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Les maîtrises capitulaires

Des institutions entre service d’Église et stratégies sociales
XVIIe et XVIIIe siècles

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Publié le jeudi 28 décembre 2000 par Isabelle Langlois

Résumé

Colloque international Le Puy-en-Velay, 25-26-27 octobre 2001 organisé par le Centre d'Histoire “Espaces et Cultures” (Université Blaise-Pascal) Une collection de partitions inédites A l’occasion des très import

Annonce

Colloque international
Le Puy-en-Velay, 25-26-27 octobre 2001
organisé par le Centre d'Histoire “Espaces et Cultures” (Université Blaise-Pascal)


Une collection de partitions inédites


A l’occasion des très importants travaux de restauration de la cathédrale du Puy, un fonds de partitions religieuses et profanes a été redécouvert et sauvegardé. Il fait actuellement l’objet d’un inventaire qui sera publié en 2001, au moment du colloque.
Cette collection privée est probablement l’un des plus importants ensembles homogènes de musique maîtrisienne existant en France, puisqu’il compte plus de cinq cents titres, dont plusieurs dizaines de messes et grands motets en symphonie.
Elle présente aussi le grand intérêt d’avoir conservé les documents musicaux dans leur dernier état d’usage, vers 1840 ; de ce fait, elle inclut beaucoup de brouillons et de fragments riches d’enseignements sur le fonctionnement de la maîtrise du Puy.
La découverte de ce fonds a semblé une occasion propice à l'organisation d'un colloque scientifique qui se donne pour objectif de réaliser une synthèse des connaissances sur les maîtrises capitulaires et d'impulser de nouvelles recherches à leur sujet. Ce colloque est organisé par le CHEC assisté d'un comité scientifique.
Ces institutions complexes et diversifiées sont en effet assez mal connues. Certes, de nombreuses monographies ont été réalisées depuis un siècle. Les travaux récents de Marie-Claire Mussat sur Rennes, de Marc Signorile sur Arles, de Sylvie Granger au Mans, après ceux déjà plus anciens de Guy Bourligueux et de Marie Reine Renon à Bourges, montrent la poursuite de ce chantier initié à la fin du siècle dernier par les sociétés savantes. Toutefois peu de travaux de synthèse ont été conduits, du fait de la dispersion des informations, tant au plan géographique qu’archivistique, et peut-être aussi d’un manque d’attention des musicologues et des historiens spécialistes d'histoire culturelle à ces institutions d’Église où se croisent logiques domaniales, recherche de prestige, projet éducatif, stratégies familiales, et où, dans une confrontation permanente entre sacré et profane, s’élabore un répertoire musical fondamental pour la musique occidentale.

Thématiques

Afin de dépasser la seule juxtaposition de monographies, légitimes toutefois pour une approche précise du sujet, le comité scientifique du colloque propose de traiter cinq axes de recherche correspondant aux dimensions principales de l'institution maîtrisienne.

1. Structures et organisation
Il s’agit d’étudier les formes d’organisation et de financement des activités. L'étude concernera aussi bien la psalette elle-même que les musiciens et l'ensemble du personnel de la maîtrise.
La dimension pédagogique des maîtrises pourra faire l’objet d’analyses comparatives avec les autres filières d’enseignement (maîtres privés, petites écoles, collèges) afin d’en dégager les éventuelles spécificités au plan des règlements de la vie collective, des méthodes et des contenus des enseignements, ou encore des objectifs éducatifs.
Les formes de rattachement, permanent ou ponctuel, des musiciens à la maîtrise, qui déterminent les modalités de recrutement et les hiérarchies internes, sont également révélatrices et génératrices de rapports sociaux spécifiques à ces institutions.
Les nombreux conflits internes et leurs modes de règlement pourront faire l’objet d’une mise en perspective avec le fonctionnement institutionnel (règlements, rapports de forces et de solidarité internes et externes à la maîtrise).
Les conflits externes mettant en jeu des questions de rang entre institutions religieuses (par exemple avec les compagnies de pénitents), mais aussi avec les institutions civiles (par exemple les municipalités) sont également riches d’enseignements.
Les formes de financement sont, pour leur part, très diverses et s’organisent sur un axe allant de l’intégration domaniale forte à l’externalisation par la mise en régie. Ces formes correspondent à des contraintes locales, mais aussi à la place de la maîtrise et de la musique dans l’organisation de l’Église locale. Les rapports entre rente agricole, revenus des fondations et évolution des modalités de financement des musiciens et du personnel périphérique (maître de grammaire, servantes, jardiniers, prestataires de services) donneront une base utile à la compréhension des stratégies des chapitres en matière d’embauche.

2. Les maîtrises et les liturgies
La maîtrise, principalement à travers les enfants de chœur, est au cœur de la liturgie.
Une approche descriptive et explicative des cérémonies en usage, notamment à travers l’analyse des variations de cérémonial et du répertoire d’une église à l’autre, éclairera l’un des rôles fondamentaux des maîtrises.
Il sera intéressant, dans cette perspective, de comparer les usages musicaux entre pays catholiques et protestants et d’observer les effets de la Contre-Réforme sur les dispositifs musicaux.




3. Les réseaux : circulation des œuvres, circulation des hommes
Les maîtrises, même les plus petites et les plus isolées, participent à des réseaux d’échange qui leurs procurent musiciens, partitions et facteurs d’orgue. Outre les déplacements des musiciens permanents, comme les maîtres ou les organistes, d’importants mouvements de gagistes sont repérables à l’occasion des grandes fêtes.
Ces réseaux n’ont pas été étudiés pour eux mêmes, et on sait peu de choses sur les modalités de circulation des musiciens et les logiques de carrières qui pourraient s’y rattacher. Sans doute est-il possible de définir divers types de carrières, qui ne se ramènent pas tous au modèle, certes fréquent, de l'attraction parisienne.

4. Maîtrises et stratégies sociales
Les maîtrises constituent pour les familles des enfants de chœur un point de passage important dans des stratégies de promotion sociale qu’il reste à étudier précisément d'un double point de vue, celui du recrutement et celui du devenir de leurs membres.
L'analyse du recrutement doit tout à la fois être attentive à la géographie (en examinant l'importance des origines locales et les liens avec le domaine capitulaire) et à la sociologie (en examinant la situation des parents, mais aussi leur intégration dans des réseaux de sociabilité ascendante).
Quant à celle du devenir, elle s'attachera aux professions exercées par les anciens enfants de chœur et à leur mobilité géographique. Certains, devenus prêtres ou musiciens, poursuivent leur carrière à l'ombre du chapitre et sont de ce fait assez faciles à retrouver. Pour d'autres, à l'évidence, ce type d'étude présente davantage de difficultés. Il est pourtant important de dégager les maîtrises de ce rôle de précurseur des Conservatoires dans lequel les enjeux politiques du XIXe siècle les ont confinées.
Au total, la question centrale est ici de savoir si les maîtrises jouent comme un moyen de sortie du statut social d'origine.

5. Un instrument de rayonnement : les maîtrises et la cité
Les maîtrises et leurs musiciens occupent une place centrale dans les dispositifs de communication des cathédrales et des villes. Elles soutiennent aussi les dispositifs de piété et de sociabilité comme les processions solennelles ou les funérailles de grands personnages. Les répertoires musicaux, les discours, les dispositifs musicaux et iconographiques mobilisés à ces occasions permettent de mieux saisir l’imbrication du religieux, du politique et du social dans les villes modernes.
L’étude des enjeux politiques immédiats, notamment en Pays d’États où le pouvoir des évêques est important, mais aussi celle de la mise en scène musicale du politique, permettraient d’ouvrir de nouvelles perspectives d’analyse des pratiques musicales liées à l’Église.
Fiche de présentation



Champs d’étude : Histoire institutionnelle, sociale et religieuse. Histoire de la liturgie. Histoire de l’éducation. Musicologie.
France principalement, avec comparaisons européennes.

Dates : du jeudi 25 octobre 2001 à 14 h au samedi 27 octobre 2001 à 18 h.

Lieu : Le Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Nombre de communications : 20 à 25.

Les contributions de nature monographique seront regroupées et synthétisées par un rapporteur afin de donner de l'ampleur aux débats comparatifs.

Comité scientifique
Monsieur Ph. Bourdin, Professeur d’histoire (Université Blaise-Pascal Clermont II)
Monsieur B. Dompnier, Professeur d’histoire (Université Blaise-Pascal Clermont II)
Monsieur G. Escoffier, Musicologue
Monsieur J-L. Jam, Professeur de Musique (Université Blaise-Pascal Clermont II)
Monsieur J. Y. Hameline, Professeur à l’Institut Catholique de Paris
Monsieur F. Lesure, Directeur d’Études à l’École Pratique des Hautes Études, Conservateur à la BNF
Monsieur Ph. Loupès, Professeur d’histoire (Université Bordeaux III)


Merci d'adresser vos propositions de communications à l'adresse suivante :

Centre d'Histoire “Espaces et Cultures”
Maison de la Recherche
4 rue Ledru
F-63057 Clermont-Ferrand cedex 1

( 04 73 34 66 18)
Mél. chec@lettres.univ-bpclermont.fr


Lieux

  • Le Puy-en-Velay
    Le Puy-en-Velay, France

Dates

  • dimanche 01 juillet 2001

Mots-clés

  • religion, liturgie, musicologie

Pour citer cette annonce

« Les maîtrises capitulaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 28 décembre 2000, http://calenda.org/186006