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    Sanctuaires contemporains

    Les sanctuaires français et italiens dans le monde contemporain. Tradition, réveils, inventions

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    Publié le vendredi 04 octobre 2002 par Natalie Petiteau

    Résumé

    Dans la continuité du travail entrepris, sous la tutelle de l’Ecole française de Rome, dans le cadre du censimento dei santuari dell’Italia cristiana, le Professeur André Vauchez, directeur de l’EFR, a souhaité entreprendre un premier travail de défrichem

    Annonce

    Dans la continuité du travail entrepris, sous la tutelle de l’Ecole française de Rome, dans le cadre du censimento dei santuari dell’Italia cristiana, le Professeur André Vauchez, directeur de l’EFR, a souhaité entreprendre un premier travail de défrichement pour les sanctuaires contemporains. Le colloque vise à dresser un premier état des lieux des travaux entrepris sur l’histoire des lieux sacrés et des pèlerinages à l’époque contemporaine, en prenant en considération l’ensemble des disciplines qui se sont intéressées à ces problématiques : histoire, sociologie des religions, anthropologie du sacré, histoire de l’art. Alors que la sécularisation semble avoir effacé la plupart des référents religieux dans les sociétés occidentales, les sanctuaires attirent des foules nombreuses donnant parfois naissance à un véritable « tourisme religieux » (Lourdes, Medjugorje, San Giovanni Rotondo) . Aux sanctuaires créés ex nihilo, dont l’origine est extrêmement diversifiée - apparition mariale, phénomènes surnaturels, visée patriotique - il convient d’ajouter les lieux sacrés plus anciens qui trouvent un nouvel élan à la faveur d’événements politiques ou de choix ecclésiastiques. Ces phénomènes de recharge ou de réveil contribuent à créer de nouvelles dynamiques et de nouvelles complémentarités. Le colloque, en s’appuyant sur des monographies, souhaiterait également identifier le lien entre ces lieux sacrés et le territoire qui les fait naître et travailler sur le lien existant entre sanctuaire et identité régionale (cas de Saint-Nicolas de Bari avec l’ouverture à l’Orient et une forte valeur oecuménique, cas de la Vendée avec Saint-Laurent sur Sèvre et le tombeau de Grignion de Montfort ). Par ailleurs, il souhaiterait mettre à jour une typologie des sanctuaires à l’époque contemporaine, en fonction de leur origine, de leur aspect (site, architecture), de leur public et de la dévotion qui s’y déploie (culte marial, Sacré Cœur, saints ou saintes).

    Quatre grandes périodes peuvent être identifiées :

    a/ Autour des années 1870 : naissance du sanctuaire contemporain (rôle du chemin de fer, pèlerinage de masse, produits de consommation)

    b/ Autour de la Grande Guerre : un traumatisme porteur de mutations dévotionnelles (la relance de cultes patriotiques, une approche renouvelée de l’au-delà et des sacrements, les nouvelles saintes)

    c/ Les lendemains de la Deuxième guerre mondiale : Libération et expiation des fautes

    d/ Les sanctuaires post-Vatican II : une nouvelle sacralité, de nouvelles formes de lieux de culte

    Toutefois, le projet ne s’interdit pas de remonter plus en amont afin de souligner l’importance des relances liées aux missions de la Restauration et d’évoquer les reprises qui accompagnent la « campagne ultramontaine » sous le Second Empire . Les transformations urbaines du milieu du XIXe siècle donnent également naissance à des sanctuaires urbains, souvent situés dans des lieux qui dominent la ville (Fourvière, Montmartre, Notre-Dame de la Garde, Madonna della Guardia à Gênes) , qui permettent de s’interroger sur l’« haussmannisation religieuse » mise en évidence par Jacques-Olivier Boudon . L’ancrage local, la place dans le tissu urbain ou rural constitue un premier niveau d’analyse, que complète l’articulation entre sanctuaires et identité nationale. Dans le cas des sanctuaires d’immigrants italiens aux Etats-Unis, le sanctuaire reconstitue une entité éloignée et sert d’ancrage territorial. A ainsi été étudié le développement du culte de Sainte Rita à travers les communautés italiennes présentes dans le Nouveau Monde .

    L’articulation entre sanctuaire locaux, destinés à un public restreint et ouverture à l’universel peut être appréhendée à travers l’exemple de Rome. Il permet de souligner le passage d’une ville-sanctuaire (en rappelant l’importance du Jubilé ) à une situation caractérisée par l’émergence de sanctuaires en dehors de la ville, dans les nouveaux quartiers (Divino Amore). Rome permet également d’aborder le problème du lien entre sanctuaires et ordres religieux, certains en ayant la garde et en assurant la vie spirituelle. A cet égard, il est intéressant de souligner le hiatus qui oppose les cultes proprement romains et les cultes imposés de l’extérieur, souvent par l’intermédiaire de groupes ou de congrégations religieuses.

    L’invocation mariale dans les congrégations nées au XIXe siècle permet également de dessiner une autre ligne de force . On peut penser aux Oblats de Marie Immaculée qui desservent le sanctuaire de Pontmain (France, Mayenne, diocèse de Laval) ou bien aux Missionnaires de La Salette assurant la desserte spirituelle du sanctuaire alpin (France, Isère, diocèse de Grenoble) . Dans les deux cas il est intéressant de s’interroger sur le lien entre autorité diocésaine et congrégations religieuses, certaines d’entre elles étant subordonnées à l’autorité épiscopale. Ce lien entre sanctuaire et autorité diocésaine invite également à se pencher sur les sanctuaires non-reconnus ou marginaux, qui cristallisent les pratiques et les dévotions de groupes spirituels ou politico-religieux en conflit avec le magistère.
    La reconnaissance juridique du « sanctuaire » dans les accords du Latran signés en 1929 crée une situation d’exception pour certains sites (Assise, Lorette) dans la mesure où ils dépendent directement du Saint-Siège . Ces derniers, du fait de leur forte charge historique et de leur statut d’exception, constituent des éléments à prendre en considération. Ces journées d’études souhaitent donc avant tout dresser un premier bilan historiographique des acquis de la recherche, définir les problématiques soulevées par un champ historique encore mal défriché et dessiner des perspectives de travail communes, qui pourraient s’inscrire dans le cadre d’un programme d’études européen.

    Hilaire Multon (EFR)



    Vendredi 8 novembre 2002 (Ecole française de Rome, Piazza Navona 62)

    Matinée : Les lignes de force


    Philippe Boutry (EHESS-CARE, université Paris XII) : Les sanctuaires français du Second Empire à la Grande Guerre : état des lieux

    Emma Fattorini (université de Rome « La Sapienza ») : Piété populaire et sanctuaires mariaux de l’Unité à la Seconde guerre mondiale

    Jean-Michel Leniaud (Paris, EPHE) : Les basiliques de pèlerinage en France et leur architecture

    Bruno Toscano (université Roma III) : L’architecture des sanctuaires italiens (XIXe-XXe siècles)

    Andrea Riccardi (université Roma III) : Les sanctuaires italiens et Vatican II : tradition, crise et réveils

    Après-midi : Cultures politiques, identités régionales

    Jacques Benoist (diocèse de Paris) : Le Sacré-Cœur de Montmartre (1870-2000) : un terrain d’étude pour l’histoire des sanctuaires contemporains

    Bruno Maes (Strasbourg, université Marc Bloch) : Les pèlerinages de la duchesse de Berry : les sanctuaires rechargées en sacralité par le politique

    Gabriele De Rosa (Institut Luigi Sturzo) : La Madonna di Pompei (Campanie)

    Cataldo Naro (Faculté de théologie de Palerme) : L’exemple des sanctuaires siciliens

    Christian Sorrel (Université de Chambéry) : Sanctuaires et pèlerinages en Savoie : identité diocésaine, ancrage régional et enjeux nationaux

    Samedi 9 novembre 2002 (Istituto Luigi Sturzo, Via delle Coppelle, 35)

    Matin : Sanctuaires et culte marial


    Claude Langlois( Paris, EPHE) : Notre-Dame de France : couronnements de statues de la Vierge et réveils des sanctuaires dans la seconde moitié du XIXe siècle

    Ruth Harris (université d’Oxford) : Les femmes, la spiritualité et les pèlerinages de masse à Lourdes

    Tommaso Calio (université Roma III) : Sanctuaires, réseaux de sociabilité et sacralisation à Rome dans la crise de l’après-guerre

    Sylvie Barnay (université de Metz) : La Vierge des sanctuaires contemporains dans la seconde moitié du Xxe siècle. Une histoire d’incorporation


    Après-midi : sanctuaires et sainteté

    Lucetta Scaraffia (université de Rome “La Sapienza”) : La Salette. Un sanctuaire réinventé par les courants occultistes et les intellectuels

    Ornella Confessore (université de Lecce) : San Giovanni Rotondo et Padre Pio

    Marco Roncalli (éditions San Paolo) : Sotto il Monte et Jean XXIII : la mémoire des origines

    Mario Sensi (Université pontificale du Latran) : Assise. D’une ville-sanctuaire à la ville des sanctuaires

    Hilaire Multon (Ecole française de Rome) : Le tombeau de Mélanie Calvat, bergère de La Salette, à Altamura (Pouilles). Entre reconnaissance officielle et groupes de pression mélanistes.



    Lieux

    • Rome (Italie)
      Rome, Italie

    Dates

    • vendredi 08 novembre 2002

    Mots-clés

    • Sanctuaires, cultures politiques, réveils religieux, anthropologie des lieux sacrés, culte marial

    Contacts

    • Multon Hilaire
      courriel : hilaire [dot] multon [at] ecole-francaise [dot] it

    URLS de référence

    Source de l'information

    • Multon Hilaire
      courriel : hilaire [dot] multon [at] ecole-francaise [dot] it

    Pour citer cette annonce

    « Sanctuaires contemporains », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 04 octobre 2002, http://calenda.org/187414