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    Publié le mardi 24 avril 2001 par Marin Dacos

    Résumé

    JOURNEE D'ETUDE DU SAMEDI 12 MAI 2001 " OBJETS ET IDENTITE " 9h-12h30 et 14h-17h30 Salle du Conseil de l'UFR de Lettres Université de Rouen Programme : 9h à 12h30 Introduction : Anne-Marie Flambard et Catherine

    Annonce

    JOURNEE D'ETUDE DU SAMEDI 12 MAI 2001

    " OBJETS ET IDENTITE "

    9h-12h30 et 14h-17h30

    Salle du Conseil de l'UFR de Lettres
    Université de Rouen

    Programme :

    9h à 12h30

    Introduction : Anne-Marie Flambard et Catherine Vincent, Université de Rouen, GRHIS

    Charles de Miramon, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : " La chose sacrée dans le droit canonique et la théologie du XIIe au début du XIIIe siècle : exemples de casuistique et théorie générale ".

    Cécile Treffort, Université de Poitiers : " L'identité préservée : plaques et objets inscrits déposés dans les sépultures au Moyen Age ".

    Bruno Maës, Université de Strasbourg : " Coquilles, rosaires et bourdons : objets et mutations des identités pèlerines du XVe siècle à la fin du XVIIIe siècle ".

    Denis Bruna, Ecole du Patrimoine, IFROA : " L'insigne vestimentaire : une identité imposée ou revendiquée ".

    14h30 à 17h30

    Sylvie Steinberg, Université de Rouen, GRHIS : " Vêtement et identité sexuée sous l'Ancien Régime ".

    Eric Saunier, Université du Havre, GRHIS : " La place de l'objet dans les rituels maçonniques ".

    Jacques-Olivier Boudon, Université de Rouen, Directeur du GRHIS : " Le rôle des objets dans la construction des identités politiques aux XIXe et XXe siècles ".

    Conclusion: Françoise Thelamon, Université de Rouen, GRHIS



    Objets et Identité

    INTENTIONS :

    En conclusion de son ouvrage Histoire des choses banales : naissance de la consommation, XVIIe-XIXe siècle (Fayard, 1997), Daniel Roche appelle à rompre avec l'indifférence qui fut longtemps celle des historiens pour le monde des objets, à l'exception de ceux auxquels la tradition prête une valeur artistique. Il propose d'en poursuivre l'étude, à sa suite, dans le cadre d'un "système" qui mette en évidence "au cœur du processus de consommation, l'action simultanée de l'intelligence et du sensible, du matériel et du symbolique" tout en montrant combien à cet égard "les effets des changements n'agissent pas de façon simple" (p. 270).

    C'est en réponse à ces suggestions que voudrait se situer la journée d'études organisée le Groupe de Recherche en Histoire de l'université de Rouen sur le thème "Objets et Identité". Le terme "objets", ainsi que son libellé au pluriel le laisse supposer d'emblée, sera entendu non pas en son sens philosophique, opposé au "sujet", mais en son sens courant de "choses". Que la notion ait partie liée avec celle d'"identité" n'étonnera pas : l'identité, ou les identités, reçues et recherchées, en perpétuelle construction, se disent et s'élaborent par divers langages, dont celui des choses. On en veut pour preuve la convoitise que suscitent certains objets dont la possession "signe" un statut qui ne se réduit pas uniquement à une appartenance sociale.


    L'objet, parce qu'il est le fruit d'une création inscrite dans un contexte et parce qu'il devient l'élément d'une appropriation plus ou moins délibérée, ne saurait en effet se réduire à un ensemble de dispositifs techniques que ses utilisateurs sont, pour leur écrasante majorité, dans l'incapacité — parfois cultivée ! — de comprendre. "N'importe quel objet, même le plus ordinaire, enferme de l'ingéniosité, des choix, une culture" (François Dagognet, Éloge de l'objet, Paris, Vrin, 1989, p. 12). Toute chose, quelle que soit sa nature, se présente donc comme un ensemble de signes dont la mise en œuvre obéit à des processus identitaires complexes. Les sociologues ont appris à en décrypter quelques-uns. Pour leur part, psychologues et psychanalystes observent que les choses dont un individu est environné contribuent à la construction de sa personne, en soi et au sein des groupes auxquels il appartient. "Les objets dessinent autour de nous des cercles concentriques qui constituent les enveloppes de l'identité de chacun (Serge Tisseron, Comment l'esprit vient aux objets, Paris, Aubier, 1999, p. 218).


    Dans le prolongement de ce qui précède, on suggèrera quelques pistes de réflexion.

    On pourra tout d'abord se pencher sur le statut que les différentes époques ont accordé aux divers objets dont elles se sont dotées, en fonction des conditions de leur production. Sans prétendre pouvoir découvrir les relations intimes des sujets aux objets qui les ont entourés avant des temps relativement récents, on pensera pourtant à la valeur particulière accordée à certains objets, souvent à la suite de rituels spécifiques. Quelques-uns devinrent ainsi signes du sacré : lieux et objets consacrés pour servir au culte ; reliques ; souvenirs de pèlerinage qui conservent une part de la sacralité du lieu. D'autres furent érigés en attributs du pouvoir, tels les regalia pour la monarchie médiévale et moderne, entre autres. D'autres encore manifestèrent une fonction, comme l'outillage dont la possession nécessite un apprentissage. Il y a là une identité propre à l'objet qui, avant d'être reconnue, a donné lieu à une élaboration, elle-même susceptible d'évolution.
    En fonction de ces présupposés, partagés par la communauté qui les construit et les reçoit, se dégagent des jeux collectifs d'expression identitaire : ceux-ci prolongent, affichent ou dissimulent, pour soi et à l'intention des autres, une situation ou une relation particulière. Pensons, notamment, au rôle joué à cet égard par le vêtement qui peut manifester l'intégration comme son contraire, délibérément ou non.

    En retour, dans une perspective plus épistémologique, on pourra se demander jusqu'où peut aller l'historien dans l'utilisation des objets comme source d'identification des sujets autour desquels il les découvre, que ce soit au travers de fouilles archéologiques ou à la lecture d'inventaires après décès, voire d'autres descriptions de collections de biens personnels.

    Lieux

    • Rouen, France

    Dates

    • samedi 12 mai 2001

    Mots-clés

    • objets,identité

    Contacts

    • GRHIS #
      courriel : yves [dot] portier [at] univ-rouen [dot] fr

    Source de l'information

    • GRHIS #
      courriel : yves [dot] portier [at] univ-rouen [dot] fr

    Pour citer cette annonce

    « Objets et identité », Colloque, Calenda, Publié le mardi 24 avril 2001, http://calenda.org/186314