement et de développement du territoire.

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    Publié le dimanche 10 décembre 2000

    Résumé

    Les pays : des territoires légitimes ? Les lois d’aménagement et de développement du territoire de 1995 et de 1999 ouvrent aujourd’hui l’opportunité de travailler sur un niveau de territorialité, les pays, qu’elle promeut et légitime. Le retour de

    Annonce

    Les pays : des territoires légitimes ?

    Les lois d’aménagement et de développement du territoire de 1995 et de 1999 ouvrent aujourd’hui l’opportunité de travailler sur un niveau de territorialité, les pays, qu’elle promeut et légitime. Le retour des pays est d’abord celui d’un terme qui ne présente pas les signes de la nouveauté, et dont la richesse de sens est certaine, qu'il ait été appliqué à l'espace national tout entier ou à certaines de ses parties. Si l'on écarte les références historiques les plus anciennes, force est de constater une certaine cohérence d'usage du terme qui associe son emploi à des préoccupations d'aménagement du territoire, de réflexion sur les niveaux spatiaux, et d'interrogations touchant à l'aménagement rural et à la fonction des espaces ruraux. Les géographes ont inauguré cet usage, au tournant du siècle, lorsque les changements économiques invitaient à penser de nouveaux découpage territoriaux, associés des fonctionnalités propres. Les années soixante-dix, le mouvement de relocalisation des sociétés et le néo-ruralisme, ont vu revenir le pays, dans un slogan, « vivre au pays », qui identifiait davantage un mode d'ordre politique qu'un niveau de reconnaissance spatiale. Sur le terrain, le mouvement des pays, porte-parole de projets ascendants de développement local a rencontré, de manière plus ou moins consensuelle, la politique des pays inaugurée par la DATAR et certaines régions, comme la Bretagne ou la Vendée, ont fait figure de lieux privilégiés d'expérimentation.
    La nouveauté des lois d'aménagement du territoire de 1995, puis de 1999, tient au retour de l'Etat et à l'officialisation de ces nouveaux territoires. Le choix par le législateur du « pays » plutôt que du « bassin de vie » pour construire de nouveaux territoires ruraux, la définition qu'en donne la loi, les procédures administratives à mettre en œuvre pour en définir les limites font aujourd'hui surgir des modalités spécifiques d'organisation et de représentation de ces territoires ruraux. Cet investissement officiel active les interrogations sur les modalités de leur organisation administrative. Il fait aussi resurgir une idéologie du territoire national dans laquelle la diversité des pays est, à nouveau, pensée comme le gage d'une unité nationale à reconquérir. A l’inverse, il suscite des réactions de méfiance de la part de certains élus attachés aux cadres traditionnels (cantons, départements, voire arrondissements) et des critiques de ceux qui craignent que l’on ajoute un étage au « mille-feuilles » que constitue, selon eux, l’organisation administrative française.
    Les critères de leur découpage sollicitent des modèles savants de lecture de l'espace rural : faut-il retrouver le pays « traditionnel » à fonction naturaliste, ou le pays « historique » inscrit dans l'éternité? En réactualisant les interrogations sur les espaces ruraux, mais aussi sur la mémoire mythique qu'ils peuvent porter, les préoccupations contemporaines invitent les spécialistes des sciences sociales, historiens, géographes, économistes, sociologues, juristes, politologues à s'y pencher à nouveau.
    Dans cette perspective, l’objectif de ces journées d’étude sera de contribuer à une compréhension plus approfondie des processus de construction des pays, tels qu’ils ont pu être mis œuvre à différentes époques : pays vidalien du début du siècle, pays des contrats de pays des années soixante-dix, pays d’expérimentation de la loi d’aménagement du territoire.
    L’analyse croisera l’étude des procédures administratives auxquelles ils ont donné lieu, le démontage des formes de mobilisations locales qui les ont portés et la prise en compte des représentations qui les ont modelés au cours du siècle.

    Lieux

    • Dijon
      Dijon, France

    Dates

    • mercredi 17 janvier 2001

    Mots-clés

    • territoire,intercommunalité,développement local

    Contacts

    • U.M.R. 5605 Centre Georges Chevrier ~
      courriel :

    Pour citer cette annonce

    « Les pays, des territoires légitimes ? », Colloque, Calenda, Publié le dimanche 10 décembre 2000, http://calenda.org/185987