AccueilHistoire de l'enseignement secondaire

Histoire de l'enseignement secondaire

L’Enseignement secondaire. Histoire institutionnelle, culturelle et sociale

*  *  *

Publié le mardi 06 mars 2001 par François Ploux

Résumé

ISCHE XXIV Paris 2002 L'enseignement secondaire Histoire institutionnelle, culturelle et sociale Présentation du congrès Le vingt-quatrième congrès de l’ISCHE aura lieu à Paris du 9 au 13 juillet 2002. Il sera organisé par le Service d

Annonce

ISCHE XXIV Paris 2002

L'enseignement secondaire
Histoire institutionnelle, culturelle et sociale
Présentation du congrès

Le vingt-quatrième congrès de l’ISCHE aura lieu à Paris du 9 au 13 juillet 2002. Il sera organisé par le Service d’histoire de l’éducation (SHE) de l’Institut national de recherche pédagogique (INRP), à l'occasion du bicentenaire de la création des lycées, commémoration qui donnera lieu par ailleurs, et en coordination avec lui, à un colloque particulier. Le congrès aura pour thème directeur l’histoire de l’enseignement secondaire, au sens le plus large (c'est-à-dire un enseignement dépassant le niveau élémentaire et s'adressant à un public d'adolescents), et sans limite chronologique.


Le bicentenaire des lycées

La Révolution française a abattu les anciens collèges, dont le modèle, répandu à travers une large part de l'Europe, remontait à l'époque de la Renaissance. La création des lycées, en 1802, leur substitue finalement un type d'établissement secondaire assez proche, mais placé sous la tutelle de l'État, et dont les enseignants constituent le cœur de l'Université, organisation corporative à laquelle est confiée en 1808 le monopole de l'instruction publique. Les lycées ont formé, pendant près de deux siècles, les fils - plus tardivement les filles - de l'élite sociale, cantonnant l'enseignement supérieur à un rôle de formation spécialisée aux métiers du droit, de la médecine, du génie civil et militaire ou de l'enseignement. La démocratisation de l'enseignement, après la seconde guerre mondiale, fusionne cet enseignement secondaire élitiste avec des formes populaires de scolarité postélémentaire. Si le modèle très centralisé de l'Université napoléonienne n'a jamais correspondu totalement à la réalité, si l'enseignement public dominant a laissé une place à l'enseignement privé, l'implication de l'État constitue de toute évidence un des traits caractéristiques de l'organisation de l'enseignement français, en particulier au niveau secondaire.

Le bicentenaire de la création des lycées est l'occasion, en France, de réfléchir à la genèse d'un système éducatif très marqué par la tutelle de l'État et par la place dominante qu'y a occupé l'enseignement secondaire. Elle peut-être, pour la communauté internationale des chercheurs en histoire de l'éducation, le point de départ d'une interrogation comparative sur les quatre grands thèmes suivants :


1. Histoire politique, institutionnelle, administrative des enseignements secondaires ou moyens

L'analyse des structures scolaires des différents pays fait apparaître des différences considérables, en fonction desquelles on peut éventuellement tenter de définir des modèles nationaux ou plurinationaux. Le développement et le fonctionnement des réseaux d'établissements qui constituent, dans tel pays, l'enseignement secondaire - ou une autre forme scolaire s'adressant aux mêmes groupes d'âges - peut d’abord être envisagé du point de vue du rôle des autorités politiques et administratives. Par autorités politiques et administratives, on entend non seulement l'État, qu'il soit centralisé ou fédéral, mais aussi toute autre autorité locale ou régionale, et par extension les institutions, telles que les églises, qui peuvent ou ont pu réglementer, contrôler, financer ou prendre directement en main le développement de ces réseaux d'établissements. Les modalités de la coexistence éventuelle d'un secteur privé et d'un secteur public font aussi partie de la question.

Inversement, l'interrogation sur le rôle d'une autorité centrale pose la question du degré d'autonomie des établissements eux-mêmes, et on pourra étudier leur capacité à innover, à diversifier l'offre d'enseignement, à développer des stratégies propres, liées à un contexte de concurrence. Cette dualité recouvre une question historiographique : comment insérer la dimension locale de l’histoire scolaire dans une analyse générale ?


2. L’établissement et la communauté scolaire comme objets d’étude

L'éclairage peut porter sur l'établissement scolaire comme objet historique. L’apport de la monographie d'établissement à l’histoire éducative pourrait être examiné, à partir d’études de ou d'un point de vue historiographique. On pourrait aussi travailler sur les formes que la communauté éducative des établissements a pu prendre au fil du temps et sur la notion de "culture" d'établissement : comment elle naît, quels effets elle produit, quels efforts sont déployés pour veiller à son entretien.

On peut centrer l'attention sur les élèves, sur le temps qu'ils consacrent dans l'établissement à des activités scolaires et non scolaires, sur l’expérience que constitue leur scolarité, sur la valeur psychologique et sociale prêtée à l'intégration dans un groupe de camarades. D’autres points de vue sociologiques ou anthropologiques peuvent être envisagés sur la communauté scolaire, sur les clivages qui la traversent en fonction du statut scolaire de ses membres (boursiers, internes, externes, suivant telle ou telle filière), ou de distinctions externes, comme l’appartenance sociale ou le sexe. À cet égard, on peut s’interroger sur la place des filles dans l’enseignement secondaire et sur les modalités de leur intégration (établissements propres, classes séparées, mixité).


3. Les enseignants

La réflexion proposée sur les enseignants du secondaire portera sur leur statut personnel, sur leurs modes de vie et de rémunération, sur leurs conditions de travail, sur leur formation, leur recrutement, leurs carrières, plutôt que sur leur place, comme groupe social, dans la société. On pourra néanmoins poser la question de l'unité du monde enseignant - qu'on l'analyse en termes de corps, de profession ou de métier - qui constitue, de toute évidence, un aspect de la question. Mais on espère aussi des études plus précises sur de grandes évolutions telles que la laïcisation du personnel enseignant, souvent de statut congréganiste ou clérical dans le passé, sur le rythme et l'importance de sa féminisation, ou sur la diversification professionnelle des métiers de l'enseignement selon une spécialisation disciplinaire ou en fonction d'un partage du travail favorisant le développement des fonctions administratives ou de surveillance.


4. Modèles, cursus et programmes

L'enseignement secondaire a été et est encore considéré comme une des voies destinées à former les futures élites. On pourra approfondir cette notion d'élite, à la fois dans les représentations et dans la réalité. Comment se pense et se vit la contradiction entre les obstacles financiers, matériels, sociaux et culturels mis à la fréquentation des établissements et la notion de méritocratie scolaire, qui veut fonder la réussite sur l'intelligence et le travail ? Les travaux portant sur les bourses (fondations, pratiques sociales) et les boursiers (recrutement, carrière professionnelle) seront les bienvenus. De même, on pourra étudier les procédures d'évaluation et de classement purement scolaires : exercices de contrôle, concours, examens. La question s’étend aussi à l’étude des discriminations, ségrégations et exclusions fondées sur les critères sexuels, sociaux ou ethniques, et à l’inverse des politiques de promotion volontariste (discrimination positive).

Les "humanités", qui ont durablement dominé en Occident, proposaient une formation intellectuelle sans visée utilitaire, fondée sur la maîtrise du discours écrit et parlé. On pourra en étudier tel ou tel aspect, mais aussi s'interroger sur leurs équivalents dans les autres aires culturelles. On pourra réfléchir aussi sur la spécificité de la culture, en particulier nationale, qu'ont construit, qu'éventuellement construisent encore, les programmes et les exercices en vigueur dans les établissements secondaires.

On pourra se pencher sur les rythmes et l'importance de la diversification des contenus de l'enseignement : l'émergence et la multiplication de disciplines scolaires générales, mais aussi la scolarisation des savoirs et des savoir-faire professionnels et techniques, et sa confrontation à d'autres formes d'apprentissage. On s’interrogera aussi sur la diversité des cursus et des parcours scolaires, sur la préparation aux études supérieures et aux examens de fin d’étude, et sur l’influence qu’exerce cette préparation sur les études secondaires elles-mêmes.


Thèmes du congrès

1. Histoire politique, institutionnelle, administrative des enseignements secondaires et moyens :

Rôle de l’État national, des autorités régionales et locales, des églises.
Coexistence d’un secteur public et d’un secteur privé.
Autonomie stratégique, administrative, pédagogique, des établissements.

2. L’établissement et la communauté scolaires comme objets d’étude :

Comment traiter l’établissement en tant qu’objet historique ?
La communauté scolaire, celle des maîtres et celle des élèves.
Sociologie et anthropologie des élèves : statuts scolaires, appartenances sociales, clivage filles/garçons.

3. Les enseignants :

Recrutement, carrières, conditions de travail et de vie.
Les enseignants comme groupe professionnel.
Laïcisation, spécialisation, féminisation.

4. Modèles, cursus et programmes :

Élite sociale et modèle méritocratique.
Les modalités de la méritocratie : bourses, classements, concours.
Discriminations et politiques volontaristes.
Modèle humaniste, modèle réaliste.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 09 juillet 2002

Mots-clés

  • enseignement, collège, lycée

Contacts

  • INRP #
    courriel : pcaspard [at] inrp [dot] fr

Source de l'information

  • François Plou
    courriel :

Pour citer cette annonce

« Histoire de l'enseignement secondaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 mars 2001, http://calenda.org/186191