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Politiques publiques et équipements culturels

Politiques publiques et équipements culturels.
Colloque organisé par le Département des études et de la prospective avec l'OFCE
(Fondation nationale des Sciences politiques)

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Publié le vendredi 09 novembre 2001 par Natalie Petiteau

Résumé

LE(S) PUBLIC(S) Politiques publiques et équipements culturels Ministère de la culture et de la communication DEP Fondation nationale des sciences politiques OFCE _____________

Annonce


LE(S) PUBLIC(S)
Politiques publiques et équipements culturels

Ministère de la culture et de la communication
DEP
Fondation nationale des sciences politiques
OFCE



_________________

Direction de
l’administration générale
APPEL À COMMUNICATIONS
COLLOQUE
LE(S) PUBLIC(S)
Politiques publiques et équipements culturels

PARIS ( 28-30 novembre 2002)

Le Département des études et de la prospective organise à Paris, les 28-30 novembre 2002, en collaboration avec la Fondation Nationale des Sciences Politiques, un colloque international pour tenter un bilan de l'état des connaissances sur les différents thèmes qui constituent dans le domaine culturel la « question des publics ». On sait que la volonté de démocratisation qui est au coeur des politiques culturelles a fait naître, très rapidement, le besoin de mesurer la fréquentation des équipements culturels et de connaître le profil des publics concernés. Les premières enquêtes sur les publics sont apparues dès le début des années 60 et, même si pendant longtemps les milieux artistiques et culturels ont préféré parler du public au singulier sans se soucier de la réalité qui se cachait derrière cette entité abstraite, la nécessité de disposer d'éléments quantifiés pour aborder la question des publics, a gagné progressivement du terrain : les études et enquêtes se sont multipliées au cours des quinze dernières années, à l'initiative des établissements eux-mêmes, des pouvoirs publics qui les financent ou des milieux universitaires, et aujourd'hui la plupart des grands établissements (Centre Georges Pompidou, Cité des sciences de la Villette, Bibliothèque nationale de France, musées de Versailles et du Louvre,...) disposent d'un service d'études et/ou d'évaluation. Pour sa part, le Département des études et de la prospective ( D.E.P.) a complété son dispositif d'enquêtes nationales sur les "Pratiques culturelles des Français" en s'intéressant tour à tour aux publics du théâtre, des spectacles de danse, des salles de cinéma, du cirque, des musées, des activités amateur,…avant d'initier plus récemment plusieurs études relatives à la question des publics (évaluation des mesures de " démocratisation " dans le domaine des musées et des théâtres nationaux, étude sur les scènes nationales, recherches financées dans le cadre de l'appel à propositions "Pratiques et consommations culturelles" qui sont aujourd'hui terminées ou en voie d'achèvement. Les enquêtes, études ou recherches sont, par conséquent, désormais nombreuses, et la connaissance des publics est souvent présentée comme un impératif par les responsables culturels, sans qu'existe de véritable confrontation des savoirs ni de capitalisation des expériences. Il n’est d'ailleurs pas faux de penser que la multiplication des enquêtes a engendré une certaine standardisation de la présentation des résultats et des schémas interprétatifs : les tableaux de résultats reprennent souvent les mêmes tris croisés ( selon le sexe, l'âge, la catégorie socioprofessionnelle, la taille de commune,...) tandis que les commentaires ont tendance à s'essouffler dans la dénonciation répétitive des mêmes disparités sociales ou géographiques. De surcroît, l'accumulation des résultats n'a pas permis une amélioration significative de l'efficacité des actions mises en oeuvre en matière de démocratisation, tout en ne contribuant que faiblement au renouvellement des objectifs et de la problématique générale de la politique culturelle. Dans une certaine mesure, on peut même considérer que les interrogations sur les finalités de l'action de l'Etat en matière culturelle ont eu tendance à s'accentuer à mesure que les résultats d'enquête montraient les limites de l'entreprise de démocratisation. Ces différents éléments conduisent à penser que le moment est venu d’organiser un temps fort d’échange et de confrontation autour des résultats des enquêtes et recherches menées ces derniers années sur la question des publics en France et à l'étranger, afin de favoriser la rencontre du monde de la recherche avec celui des décideurs politiques et des professionnels de l'action culturelle.

Les objectifs


La première ambition du colloque est de rendre compte des résultats des principales enquêtes ou études d'évaluation menées dans le cadre d'opérations originales d'action culturelle, et d'offrir un bilan aussi complet que possible des réflexions menées autour de la question du(des) public(s). Le colloque devra, notamment, permettre de dégager les grandes tendances d'évolution de la fréquentation au cours des vingt ou trente dernières années en les mettant en relation à la fois avec l'action des pouvoirs publics dans le domaine culturel ( accroissement du financement, élargissement de l’offre,...), l’essor de l’audiovisuel et des industries culturelles et, enfin, les profondes mutations que connaissent nos sociétés au plan économique et social. Il s’agit de créer les conditions d'un débat scientifique autour des résultats d'enquête mais aussi des schémas interprétatifs mobilisés par les uns et les autres1. Quels éléments de synthèse retenir des nombreuses études et recherches menées ces dernières années sur les publics de la culture et les usages des équipements culturels ? Les conclusions des chercheurs français rencontrent-elles celles des chercheurs étrangers ? Quelles sont les avancées méthodologiques et théoriques les plus riches ou novatrices ? Comment interpréter par exemple la persistance de fortes disparités dans l'accès à la création contemporaine et à la culture savante ? Dans quelle mesure les transformations de la structure sociale, la diversification des modes de socialisation, l'effacement relatif des hiérarchies culturelles… entament l'efficacité des schémas théoriques reposant sur les notions de capital culturel et de culture " dominante " ? Si les réponses apportées à ces questions constituent un enjeu essentiel pour la sociologie de l’art et de la culture, leur portée déborde largement le monde de la recherche. Elles interpellent, en réalité, l'ensemble des acteurs de la vie culturelle et, qu’on le veuille ou non, participent du débat sur les finalités et les moyens des politiques culturelles. La « question du public », en effet, se situe depuis toujours au fondement des politiques culturelles puisque le soutien apporté par les pouvoirs publics à la création et à la sauvegarde du patrimoine ne trouvent leur véritable légitimité que dans l'action qu'ils mènent en parallèle pour faciliter l'accès à l'un et à l'autre. Et, les attentes sont également fortes aujourd'hui sur ce terrain, à un moment où les interrogations autour de la nécessité de " refonder " les politiques culturelles se font insistantes, et où de surcroît les tensions budgétaires obligent plus que jamais à des arbitrages : quel éclairage apportent les résultats d'enquêtes sur les objectifs qui depuis plus de quarante ans structurent les discours des pouvoirs publics en matière culturelle ( démocratisation, accès de tous à la culture, lutte contre l'exclusion, démocratie culturelle, élargissement ou diversification des publics....)? Dans quelle mesure obligent-ils à réexaminer les moyens mis en œuvre au service de la politique des publics ?

L'organisation

Le colloque se déroulera à Paris sur une durée de deux jours et demi. Les deux premières journées seront organisées de la même façon, autour de quatre thèmes liés deux à deux. Le matin, des séances plénières aborderont des questions générales ou transversales, regroupant des communications synthétiques ou portant sur 1 Les interrogations qui suivent sont posées pour l'essentiel sur le terrain de la sociologie, même si bien entendu les apports d'anthropologues, économistes, … ne sont pas ignorés et si la perspective historique est bien présente dans le présent projet. Il n'apparaît pas réaliste, en effet, d'envisager une véritable confrontation entre disciplines compte tenu de la très grande diversité des thématiques relevant de la " question des publics ". 3 au moins deux domaines différents ( par exemple les musées et les bibliothèques, les festivals et les expositions...). L'après-midi, des séances sectorielles menées en parallèle permettront de traiter les mêmes thèmes de manière plus précise à travers des communications portant sur un domaine culturel, un type d'équipement ou a fortiori un équipement particulier; ces séances viendront illustrer ou enrichir celles du matin, mais pourront aussi remplir une fonction de contre-point en traitant de thématiques spécifiques: ainsi par exemple, la question du tourisme culturel, qui est très présente dans le domaine des musées et des lieux de patrimoine mais quasi inexistante dans celui du cinéma, des bibliothèques et du spectacle vivant (sauf pour les festivals) pourra être abordée dans la séance consacrée aux musées et/ou au patrimoine. La dernière demi journée proposera, sous la forme de tables rondes, une synthèse des travaux et débats des deux premières journées. Précisons que le nombre exact ainsi que l’intitulé des séances sectorielles ne sont pas arrêtés à ce jour. Il paraît possible d'envisager la tenue en parallèle de trois ou quatre séances portant sur des domaines correspondant au découpage artistico-administratif habituel (musées, spectacle vivant, cinéma, bibliothèques…,) mais aussi éventuellement sur des domaines moins clairement identifiés, tels les espaces non institutionnels ( la rue, les friches, les squats artistiques…) ou "les grands équipements pluri-sectoriels" (Beaubourg, La Villette...). Les choix définitifs concernant les séances sectorielles seront faits ultérieurement, en fonction de l’importance relative qu’occupera chacun des secteurs dans l’ensemble des communications proposées et de leur intérêt intrinsèque par rapport aux thèmes généraux du colloque.

Les quatre thèmes

La première journée dont l’intitulé sera " Les politiques culturelles face à la question du public " traitera des deux thèmes suivants, le matin au cours des séances plénières, l’après-midi au cours des séances sectorielles :

- Débats d'hier et d'aujourd'hui autour de la représentation et de l'approche des publics

- Du public/peuple à la segmentation des publics : comment a été pensée la question du (des) public(s) depuis la création du ministère des affaires culturelles ? Comment l'exigence de connaissance du public s'est-elle progressivement imposée selon les domaines : rôle des artistes, des associations, des intellectuels, des professionnels (bibliothécaires, conservateurs de musée, metteurs en scène…).

- Démocratisation / démocratie culturelle : histoire et actualité d'un débat en France et à l'étranger

- Les résistances à la connaissance des publics : dans quelle mesure les représentations de l'art et de l'artiste en vigueur dans les milieux culturels ont-elles entravé une approche "pédagogique" de la culture, de l'animation socio-culturelle à l'éducation artistique à l'école ?

Nous indiquons pour chacun des quatre thèmes retenus une liste de sous-thèmes qui, bien entendu, ne prétend à aucune exhaustivité mais vise uniquement à préciser le cadre général des interrogations sur lesquelles des réponses sont attendues.

- Les catégories, spontanées ou construites, utilisées pour traduire la segmentation des publics : le public cultivé, amateur, occasionnel, le " grand public ", les jeunes, les personnes âgées, etc…

- Politique culturelle et évolution de la fréquentation des équipements : quel bilan ?

- Démocratisation, "moyennisation", élitisation de l'accès : comment a évolué la fréquentation ces vingt dernières années ? Quels liens établir avec les mutations de l'offre culturelle et les transformations de la structure sociale ? Les tendances globales ou transversales constatées en France sont-elles à l'oeuvre à l'étranger ( Europe, Etats Unis, Canada...) ?

- L'élargissement de l'offre culturelle a-t-elle renforcé la logique du cumul qui apparaît souvent dominante en matière de pratiques culturelles ? La valorisation de l'éclectisme est-elle une tendance à la hausse ou observe-t-on une tendance inverse à la spécialisation ? La diversification des programmations, des lieux et des services offerts favorise-t-elle le cumul des pratiques ou la diversification des publics ?

- Les effets des politiques tarifaires ( gratuité, réductions tarifaires, formules d'abonnement…) sur le volume et les modalités de fréquentation

- Médiatisation, événements et festivals : la fréquentation a-t-elle tendance à se concentrer sur les grands événements/équipements fortement médiatisés ? La seconde journée dont l’intitulé sera «Les équipements culturels face aux mutations sociales », sera consacrée à l'analyse des effets des mutations sociales en cours sur la fréquentation des équipements culturels ( volume des entrées, usages des équipements, formes d'appropriation…). Les séances plénières et sectorielles seront organisées autour des deux thèmes suivants:

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