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    Le complot politique en France du XVIIIe au XXe siècle (table ronde)

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    Publié le lundi 11 décembre 2000 par Gilles Malandain

    Résumé

    Table ronde : « Complots et conspirations en France, XVIIIe – XXe siècles », 4 mai 2001. Centre de recherches historiques de l’université de Valenciennes. Avant- projet scientifique Avec le renouvellement de l’histoire politique, lié

    Annonce


    Table ronde : « Complots et conspirations en France, XVIIIe – XXe siècles », 4 mai 2001.

    Centre de recherches historiques de l’université de Valenciennes.


    Avant- projet scientifique

    Avec le renouvellement de l’histoire politique, lié aux perspectives ouvertes par la « nouvelle histoire » dans les années soixante-dix, de nouveaux objets d’enquête sont apparus progressivement au cours des dernières années. Parmi eux, les complots, conspirations et conjurations ont fait l’objet de recherches récentes, et les tendances actuelles de l’historiographie témoignent clairement de ce regain d’intérêt pour un phénomène complexe, traditionnellement minoré, malgré son caractère répétitif ou récurrent. En dépit de cette attention nouvelle portée aux complots politiques, les colloques organisés autour de ce thème se comptent sur les doigts de la main.
    A la fin des années 1970, des chantiers sont ouverts par le colloque de Privas sur « Histoire et clandestinité, du Moyen-âge à la première guerre mondiale », dont les actes sont publiés à Albi en 1979. Au même moment, plusieurs historiens de l’époque contemporaine songent à une « histoire peut-être impossible » (P. Nora) : une histoire du secret. Néanmoins, à l’exception notable de quelques travaux (J.-M. Constant, Les conjurateurs : essai sur le premier libéralisme politique sous Richelieu, Hachette, 1987), les recherches sur les complots restent peu nombreuses, en dépit de ce projet collectif d’une histoire politique du secret. Dans le même temps, on constate que, prenant appui sur les réflexions pionnières menées par des historiens, des spécialistes d’autres disciplines, sociologues, psychologues ou critiques littéraires élaborent des modèles globaux d’interprétation. En 1987, S. Moscovici et C. Graumann publient, dans une collection de psychologie sociale, un livre collectif intitulé Changing conceptions of conspiracy (New-York, Springer Verlag). Pourtant, cette attention nouvelle portée aux complots à la fin des années 1980 ne suscite que très peu d’initiatives collectives.
    Citons, pour mémoire, le colloque international organisé en 1993 par l’école française de Rome sur les « complots et conjurations dans l’Europe moderne », sous la direction d’Y.-M. Bercé et d’E. Fasano Guarini, dont les actes ont été publiés en 1996. En France, aucun travail collectif n’a été réalisé sur ce sujet, et la seule initiative que l’on peut noter, dans un domaine voisin, est la table ronde organisée par P. Dujardin sur « le secret » à l’université de Lyon-II, les textes ainsi réunis ayant été publiés en 1987.
    Pourtant, depuis quatre ou cinq ans, un nombre croissant d’études portant sur des complots politiques en France, de la Révolution à nos jours, ont été publiées (M. Slavin, The Hébertistes to the guillotine : anatomy of a ‘conspiracy’ in revolutionary France, Louisiana UP, 1994 ; P.-A. Lambert, La charbonnerie française 1821-1823, Presses universitaires de Lyon, 1995 ; O. Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Perrin, 1998 ; F. Monier, Le complot dans la République, La Découverte, 1998 ; entre autres). De plus, on doit compter avec des initiatives récentes, dont la plus notable est le séminaire de doctorat dirigé par J.-J. Becker à l’université Paris-X Nanterre, consacré au « secret en politique » (en 1999) et au « secret en histoire » (en 2000). Dès lors, l’intérêt d’une table ronde, organisée en France, semble double. D’une part, elle serait l’occasion d’une mise au point sur l’état actuel des recherches, le bilan historiographique n’ayant pas été dressé. D’autre part, elle permettrait de replacer l’objet d’études dans une perspective historique large, et d’analyser les évolutions des complots politiques, souvent gommées par l’aspect répétitif du phénomène.
    Tout en reconnaissant que certaines périodes sont marquées par la fréquence des conspirations, ainsi la fin du XVIe siècle et le premier XVIIe siècle, ou la France des années 1789-1848, il semble difficile d’affirmer qu’un moment historique particulier sert, de ce point de vue, de matrice initiale et pourrait être qualifié « d’âge d’or » des complots. Par contre, l’état avancé de la recherche sur ce sujet, en histoire moderne, a pu, compte tenu d’un « retard critique » des historiens du XIXe et surtout du XXe siècle, laissé penser que les complots, sans tout à fait disparaître, n’intervenaient plus que de façon anecdotique dans l’histoire de la France contemporaine. En fonction de ces avancées inégales, il serait souhaitable que ce colloque permette d’appréhender les complots dans une épaisseur de durée assez large, tout en insistant sur les permanences et les ruptures qui caractérisent le vingtième siècle.
    En fonction de ces objectifs scientifiques, le programme de cette table ronde gagnerait à être agencé de façon chronologique, afin de faire ressortir flexures et discontinuités, selon l’angle d’étude envisagé. Ces angles d’étude possibles semblent au nombre de trois. On peut privilégier les conspirations comme mode d’organisation politique, où le secret joue le rôle d’agrégat d’un groupe clandestin, et, simultanément, comme mode d’expression et d’action politique, le recours à la force et à la violence faisant fonction de moyen privilégié de conquête du pouvoir. En ce sens, la révolution française, faisant naître des « sociétés d’action » (R. Huard, La naissance du parti politique en France, Presses FNSP, 1997) marque apparemment une césure avec l’époque moderne. Néanmoins, on ne dispose jusqu’à présent d’aucune étude d’ensemble qui fasse apparaître, sur la longue durée, ruptures et constantes, par exemple dans l’usage du serment clandestin comme mode de création d’un réseau politique.
    Dans une autre perspective, on peut mettre l’accent sur les réactions du pouvoir en place, menacé ou non, en suivant deux pistes, privilégiées par l’historiographie récente. La première est celle des modes légaux de répression des complots, dont la dimension judiciaire ou pénale, malgré le retour des archives judiciaires sur le devant de la scène historienne, reste assez mal connue. Cependant, de la répression des crimes imputés à la « secte diabolique » jusqu’aux poursuites de 1937 contre la « Cagoule », les affaires de complots mettent en scène une justice hors-norme. Celle-ci se caractérise aussi bien par les procédures d’exception, le choix fréquent de juridictions politiques ou encore par la forte pression exercée par les pouvoirs publics dans leur ensemble. Corollaire, la deuxième piste de recherches est celle de la suspicion légitime dans la culture politique des gouvernants, par exemple sous la forme des conseils au prince à l’époque moderne. Notons, au passage, que ce savoir politique, souvent présenté comme sulfureux, ne disparaît pas avec le XVIIIe siècle. Ainsi, Technique du coup d’Etat de C. Malaparte (Grasset, 1931), se présente, lui aussi, comme un exposé des techniques de « coup d’arrêt » à l’usage des gouvernants. Cette dimension des complots, objets d’une science du politique jusqu’au XXe siècle, reste, elle aussi, mal connue.
    Enfin, on peut, suivant un champ d’études largement défriché depuis les années soixante-dix, s’attacher aux conjurations imaginaires comme révélateurs de croyances collectives, véhiculées par la rumeur et amplifiées par des propagandes à finalité partisane et ponctuelle. On doit constater, dans ce domaine, une nette évolution de l’historiographie. L’impulsion initiale est venue de chercheurs anglo-saxons (N. Cohn, Histoire d’un mythe : la conspiration juive et les protocoles des sages de Sion, Gallimard, 1967 ; Steven Kaplan, Le complot de famine : histoire d’une rumeur au XVIIIe siècle, A. Colin, 1982 ; John R. Morris, La mythologie des sociétés secrètes, Payot, 1979), ainsi que de chercheurs français, liant « rumeurs et séditions » (J. Delumeau, La peur en Occident, Fayard, 1978) et utilisant des modes d’analyse mis au point en sociologie (E. Morin, La rumeur d’Orléans, Seuil, 1969).
    Quitte à simplifier, ces études de complots imaginaires, lancées dans la foulée d’une histoire des mentalités alors conquérante, débouchent , dans les années 1980, sur l’analyse de mythologies politiques (R. Girardet, Mythes et mythologies politiques, Seuil, 1986), à un moment où tout un courant historiographique réfléchit sur la genèse et le statut des mythes (M. Detienne, L’invention de la mythologie, Gallimard, 1981). Dix ans plus tard, une autre évolution semble s’être produite, avec des essais récents d’anthropologie historique, où la figure imaginaire ou affabulatrice de la conjuration est au premier plan (C. Ginzburg, Le sabbat des sorcières, Gallimard, 1992 ; A. Dewerpe, Espion. Une anthropologie historique du secret d’Etat contemporain, Gallimard, 1994). Le temps bref de l’action politique cède la place à une « histoire dormante, aux flexures presque inaudibles » (A. Dewerpe), qui, tout en faisant place aux pratiques du secret dans la dynamique du pouvoir, s’organise essentiellement autour d’une étude des représentations collectives.
    En agençant le programme de cette table ronde autour de ces trois perspectives complémentaires, - la conspiration, mode d’organisation et d’action politique ; le pouvoir face aux complots, entre suspicion et répression ; les conjurations imaginaires, de l’étude des mentalités à l’anthropologie historique -, il paraît possible de procéder à un bilan des recherches en cours tout en faisant ressortir les processus de ruptures sur la longue durée. Bien entendu, il semble difficile d’éviter qu’un nombre plus grand d’interventions s’inscrive dans une histoire courant sur le versant des mentalités, des mythes et des représentations collectives. Cependant, on ne souhaite pas renoncer aux études portant sur les complots comme conflits politiques, où les dimensions subversive et répressive soient au premier plan.

    Centre de recherches historiques de l’université de Valenciennes
    (CRHiV, équipe membre du CRHICC, UPRES EA 6447).

    Table ronde « complots et conspirations en France, XVIIIe – XXe siècles » (4 mai 2001).

    Cette table ronde, organisée à la faculté de lettres, langues, arts et sciences humaines de l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, est la première à être organisée, en France, sur ce thème de recherches (voir l’avant-projet scientifique ci-joint). Organisée en concertation avec la direction du DEA d’histoire moderne et contemporaine de l’université Charles de Gaulle – Lille III, elle est inscrite comme journée d’études au programme du DEA Lille III – Valenciennes pour l’année universitaire 2000 – 2001. Groupant une majorité d’universitaires nordistes, la table ronde a une ambition, ou une vocation, nationale (voir la liste des interventions prévues, ci-joint).
    Les actes de cette table ronde seront publiées aux presses universitaires de Valenciennes, dans la série « recherches valenciennoises » (n° 16), dans le courant de l’année 2002.
    Université de Valenciennes
    (centre de recherches historiques, faculté des lettres)
    Université Lille-III (département d’histoire)




    Complots et conspirations en France,
    (XVIIIe – XXe siècles).


    Table ronde
    Vendredi 4 mai 2001



    Bâtiment des Lettres salle du Conseil
    Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis – Faculté des lettres –
    Le Mont-Houy 59313 Valenciennes Cedex 9.


    9h - Ouverture, par Jean-Pierre Hirsch (Univ. Lille-III) et Frédéric Monier (Univ. de Valenciennes).
    9h 30 - « Maçonnerie et complot maçonnique, de l’abbé Barruel à l’affaire des fiches », par Gérard Gayot (Univ. Lille-III).
    10h 15 - « Le complot en France et en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Mythes et réalités. », par Edmond Dziembowski (Univ. de Besançon).
    11h 30 - « Le mythe du complot janséniste sous la Révolution française. », par Jacques Bernet (Univ. de Valenciennes).
    12h 15 - « Voir dans l’ombre. Prévention et répression du complot au début du XIXe siècle. », par Gilles Malandain (Univ. De Valenciennes).

    14h - « Les complots de l’affaire Dreyfus. Etat républicain et question démocratique. » par Vincent Duclert (EHESS).
    14h 45 - « La condamnation de l’Action française (1926) : un complot ? », par Jacques Prévotat (Univ. Lille-III).
    16h - « L’imagerie d’une conspiration : l’invention de la Cagoule (1937-1939). », par Frédéric Monier (Univ. de Valenciennes).
    16h 45- « Vichy et les complots : le service des sociétés secrètes . », par Olivier Dard (Univ. Paris-X Nanterre).
    17h 30- Conclusion, par Jean-Pierre Hirsch (Univ. Lille-III).

    Présentation des projets de communication

    Edmond Dziembowski : « Le complot en France et en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Mythes et réalités. »
    Cette communication a pour but d’examiner, dans une perspective comparatiste, l’influence sur la culture politique française et britannique des complots, avérés ou présumés, qui jalonnent l’histoire des deux pays au XVIIIe siècle, et où les contemporains décèlent la main de l’ennemi héréditaire (complot papiste, absolutiste, jacobite et jacobin en Grande-Bretagne ; complot protestant, philosophique, maçonnique, ou encore le mythe de « l’or de Pitt » en France). L’on insistera particulièrement sur l’imaginaire politique qui sous-tend cette interprétation des faits, ainsi que sur les effets de la hantise du complot sur l’identité nationale et sur les arsenaux idéologiques (voir, par exemple, l’influence du complot papiste – absolutiste sur les diverses variantes du whiggisme anglais, et celle de la conspiration philosophique venue d’Angleterre sur les apologistes français de la monarchie absolue).

    Jacques Bernet : « Le mythe du complot janséniste sous la Révolution française. »
    Parmi les mythes susceptibles de fournir une explication commode de la commotion de 1789, le thème paradoxal et controversé d’un « complot janséniste » continue de hanter l’historiographie, à côté d’interprétations plus classiques mais non moins discutables, mettant en cause des responsabilités « maçonnique », « orléaniste » et/ou « philosophique ». Comment cet austère courant religieux du XVIIe siècle aurait- t - il pu se muer en une force de contestation de la monarchie absolue de droit divin à la fin du siècle suivant ? Il est vrai que les dissidents religieux du Grand Siècle se sont mués en opposants politiques au Siècle des Lumières, passant de « la cause de Dieu à la cause de la Nation » (Catherine Maire), menant un certain nombre de combats idéologiques et politiques communs avec les philosophes (« Jansénisme et Lumières », Monique Cottret) et apportant leur contribution aux « origines religieuses de la Révolution française » (Dale Van Kley). Une longue tradition de presse clandestine, d’action souterraine dans les institutions comme les Parlements, d’appel au peuple et de participation à la formation d’une « opinion publique », a ainsi pu accréditer l’idée d’une entreprise occulte minoritaire et concertée contre l’édifice vénérable de la monarchie française et de la société d’ordres.
    Nous examinerons tour à tour les principaux arguments avancés par les tenants de la thèse d’un prétendu complot janséniste dans les débuts de la Révolution : l’action des parlementaires réputés jansénistes à la veille de 1789 ; le rôle des curés « patriotes » lors de l’élection et de la réunion des Etats généraux, puis de leur transformation en Assemblée Nationale Constituante ; la responsabilité attribuée aux Jansénistes, prêtres ou anciens parlementaires, dans la genèse de la Constitution civile du clergé en 1790 ; enfin l’itinéraire emblématique d’un Grégoire, chef de file de l’Eglise constitutionnelle puis « gallicane », qui devait rallier explicitement la cause de Port-Royal au terme de la décennie révolutionnaire.

    Gérard Gayot : «Les complots des francs-maçons français et de leurs complices (1789-1889) »
    La thèse présentée par l’abbé Barruel, d’une participation active des francs-maçons français aux côtés des illuminés et des « Sophistes impies », au complot formé, avant 1789, contre l Eglise et la monarchie a fait long feu. Il en sera discuté une nouvelle fois brièvement. Dans le cadre de cette journée, il ma paraît plus intéressant de montrer comment, au XIXe siècle, plus précisément à partir de mars 1848, les francs-maçons, en rangs de plus en plus serrés derrière les frères de Paris et des grandes villes, assumèrent fièrement leur responsabilité dans un complot révolutionnaire qui n’avait pas eu lieu, engageant ainsi l’ordre dans la « voie substituée » du maçon-citoyen à la recherche d’une influence sur le monde « profane », substituée à la voie traditionnelle initiatique, firent de leurs travaux en loge et de leur réseau de loges une organisation au service de la République, qui en manquait avant et pendant son rétablissement., accréditèrent la légende dorée ou noire, pour le meilleur ou pour le pire, c’est selon, de leur longue influence sur le cours de l’histoire de France et sur l’avènement de trois républiques en moins d’un siècle.

    Gilles Malandain : « Voir dans l’ombre. Prévention et répression du complot au début du XIXe siècle. »
    Des coups d’Etat du Directoire à celui de Louis-Napoléon Bonaparte, de Baboeuf à Blanqui en passant par Cadoudal, les carbonari et la duchesse de Berry, les entreprises conspiratoires de divers types jalonnent la chronologie du « premier XIXe siècle », réputé le temps par excellence des sociétés secrètes et des complots. En inaugurant une phase d’incertitude politique et d’instabilité, et en faisant virtuellement de la politique l’affaire de tous, la Révolution a en effet ouvert un espace nouveau à l’action subversive, la conspiration et/ou l’insurrection ; elle en a fait surtout une menace permanente, diffuse et radicale pour tous les régimes qui lui succèdent et prétendent la clore. En regard, l’Etat contemporain s’est organisé, non sans réminiscences de l’Ancien Régime, en fonction de cette menace, de façon suffisamment efficace pour que la quasi-totalité des complots ourdis durant un demi-siècle échouent complètement. Ce sont les modalités et les conséquences de cet effort continu, théorique (juridique) et pratique (administratif, judiciaire, policier), pour définir, prévenir ou circonscrire le(s) complot(s), que l’on se propose d’analyser, en se demandant, 180 ans après Guizot, ce que la peur du complot et la surveillance suspicieuse qu’elle entraîne peuvent nous apprendre sur les rapports entre société et pouvoir dans la France post-révolutionnaire. On cherchera d’abord à présenter une problématique d’ensemble de la question, puis on l’engagera plus précisément sur les archives de l’affaire Louvel car, dans l’enquête de 1820, les ressources dont disposent les agents de l’Etat pour voir dans l’ombre se laissent d’autant mieux observer que le complot supposé et recherché est introuvable.

    Vincent Duclert : « Les complots de l’affaire Dreyfus. Etat républicain et question démocratique. »
    Le complot qui a visé le capitaine Dreyfus en 1894 et qui s’est prolongé jusqu’au procès de Rennes (1899) est le résultat, moins d’une volonté délibérée d’éliminer les officiers juifs de l’Etat-Major général, que de la logique des préjugés du monde administratif et politique, de l’armée et de la démission du pouvoir d’Etat et du pouvoir républicain devant la pression nationaliste. Comprendre et analyser les complots de l’affaire Dreyfus permet ainsi de revisiter l’Etat républicain et de le confronter, au tournant du siècle, à la question démocratique.

    Jacques Prévotat: «La condamnation de l’Action française (1926) est-elle un complot ? »
    Le décret de la congrégation du Saint-Office du 29 décembre 1926 condamne sept oeuvres de Charles Maurras et le quotidien L’Action française. Voulu par le pape Pie XI, ce geste se heurte aussitôt à une controverse qui dénonce le complot mené avec l’appui allemand contre les intérêts les plus sacrés de la nationn française.Etudier cette polémique, examiner les versions donnéesde l’événement, en expliquer les prolongements c’est entrer dans un mondeoù rumeurs, complots et mythes constituent un noeud inextricable que l’historien peut aider à éclairer.

    Frédéric Monier : « L’imagerie d’une conspiration : l’invention de la Cagoule. »
    S’inscrivant dans le fil de travaux antérieurs sur les complots sous la IIIe République, cette communication se propose d’analyser les représentations collectives d’une conspiration d’extrême-droite découverte et réprimée à partir de l’automne 1937. Alors que la mémoire collective a oublié les noms de ces groupuscules activistes, comme le comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), elle a adopté le terme générique de « Cagoule », sobriquet inventé par l’un des dirigeants de l’Action française, Maurice Pujo. Si cette vision partisane et partielle de la conspiration s’est imposée dans l’opinion publique dès 1937-1939, c’est en raison de facteurs hétérogènes. La difficulté des pouvoirs publics à donner une représentation cohérente et pertinente de la conspiration est le premier d’entre eux. Cette difficulté est le reflet d’une enquête policière et judiciaire délicate, mais aussi le fruit d’une perception biaisée de la part du pouvoir politique. Le deuxième facteur concerne l’échec relatif des propagandes des gauches dénonçant la conspiration, échec imputable à des phénomènes généraux (fin du front populaire) et à une présentation peu adéquate des adversaires. Cependant, le facteur décisif est le poids d’un modèle imaginaire de la conjuration, marqué par un goût du pittoresque (la « Cagoule ») et la prégnance du roman populaire (le ministre de l’Intérieur Marx Dormoy surnommé « Fantomarx »). Cette imagerie permet d’occulter les traits les plus neufs (terrorisme) et les plus troublants dans le contexte (entente avec le gouvernement fasciste italien) de cette forme secrète d’activisme politique.

    Olivier Dard : « Vichy et les complots, le service des sociétés secrètes. »
    Fondée sur des archives publiques (Intérieur, Justice), cette communication qui s’inscrit dans une série de recherches menées sur le prétendu complot de la synarchie et sur la répression antimaçonnique exercée sous l’occupation envisage de présenter une mise au point sur un service méconnu mais essentiel de l’Etat français, spécialement créé pour éradiquer les complots prétendûment ourdis par les sociétés secrètes. La communication étudiera d’abord les objectifs assignés à une telle structure, ce qui doit permettre de préciser les contours de la figure de l’ennemi sous Vichy et de poser la question d’une périodisation. Un deuxième point analysera les cadres de la répression, qu’il s’agisse du personnel employé comme du cadre légal dans lequel s’exerce son action. Enfin, il s’agira d’étudier les pratiques répressives du SSS et de dresser un bilan de son action.










    Lieux

    • Valenciennes, France

    Dates

    • vendredi 04 mai 2001

    Contacts

    • Frederic Monier
      courriel : Frederic [dot] monier [at] univ-avignon [dot] fr

    Pour citer cette annonce

    « Le complot en France », Colloque, Calenda, Publié le lundi 11 décembre 2000, http://calenda.org/185991