AccueilPenser la périodisation

*  *  *

Publié le mardi 14 mai 2002 par Marin Dacos

Résumé

Lettre du GEHMC/2- 12 mai 2002 (Groupe d'études d'histoire moderne et contemporaine - Université de Genève) Objet : « Penser la périodisation ». Mardi 18 juin, 17 h. 00-20 h.30. salle B 111 (Uni Bastions) Voir le programme ci-joint. Modernis

Annonce

Lettre du GEHMC/2- 12 mai 2002
(Groupe d'études d'histoire moderne et contemporaine - Université de Genève)
Objet : « Penser la périodisation ».
Mardi 18 juin, 17 h. 00-20 h.30. salle B 111 (Uni Bastions) Voir le programme ci-joint.

Modernistes versus contemporanéistes : autour de la périodisation, deux communautés d'historiens, un champ commun ?

OUVERTE AUX ETUDIANTS ET A TOUTE PERSONNE INTERESSEE, LA SEANCE DU 18 JUIN 2002 VISE A PENSER LA PROBLEMATIQUE DE LA DEFINITION ET DE L'USAGE DE LA PERIODISATION DANS LE CHAMP DES ETUDES D'HISTOIRE MODERNE ET CONTEMPORAINE. Elle réunit toutes les communications initialement prévues pour la séance du vendredi 31 mai qui est supprimée.

Bien que F. Braudel ait proposé le modèle des trois durées (longue, moyenne et courte) pour séparer les structures et les conjonctures de l'événement ou de la biographie, la chronologie classique qui encadre encore les études historiques (Université, Instituts de recherches, bibliothèques, revues, etc.) mérite d'être questionnée. Il est évident que la notion même de chronologie, à usage pédagogique, résulte d'une construction idéologique ou intellectuelle : elle diffère selon les espaces culturels, les traditions historiographiques, les régimes politiques et les objets considérés. Historiciser le temps biologique des maladies, celui du temps social ou politique des sociétés humaines et des institutions, implique une périodisation différente. Le concept d'Ancien régime, propre à l'historiographie de l'Europe continentale, est inexistant dans l'historiographie anglaise et étasunienne. On constate que la coupure classique déterminée par l'histoire politique entre les périodes classiques de l'histoire moderne (Ancien régime, Temps modernes, Renaissance, Lumières, etc.) et de l'histoire contemporaine (long 19e siècle, court 20e siècle, histoire du temps présent) n'est pas/plus toujours pertinente pour de nombreux objets étudiés. La période allant de la révolution américaine à celle de 1917 donne sens à l'ère des révolutions politiques modernes. Pour G. Parker, née au 16e siècle, la « révolution militaire » en Occident, qui modernise l'Europe en la plaçant en position hégémonique, soude l'Ancien régime et l'époque contemporaine. Ainsi, la notion de modernité (économique, sociale, politique, technologique, culturelle) n'est pas enfermée dans une période déterminée : elle est repensée selon les objets d'étude. Les continuités structurelles et culturelles échappent à la périodisation : selon A. Meyer et E. Weber, au-delà de la rupture de 1789, l'Ancien régime persiste jusqu'à 1914. A contrario, alors que le 19e siècle est progressivement abandonné par les contemporanéistes, il devient un champ d'étude potentiel pour les modernistes. Par ailleurs, si le 20e siècle se termine en 1989 avec la chute du communisme (spéculations sur la « fin de l'histoire »), il devient maintenant un temps à part au regard des périodes antérieures. Un peu comme s'il échappait à la périodisation de l'histoire contemporaine inscrite dans la longue durée (thèse de l'« école totalitaire » étasunienne).
Brièvement posée, la question des continuités et des ruptures dépend des objets, des enquêtes et des genres historiographiques : économie, politique, institutions, société, culture, droit, sciences, médecine, éducation (etc.). Cette question mène ainsi à reconsidérer les définitions et l'usage de la périodisation pour les modernistes et les contemporanéistes. Aujourd'hui, c'est moins la périodisation qui ouvre des problématiques et des champs nouveaux, mais c'est au contraire l'objet qui induit certainement le choix chronologique.
Le 18 JUIN 2002, on n'exposera pas des objets spécifiques ou des chantiers en cours, mais on montrera comment et pourquoi un moderniste ou un contemporanéiste peuvent travailler dans leur période privilégiée, tout en mettant à l'épreuve, par leurs objets, la périodisation classique qui peut les rapprocher. Les séances de l'an prochain permettront de revenir, de manière thématique, sur les chantiers d'histoire moderne et contemporaine ouverts à l'Université de Genève.


© GEHMC (Université de Genève)
Bureau du GEHMC (25 mars 2002, Uni-Mail) : Andrea CARLINO, Jean-François FAYET, Antoine FLEURY, Christian GROSSE, Charles MAGNIN, Victor MONNIER, Michel PORRET, Patrick VERLEY.


Université de Genève
GEHMC
Groupe d'études d'histoire moderne et contemporaine


Séance inaugurale du GEHMC
« Penser la périodisation »
Programme (17.00 h.-20.30 h.) :
Michel PORRET : Ouverture : pour un nouveau groupe d'études.

Interventions (10-15 minutes) de :
-Mario TURCHETTI (Uni. de Fribourg) : « La périodisation de l'Histoire moderne et de l'Histoire universelle »
-Patrick VERLEY (SES) :« Economie d'Ancien Régime, modernisation, industrialisation : l'impossible périodisation en histoire économique »
-Wladimir BERELOWITCH (Dépt. d'histoire générale) : « Problèmes de périodisation en histoire russe »
-Christoph CONRAD (Dépt. d'histoire générale) : « Et si la chronologie parlait d'espace »
-Christian GROSSE (Dépt. d'histoire générale) : « Périodisation du religieux à l'époque moderne»
-Charles MAGNIN (FAPSE) : « Considérations sur la périodisation en histoire de l'éducation »
-Andrea CARLINO (Institut d'histoire de la médecine) : « (H)istoire(s) de la médecine : entre majuscule et minuscule, singulier et pluriel »
-Bernardino FANTINI (Institut d'histoire de la médecine) : « Comment étudier l'histoire des sciences contemporaines ? »
-René SIGRIST (Université de Genève) : « Périodisation en histoire des sciences »
-Michel PORRET (Dépt. d'histoire générale ) : « Le temps du pénal »

Modérateurs : Alfred DUFOUR (Faculté de droit) -Antoine FLEURY (Dépt. d'histoire générale)

Toute personne intéressée est la bienvenue

Bureau du GEHMC :
Andrea CARLINO
Jean-François FAYET
Antoine FLEURY
Christian GROSSE,
Charles MAGNIN
Victor MONNIER
Michel PORRET
Patrick VERLEY



UNI-BASTIONS,
Rue de CANDOLLE
BATIMENT CENTRAL :
B 111 (1er étage):
MARDI 18 JUIN :
17 h.00-20 h.30,
SEANCE SUIVIE D’UN APERITIF




Catégories

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • mardi 18 juin 2002

Source de l'information

  • Forum SFHSH
    courriel :

Pour citer cette annonce

« Penser la périodisation », Colloque, Calenda, Publié le mardi 14 mai 2002, http://calenda.org/187187