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Publié le lundi 29 janvier 2001 par Natalie Petiteau

Résumé

Colloque international de Carcassonne sur les prisonniers de guerre, 2002   Les origines de ce colloque sont à chercher dans les recherches effectuées à l’UTM en histoire contemporaine sur les prisonniers de guerre des deux grands conflits du

Annonce

Colloque international de Carcassonne sur les prisonniers de guerre, 2002



 

Les origines de ce colloque sont à chercher dans les recherches effectuées à l’UTM en histoire contemporaine sur les prisonniers de guerre des deux grands conflits du XXe siècle, travaux ayant abouti à plusieurs publications de documents originaux (une édition comparative de carnets de prisonniers allemands et français de la guerre de 1914-1918 est en cours de réalisation) et ayant suscité une série d’interrogations qui seront reprises ci-dessous. Ces préoccupations ont rencontré celles des historiens spécialistes de l’Antiquité.



Dans l’analyse de la place que prend la guerre dans les institutions politiques et sociales des cités antiques, les recherches des années 1960-1990 ont surtout montré comment, la fonction guerrière étant confiée pour l’essentiel aux citoyens, la guerre était parfaitement intégrée au politique. Les recherches récentes insistent davantage sur le fait que les violences et les désordres de la guerre perturbent l’ordre social en même temps que les repères psychologiques de ces non-professionnels chargés de combattre. En particulier, l’analyse de l’expérience des prisonniers de guerre, ainsi que la présence d’étrangers de cette condition détenus dans la cité font l’objet d’une attention particulière.



Une première information a été envoyée en 1999 afin de prendre date et de sonder les intentions d’intervenants potentiels. Nous pouvons à présent confirmer que le colloque aura lieu à Carcassonne au printemps 2002. Ce sera la cinquième d’une série de rencontres internationales qui, outre leur valeur scientifique, se sont caractérisées par la qualité de l’accueil, la large place accordée à la discussion et la rapidité de publication des Actes (rapidement pouvant se concilier avec " superbement ", selon l’expression du Monde à propos du deuxième de ces volumes).



Une nouvelle réflexion nous a conduits à affiner notre problématique. Le colloque sera centré sur le thème des contacts entre les peuples provoqués par la situation de captivité :



- quelle violence s’autorise une communauté politique envers les vaincus ? (exemple des décisions de l’Ecclésia athénienne à propos de Mytilène ou de Mélos, très éloignées de ce qui est décidé pour les Spartiates pris à Sphactérie ; degré de prise en compte des conventions internationales au XXe siècle) ;



- réalité, matérialité des contacts entre vainqueurs et prisonniers ; sont-ils favorisés (ex. des kommandos agricoles en Allemagne entre 1940 et 1945) ? sont-ils officiellement condamnés ?



- sentiments de haine, indifférence, amitié, amour, mépris, admiration ; nuances selon les catégories : militaires et civils ennemis vus par les prisonniers ; prisonniers ennemis vus par les civils ; hommes, femmes, enfants ; peut-on établir des distinctions en fonction du statut social des prisonniers, de leur appartenance ethnique ? ; les prisonniers et la question de l’esclavage dans l’Antiquité ; sens de l’honneur, éthique chevaleresque au Moyen Age ou à d’autres époques…



- la captivité a-t-elle provoqué le refuge des prisonniers dans l’appartenance nationale, régionale, religieuse ? dans la fabrication d’ethnotypes simplificateurs ? (ex. Allemands, Russes, Anglais… vus par les prisonniers français en Allemagne) ; ethnotypes fabriqués éventuellement par les vainqueurs (Gaulois vus par les Romains) ;



- la captivité a-t-elle provoqué une ouverture à la culture nouvelle rencontrée, découverte ? des échanges culturels ? la diffusion d’innovations techniques ? des formes d’acculturation (prisonniers chrétiens convertis à l’Islam ; otages achaïens à Rome à partir de 167 av. J.-C.) ? ; être prisonnier de guerre signifie souvent esclavage, dans les mondes anciens, et donc présence durable ou définitive ;



- après la libération éventuelle, quel est le poids de l’expérience de captivité dans l’économie, la politique, la culture ? que peut-on savoir des retours chez l’ancien ennemi (en mission diplomatique, pour affaires, en touriste…) ?



- l’analyse des dossiers paraît indissociable d’une réflexion sur les sources, notamment les historiens anciens, dont le récit se singularise par une attention particulière à la question de la violence et au sort des prisonniers : la dimension culturelle qui est au cœur de la problématique de ce colloque est aussi de nature historiographique ; que l’on songe au regard que porte Thucydide sur les prisonniers athéniens en Sicile, aux descriptions de Polybe ou de Flavius Josèphe, la position de l’historien, souvent entre deux mondes, détermine notre approche du problème qui se pose aussi en terme d’écriture de l’histoire, et pas seulement pour la période antique.



 

Dans ces conditions, nous proposons un titre plus précis du colloque :



Les prisonniers de guerre (à travers l’histoire).

Contacts entre peuples et cultures.




 

(L’espace de l’Europe et du bassin méditerranéen continuera à être valorisé)



 

Contacts : Pascal Payen, Laurent Macé, Rémy Cazals.

 

Lieux

  • Carcassonne, France

Dates

  • mardi 30 avril 2002

Contacts

  • Pascal PAYEN
    courriel : payen [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Laurent Macé
    courriel :
  • Rémy Cazals
    courriel : rm [dot] cazals [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Site web de l'Université de Toulouse ~
    courriel :

Pour citer cette annonce

« Les prisonniers de guerre », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 janvier 2001, http://calenda.org/186100