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Santé et maladies en Afrique

Santé et maladie en Afrique: histoire de la diffusion des savoirs

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Publié le lundi 28 janvier 2002 par Natalie Petiteau

Résumé

Journée d'étude 14 octobre 2002 (date provisoire), Centre de Recherches Africaines Appel à contributions (à faire parvenir avant le 15 mars 2002) Au moment où le bien-être physique et psychique est en passe d'être reco

Annonce

Journée d'étude
14 octobre 2002 (date provisoire), Centre de Recherches Africaines


Appel à contributions
(à faire parvenir avant le 15 mars 2002)


Au moment où le bien-être physique et psychique est en passe d'être reconnu comme l'un des droits fondamentaux de la personne humaine, les situations sanitaires agissent en révélateurs de l'inégalité entre les pays riches et les pays pauvres, en même temps qu'elles sont pointées comme des obstacles majeurs au développement social et économique du Sud. Santé et maladie sont ainsi tour à tour envisagées comme cause et conséquence d'un processus historique qui conduit au contexte actuel de la mondialisation. Tandis que s'y pose le problème de l'accès aux médicaments des pays les plus pauvres, et notamment de l'Afrique, le pillage des ressources et des connaissances phytothérapiques de ces mêmes pays est çà et là dénoncé et la « renaissance africaine » prend parfois figure de nationalisme scientifique. La compréhension de ces situations du présent et des sens qui leur sont donnés passe par une analyse des processus en oeuvre localement et au niveau international : des processus pas nécessairement linéaires et qui ne relèvent sans doute pas seulement du temps court mais aussi de plus longues durées. Pourtant, les dynamiques de circulation des savoirs et des ressources thérapeutiques aussi bien en Afrique qu'entre continents ne semblent pas avoir été véritablement érigées en objet de recherche de la part des historiens.
Dès le XIXe siècle, les questions de santé furent centrales dans les relations de conquête, d'exploration et d'exploitation des pays d'Afrique ; elles se sont constituées au sein des disciplines scientifiques de l'Occident comme des sous-ensembles spécifiques : géographie médicale, médecine tropicale et pathologie « exotique » d'une part, relevant des sciences biologiques, étude des représentations et des pratiques thérapeutiques africaines d'autre part, objet de l'anthropologie. Ces découpages sollicitent l'historien des sciences et l'historien de l'Afrique car ils découlent d'une histoire des relations scientifiques entre l'Occident et ses colonies, une partition encore présente dans l?interprétation des faits de santé, imprégnant la pratique des soignants et des intervenants sociaux, imprégnant aussi l'organisation de nos disciplines et des objets de recherche jusque chez les historiens africanistes.

Qu'ils fassent partie de représentations "surnaturelles" d"une communauté locale ou qu"ils se prétendent autonomes et universels, les savoirs relatifs à la santé et à la maladie, en tant que corpus de connaissances associées à ce pouvoir particulier qu'est le pouvoir de guérir, ne peuvent pas être analysés comme une abstraction ou un simple ensemble de techniques : les connaissances relatives aux questions de santé participent de l'observation autant que de l'interprétation du monde social à travers les désordres biologiques qui l'affectent ou qu'il s'agit de prévenir. Ces savoirs ne sont donc pas dissociables des contextes historiquement construits dans lesquels ils sont élaborés mais aussi mis en pratiques, des enjeux qui s'y nouent comme des mémoires qui s'y attachent dans la durée. C'est dans cette perspective que nous souhaiterions développer une réflexion historique sur ces savoirs, cela en abordant plus particulièrement la question de leur diffusion. En particulier, la circulation de savoirs et de ressources dans le sens Afrique-Occident a été négligée jusqu'à présent. Par ailleurs, la diffusion des savoirs ne relève pas d'un processus neutre, uniforme et homogène de propagation géographique en Afrique et entre continents : elle s'opère aussi bien par appropriation et adaptation que par imprégnation et imposition (parfois coercitive) ; elle comporte des phénomènes de transmission, de réinterprétation et de sélection, d?emprunts et de rejets ; elle s'inscrit dans des actes et des techniques qualifiés de thérapeutiques, dans des politiques dites sanitaires mais elle se réalise aussi par le biais d?agents et au sein de groupes sociaux dont les identités et les intérêts se réduisent rarement au seul champ de la santé, cela même si la diffusion du savoir biomédical s'accompagne d?une institutionnalisation et d?une professionnalisation croissantes dont il s'agit également de rendre compte. L'historiographie n'a pas à ce jour rendu compte des échanges, encore moins des facteurs sociaux, économiques ou politiques qui les ont régis par le passé, nous privant des possibilités d'appréhender ceux qui seraient à l'oeuvre aujourd'hui, aussi bien dans les structures médico-sanitaires proprement dites, qu'en dehors d'elles.

La journée d'étude a pour objectif de baliser ce champ peu exploré par les historiens de l'Afrique. Il s'agira par là de promouvoir des thèmes de recherches originaux et dans le même temps de réfléchir aux outils de travail (conceptuels, méthodologiques) qu'il convient de mobiliser. Pour ce faire, la journée sera largement ouverte aux chercheurs d'autres disciplines, notamment aux historiens des sciences et aux anthropologues. Elle sera l'occasion d'esquisser des pistes à partir d'interventions qui pourront aussi bien opter pour un angle d'attaque large (traitant par exemple des modes de circulation de techniques de soins à l'intérieur de l'Afrique, des échanges à la base de l'élaboration d'une médecine « tropicale », de l'Afrique comme terrain d'investigations scientifiques et d'expérimentations médicales) que pour une approche beaucoup plus circonstanciée (ayant trait par exemple aux savoirs mis en oeuvre face à une maladie/épidémie ou encore dans tel centre de soins ou parmi tel groupe de thérapeutes). Mais toutes seront centrées sur la diffusion des savoirs et tenteront de se situer dans la durée en vue d'appréhender des dynamiques d'échanges (sans pour autant que soient fixées aucune barrière chronologique, les études de cas contemporains étant invitées à côtoyer les études plus proprement historiques).

Karine Delaunay, Anne Hugon, Dominique Juhé-Beaulaton, Agnès Lainé

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 15 mars 2002

Mots-clés

  • Afrique, Santé, maladie, société, environnement, diffusion des savoirs

Contacts

  • M.A.L.D. UMR 8054 ~
    courriel : mald [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Santé et maladies en Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 28 janvier 2002, http://calenda.org/186871