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Récidive et récidivistes

De la Renaissance au XXe siècle

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Publié le vendredi 24 août 2001 par Marin Dacos

Résumé

Récidive et récidivistes : de la Renaissance au XXe siècle. Colloque annuel International Association for the History of Crime and Criminal Justice Genève, 6-8 juin 2002 - Université de Genève Conception et organisation :

Annonce

Récidive et récidivistes : de la Renaissance au XXe siècle.

Colloque annuel

International Association for the History of Crime and Criminal Justice

Genève, 6-8 juin 2002 - Université de Genève

Conception et organisation :

Clive EMSLEY (Open –University, Milton Keynes, UK)
Michel PORRET (Université de Genève, CH)

Comité scientifique (à venir)


Dans l’histoire des pratiques et des doctrines pénales, la « récidive » et son traitement par la justice constituent un riche champ d’investigation historique. Celui-ci est presque inédit et ouvre sur une problématique sociale et culturelle très large. La récidive criminelle signale l’échec de la peine corrective, mais aussi l’enracinement social d’une culture de la délinquance qu’amplifient le milieu, la précarité et la misère. Sous l’Ancien régime, la récidive inquiète les magistrats et les pénalistes mal équipés contre celle de l’homo criminalis : souvent né de l’infamie pénale, l’« endurcissement dans le crime » motive, pour les grands délits, une pénalité d’élimination sociale (galères, peine capitale, parfois bannissement) qui, de fait, règle la problématique de la récidive. Au 19e siècle, comme l’a montré Bernard Schnapper, l’« obsession de la récidive » écrase les pratiques et les philosophies pénales (statistiques criminelles, police judiciaire, criminologie, médecine du crime) tournées vers l’idéal correctif. L’effondrement de la société traditionnelle, la révolution industrielle et l’expansion urbaine sont alors souvent désignés comme source de paupérisme et de récidive criminelle. Edmond Locard (L’identification des récidivistes, Paris, 1909), estimait que dans les grandes villes l’« armée du crime est faite essentiellement de récidivistes », qu’il importe de classifier et de modéliser pour mieux les neutraliser. Corollaire de l’État de droit, la prison est alors conçue comme la panacée de la récidive, alors qu’elle reproduit la criminalité comme le signale déjà en 1910 Adolphe Prins (La Défense sociale). Partout en Europe, les philanthropes multiplient les comités de patronage des détenus pour empêcher la récidive. Pareillement, les délinquants juvéniles sont mis en maison de correction pour la même raison. Multipliant les techniques de signalement, l’anthropologie criminelle traque à sa façon les récidivistes, identifiée par une morphologie ou une « moralité » spécifiques. Le bertillonnage, la photographie judiciaire, le « sommier », le casier judiciaire constituent, parmi d’autres armes policières, autant de moyens « scientifiques » pour renforcer le contrôle social des récidivistes. Au 20e siècle, avec la multiplication des techniques policières et l’amplification d’un sentiment d’insécurité, la récidive est d’une actualité sociale brûlante : les politiques pénales se mesurent dans la façon dont l’État traite les récidivistes. En Californie, le troisième délit emporte aujourd’hui l’incarcération perpétuelle. Aux Etats-Unis comme en Europe, le débat sur la sécurité des individus et des biens prône la « tolérance zéro » pour endiguer la récidive. Un peu partout dans les Etats riches du monde, les fichiers informatiques d’empreintes génétiques traduisent l’avatar moderne du contrôle scientifique de la récidive.

But du colloque : Autour des pratiques et des doctrines pénales, autour de la culture judiciaire, autour des savoirs empiriques et constitués de la criminologie, de la police judiciaire et scientifique, mais aussi de la médecine et psychiatrie légales, ce colloque veut historiciser la récidive à l’époque moderne et contemporaine en la replaçant dans ses divers contextes géographiques, sociaux et culturels, en en montrant les mutations. Il s’agira de comprendre la manière dont le droit pénal a qualifié la récidive pour la combattre. En anglais ou en français, les communications (vingt minutes) étudieront les types juridiques de récidivistes (criminel professionnel, délinquant occasionnel, serial killer, etc.), ses figures sociales (homme, femme, adolescent et enfant), les pratiques et les enjeux sécuritaires du traitement de la récidive, sa motivation individuelle, des cas exemplaires, ainsi que les discours sur la récidive, ses représentations culturelles (« causes célèbres », biographie criminelle, littérature d’échafaud, « testament de mort », faits divers, presse, littérature, etc.). Finalement, le volume des Actes du colloque publiera les communications sous une forme plus complète en actualisant les enjeux contemporains du traitement pénal de la récidive.


Propositions de communications en anglais ou en français - avec titre et résumé de 2000 signes pour la publication des pré-actes - à envoyer (courriel) avant le 30 novembre 2001 aux organisateurs du congrès :

Clive Emsley : C.Emsley@open.ac.uk
Michel Porret : Michel.Porret@lettres.unige.ch




Depuis cinq ans, l’AHCCJ édite une revue internationale consacrée à l’histoire de la justice et du crime : Crime, Histoire et Sociétés (dix numéros parus, Droz, Genève). Elle publie des articles inédits (sciences humaines et sociales) consacrés à l’approche socio-historique de la criminalité et de la justice pénale et plus largement de la déviance et du contrôle social. Informations auprès de son rédacteur René LEVY (CESDIP) : rlevy@ext.jussieu.fr

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • vendredi 30 novembre 2001

Contacts

  • Michel Porret
    courriel : michel [dot] porret [at] unige [dot] ch
  • Clive Emsley
    courriel : C [dot] Emsley [at] open [dot] ac [dot] uk

Source de l'information

  • SFHSH-forum #
    courriel : calenda [at] revues [dot] org

Pour citer cette annonce

« Récidive et récidivistes », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 24 août 2001, http://calenda.org/186460