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Ecritures en ligne : pratiques et communautés

(Approches transdisciplinaires : spécificités et complémentarités des problématiques.)

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Publié le lundi 10 juin 2002 par Marin Dacos

Résumé

Le développement des activités et des utilisations de l'écriture en ligne se manifeste dans des terrains d'application différents, et relève de plusieurs champs disciplinaires.

Annonce

Ecritures en ligne: pratiques et communautés. 26 et 27 Septembre 2002

Le CERCOR et l'université de Rennes 2 Jeudi 26 et Vendredi 27 Septembre 2002.

Écritures en ligne : pratiques et communautés. (Approches transdisciplinaires : spécificités et complémentarités des problématiques.)

Thème du Colloque

Le développement des activités et des utilisations de l'écriture en ligne se manifeste dans des terrains d'application différents, et relève de plusieurs champs disciplinaires.

Aussi ce colloque a pour objectif de rassembler des chercheurs et des praticiens de l'écriture en ligne, venant de disciplines différentes, comme les sciences de l'information et de la communication, les sciences de la littérature et les sciences de l'éducation, pour essayer de dégager travers ces différentes approches les spécificités et les complémentarités des problématiques que posent les communautés et les pratiques d'écritures en ligne.

Domaines abordés.

Écrire en ligne, tout comme mettre de l'information en ligne, suppose un choix de médiatisations et de procédures éditoriales, destinées à des utilisateurs modèles. Mais écrire en ligne, c'est en général générer des textes "qui ne peuvent être réalisés, mis en ¦uvre et visionnés sans ordinateur" (Malbreil) dans une situation de communication dont les processus d'interactivité font partie de l'horizon d'attente de l'auteur.

La communication interne des organisations avec une intégration des systèmes de diffusion de l'écrit en ligne, et notamment l'Intranet dans l'entreprise s'est considérablement modifiée depuis ces dernières années. Les différents secteurs professionnels des organisations ont des activités scripturaires, et produisent des écrits de travail (journal d'entreprise, comptes rendus de réunion, magazine consumer, courrier électroniqueŠ), se présentant sur des supports numériques, parfois complémentaires avec le support papier. Certaines analyses voient dans ce nouveau développement de l'écrit des modifications du travail, de la pensée et "les redéfinitions de l'espace communicationnel " (Lépine, 2000). L'observation et l'analyse des usages d'écrits électroniques dans certaines pratiques professionnelles montrent que ceux-ci "prennent place dans le travail tant dans la chaîne que dans la trame; ils permettent de coopérer et de se coordonner." (Bailly, Blanc, Dezalay, Peyrard, 2002). L'apparition de ces nouvelles formes d'écrits dans de nombreuses démarches et procédures permet d'interroger par de nouvelles approches la communication organisationnelle. Le domaine de l'éducation, outre les nombreux sites institutionnels et associatifs, a multiplié ces dernières années une offre de sites, de listes de diffusion et de forums de discussion consacrée à des expériences pédagogiques, des outils et des soutiens disciplinaires. Les enseignants conduisent sur le réseau des échanges disciplinaires sans que pour autant on puisse parler de communautés de pratiques. Quels sont ces échanges, comment s'écrivent-ils et comment définir ces réseaux d'enseignants liés par un dispositif d'écriture ? La formation à distance instaure également à partir des dispositifs offerts des dialogues et des discussions entre partenaires différents dont l'écriture traduit des comportements socio-cognitifs partir de stratégies intellectuelles et des conduites sociales. Le réseau Internet s'est révélé être un dispositif extrêmement favorable la revalorisation de l'écriture et à son développement dans différentes activités pédagogiques : les ateliers d'écriture et les romans virtuels collectifs et internationaux d'élèves (Wanadoo éducation), ainsi que la correspondance scolaire que Freinet a initiée et que le minitel a actualisée. Les réseaux d'écoles rurales en sont un exemple.

Le terme d'e-criture regroupe les tentatives de littérature sur Internet. J.Clément préfère à ce terme celui de cyberlittérature "lorsque dans les hypertextes ou dans toute forme de littérature interactive, le fonctionnement de la relation auteur-texte-lecteur, est considéré comme un système dans lequel le lecteur est en mesure de gouverner le texte qui est soumis à sa lecture." Il propose ainsi quatre catégories d'¦uvres : les textes générés par ordinateur, la poésie animée, les hypertextes littéraires et les expériences de lecture-écriture collective. Ces trois dernières catégories seront particulièrement retenues dans ce colloque. Certaines créations de poésie animée transforment la notion de texte "conçus pour être vus", ces textes deviennent en même temps des images "tantôt verbales, tantôt visuelles". (Bootz, 2000). Les expériences de lecture-écriture suscitent des degrés d'interactivité variée, des genres littéraires traditionnels et innovants (roman, journal intime, websoapŠ.). Prenons l'exemple de deux romans collectifs appelés aussi "romans urbains" dans lesquels la ville de Bordeaux et de Rennes servent de contexte et d'unité de lieu : dans "Correspondances urbaines" l'internaute rédige des textes dans des liens hypertextuels proposés par la matrice du webmaster ;"Rennes en délire" fonctionne comme un atelier d'écriture, où à partir de jeux, de photos, de tableaux des propositions d'écriture sont faites. Le journal intime en ligne n'est pas la transposition directe d'un journal papier sur le web. C'est un dispositif d'écriture et une publication spécifique. En mars 2001 un millier de journaux intimes sont recensés sur les sites francophones spécialisés. Être diariste en ligne signifie qu'on a des lecteurs, souvent assez fidèles, qui suivent l'évolution du journal en exprimant des critiques stylistiques, et en relevant des erreurs de contenu. S'il n'est pas lu, le journal intime en ligne n'a plus de sens (Philippe LEJEUNE, 2001) Les sites littéraires présentent des catégories très diversifiées comprenant des sites d'auteurs, et de genres littéraires, institutionnels, ou personnels, mais aussi des sites plus inédits, comme des bibliothèques personnelles que le visiteur est invité à partager et à compléter, ou dans lesquelles on peut déposer ses propres textes, ou encore des annuaires co-construits de citations.

Dans ces différents "agencements collectifs d'énonciation" l'interactivité "défait les limites consacrées qui circonscrivent les parts distinctes et respectives de l'auteur et du lecteur."(Sadin, 2001) Jean Louis Weisberg parle de "lectature" pour désigner une procédure médiane entre lecture et écriture, entre production et réception qu'on retrouve dans les expériences d'écriture collective. Le phénomène des diaristes sur Internet présente encore une posture proche, mais d'une interactivité différente, où l'écriture de soi paradoxalement se fait sous la lecture de l'autre, et implique par là même un engagement des partenaires d'une nature supplémentaire (Ph. Lejeune, 2001). L'écrit électronique dans les organisations semble transformer le rôle du lecteur et de l'écrivain dans des registres qui relèvent de la dimension temporelle: "Le courrier électronique installe l'écrit du correspondant comme signal temporel, la présence à l'autre se manifeste dans la réponse au signal temporel." (Bailly, Blanc, Dezalay, Peyrard, 2002).

Enfin il faut prendre en compte d'autres aspects des développements de l'écriture en ligne, notamment les modes éditoriaux associés . L'écriture en ligne concerne également l'écriture journalistique dans la mesure où le texte, la tabularité et les contenus se sont adaptés comme d'autres activités scripturaires au dispositif du web. La question de l'écriture en ligne envisagée de façon interdisciplinaire souligne des questions ouvertes à la réflexion et à la discussion durant ce colloque: niveaux d'échelle de pratiques d'écriture - lecture indéfiniment ouverts , granularité complexe et mouvante des ensembles de documents et d'acteurs associés , cartographies et aides à l'orientation en devenir , métastabilité et processualité des hyperdocuments , communautés des ¦uvres comme incomplétudes en procés de production .


Méthodologie.

Le colloque est ouvert à chacun de ces domaines présentés. Toutes ces activités scripturaires et ces échanges, ainsi que les engagements de ces individualités d'acteurs dans du collectif posent bien évidemment la question des pratiques et des communautés. Pour ce premier colloque que l'université de Rennes 2, et le CERCOR engagent dans ce vaste domaine de l'écriture en ligne, il nous semble intéressant de porter la réflexion interdisciplinaire dans ces deux directions, en tenant compte des points de vue des professionnels, des praticiens de l'écriture en ligne et des chercheurs. Les créateurs sont particulièrement sollicités (auteur, poète, diariste, plasticien des mots et des lettres...) Les témoignages d'initiateurs et de créateurs de sites, de modérateurs, ou de webmasters, seront les bienvenus, ainsi que les responsables de revues en ligne La généalogie de telles initiatives, en tenant compte des difficultés, des objectifs de départ, des choix de médiatisation et des relations aux utilisateurs, lecteurs, visiteurs feront partie des intérêts du colloque.

L'apport des théoriciens et des chercheurs permettra de confronter la pertinence de certaines problématiques, et le recours à des choix conceptuels. Ainsi durant ce colloque un dialogue entre les praticiens et les chercheurs devrait s'engager, et apporter des éclairages sur certaines des grandes questions posées.

Pratiques d'écriture ?

Qu'entend-on par pratiques d'écritures? Quelles incidences les dispositifs, les organisations et les contextes d'énonciation ont-ils sur les pratiques d'écriture? Comment définir ces variantes de l'interactivité dans l'écriture selon les domaines concernés ? Les pratiques d'écriture influent- elles sur l'écriture? Quelles sont ces nouvelles écritures? Quels textes ces pratiques d'écriture produisent-elles? Quels modes éditoriaux leur sont associés?

De quelle manière la lecture en est-elle modifiée? Quelles spécificités et quelles complémentarités la lecture et le lecteur présentent- ils dans certaines pratiques d'écritures? Quel est le lecteur réel de ces écrits virtuels? Qu'en est-il de la micro réception?

Un genre littéraire peut-il se transposer dans l'écriture en ligne, ou se modifie -t-il? Peut-on parler de nouveaux écrits, et de nouveaux genres lit- -téraires? L'exemple du journal intime est intéressant à ce titre. Un genre nouveau, ou des écritures d'un nouveau genre ? En histoire, on parle d'ego histoire, mais Internet ne développe -t - il pas les écritures de l'ego ?

Des agencements collectifs d'énonciation au lectateur, quels concepts permettent de mieux cerner les partenaires de l'écriture-lecture pour certaines pratiques d'écriture interactive? Et qu'en est-il de l'usager, de l'utilisateur, du lecteur et de l'apprenant?


Communauté, communautés, communautés de pratiques, communautés d'écriture, communautés littéraires, communautés d'apprentissage ?

J.F Marcotte (1997) rappelle que selon Rheingold les composantes indispensables d'une communauté virtuelle sont le nombre d'individus, les rapports sociaux vécus entre eux, un intérêt commun et le développement d'un processus dynamique qui prend son temps. Les communautés en ligne sont d'abord des faits sociaux, mais elles relèvent aussi de la cyberculture dans laquelle la culture informatique se fond à la culture traditionnelle. "Discutons ensemble , c'est tout un art " Les salons littéraires sont dans Internet. (Rebollar, 2002). Linux serait-il "l'actualisation de la communauté virtuelle qui s'est auto créée sans jamais s'actualiser; la communauté n'aurait donc pas s'actualiser pour prétendre à la réalité, elle n'aurait qu'à décliner ses effets dans son individuation en l'occurrence Linux". (Daignault,2001) Certaines recherches ont permis d'identifier des facteurs indiquant la bonne santé d'une communauté : modération adaptée, "homogénéité et clarté thématiques, évidence des bénéfices pour les membres, cohérence et persistances identitaires, inscription de la communication dans une continuité chronologique, rituels sophistiqués, système de surveillance et de sanctions, droits de propriété, archives enregistrant l'histoire de la communauté, interaction décontractée avec des éléments de risque léger." ( Kolloch, Carrer, Salamé, 2001 )

Qu'est -ce qui distingue une communauté d'un réseau, d'un cercle, d'un collectif, d'une société..? Qu'est-ce qui fonde l'existence d'une communauté? Peut-on parler de communautés pour définir des réseaux d'acteurs qui pratiquent l'écriture en ligne? Peut-on parler de communautés d'écriture en tenant compte les différents domaines interrogés? Quels dispositifs et quelles formes d'organisation fondent et structurent ces différentes communautés en ligne ? Quelles sont les grandes difficultés de l'établissement et de la durée de ces communautés? À quelles démarches et procédures correspondent les notions d'intelligence collective et partagée, d'acteur collectif ?

Les travaux qui seront présentés dans ce colloque ne pourront pas répondre à toutes ces questions, mais cibleront certains aspects de celles-ci.


Appel à contributions

Les textes de proposition de communication sont à envoyer avant le 30 Juin : brichap@club-internet.fr

Dates importantes: Date limite de soumission : 30 JUIN 2002 Notification d'acceptation : 12 Juillet 2002

Procédures: Les propositions de communications ne doivent pas excéder 2 pages (Times 12). Elles doivent contenir l'identité , l'adresse mel (e-mail) de(s)auteurs(s), l'adresse et le numéro de téléphone. Elles doivent parvenir avant le 30 Juin 2002, sous forme électronique en format html, Word, pdf ou RTF, à l'adresse suivante : brichap@club-internet Les propositions peuvent être soumises en francais ou en anglais. Elles seront examinées par le comité scientifique qui donnera un avis sur leur acceptation. Les auteurs seront avisés par courrier électronique vers le 12 Juillet 2002. Le programme du colloque sera communiqué au début du mois de Septembre .

Organisation

Le colloque se déroulera sur deux jours sur la base de séances pléniaires et d'ateliers . Une publication suivra les actes du colloque.

Responsable du colloque: Brigitte CHAPELAIN.(Rennes 2)

Comité scientifique (en définition): Sylvie CATELLIN (CNRS), Brigitte CHAPELAIN (Rennes 2), Jean CLEMENT (Paris 8), Francine DUGAST(Rennes 2), Marc GONTARD (Rennes 2), Christian LEMOENNE (Rennes 2), Jean Max NOYER (Paris 7), Eric SADIN (Ecrivain), Gisèle TESSIER (Rennes 2), Alain VUILLEMIN (Université d'Artois).

Comité d'organisation: Brigitte CHAPELAIN, Catherine LONEUX, Didier CHAUVIN

Responsabilité secrétariat du colloque: Nelly BREGEAULT-KREMBSER.

Partenariat avec France Telecom R&D, Conseil régional, La Ville de Rennes, Association Arts Electroniques de Rennes 2

(Le bulletin d'inscription du colloque vous est proposé à la page suivante)

BULLETIN D'INSCRIPTION (Frais d'inscription 23 Euros) (à retourner accompagné du chèque à l'adresse suivante)


Université de Rennes 2 Campus Rennes 2 -Villejean Secrétariat de recherche Mne Nelly BREGEAULT-KREMBSER) 6 Av Gaston Berger CS 24 307 35043 Rennes 2


Nom :

Prénom :

Etablissement :

Profession :

Domaine de recherche :

Adresse personnelle :

e-mail :

Téléphone :


Pour tous renseignements complémentaires, vous pouvez joindre les organisateurs au :

-02.99.14.15.04.( Secrétariat de recherche Mne Nelly Bregeault-Kremsbser) -06. 03.10.27.60.


Catégories

Lieux

  • Rennes, France

Dates

  • dimanche 30 juin 2002

Pour citer cette annonce

« Ecritures en ligne : pratiques et communautés », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 10 juin 2002, http://calenda.org/187233