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    Les songes de Clio

    Fictions de l'histoire sous l'Ancien régime

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    Publié le lundi 12 mars 2001 par Natalie Petiteau

    Résumé

    3-6 October 2001 | Canada, Laval Cercle d'Étude sur la République des Lettres; Université Laval, Québec Les Songes de Clio: fictions de l'histoire sous l'Ancien régime Sous la direction de : Mme Sabrina Vervacke, M. Éric Van der Schueren, M. Thi

    Annonce

    3-6 October 2001 | Canada, Laval

    Cercle d'Étude sur la République des Lettres; Université Laval, Québec

    Les Songes de Clio: fictions de l'histoire sous l'Ancien régime

    Sous la direction de : Mme Sabrina Vervacke, M. Éric Van der Schueren, M. Thierry Belleguic

    Le présent colloque entend s'articuler autour de quatre questions qui situent l'histoire comme fiction, revendiquée ou non, délibérée ou non. Par ces questions devrait s'articuler une réflexion qui fera siens des intérêts où concourent diachronie, épistémologie et pratique. Les quatre questions sont données à titre de balises, mais il va sans dire qu'elles se recoupent et interfèrent entre elles et ce ne sera sans doute pas le moindre intérêt des réponses qui leur seront apportées.

    Qui écrit l'histoire ? Le poète, le philosophe, le « Grand », l'homme de cour, le témoin direct, etc. Le statut de l'histoire reste au travers des siècles de l'Ancien Régime, malgré la révolution de Mabillon, un exercice où les compétences ne sont pas seulement celles du spécialiste. La légitimité de l'auteur d'histoire est parasitée par des prénotions ou des attentes objectives qui ne sont plus celles de notre modernité. Ce sont, par exemple, la réponse à une commande professionnelle, le souci d'un intérêt littéraire, la revendication d'une compétence intellectuelle qui subsume, selon des grades anciens, l'histoire à la philosophie, le crédit porté au témoignage écrit au nom d'une immédiateté entre les faits et leur témoin.

    Quelle histoire écrire ? Le discours historique discrimine dans ses sujets - généralement élevés ou, s'ils le sont moins, intimes, d'une intimité socialement remarquable. Il discrimine encore par des pratiques convenues qui, dès le Moyen Âge, l'ont encadré et informé : c'est, sans exhaustivité aucune, l'historiographie - souvent collective -, la mythographie, l'écriture mémorialiste - espace clos de l'écriture historique, mais aussi l'écriture « romanesque ». Ces discriminations sont aussi les effets d'une question sur la question : qu'il soit historiographique, mythographique ou mémorialiste, le modèle choisi est le reliquat d'une réflexion préalable sur l'histoire et sur le médium de l'écriture, dont la perception a évolué, dont l'aptitude à livrer le témoignage sans les biaisements du temps de l'écriture a été interrogée diversement au travers des siècles, et dont finalement la croyance dans sa transparence s'est vue peu à peu désenchantée (Montaigne ou Sorbière). Tout aussi bien, le discours historique discrimine dans ses « objets » : histoire sacrée, histoire profane, certes, mais aussi histoire « des opinions », histoire « des arts », etc. Outre le territoire anthropologique du discours historique, c'est aussi une histoire « naturelle » qu'il s'agit d'interroger tant dans ses figures que dans les modalités de son économie, histoire qui pense des temporalités aussi diverses qu'« irréconciliables » : histoire des animaux et des végétaux (à la fois onto et phylogénétique), histoire des astres, histoire des météores, histoire de la terre, histoire des minéraux, discours qui font signe vers une pluritemporalité - et donc une plurihistoricité - de l'empirie dont les penseurs d'Ancien Régime ont dû prendre la mesure.

    Comment penser l'histoire ? L'histoire se pense diversement : chronique prolongée du Livre sacré, à travers les grandes chroniques monarchiques ou princières ; plus tardivement, objet d'une dissociation entre celui qui la pense et celui qui l'écrit, puisque le premier n'est plus nécessairement aussi le second. De cette dissociation est née la philosophie de l'histoire. Plus encore, c'est comme science qu'apparaît l'histoire au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles : la problématisation de la notion de « rupture épistémologique » (Michel Foucault) permet très opportunément de rendre compte de la transformation de postures « scientifiques », même si elle offusque généralement la complexité empirique des pratiques qu'elles induisent. Si la doxologie historiographique de l'âge classique, incarnée par les Mézeray, Maimbourg, Varillas, Vertot, Saint-Réal, Le Moyne ou encore Buffier, participe davantage d'une idéologie de l'absolutisme et d'une esthétique de la grandeur que d'une épistémologie du fait historique, les travaux de Mabillon ou de Montfaucon témoignent au contraire d'un souci de véridiction historique. Pareil souci ouvrira à l'examen de la complexe hétérogénéité de la pensée historique des Lumières, qui est informée par ces deux pratiques, l'une « finissante », l'autre « émergente », et qu'a plus que tout autre illustrée Voltaire par son exigence d'une « science » historique soucieuse non seulement des événements et de leurs acteurs, mais des nations et des cultures.

    À quelles fins écrire l'histoire ? C'est l'« usage » de l'histoire dont il s'agit ici, comme il y a un usage des passions. L'histoire a une fin, souvent édifiante (religieuse ou moraliste) ou confortante (dynastique ou politique). Cette fin affecte le statut même de celui qui la prend en charge dans l'écriture, comme elle interroge le médium de l'écriture et son pouvoir de pérennité, notamment concurrencé par les médailles commémoratives (voir Louis Marin, Le portrait du roi). La question posée laisse encore libres deux voies : celle de l'usure du discours d'histoire ou celle qui, au nom d'une dichotomie peut-être passée, semble mettre en cause sa capacité d'échange, autrement dit son pouvoir de lecture et partant, celui de l'écriture comme continuation ou comme rectification. À l'inverse de cette hypothèse, le souci de la reconstitution de l'origine serait le gage de la validation du présent : ce sont notamment les stratégies de captation des généalogies fabuleuses aux fins de la justification des puissants qui en sont les commanditaires, notamment dans les chroniques mythographiques du bas moyen-âge, qui survivront dans les épopées classiques.

    Plus qu'une illustration des questions spécifiques que pourraient soulever les quatre problématiques données ci-dessous, les organisateurs attendent des projets de contributions qu'ils investissent en priorité les questions et leur résolution selon les axes proposés.

    Prière de faire parvenir votre proposition de communication, ainsi qu'un bref c.v.

    Colloque « Les songes de Clio », Cercle d'étude sur la République des Lettres (C.E.R.L.), Département des littératures, Université Laval, Québec, QC G1K 7P4, Canada; télécopieur 418-656-2991; courrier électronique : à l'une des trois adresses suivantes, avec copie aux deux autres : Thierry.Belleguic@lit.ulaval.ca Eric.Van-der-Schueren@lit.ulaval.ca Sabrina.Vervacke@lit.ulaval.ca

    Lieux

    • Laval, Canada

    Dates

    • mercredi 03 octobre 2001

    Mots-clés

    • histoire, Ancien Régime

    Contacts

    • C.E.R.L. #
      courriel : Thierry [dot] Belleguic [at] lit [dot] ulaval [dot] ca

    URLS de référence

    Source de l'information

    • Site web C18 ~
      courriel :

    Pour citer cette annonce

    « Les songes de Clio », Colloque, Calenda, Publié le lundi 12 mars 2001, http://calenda.org/186205