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Publié le mercredi 15 mai 2002 par Natalie Petiteau

Résumé

UNIVERSITÉ DE GENÈVE - FACULTÉ DES LETTRES Département d'Histoire générale Récidive et récidivistes : de la Renaissance au XXe siècle. Recidivism and recidivists : from the Renaissance to the Twentieth Century. Colloque annuel/ Annual Colloqui

Annonce


UNIVERSITÉ DE GENÈVE - FACULTÉ DES LETTRES
Département d'Histoire générale
Récidive et récidivistes :
de la Renaissance au XXe siècle.
Recidivism and recidivists :
from the Renaissance to the Twentieth Century.



Colloque annuel/ Annual Colloquium

International Association for the History
of Crime and Criminal Justice

Genève, 6-8 juin 2002
Uni. de Genève
Bâtiment central - Rue de Candolle
Salle B 111

Conception - organisation :

Clive EMSLEY (Open - University, Milton Keynes, UK)
Michel PORRET (Uni. de Genève, Département d'histoire)


Lieux du colloque :

Conférences :
Université -Candolle, bâtiment central, (1er ét.) salle B 111 Cafétéria (r.d.c.)

Déjeuners de travail :
Uni-Dufour : No 27

Secrétariat du Département d'Histoire générale, ouvert le matin :
Tél. : 0041 22 705 70 31. Téléfax : 0041 22 328 55 66

Hébergement :
Hôtel le Grenil - Avenue Sainte-Clotilde 7. CH-1205 Genève
Tél. : 0041 22 328 30 55. Téléfax : 0041 22 321 60 10
Email : resa@grenil.ch

Informations :
C.Emsley@open.ac.uk
Michel.Porret@lettres.unige.ch

Comité scientifique :

Vincent BARRAS (Université de Lausanne)
René LEVY (CESDIP)
Alessandro PASTORE (Université de Vérone)
Pierrette PONCELA (Université de Paris X)
Herbert REINKE (Bergische Universität)
Christian-Nils ROBERT (Université de Genève, Faculté de Droit)
Robert ROTH (Université de Genève, Faculté de Droit,)
Xavier ROUSSEAUX (Université catholique de Louvain)
Mario SBRICCOLI (Université de Macerata)
Jim A. SHARPE (Université de York, UK)
Pieter C. SPIERENBURG (Université Erasmus, Rotterdam)


Remerciements :

Outre le comité scientifique et les conférenciers du colloque, les organisateurs remercient les institutions qui en ont généreusement financé l'organisation :

-CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales), Paris, CNRS - Ministère de la Justice
-Maison des sciences de l'Homme (Paris)
-Société Académique de Genève
-Université de Genève, Rectorat, Commission administrative
-Université de Genève, Faculté des Lettres, Décanat
-Université de Genève, Faculté des Lettres, Département d'histoire générale

Ainsi que les personnes suivantes :

-Monsieur Maurice AYMARD, Directeur d'études à l'EHSS et Administrateur de la Maison des sciences de l'Homme (Paris)
-Monsieur Philippe COET, Administrateur de la Faculté des Lettres, Université de Genève
-Professeur Charles GENEQUAND, Doyen de la Faculté des Lettres, Université de Genève
-Professeur André HURST, Université de Genève, Président de la Société Académique.
-Professeur Jean-Dominique VASSALLI, vice-recteur de l'Université de Genève, Président de la Commission Administrative.


Problématique :

Dans l'histoire des pratiques et des doctrines pénales, la « récidive » et son traitement par la justice constituent un riche champ d'investigation historique. Celui-ci est presque inédit et ouvre sur une problématique sociale et culturelle très large. La récidive criminelle signale l'échec de la peine corrective, mais aussi l'enracinement social d'une culture de la délinquance qu'amplifient le milieu, la précarité et la misère. Sous l'Ancien Régime, la récidive inquiète les magistrats et les pénalistes mal équipés contre celle de l'homo criminalis : souvent né de l'infamie pénale, l'« endurcissement dans le crime » motive, pour les grands délits, une pénalité d'élimination sociale (galères, peine capitale, parfois bannissement) qui, de fait, règle la problématique de la récidive. Au 19e siècle, comme l'a montré Bernard Schnapper, l'« obsession de la récidive » écrase les pratiques et les philosophies pénales (statistiques criminelles, police judiciaire, criminologie, médecine du crime) tournées vers l'idéal correctif. L'effondrement de la société traditionnelle, la révolution industrielle et l'expansion urbaine sont alors souvent désignées comme source de paupérisme et de récidive criminelle. Edmond Locard (L'identification des récidivistes, Paris, 1909) estimait que dans les grandes villes l'« armée du crime est faite essentiellement de récidivistes », qu'il importe de classifier et de modéliser pour mieux les neutraliser. Corollaire de l'État de droit, la prison est alors conçue comme la panacée de la récidive, alors qu'elle reproduit la criminalité, comme le signale déjà en 1910 Adolphe Prins (La Défense sociale). Partout en Europe, les philanthropes multiplient les comités de patronage des détenus pour empêcher la récidive. Pareillement, les délinquants juvéniles sont mis en maison de correction pour la même raison. Multipliant les techniques de signalement, l'anthropologie criminelle traque à sa façon les récidivistes, identifiés par une morphologie ou une « moralité » spécifiques. Le bertillonnage, la photographie judiciaire, le « sommier », le casier judiciaire constituent, parmi d'autres armes policières, autant de moyens « scientifiques » pour renforcer le contrôle social des récidivistes. Au 20e siècle, avec la multiplication des techniques policières et l'amplification d'un sentiment d'insécurité, la récidive est d'une actualité sociale brûlante : les politiques pénales se mesurent dans la façon dont l'État traite les récidivistes. En Californie, le troisième délit emporte aujourd'hui l'incarcération perpétuelle. Aux États-Unis comme en Europe, le débat sur la sécurité des individus et des biens prône la « tolérance zéro » pour endiguer la récidive.Un peu partout dans les États riches du monde, les fichiers informatiques d'empreintes génétiques traduisent l'avatar moderne du contrôle scientifique de la récidive.

Autour des pratiques et des doctrines pénales, de la culture judiciaire, des savoirs empiriques et constitués de la criminologie, de la police judiciaire et scientifique, mais aussi de la médecine et psychiatrie légales, ce colloque veut historiciser la récidive à l'époque moderne et contemporaine en la replaçant dans ses divers contextes géographiques, sociaux et culturels, en en montrant les mutations. Il s'agira de comprendre la manière dont le droit pénal a qualifié la récidive pour la combattre. En anglais ou en français, les communications (vingt minutes) étudieront les types juridiques de récidivistes (criminel professionnel, délinquant occasionnel, serial killer, etc.), ses figures sociales (homme, femme, adolescent et enfant), les pratiques et les enjeux sécuritaires du traitement de la récidive, sa motivation individuelle, des cas exemplaires, ainsi que les discours sur la récidive, ses représentations culturelles (« causes célèbres », biographie criminelle, littérature d'échafaud, « testament de mort », faits divers, presse, littérature, etc.). Finalement, le volume des Actes du colloque publiera les communications sous une forme plus complète en actualisant les enjeux contemporains du traitement pénal de la récidive.

Recidivism, the recidivist and his treatment by various criminal justice systems remain largely unexplored by historians of crime and penal policy. Yet, these promise to be fruitful fields for research opening up a wide range of social and cultural issues. By his/her very nature the recidivist indicates a fault in correctional regimes; he/she also suggests that cultures of delinquency were deeprooted, and promises to shed some further light on the inter-relationships between environment, marginality and/or misery. Under the Old Regime the recidivist worried magistrates and penal thinkers who found themselves poorly equipped to deal with this criminal being: assuming that he/she was born into crime, or 'hardened by crime', the remedy for felony was social elimination through capital punishment, the galleys, or sometimes by banishment. In the 19th century, as Bernard Schnapper has shown, 'the obsession with the recidivist' undermined many practical and ideological penal reforms (the development of crime statistics, judicial policing, criminology, criminal medicine) especially those that focussed on correction. The break-down of traditional society, the industrial revolution and urban expansion were all identified as causes of poverty and criminal recidivism. Edmond Locard, in L'identification des récidivistes (Paris, 1910) estimated that in the big towns 'the criminal army is essentially composed of recidivists' who need to be classified and understood so that they might better be neutralised. The prison was conceived as the solution for recidivism, but many pointed out that the prison also seemed to reproduce criminality. Across Europe, philanthropists established associations to assist released offenders and reduce recidivism. Juvenile delinquents were sent to a variety of correctional establishments and schools for the same reason. Techniques of identification were increased such as criminal anthropology, the study of morphology and specific 'behaviours'. Bertillonage, judicial photography, judicial cataloguing, among other policing strategies, constituted so many 'scientific' instruments for reinforcing the supervision of recidivists. In the 20th century, with the multiplication of policing techniques and a growth in feelings of insecurity, the recidivist has become a burning social issue ; penal politics appear often to be measured by the ways in which the State handles recidivists. 'Three strikes and you're out' in California means perpetual imprisonment for a third offence. In both the United States and Europe debates on the security of individuals and their property has encouraged the idea of 'zero tolerance' to check recidivism. In some of the richest countries of the world genetic fingerprinting promises to be the modern 'scientific' way to control the recidivist. The aims of the colloquium are to explore penal doctrines and practices, judicial culture, empirical criminological knowledge, judicial and scientific policing, legal medicine and psychiatry ; to situate recidivism in its various geographical, social and cultural contexts, and to highlight its mutations ; to understand how penal institutions have qualified recidivism so that they might combat it.

Papers will be of 20 minutes' duration, in English or in French, addressing such issues as : types of recidivist (professional criminal, occasional/opportunist offender, serial killer - male, female, adolescent, child) ; individual motivations ; types of 'treatment'; particular cases ; the varieties of discourse on recidivists and recidivism, and cultural representations in various forms of media - scaffold literature, criminal biography, the newspaper press etc. A volume of papers from the colloquium will be published with the various contributions enlarged and further developed.

Clive Emsley - Michel Porret

Programme et horaire :

Jeudi 6 juin

Matin :


08.15 h. Accueil des participants.

08.45. h. Ouverture du colloque : Clive Emsley, Michel Porret

Séance I : « Doctrine moderne »

Présidence : Christian-Nils ROBERT (Uni. de Genève, Faculté de Droit)

09.00 h. Mario SBRICCOLI (Uni. de Macerata) : Periculum pravitatis. Juristes et juges face à l'image du criminel méchant et endurci (14e-16e siècles).

09.20 h. Françoise BRIEGEL (Uni. de Genève) - Eric WENZEL (Uni. de Bourgogne, Dijon) : La récidive à l'épreuve de la doctrine pénale (16e siècle-1810).

09.40 h. Xavier ROUSSEAUX (Uni. catholique de Louvain) : La récidive : invention médiévale ou symptôme de modernité?

10.00 h. Discussions

10.30 h. Pause

Séance II : « Pratiques d'Ancien Régime 1 »

Présidence : Michel PORRET (Uni. de Genève)

11.00 h. Valérie TOUREILLE (Uni. de Cergy-Pontoise) : « Larrons incorrigibles et voleurs fameux » : La récidive en matière de vol ou la consuetudo furandi à la fin du Moyen Âge.

11.20 h. Eve-Marie HALBA (Uni. de Nancy III) : Bannissement et récidive. Étude des raisons du déclin d'une condamnation pénale au 16e siècle.

11.40 h. Christian GROSSE (Uni. de Genève, Département d'histoire) : « Obstinés et incorrigibles ». L'impénitence devant le Consistoire de l'Eglise de Genève (16e siècle).


12.00 h. Discussions

12.30 h.- 14.00 h. Déjeuner de travail

Après-midi :

Séance III : « Carcéral »


Présidence : Robert ROTH (Uni. de Genève)

14.15 h. Gilles CHANTRAINE, (Uni. de Lille 1, CLERSÉ-IFRESI) : Enfermement carcéral contemporain et biographies. Une étude de cas : récidivistes pénitentiaires du Nord de la France.

14.35 h. Cyprian BLAMIRES (Campion Hall, Oxford) : Panopticism and recidivism.

14.55 h. h. Axel TIXHON (Uni. Catholique de Louvain, Belgique) : Du miracle cellulaire à la défense sociale. La statistique des récidives pénales au service du Gouvernement belge.

15.20 h. Discussions

15.50 h. Pause

Séance IV : « Pratiques contemporaines, 1 »

Présidence : Clive EMSLEY (Open University)

16.20 h. Jean-Claude FARCY (CNRS, Centre Georges Chevrier, UMR 5605, Uni. de Bourgogne) : Qui sont les récidivistes parisiens au 19e siècle ?

16.40 h. Keith SOOTHILL (Lancaster University) : Sex, Crime, Recidivism in a little English City : A case study of Lancaster (1860-1979).

17.10 h. Marie-Sylvie DUPONT-BOUCHAT (UCL Belgique - Centre d'histoire du droit et de la justice) : Incorrigibles ou incorrigés ? Récidive et délinquance juvénile (1878-1912).

17.30 h. Judith ROWBOTHAM (Nottingham Trent University, Dept. of Academic Legal Studies) : 'Innocent' Recidivists? : Contested presentations of women and girls c 1850-1900.

18.00 h. Discussions

18.30 h. Buffet d'honneur

Vendredi 7 juin

Matin :

Séance V : « Criminologie I»


Présidence : René LEVY (CESDIP)

08.30 h. Ilsen ABOUT (Uni. de Nancy II) : Couleurs des yeux, lignes de la main, courbes du nez. De l'examen des corps à l'identification du criminel à la fin du 19e siècle.

08.50 h. Peter BECKER (Institut européen, Florence) : Recidivism in 19th century German criminological discourse and practice.

09.10 h. Pierre V. TOURNIER (CNRS) : Le bon, la brute et le truand. A propos d'une citation d'Etienne De Greeff sur la récidive (Esprit, 1955).

09.30 Discussions

10.00 h. Pause

Séance VI : « Pratiques d'Ancien Régime, 2 »

Présidence : Mario SBRICCOLI (Uni. de Macerata)

10.30 h. Benoît GARNOT (Uni. de Bourgogne, Dijon) et Hervé PIANT (Bar-le-Duc) : La prise en compte de la récidive par l'opinion locale sous l'Ancien Régime. Quelques exemples dans la France de l'Est (milieu du 17e siècle -fin du 18e siècle).

10.50 h. Elisabeth SALVI (Uni. de Lausanne) : Récidive et pénalité dans le pays de Vaud au 18e siècle.

11.10 h. David GANDER (Genève) : « Partant quelque récidivé que soit le délit de Rose Narny, le soussigné Procureur Général estime devoir se borner à conclure... ».

11.30 h. Pascal BASTIEN (Uni. de Montréal) : Quand la peine produit le crime : Infamie pénale et récidive à travers les interrogatoires des procès de la Tournelle criminelle du Parlement de Paris (1750-1789).

11.50 h. Discussions

12.30 h.- 14.00 h. Déjeuner

Après-midi :

Séance VII : « Criminologie, 2 »


Présidence : Vincent BARRAS (Uni. de Lausanne)

14.30 h. Dee COOK (The Regional Research Institute - University of Wolverhampton) : Poverty, Crime and Recidivism in Twentieth Century Britain : myths and measures.

14.50 h. Nicolas QUINCHE (Uni. de Lausanne) : L'identité judiciaire vaudoise et l'Institut de Police Scientifique de l'Uni. de Lausanne : évolution des méthodes et des techniques de classements relatives à l'identification des récidivistes (1896-1930).

15.10 h. Barrey GODFREY (Dept. of Criminology, Keele University) : Persistence in crime and the impact of significant life-changes : Crewe 1870-1940.

15.30 h. Discussions

16.00 h. Pause

Séance VIII : « Imaginaire du crime »

Présidence : Peter BECKER (Institut européen, Florence)

16.30 h. Frédéric CHAUVAUD (Uni. de Poitiers) : Repris de justice et incorrigibles : les figures du récidiviste au coeur de l'imaginaire judiciaire (France 19e siècle).

16.50 h. Annick DUBIED (Uni. de Genève, Département de sociologie) : Les représentations de la récidive au 20e siècle à travers quelques figures médiatiques de « tueurs en série ».

17.10 h. Discussions

Dès 20.00 heures, dîner du colloque


Samedi 8 juin

Matin :

Séance IX : « Doctrine et pratiques contemporaines »


Présidence : Jean-Claude FARCY (Uni. de Bourgogne)

09.00 h. Jesús Rubio LARA (Doctorant, Faculté de Droit, Uni. de Sevilla) : Traitement de la récidive dans le droit pénal espagnol (19e-20e siècles).

09.20 h. Karine LAMBERT (UMR TELEMME, Aix-en-Provence) : Bandit, contumace et paria : notion et pratique de la récidive en Méditerranée (18e - 20e siècles).

09.40 h. Stephen A. TOTH (Arizona State University West) : The Desire to Deport: The Recidivist of Fin-de-Siècle France.

10.00 h. Jean- François TANGUY (Uni. de Rennes 2, MCF d'histoire contemporaine, Rennes 2) : Cachez ces récidivistes que nous ne saurions voir et la loi du 27 mai 1885 sur la « relégation ».

10.20 h. Pause

11.00 h. Table ronde : intervenants du colloque.

12.15 h. Conclusions et remerciements.


Catégories

  • Droit (Catégorie principale)

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • jeudi 06 juin 2002

Contacts

  • Michel Porret
    courriel : michel [dot] porret [at] unige [dot] ch
  • Clive Emsley
    courriel : C [dot] Emsley [at] open [dot] ac [dot] uk

Source de l'information

  • SFHSH-forum #
    courriel : calenda [at] revues [dot] org

Pour citer cette annonce

« Récidive et récidivistes », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 15 mai 2002, http://calenda.org/187190