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    Musiques et sociétés

    Colloque à l’Université Libre de Bruxelles les 29-30-31 Mars 2001

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    Publié le dimanche 07 janvier 2001 par Marin Dacos

    Résumé

    Expressions sociales, musicales et littéraires des sentiments doux-amers de la séparation, de l’absence et du manque : Saudade, Blues/soul, Kaiho meilinen, Dor, Kaimos, Aware, Han, sirvo vigadas, Tizita, … Dans les contextes sociaux où l’on boi

    Annonce

    Expressions sociales, musicales et littéraires des sentiments doux-amers de la séparation, de l’absence et du manque :

    Saudade, Blues/soul, Kaiho meilinen, Dor, Kaimos, Aware, Han, sirvo vigadas, Tizita, …

    Dans les contextes sociaux où l’on boit et écoute, chante ou danse …

    le Fado, Tango, Blues, Rebetiko, Cîntec, Pansori, Flamenco, Sevdah, Ghazal, …Huayno, Bolero, Kroncong, la Morna, Ranchera, Romance, les Enka,…

    L’étude des formes culturelles et sociales de l’expression des émotions, -en particulier, celle de la « Saudade », du « Kaïmos », du « Kaïho mielinen », du « Dor », du « Aware », états d’âme doux-amers, cultes de l’absence, nostalgie, sentiment de la destinée, de l’impermanence- constitue une clef pour comprendre la vie sociale, l’art littéraire, musicale et la culture populaire de ces pays. Ce type de concept est présent, avec parfois des nuances historiquement significatives, aussi bien dans les poèmes très anciens que dans des formes chantées actuelles, en particulier dans les formes d’expression poétiques, chorégraphiques et musicales. De telles formes survenant dans des cadres sociaux bien particuliers ont souvent fait l’objet du mépris tantôt d’élites dirigeantes, tantôt de religieux ou de progressistes « conscientisés », souvent pourtant, elles ont fini par apparaître comme un emblème identitaire et symboliser « la sensibilité d’un peuple » dans des discours parfois essentialistes : Fado, Rebetiko, Tango finlandais, Doïna, Romance & Cîntec lautaresc roumains, des chants de la période Edo et sous une autre forme dans des formes modernes de chansons japonaise (Enka). Chacun a ses poètes et ses stars. Ici et là, en ordre dispersé, parfois en fonction de modes, souvent en des périodes de crises sociales et culturelles, des spécialistes dans les domaines de la littérature, de la musicologie et des sciences humaines se sont penchés sur les formes d’expressions de cet « être-triste-ensemble » présent dans l’histoire sociale et culturelle du pays. En partant de nos études sur les conditions sociologiques et culturelles et sur les processus de formation de styles musicaux populaires, nous avons été amenés à nous interroger sur les mécanismes d’élaboration de thèmes et de langages communs d’échanges émotionnels. Certains sont propres à certaines cultures et renforcés dans certains milieux sociaux car ils sont propices à la formation de liens sociaux. C’est ce qui nous conduit à rassembler des chercheurs et des témoins privilégiés pour comparer des sociabilités et des cultures émotionnelles caractéristiques en Finlande, au Portugal, en Grèce, en Roumanie, en Hongrie, en Iran, en Corée, en Ethiopie, au Mexique. Parallèlement, tout aussi intéressante s’avère l’étude des normes et des processus inhibiteurs, au départ de cultures comme celle des élites de l’europe occidentale du XIXème siècle, qui ont conduit, par contraste, à l’éclipse partielle d’expressions rituelles et artistiques du sentiment de tristesse dans la vie sociale.








    A l’ULB, salle video de la nouvelle bibliothèque, (Liste provisoire et sous réserve des interventions ) sur le thème « Délectations moroses, musiques & sociétés ».

    Mr Liavas, I.Petropoulos. Des experts grecs de l’univers social et musical du Rebetiko et des expressions du Kaimos et de la nostalgie Mr. J.Pais ce Brito, de l’Univ. nova de Lisboa, anthropologue qui a créé le musée du Fado à Lisbonne, un spécialiste de la littérature de la Saudade et un musicologue portugais , Me Speranta Radulescu, ethnomusicologue, Me Irina Nicolau anthropologue en charge du Muzeul Taranului Roman, Serpan Angelescu anthropologue et spécialiste du Dor dans les rites de passage Mr Kwon prof. Glasgow Univ. Expert du sentiment de « han » et du chamanisme en Corée et Sibérie, Mr K.Howard, chercheur à la SOAS de Londres expert de la musique coréenne, Mr K.Deceuster, historien de la Corée à l’Université de Leyde. Mr H. Esmaïli, professeu rParis III spécialiste du t’azié théâtre chanté iranien, Mr Aminian, spécialiste de l’amour iranien. Me N. Delombera , professeur Paris III, spécialiste de la culture éthiopienne. Mr David Evans, prof. De la Memphis State Univ. Grand expert du Blues, ainsi que mr R. Sacré & D. Droixhe experts de la musique et de la littérature africaine américaine à l’univ. de Liège, Mr Akira Tamba, musicologue réputé pour ses études sur l’esthétique de la musique Japonaise. Mr Lambert chercheur au CNRS ethnomusicologue expert du « Tarab » et du Soufisme dans le monde arabe, A.Vincent-Buffault (Histoire des Larmes chez Rivage, Paris 1984), Nagy P.,de l’univ de Rouen ( le don des larmes chez Albin Michel Paris200). S.Hureau, du centre national du patrimoine de la chanson. Mr M.Lorente, Univ de Granada, chercheur et chanteur de cante jondo ; un Prof de guitare de flamenco Me Kovalcsik, ethnomusicologue de la musique des tsiganes de Hongrie, chercheur au Budapest Zénetudomany Intézet . Mr MA. Numinen, Compositeur, romancier, critique, chanteur, sociologue, auteur de « Tango on intohimoni » (Le Tango est ma passion ) Me P Kukkonen, Professeur à l’Université de Helsinki, Linguiste, sémioticienne, experte en littérature finnoise ; auteur de « Tango Nostalgie. Le langage de l’amour et du désir » Me M Niiniluoto, Historienne, enseignante, a publié des études a organisatrice du festival « Toivo Kärki » responsable de l’émission sur la musique populaire finnoise à Yle radio ; Mr P Gronow, Directeur des archives musicales de la radio nationale radio Yle à Helsinki.



    A la salle Delvaux, pendant la semaine du colloque Parmi les chanteurs et musiciens des interprètes de Blues (D.H.Evans), Fado,(trio de Coimbra) Rebetico, Chanson réaliste française (Serge Hureau), Cante Jondo (Manuel Lorente), Guitalamo (Rwandais), la chanteuse Cécile Karengera L’orchestre de M.A. Numinen : 4 musiciens et une chanteuse pouvant interpréter des tangos finlandais (traduits en) français ou en anglais.



    Sentiments-concepts & Thématiques :

    Présents dans plusieurs traditions culturelles, pratiquement absents chez d’autres, des concepts ayant des contenus divers mais convergents permettent d’évoquer des douleurs voluptueuses et des plaisirs de l’âme assaisonnés de souffrances. Ces émotions semblent saisir les sujets à leur corps défendant. Elles font l’objet de conceptualisations et de représentations qui vont de la simple catégorisation d’un type d’émotion à la perception plus ou moins réaliste d’une essence vive. Le contenu de tels sentiments est institué « formaté » et leurs expressions sont ritualisées au cours du temps par les groupes sociaux. Une thématique plus ou moins stable et partagée se dégage des évocations reliées en réseau mais l’espace social et l’histoire en modifient partiellement la structure. De plus, ces sentiments sont diversement légitimés socialement, religieusement et idéologiquement selon les époques, le cadre politique, les groupes et les circonstances sociales. La tristesse, la nostalgie, et les autres formes de souffrances liées à l’absence, le manque, la séparation et la perte ont souvent pour cause un événement traumatisant, un échec. Celui-ci est source de culpabilité, de regret, de rancœur, d’anxiété, de désillusion et de sentiments dépressifs. Certaines civilisations n’offrent pas d’issues expressives à ces sentiments « négatifs » qui sont alors refoulés, faute d’un répertoire « prèt-à-communiquer » d’attitudes et de thèmes standards. Au sein d’autres cultures existent précisément ces thèmes poétiques et musicaux qui font sens mais au contenu suffisamment large et flou pour que chacun puisse y projeter son propre vécu ou son propre imaginaire. Légitimation sociale et ritualisation culturelle du sentiment en autorisent ainsi l’expression dans le cadre chaleureux d’un « bain compassionnel » social et musical. Nous nous proposons de confronter nos approches sur le fonctionnement de ces systèmes qui ménagent un chemin à une culture de l’empathie, à l’échange sentimental voire à une économie des larmes.


    Esthétique musicale & ethos morose :

    C’est dans un style de chant que la « tradition sentimentale » trouve un réceptacle symbolique, un contenant physique dans lequel peut littéralement s’incorporer la souffrance du manque et la jouissance de son évocation et de son extériorisation. Dans différentes cultures, il est admis que la musique peut contribuer à produire, dans un cadre social adéquat, des effets psychologiques allant jusqu’à la somatisation et des troubles physiologiques contagieux au sein du public. De la transe à la communion émotionnelle en passant par le saisissement par le « tarab », le « hâl » ou le « duende », la musique met la communication sentimentale « en boucle ». Elle n’est pas un simple stimulus naturel ou conditionné qui appellerait une réaction psychologique de la part de l’auditeur. Celui – ci perçoit en même temps que la musique les réactions de proche en proche du groupe qui renforcent les siennes et celles – ci renforcent celles des autres. Les effets les plus marqués sont ainsi le résultat de rétroactions positives. Mais cet effet « émergent » produit par la contagion et « l’effervescence collective » (Durkheim) quasi-religieuse dans laquelle le « moi » se fond dans le « nous » suppose un « allumage » musical. La musique « adéquate » est la condition nécessaire, à défaut d’être suffisante pour que se produise la mise à feu d’une fusion des psychologies dans la communion sentimentale. La qualité esthétique de la musique est un facteur essentiel et se juge ici à l’aune de son « adéquation » à susciter l’intensité du sentiment. Aussi, pour accéder au climat « juste et fort », la créativité dans la composition et dans l’interprétation est bridée par les exigences et les limites de la tradition « authentique ». L’innovation ne peut jamais excéder le répertoire de thèmes et de références du style que le public est en mesure de reconnaître et de partager. Comme l’expliquait un chef de tambours ghanéen, « je ne peux pas avancer plus vite que les danseurs. C’est le propre des débutants qui ne tiennent compte que de leurs propres sensations que de vouloir se mettre en avant. Mais alors ils cassent les liens entre les corps ». La cohérence du style porte sur une structure rythmique (parfois libre comme dans la Doïna) et tonale (parfois des modes particuliers sont préférés) mais le type de timbre vocal et instrumental joue également un rôle essentiel.



    Les thèmes du colloque :


    Lieux, contextes et acteurs des scènes musicales de l’expression morose


    Dimensions sociologiques & ethnomusicologiques : Formes sociales

    Lieux : de boisson, de fumeries, piste de danse, de transit (gares, ports…) Contextes : rites de passage, deuils, fêtes, loisirs nocturnes, Acteurs : -les musiciens professionnels, marginaux, nomades,… : les esthétiques et les styles - les publics, milieux sociaux et les formes de sociabilités tristes -les médiateurs, leur relative (in)visibilité

    Dimensions musicologiques Musiques Les musiques et l’ethos des expressions culturelles des souffrances douces – amères Les codes musicaux dans les techniques et les esthétiques

    Dimensions socio-historiques et littéraires Sentiments socialisés Les sources religieuses et les légitimations de l’ethos pathétique, nostalgique, ou de la déploration Les chronologies, modes internationales et mutations littéraires, esthétiques et idéologiques Les fonctions sociales et psychologiques de l’apprentissage social de l’expression sentimentale


    Coordination : Michel Demeuldre Responsable du projet , Sociologue, chargé de cours en Histoire de l’Art & Musicologie/ Communication & Journalisme à l’ULB et Fernanda Afonso, Romaniste, lectrice de Portugais à l’ULB.

    Comité organisateur : F. Afonso, M. Demeuldre, F.Heinderiks, M.Mainil, A. Mingelgrün, R.Sacré (Ulg), H.Vanhulst

    Contacts :Michel Demeuldre Rue St Antoine 59, 5651 Somzée Tél /fax : 071 22 14 06, Mobile 0476 592997 Demeuldre.michel@compaqnet.be Compte 210-049400-33 ULB av F.D. Roosevelt 50 ss-titre : pour le prof. M Demeuldre


    Lieux

    • Bruxelles, Belgique

    Dates

    • jeudi 29 mars 2001

    Contacts

    • Michel Demeuldre
      courriel : Demeuldre [dot] michel [at] compaqnet [dot] be

    Source de l'information

    • Piroska Nagy
      courriel : nagypir [at] gmail [dot] com

    Pour citer cette annonce

    « Musiques et sociétés », Colloque, Calenda, Publié le dimanche 07 janvier 2001, http://calenda.org/186023