AccueilHugo et la guerre

ColloqueNon classée

Dates

Catégories

    *  *  *

    Publié le samedi 12 janvier 2002 par Natalie Petiteau

    Résumé

    PREMIERE JOURNEE : De Napoléon le Grand à Napoléon le Petit MATIN : 9h 30 – 12h 30 * Ouverture * 1. Jean-Luc Hentrayes, Doctorant en Histoire « Expérience, étude et souvenirs de la guerre chez Abel Hugo » : Il s’agit d’étudier ic

    Annonce



    PREMIERE JOURNEE : De Napoléon le Grand à Napoléon le Petit


    MATIN : 9h 30 – 12h 30


    * Ouverture

    * 1. Jean-Luc Hentrayes, Doctorant en Histoire

    « Expérience, étude et souvenirs de la guerre chez Abel Hugo » : Il s’agit d’étudier ici les différentes expériences de la guerre vécues par Abel Hugo, en tant que civil et combattant, ainsi que les représentations liées à ce vécu. Il s’agit également d’étudier les sources et les influences d’Abel Hugo dans ses publications liées à la guerre, en essayant de mettre en lumière la relation éventuelle avec l’œuvre de Victor Hugo.


    * 2. François Robichon, Professeur d’Histoire de l’art à l’Université de Lille III :

    « Victor Hugo et la peinture des guerres napoléoniennes de son temps » : La constitution de la légende napoléonienne s’est faite au moins autant par la peinture que par la littérature. Montrer dans quel contexte visuel Hugo développe ses poèmes à la gloire de l’Empereur, mais aussi ceux consacrés à la campagne de Russie et de Waterloo, puis à quelles sources il puise pour sa description de la bataille de Waterloo dans Les Misérables, description qui servira par la suite d’inspiration aux peintres.


    * 3. Jean-Marc Largeaud, Maître de Conférences en Histoire à l’Université de Tours

    « Hugo, les Républicains et Waterloo sous le Second Empire » : Etude des rapports et convergences entre la récupération par les Républicains de la défaite de Waterloo sous le Second Empire et le récit hugolien.

    * 4. Nicole Savy, Directrice du Service culturelle du Musée d’Orsay

    « Le paradigme de la couleuvre» : Le chemin de Nivelle, large serpent, la couleuvre d’acier des cuirassiers du chemin creux d’Ohain, devenu ruban de chair, la mue des serpents idéologiques, la reptation des Thénardier, figure dégradée du même, tout le récit des Misérables est traversé par la figure du serpent. Or la bivalence du serpent dans la symbolique (feu/gluant, sexe/intestin, force divine/répulsion, peau de métal / dieu de l’eau, sagesse/mal, etc.) résonne avec ce que dit Hugo de la bataille, à la fois défaite et engendrement d’un siècle et de la liberté. Ligne sur la terre et ligne vivante, autrement dit impensable, le serpent est à lui tout seul une bataille, ou une guerre ; il est ce qui défait la pensée.


    APRES-MIDI :– 14h15 – 18h


    * 1. Gérard Gengembre, Professeur de littérature à l’Université de Caen :

    « La guerre , horrible accoucheuse de l’Histoire ? » : à partir du statut de Napoléon dans l’œuvre hugolienne combiné à la portée et aux interrogations présentes dans plusieurs textes comme l’Année terrible, on se demandera si Hugo ne voit pas dans la guerre une accoucheuse de l’Histoire, en essayant de dégager nuances et apories.


    * 2. Paule Petitier, Professeur de littérature à l’Université de Paris VII:

    « Après la bataille » : Le titre de ce poème de La Légende des siècles par sa situation dans le recueil (il ouvre la section « Maintenant ») définit ou indexe le temps présent. Il faudrait donc s’interroger sur le XIXème siècle comme ce qui suit la bataille, ce qui manifeste ses séquelles, ou bien s’inscrit dans un ordre nouveau (la paix ?), ou bien encore ce qui prolonge, selon d’autres modalités agonistiques, la guerre. Cette interrogation amènerait à parler des Misérables (après Waterloo), à établir un rapport avec Le Colonel Chabert, et à envisager les traces et la mémoire de la bataille, la parole sur la guerre comme une parole d’après-coup.


    * 3. Stéphane Audoin-Rouzeau, Professeur d’Histoire à l’Université Jules Verne- Picardie :

    « Le moment 1850-1871 dans la violence de guerre occidentale » : La séquence chronologique 1850-1870 revêt une importance certaine dans l’histoire de la violence de guerre occidentale. Un palier est en effet franchi. Les nouveaux fusils, et la percée du canon comme arme de domination du champ de bataille, transforment profondément l’expérience de violence. En outre, la place des civils dans la guerre tend à évoluer : ces derniers deviennent un enjeu central de l’affrontement guerrier. Ces évolutions signalent la période 1850-1871 comme une étape décisive dans la marche à la guerre totale.


    * 4. Gilles Pécout, Maître de Conférences en Histoire à l’ENS Ulm :

    « Hugo et la guerre de libération en Europe méditerranéenne : le combat des peuples en Italie » : Il s’agira de mettre en rapport l’engagement italien de Victor Hugo avec ses engagements méditerranéens depuis la fin des années 1820 et voir en quoi l’idée simple d’une « guerre juste » parce que liée à un combat de libération nationale évolue jusqu’aux années 1870.

    * 5. Jean-Marc Hovasse, Chargé de recherche en littérature(CNRS, UMR 6563)

    « La Voix de Guernesey » : Il s’agira d’essayer de montrer comment, à travers ce texte de lutte contre l’expédition de Rome au statut éditorial très particulier, Victor Hugo mène un double combat, aussi bien littéraire (essai de mobilisation générale des Parnassiens) que politique (réactualisation des Châtiments pour les nouvelles générations).



    DEUXIEME JOURNEE : GUERRES ET PAIX

    MATIN : Guerre civile, guerre étrangère : 9h30 – 12h 30



    * 1. Franck Laurent, Maître de Conférences en littérature à l’Université du Mans

    « La guerre civile ? qu’est-ce à dire ? Est-ce qu’il y a une guerre étrangère ? » On s’interrogera sur l’évaluation, politique et morale, de la guerre civile dans l’œuvre de Hugo. On pense montrer qu’au postulat qui fait de la guerre civile la « mauvaise » guerre par excellence, quand la guerre étrangère peut, elle, être « bonne », Hugo oppose parfois l’idée, soutenue par Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-tombe, que la guerre civile a plus de chance d’être juste que la guerre étrangère, ou plutôt que, au regard de la « justice », la distinction tombe : « La guerre civile ? qu’est-ce à dire ? Est-ce qu’il y a une guerre étrangère ? […] Il n’y a ni guerre étrangère, ni guerre civile : il n’y a que la guerre injuste et la guerre juste » (Les Misérables, IV, 13, 3). Sont alors remis en question la prééminence de la définition nationale de la Communauté, ainsi que le monopole accordé à l’Etat de la violence légitime.


    * 2. Delphine Gleize, Maître de Conférences en littérature à l’Université Lyon II

    « Représentations de la guerre civile – Textes et images » : L’évocation de la guerre civile chez Victor Hugo se trouve le reflet de la position politique de l’écrivain, position qui évolue au fil des temps. A partir notamment des représentations de Juin 1848 et de la Commune, il faudra s’interroger sur le rôle que jouent les images dans l’élaboration du discours, mais aussi dans la mise en scène de ses ambiguïtés. Deux axes d’étude seront privilégiés, dans lesquels l’image incarne tout à la fois un moyen et un enjeu de la représentation politique. Le texte hugolien utilise, façonne et détourne parfois l’image dans ses résonances symboliques à des fins de théâtralisation du discours. D’autre part, les illustrations et gravures suscitées par les textes hugoliens ressaisissent et schématisent parfois les enjeux de cette représentation politique.


    * 3. Gabrielle Chamarat-Malandain, Professeur de littérature à l’Université de Paris X

    « La Guerre civile dans Quatrevingt-Treize » : Comment se pense le rapport entre guerre étrangère et guerre civile dans ce roman de l’après- « année terrible », telle sera la question posée, dans une perspective orientée par la superposition de 1870-1871 et de 1793.






    * 4. Agnès Spiquel, Maître de Conférences en littérature à l’Université Jules Verne – Picardie

    « La double guerre (Hugo en 1870-1871) » : « Du démembrement du Verso de la page, en mai 1870, Hugo tire entre autres le poème « Loi de formation du progrès ». Il s’agira de voir comment la perception dialectique de l’Histoire ainsi énoncée commande l’essentiel de ses réactions face à la guerre étrangère et à la guerre civile. Le progrès s’incarnant pour Hugo dans Paris, la double guerre est jugée du point de vue de Paris et du peuple parisien. Mais, tandis qu’il continue à penser comme une nécessité de l’Histoire le fait que l’écrasement de la France par la Prusse se retournera en grandeur, il pense l’après-Commune en termes d’éthique de la République : la loi de clémence est inscrite au « verso de la page » de la violence révolutionnaire ; seule cette justice que serait l’amnistie des Communards peut frayer le chemin vers l’utopie du « progrès en pente douce ».


    APRES-MIDI : PACIFISME ET BELLICISME : 14h15 – 18h

    * 1. Bernard Degout, Directeur adjoint de la Maison de Chateaubriand à la Vallée-aux-loups

    «Victor Hugo et la guerre d’Espagne » : La guerre d’Espagne fut le premier conflit auquel Hugo, au début de sa maturité, ait été confronté. Le fils du général de l’armée impériale – lequel s’était illustré, comme on dit, en Espagne – était favorable, contre l’Empire et la naissante légende impériale, à l’intervention militaire conduite par le duc d’Angoulême en faveur du rétablissement de Ferdinand VII contre les Cortès. Il s’agirait d’examiner le plus précisément possible ce qu’a écrit à cette occasion un jeune homme qui déclara par ailleurs, précisément à la même époque, qu’il aurait été soldat, s’il n’eût été poète.


    * 2. Philippe Régnier, Directeur de Recherche au CNRS, LIRE, Lyon.

    « Victor Hugo et le discours pacifiste des utopistes » : L’hypothèse de départ de cette étude est que le discours pacifiste de Victor Hugo fait écho à ceux tenus par les utopistes de la première moitié du XIXème siècle.


    * 3. Bernard Leuilliot, Professeur de littérature à l’Université de Caen

    « Guerre et paix » : Adversaire de la peine de mort, Victor Hugo ne fut pas un adepte de la non-violence ni du pacifisme intégral. Le soutien qu’il apporta aux mouvements pacifistes, depuis sa participation, en 1849, au « Congrès de la Paix », n’allait pas sans sa remise en cause, chaque fois que la « question de la guerre » était appelée à remplacer la « question de la paix », qu’il s’agisse du système des alliances européennes, des guerres d’indépendance et de « libération », ou de la belliqueuse complicité, aux quatre coins du monde, des impérialismes rivaux. Sur fond d’ « immanence », la « routine du sang » et la « misère moderne » invitaient à relativiser l’absolu. L’avènement des « Etats-Unis d’Europe » ne pouvait être qu’ « asymptotique », et ce n’était, au XIXème siècle, comme toujours, la fin de rien, ni des « tyrans », ni des massacres, ni de la guerre.


    * 4. Arnaud Laster, Maître de Conférences en littérature à l’Université de Paris III

    « Déshonneur de la guerre (V.Hugo) » : Le 30 mai 1878, dans son discours pour le centenaire de Voltaire, Hugo invite à en finir avec la glorification de la guerre. On propose de voir dans cette prise de position non pas une formule de circonstance mais l'aboutissement d'une tendance qui travers son œuvre, des discours pour les Congrès de la Paix à L'Année terrible, en passant par les Chanson des rues et des bois, et autant qu'une critique radicale une visée démystificatrice.


    * 5. Jean-François Chanet, Maître de Conférences en Histoire à l’Université de Lille III, membre junior de l’IUF

    « De la revanche à la guerre du droit : la place de Victor Hugo dans l’éducation nationale, 1870-1914 » : De même qu’il importe d’être attentif aux nuances d’un patriotisme qui motive l’effort de préparation militaire de façon très diverse (le souci du droit n’est pas moins répandu que l’exaltation cocardière, et il donne à cet effort un caractère généralement défensif), de même l’œuvre et la pensée de Victor Hugo, du moins les aspects qu’en retiennent prioritairement la pédagogie républicaine puis, plus tard, la pédagogie syndicale et socialiste, ne fournissent-ils pas au moins autant d’arguments aux pacifistes qu’aux nationalistes ?


    * 6. Danièle Casiglia-Laster, écrivain et critique

    "Pacifisme ou résistance ? De l'épée de Slagistri aux fusils de la mère Carrar" : L'Epée de Victor Hugo et Les Fusils de la mère Carrar de Bertolt Brecht semblent au premier abord poser les mêmes questions. Faut-il privilégier la paix à tout prix ou y a-t-il des situations qui imposent de se battre ?



    TROISIEME JOURNEE : HEROS, GUERRIERS, VAINCUS : LA QUESTION DE L’EPIQUE

    MATIN : Les Soldats - présidence de séance 9h 30 – 12h 30


    * 1. Florence Naugrette, Maître de Conférences en littérature à l’ Université de Rouen.

    « Le personnage du soldat dans le théâtre de Victor Hugo » : Contrairement au théâtre historique dont il est le contemporain, le drame de Hugo n’est pas un drame « national » : s’il met en scène l’Histoire, ce n’est pas pour exalter tel grand épisode du passé collectif où le peuple est uni autour du souverain. La guerre, toujours hors-scène, n’est donc pas, comme elle l’est dans le théâtre historique, une « scène à faire », bien au contraire. Loin d’être exalté pour sa bravoure, le soldat en activité n’est pas un héros mais un comparse ; valant pour une métonymie du pouvoir royal dont il exécute les basses œuvres, il n’est pas doté d’une parole propre. Les seuls soldats qui tiennent un discours véritable sur la guerre sont ceux qui en sont revenus : c’est le cas par exemple de l’empereur Barberousse dans Les Burgraves, ou du major Gédouard, ancien soldat de l’an II, dans Mille Francs de récompense. On étudiera les modes et les enjeux de leur discours sur la guerre en le resituant dans le cadre signifiant de leur présence scénique.


    * 2. Natalie Petiteau, Maître de Conférences en Histoire à l’Université d’Avignon :

    « Images des soldats de l’Empire dans l’œuvre de Victor Hugo » : Victor Hugo, au même titre que Balzac mais de façon différente, a participé à la construction de l’image du soldat et du vétéran de l’Empire. Il s’agit de repérer, dans son œuvre, les éléments de construction du mythe du vétéran totalement dévoué à la cause de Napoléon ; il s’agit aussi d’examiner dans quelle mesure l’image du soldat des campagnes napoléoniennes a évolué au fil de l’œuvre ; il convient enfin de placer ces éléments de construction de la légende au regard d’une réalité historique que l’on parvient aujourd’hui à saisir.

    * 3. Ludmila Charles-Wurtz, Maître de conférences en littérature à l’université de Tours

    « Les réfugiés » : Toute guerre implique des vainqueurs et des vaincus, mais aussi des victimes ; outre les morts et les blessés, il faut compter parmi elles les civils qui, sans prendre part au conflit, en subissent les conséquences : ce sont au premier chef ceux que Hugo appelle, dans Les Travailleurs de la mer, les éréfugiésé, dépaysés, déracinés, tombant des nues – « êtres absolument inoffensifs, étrangers, les femmes du moins, aux événements qui les ont chassés, n’ayant ni haine, ni colère, projectiles sans le vouloir, très étonnés. » (Les Travailleurs de la mer, I, 3). Pour eux – Gilliatt et sa mère, Michelle Fléchard et ses trois enfants, etc., la guerre n’a pas de sens. La représentation de leur point de vue n’implique pas pour autant celle d’une guerre vide de sens ; on se demandera quels sont la fonction et l’effet de cette irruption du non-sens dans la figuration romanesque et poétique de la guerre.


    * 4. Guy Rosa, Professeur de littérature à l’Université de Paris VII

    « Guerriers, soldats et militaires : le mythe de la caserne chez Hugo » : La contradiction manifeste, dans les textes et la vie de Hugo, entre un certain attrait pour les actes guerriers et l’éloignement comme instinctif envers les hommes en armes pourrait être sinon levée, du moins atténuée, en analysant plus finement son objet. Les gens d’arme ne sont pas uniformes. Certains relèvent d’un état archaïque de la bagarre : à eux la prestance et les grands coups ; d’autres appartiennent à l’ancien régime de la belligérance : généraux à plumet ordonnant les razzias, soldatesque ; viennent enfin les Théodule de la modernité, vrais hommes des casernes et les troupes aux fonctions plus policières que guerrières. La coupe est historique –et se prête à l’analyse foucaldienne- en même temps que morale : Phoebus appartient à la fois aux deux dernières catégories ; les soldats de l’an II et ceux de Waterloo aux deux premières. Il faudrait aussi faire jouer les différentes formes de l’anonymat militaire. Le tout est à rapprocher, de gré ou de force, de l’idée hugolienne d’une obsolescence de la guerre, d’une dissolution historique spontanée des raisons et des moyens du combat. Hugo croit-il que l’exercice de la force appartient à la nature humaine et/ou que toute société est, au moins virtuellement, guerrière ?


    APRES-MIDI : L’épique - 14h 15 – 18h


    * 1. Anne Ubersfeld, Professeur émérite à l’Université de Paris III

    « Souvenirs de guerre » : Ou comment les souvenirs de guerre reviennent en mémoire, se racontent et agissent dans le présent.

    * 2. David Charles, Maître de conférences en littérature à l’Université du Havre

    « Guerre et mémoire » : La guerre est l’objet d’une mémoire. Les batailles ont leurs monuments, authentiques (la colonne de la place Vendôme) ou truqués (le lion de Waterloo), immatériels (les cendres de Napoléon) ou « frustes » (les médailles du général Hugo), éternels mais lacunaires (l’Arc de Triomphe) ou complets mais éphémères (les barricades) – voire « oubliés » (l’éléphant de la bastille). La guerre littéraire n’est pas en reste. Les préfaces tardives (du Dernier Jour d’un condamné ou d’Hernani) et les anthologies (Littérature et philosophie mêlées au premier chef) sont la mémoire de l’œuvre, singulièrement de ce qui de l’œuvre s’oublie le plus vite, la portée polémique. L’oubli est alors le signe même de la victoire. Mais la mémoire elle-même est une guerre. Les monuments sont les « trophées » de conflits postérieurs à ceux qu’ils commémorent. Conflits réels quand la Restauration tronque ou que la Commune bombarde. Conflits symboliques quand, au texte qui érige, démolit, achève ou pérennise dans l’espace de la fiction, se pose la question de savoir ce qu’il convient d’oublier de la guerre pour commémorer ce qui doit l’être dans une société en instance de pacification, soumise aux « deux devoirs : veiller et espérer ».


    *3. Adeline Wrona, Maître de Conférences en littérature, CELSA-Paris IV.

    « L’épopée des Châtiments » : La guerre joue dans les Châtiments le rôle d’indicateur générique. Parce qu’elle met en relation des événements passés et une actualité récente, parce qu’elle contraint des peuples ennemis à une confrontation qui est une communication minimale, la guerre exerce une force de liaison qui est à la base même de l’inspiration épique. C’est en partant de ce paradoxe – la guerre conjoint plus qu’elle ne sépare – que l’on peut étudier la façon dont Châtiments confirment l’affirmation hégélienne selon laquelle l’état de guerre est l’état de naissance naturel de l’œuvre épique.


    * 4. Claude Millet, Professeur de littérature à l’Université de Lille III

    « La guerre sans histoire » : Dès Les Orientales, l’horreur, le chagrin et la pitié que suscite la guerre, malgré ou avec la fascination qu’elle ne cesse d’exercer, rendent nécessaire un « changement d’horizon » de l’épopée, soit l’invention d’un nouveau régime de l’épique, qui porte en lui, par son articulation au pathétique, les progrès de l’amour et dans l’Histoire et dans la conscience historique. « Il faut que [l’] épopée pleure ! ». La guerre et les Iliades sont des archaïsmes, des marques de cette « éternelle présence du passé » appelée à se dissiper dans l’avenir de l’Harmonie universelle. D’où un traitement fréquemment archaïsant des conflits guerriers, y compris ceux du XIXème siècle, qui, les projetant dans l’univers du mythe, et plus précisément d’une mythologie du Mal, aboutit, comme en retour, à leur déshistoricisation. L’écriture de la guerre, dans ses figures les plus fréquentes, est l’un des points les plus problématiques chez Hugo de la difficile intégration des perspectives historique et métaphysique.

    * 5. Jérôme Lion, Doctorant en littérature à l’Université de Lille III

    « La poésie ensanglantée » : Il s'agit d'interroger la spécificité poétique de Hugo au regard de la production patriotique, particulièrement féconde dans les milieux gambettistes, qu'a générée le double traumatisme de la guerre franco-prussienne et de la Commune. On s'attachera, plus précisément, à partir de pièces tendues vers la célébration de la patrie outragée, à penser la redistribution poétique de l'ode. Comment, en effet, au moment où la France déchirée cherche à recomposer son unité, réaffirmer la puissance conciliatrice d'une poésie de la déploration, nourrie de l'ensanglantement du corps national ?

    - responsable : Claude Millet

    - comité scientifique : Stéphane Audoin-Rouzeau, professeur à l'Université d'Amiens, Jean-François Chanet, Maître de conférences à l'Université de Lille III, membre junior de l'IUF, Claude Millet, professeur à l'Université de Lille III, Guy Rosa, professeur à l'Université de Paris VII.

    Lieux

    • Paris, France

    Dates

    • jeudi 06 juin 2002

    Contacts

    • Claude Millet
      courriel : claudelisabethmillet [at] gmail [dot] com

    Pour citer cette annonce

    « Hugo et la guerre », Colloque, Calenda, Publié le samedi 12 janvier 2002, http://calenda.org/186822