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    Publié le dimanche 10 novembre 2002 par Natalie Petiteau

    Résumé

    La preuve par l'image ? Colloque les 6 - 7 - 8 décembre 2002 à Valence, au Centre de Recherche et d'Action Culturelle. Ce colloque est organisé par le CRAC de Valence.   Contenus et objectifs : Ecrans, magazines, affiches, photos, r

    Annonce

    La preuve par l'image ?

    Colloque les 6 - 7 - 8 décembre 2002 à Valence, au Centre de Recherche et d'Action Culturelle.


    Ce colloque est organisé par le CRAC de Valence.

     

    Contenus et objectifs :



    Ecrans, magazines, affiches, photos, reportages, vidéos : notre regard se voit saturé d'images multipliant et magnifiant la réalité sous toutes ses facettes comme pour nous certifier et nous vendre à tout instant le monde présent, le meilleur des mondes (" le seul qui a le mérite d'exister ").
    Mais ces images, ces prises de vue qui de partout nous sollicitent, nous informent, nous persuadent, que valent-elles ? que proclament-elles ? que prouvent-elles ? Y a-t-il vraiment une preuve par l'image, ou plus précisément par la prise de vues, comme tendent à le faire croire " l'objectif " photographique et les médias audiovisuels ?

    Les photographies, les documents filmés, les reportages TV reproduisent-ils " sur le vif " l'évidence du " réel tel quel " ? Constituent-ils la preuve " en soi " de la situation ou du phénomène qu'on nous dit qu'ils attestent ? Que nous donnent-ils effectivement à voir et à comprendre ? Ces " documents " visuels se passent-ils d'interprétation, ou celle-ci nous est-elle fournie en sous-main comme une soi-disant évidence émanant du " film de l'événement " ? " Je ne crois que ce que je vois " : cette formule sceptique du rationalisme contre la superstition semble, à l'heure de la télévision, se renverser en un nouveau credo dans les images.

    Les prises de vues tous azimuts propagent partout cet irrécusable témoignage des sens dominé par la vision comme une garantie de véracité (" vu à la télé "). Mais, pourquoi et comment croyons-nous à ces " doubles " de la réalité ? Ne sont-ils pas autant de trompe-l'fiil du fait même de l'illusion complète de réalité qu'il suscite ? Toute prise de vue ne suppose-t-elle pas découpage, cadrage, mise en scène ? N'est-elle pas extraite d'un contexte pour en disposer et transposer les empreintes ailleurs ? N'est-elle pas tirée d'une réalité diffuse et confuse, pour en produire un sens orienté et sélectif ? Quels traits discriminants président alors à sa composition ? Enfin, à quelles conditions peut-on dire qu'une prise de vue n'est pas " juste une image " mais une image juste ?

    Au plan politique comme au plan de la connaissance, toutes ces questions s'imposent avec acuité aux citoyens, aux chercheurs, aux artistes de l'après XXème siècle, parce que ce siècle a radicalement transformé notre regard désormais exposé par et à des extensions considérables, des instruments qui en étendent partout la portée, des supports qui le fixent et le multiplient, sous forme de toutes sortes d'instantanés et projections du monde. Face à la propagande visuelle massive qui se donne pour objective, nous nous proposons d'interroger pendant trois journées la validité ou la prétention abusive de ces images du " réel " que produisent en nombre incalculable mass-médias et sciences, publicité ou divertissement. Car une image, fut-elle une prise de vue réelle, faite sur le vif, est toujours plus ou moins que la chose qu'elle représente. Elle obéit a des codes, des choix, des habitudes, des manières de voir et montrer, qui en ordonnent la composition. Une prise de vue implique forcément en amont un contexte, en aval une interprétation qui ne saurait être univoque, entre les deux une intention qui oriente son montage et sa communication. Ainsi l'objectivité qu'affichent souvent photographies ou reportages d 'actualité, est loin d'être aussi immédiate, suffisante et évidente qu'on croit. Elle demande au contraire à être construite selon des règles explicites et de façon à former un réseau de relations pertinentes.

    Afin de mieux comprendre comment signifient les prises de vues, comment elles rendent compte du " réel " (et à quel niveau ?), comment elles nous font croire, nous nous proposons de confronter l'usage qu'en font les mass-médias (reportages, actualités et autres " reality-shows ") à ceux d'autres institutions ou disciplines. A cet exercice de critique comparée, nous avons invité des historiens, des reporters, des géographes, des cinéastes, des scientifiques, des photographes, des juristes, pour les interroger, prises de vues à l'appui, sur la façon dont ils les interprètent, les utilisent ou les produisent dans le cadre de leur recherches et de leurs pratiques.

    Francois Niney
    Critique, documentariste, maître de conférence en cinéma à Paris 3


     

    Le programme
    Ateliers, débat, conférences

     vendredi 6 décembre : Que prouve l'image d'archive ? Que prouve l'image de reportage ? Que prouve, juridiqement, une prise de vue ?

     samedi 7 décembre : Identification des corps et des personnes, que fait la police ? Les limies de l'identité. Identification des lieux.

     dimanche 8 décembre : Que prouvent les images scientifiques ? "Voir le réel mis à nu chez ses voisins, même.



    Films Plus d'une vingtaine de films seront projetés. Parmi eux signalons quelques classiques comme "propaganda, messages et mensonges" ; "nuit et brouillard" ; "la guerre inscrite sur les images du monde"... et quelques grands films, dont certains assez récents, comme "Blow up" ; "the Truman show" ; "bienvenue à Gattaca" ou encore "Minority report"...

    Expo Du 4 décmebre au 17 janvier, exposition de photographies de Lionel Fourneaux.

     

    Lieux

    • Valence, France

    Dates

    • vendredi 06 décembre 2002

    Contacts

    • CRAC #
      courriel : crac [at] crac [dot] asso [dot] fr

    Pour citer cette annonce

    « La preuve par l'image ? », Colloque, Calenda, Publié le dimanche 10 novembre 2002, http://calenda.org/187567