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    Techniciens et sociétés 2002-2003

    Groupes professionnels et catégories sociales - Séminaire de l'EHESS

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    Publié le jeudi 31 octobre 2002 par Olivier Tur

    Résumé

    ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES Techniciens et sociétés André Grelon, directeur d'études Groupes professionnels et catégories sociales Programme 2002-2003 : 1er trimestre 105, boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 12

    Annonce

    ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES
    Techniciens et sociétés


    André Grelon, directeur d'études

    Groupes professionnels et catégories sociales


    Programme 2002-2003 : 1er trimestre

    105, boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 12 (4e étage, bâtiment B), chaque lundi de 17 h à 19 h


    4 novembre 2002
    Cette année universitaire verra la mise en place d'un nouveau cycle de réflexions et de recherches après les deux années consacrées plus systématiquement à l'histoire de l'ingénieur français, en collaboration avec André Thépot. Bien entendu, on continuera de suivre les nouveaux travaux dans ce domaine et un certain nombre sont d'ailleurs annoncés dans l'année, qui seront présentés au séminaire. Néanmoins, on s'orientera vers d'autres objets et vers un élargissement du champ des interrogations. Un des axes privilégiés sera l'étude de la mise en place et du développement de l'enseignement supérieur commercial, qui n'a pas à ce jour reçu suffisamment d'attention de la part des chercheurs. Or cette histoire de la naissance et de l'essor de ce type d'enseignement technique supérieur, tout comme la sociologie historique des anciens élèves de ces établissements sont des domaines d'investigation du plus haut intérêt pour comprendre l'évolution des catégories socio-professionnelles, analyser l'organisation des entreprises, cerner la genèse et l'essor du secteur tertiaire, etc. D'une façon plus générale, on s'intéressera à d'autres professions déjà organisées ou en cours de consolidation, notamment dans ce qu'on appelle désormais le champ des techniques sociales. Ce sont tous ces points qui seront abordés et précisés au cours de cette première réunion.


    18 novembre 2002
    Avec Françoise Chamozzi et Lise Mounier (LASMAS-CNRS) on rendra compte des résultats d'un travail récent mené auprès de la Fondation Georges Besse. Cette institution se donne pour mission de délivrer chaque année depuis 15 ans des bourses à des jeunes gens et jeunes filles qui ont des difficultés familiales et/ou financières pour qu'ils puissent suivre des études d'ingénieurs. Une enquête par questionnaire et par entretien a été menée auprès de l'ensemble des lauréats de la Fondation. Elle met en évidence leur bonne intégration dans le monde de l'entreprise. Tout en étant au départ une population très spécifique, l'analyse de leur parcours scolaire et professionnel et les comparaisons faites avec l'enquête de référence du Conseil des ingénieurs de France montrent qu'ils se fondent de façon homogène dans le groupe professionnel des ingénieurs.


    25 novembre 2002
    Myriam Charlier, chercheuse au Groupe de recherche sur l'éducation et l'emploi (GREE- CNRS / Université de Nancy II) présentera les principales conclusions d'une thèse soutenue récemment en sociologie des professions sur les opérateurs de l'emploi. Dans un premier temps, elle exposera de manière synthétique le contenu de la recherche. Il s'agissait de proposer un cadre d'analyse pour rendre compte de la formation des professions à partir de l'exemple des opérateurs de l'emploi (personnels travaillant à l'ANPE d'une part et dans les Missions Locales/PAIO d'autre part) : comment expliquer la constitution de cette profession au cours du XX° siècle et en expliquer les transformations au cours de son histoire. De fait, elle est appréhendée comme une construction historique et quotidienne des acteurs individuels et collectifs. La thèse vise ainsi à répertorier les éléments qui en assurent la stabilité et les processus qui participent à sa construction/déconstruction/reconstruction. Dans la deuxième partie de l'intervention, Myriam Charlier reviendra sur la partie historique de la thèse, notamment pour mettre en évidence l'importance de l'héritage qui pèse sur l'institutionnalisation de ces deux structures en examinant successivement : 1) le rôle de l'Etat et de divers acteurs par la politique de placement, la politique publique de l'emploi, la création d'organismes de régulation, la création de la catégorie de chômeur, les pratiques d'organisation de la mobilité ; 2) le rôle de la généralisation du salariat ; 3) le rôle de grands événements comme les guerres, la dépression des années 30, la création de la sécurité sociale, ou la crise des années 70.


    2 décembre 2002
    En raison d'une mission d'enseignement et de recherche à Prague, le séminaire n'aura pas lieu.


    9 décembre 2002
    Chantal Darsch, chercheuse au CEFI (Comité d'études des formations d'ingénieurs) est la cheville ouvrière des enquêtes qu'organise tous les 3 ans le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France sur les ingénieurs diplômés. Elle achève la mise au point du questionnaire de la prochaine enquête dont elle présentera le mode d'élaboration. Construire un questionnaire pour une enquête est un projet de longue haleine et qui implique de multiples acteurs. Pour l'enquête socio-économique sur les ingénieurs les diverses phases font intervenir
    • Côté maître d'ouvrage, le CNISF (son délégué général, son bureau et un chef de projet pour l'opération), • Côté maîtres d'œuvre : le CEFI, l'INSEE et le LEST • Pour la réalisation, une centaine d'associations • De plus, quelques sociétés de service (saisie, maquette, impression) vont intervenir pour des tâches spécifiques. • Enfin, une agence va assurer l'interface avec la presse. Durant 2 années, il va donc s'agir d'assurer la liaison et le fonctionnement de tous ces groupes et institutions.
    Le choix de la méthode de sondage et la construction du questionnaire sont plus directement du ressort du CEFI. Il s'agit à la fois d'assurer une continuité dans une enquête qui existe depuis plus de 40 ans, de répondre aux attentes (latentes ou exprimées) des " clients ", de rechercher la comparabilité avec d'autres travaux, de veiller à ce que des chercheurs puissent y trouver matière pour leurs recherches, de l'alimenter en nouveaux sujets et en thèmes d'actualité. Durant le séminaire nous verrons comment un tel projet prend forme et se développe, avec des exemples qui illustreront la façon dont se construit un questionnaire autour d'un groupe professionnel.


    16 décembre 2002
    Jean-Pierre Williot, maître de conférences à l'Université de Paris IV, présentera les conclusions de la recherche qu'il a menée sur Jules Petiet, une figure d'ingénieur caractéristique du premier XIXe siècle (1813-1871), et dont il avait déjà donné les premiers résultats au séminaire, il y a deux ans. Major de la première promotion de l'Ecole Centrale en 1832, Jules Petiet débute une carrière d'ingénieur portée par l'essor industriel de la Monarchie de Juillet. Concepteur de projets de chemins de fer, d'études sur les canaux et sur les docks, il est également impliqué dans la modernisation de forges. Remarqué par la qualité de ses travaux, auteur de plusieurs traités qui font autorité (sur la sidérurgie et les locomotives), il ne tarde pas à devenir un expert recherché au sein du cabinet d'ingénieurs civils qu'a formé Eugène Flachat. Il participe à la mise en place des premières lignes de chemins de fer : recruté en 1842 au Versailles Rive Gauche, il fait ensuite toute sa carrière à la tête de la puissante société des Chemins de fer du Nord qu'il contribue à structurer de 1846 à 1871. Son originalité est certainement d'articuler les décisions économiques de l'exploitation sur des principes techniques qu'il définit lui mêm, allant jusqu'à la conception du matériel de traction. Vaporiste plus tard contesté, il reste de son vivant un ingénieur respecté par son autorité, ses compétences et son exceptionnelle capacité d'organisation. Ses mérites lui valent d'être deux fois élu président de la Société des Ingénieurs Civils et surtout d'être choisi comme directeur de l'Ecole Centrale en 1868 jusqu'à son décès en 1871. Sa notoriété était établie tant à l'étranger qu'en France, au point de figurer parmi les 72 savants dont les noms ceignent la tour Eiffel. Le récit de sa vie incarne des basculements fondamentaux caractéristiques du XIXe siècle. Issu d'une famille dévouée au plus haut service de l'Etat – son grand père paternel est ministre de la Guerre sous le Directoire, son père conseiller d'Etat et Intendant en Toscane durant la période napoléonienne – Jules opère une conversion. Il est de la génération portée par l'esprit saint-simonien qui embrasse avec fascination une carrière tournée vers l'industrie. Il participe à la mise en place de structures entrepreneuriales nouvelles qu'exige le fonctionnement compliqué des grandes entreprises de réseaux nées au milieu du XIXe siècle. A son échelle, en relation avec d'autres ingénieurs, il explore les voies de l'innovation et stabilise le progrès technique. De sa compétence naît son pouvoir qu'il cherche à rendre pérenne en reconstituant autour de lui des réseaux de solidarité professionnelle. Jules Petiet anticipe des évolutions sociales qui placent les ingénieurs parmi les nouvelles élites et les intègrent aux strates supérieures de la bourgeoisie.

    Lieux

    • Paris, France

    Dates

    • lundi 04 novembre 2002

    Mots-clés

    • technicien, techniques, social, groupe professionnel, ingénieur, maîtrise, emploi, cadre

    Contacts

    • André Grelon
      courriel :

    Pour citer cette annonce

    « Techniciens et sociétés 2002-2003 », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 31 octobre 2002, http://calenda.org/187513