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Mémoire plurielle de la ville de Sousse, organisée par le Laboratoire de recherche: régions et ressources patrimoniales.

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Publié le mercredi 05 septembre 2001

Résumé

Laboratoire de recherche : Régions et ressources patrimoniales en Tunisie Unité : Histoire et Mémoire. Présentation du projet Mémoire plurielle de la ville de Sousse L

Annonce

Laboratoire de recherche :
Régions et ressources patrimoniales en Tunisie
Unité : Histoire et Mémoire.



Présentation du projet
Mémoire plurielle de la ville de Sousse



La Tunisie urbaine se confond pour l'essentiel avec la façade maritime ouverte sur la mer et ses apports pluriels. La trame urbaine littorale a connu dans ses principaux foyers des mutations plus ou moins profondes selon les époques et les influences : Villes inspirées du modèle arabo-islamiques, les principales cités de Tunisie ont vu leurs structures urbaines se constituer à l'époque médiévale. Depuis, elles se sont développées à partir de noyaux initiaux pour s'étendre ensuite à travers faubourgs et nouveaux quartiers résidentiels.

Toutes les villes importantes, telles Tunis, Sousse, Mahdia, Sfax …etc., étaient entourées de murailles qui avaient connu des aménagements au niveau de leur tracé pour englober les nouveaux faubourgs qui s'étaient greffés à la ville. Les accès à la ville se faisaient par des portes majestueuses qui donnaient lieu à des ruelles commerçantes ou industrielles convergeants vers un espace central : la Mosquée, avec ses multiples fonctions religieuses, politiques et éducationnelles. Derrière la Mosquée commençaient les quartiers résidentiels difficilement accessibles aux étrangers, surtout les non musulmans. Des espaces frontières finirent par se faire une place comme la Hara des juifs du Côté de Bab Carthagène ou les bagnes, refuges transitoires, hébergeant les captifs de la course en attente d'une libération ou d'une conversion ; de même que les fondouks situés souvent dans des espaces tournés vers l'extérieur et étaient aménagés pour héberger les négociants. Dans la ville de Tunis, des fondouks hébergeaient également négociants et consuls en provenance des différents pays méditerranéens.

A partir du milieu du XIX siècle ces noyaux de résidence des étrangers allaient constituer le quartier franc mais toujours à l'intérieur des murailles de la ville. L'établissement d'un plan d'occupation de l'espace extra muros avait coïncidé avec les débuts de l'ère coloniale qui inaugura un urbanisme de type nouveau donnant naissance à une ville européenne se juxtaposant à la ville existante qui avait pris le nom de : Mdina.

En effet, avec l'installation en 1881 du protectorat français en Tunisie et avec l'arrivée de populations originaires de divers pays méditerranéens, la physionomie des principales villes tunisiennes a subi de profondes mutations qui ont fini par leur donner une configuration nouvelle. Les villes " européennes " s'étaient constituées selon une architecture importée des villes métropolitaines mais intégrant aussi les couleurs et les formes du pays, ce qui a donné lieu à une architecture particulière nommée : l'Art Nouveau.

Mais vite, on s'était rendu compte que le site des nouvelles villes était souvent exigu pour pouvoir absorber l'afflux démographique en provenance des pays méditerranéens et de l'intérieur du pays. A partir des années vingt du vingtième siècle, nous assistons à la naissance de quartiers plus ou moins périphériques attirant les nouveaux résidents en fonction de critère ethniques ou sociaux.

Il ne faudrait pas perdre de vue que cette évolution a entraîné le déclassement de la Médina au profit de la ville européenne comme nouveau centre des affaires et de la dynamique de la restructuration urbaine et économique. Face à cette marginalisation, les tentatives de valorisation de l'ancienne ville ont oscillé entre la création, de nouvelles institutions modernes dans l'espoir de lui insuffler une vie nouvelle et la dissolution de l'espace historique dans nouvelle réalité urbaine au nom de l'unité et du nécessaire décloisonnement. Mais ni l'une, ni l'autre démarche n'a abouti.

Avec l'indépendance, le tunisien s'est trouvé confronté à une réalité urbaine éclatée, qui va se développer de manière anarchique sous le double poids de la démographie et de l'exode. La nouvelle configuration urbaine, par la mise en veilleuse de la Médina, le remplacement des communautés européennes par les classes ascendantes et la prolifération de nouveaux quartiers, a fini par effacer la mémoire historique de la ville. Comment le tunisien peut-il récupérer cette mémoire perdue afin de l'intégrer dans son patrimoine symbolique ?

Le projet ville plurielle tentera une reconstitution exhaustive des divers moments et des étapes historiques de l'édification des espaces urbains avec leur spécificité, leur cloisonnement, leurs espaces frontières faits de confluences et de tensions. Ce travail sera mené par le recours aux sources multiples : archéologiques, administratives, littéraires, iconographiques, généalogiques, oraux…etc.

Le projet tentera de faire croiser des mémoires qui sont restées souvent cloisonnées. C'est grâce à une meilleure connaissance de ces multiples espaces dans leurs différences, leur diversités qu'il s'agit de penser l'avenir. Les études qui seront présentées par les historiens et les témoignages qui seront livrés par les Soussiens, le 2 novembre 2001, constitueront une contribution modeste dans cette voie.









Catégories

Lieux

  • Sousse, Tunisie

Dates

  • vendredi 02 novembre 2001

Mots-clés

  • Ville, médina, mémoire plurielle, colonisation

Contacts

  • Habib Kazdaghli.
    courriel : Kaz [dot] habib [at] planet [dot] tn

Source de l'information

  • Habib Kazdaghli
    courriel : kaz [dot] habib [at] planet [dot] tn

Pour citer cette annonce

« Mémoire plurielle », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 05 septembre 2001, http://calenda.org/186479