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Sécurité et sociétés

Les nouveaux métiers de l'action publique en action

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Publié le lundi 25 novembre 2002 par Jean-Pierre Masse

Résumé

Les années 80 et 90 ont vu le développement de nouveaux acteurs, chargés de mission de coordination, dans des champs d'action publique divers : chefs de projet, agents de développement local, coordinateurs de prévention, chargés de mission sécurité et coo

Annonce

Les années 80 et 90 ont vu le développement de nouveaux acteurs, chargés de mission de coordination, dans des champs d'action publique divers : chefs de projet, agents de développement local, coordinateurs de prévention, chargés de mission sécurité et coordinateurs de Contrats locaux de sécurité mais également coordinateurs ZEP ou de chargés de mission sur les contrats éducatifs locaux, etc. Bref, on trouve une nébuleuse d'acteurs aux dénominations à la fois standardisées (il n'y a qu'à penser ici à la prolifération des " chefs de projet ") et foisonnantes (des " chargés de mission prévention " aux " délégués prévention sécurité " en passant par les " agents de coordination et de développement CCPD "), aux missions similaires (l'omniprésence des références à la coordination, à la proximité et à l'animation) et contrastées (avec des missions tournant autour des partenariats interinstitutionnels pour les uns, autour de la gestion des services pour les autres).

Certains auteurs ont vu en eux des acteurs décisifs des réorganisations contemporaines de l'action publique, capables d'associer des acteurs aux traditions différentes, de rompre avec les cloisonnements administratifs, de produire des catégories dans lesquels se retrouveraient une pluralité de protagonistes, de rapprocher les institutions de leur public. D'autres sont restés beaucoup plus sceptiques, abordant ces nouveaux métiers comme empêtrés dans les contradictions institutionnelles, impuissants à rapprocher des points de vue trop clivés. Ces deux interprétations quelque peu maximalistes méritent sans doute d'être complétées - et sans doute corrigées - au regard d'interrogations plus analytiques. Comment ces acteurs se construisent-ils comme interlocuteur crédible ? Quelles ressources mobilisent-ils ? Est-ce que les formes de reconnaissance qu'ils parviennent à obtenir sont durables ?

Souvent cofinancés par plusieurs institutions, il a pu être pensé que ces acteurs pourraient jouer de ce fait un rôle d'intermédiation, en profitant des opportunités offertes par un co-mandatement (et donc une double appartenance). Il semble cependant que ces espérances initiales se soient quelque peu estompées sous l'effet d'un processus d'institutionnalisation - en l'occurrence, fréquemment, de municipalisation - qui a vu ces acteurs s'inscrire progressivement dans des cadres d'action délimités par les institutions. Faut-il pour autant penser que les institutions délimitent étroitement leurs prises de parole et leurs modes opératoires ? Penser que l'on puisse déduire les modes opératoires de la seule appartenance institutionnelle mérite d'être questionné. C'est la raison pour laquelle, il semble souhaitable de combiner une approche sensible aux itinéraires individuels (formation, appartenances sociales et territoriales, réseaux personnels, etc.), aux logiques de professionnalisation (création de formation, acquisition de savoirs et savoir-faire spécialisés, normalisation des pratiques) ainsi qu'aux cadres institutionnels dans lesquels s'inscrivent ces acteurs.

L'idée de cette journée est de croiser les discours. Entre des praticiens qui ont souvent une formation de sciences sociales, des experts liés au monde universitaire, et des chercheurs nourris d'enquêtes de terrain, les frontières entre les discours ordinaires, experts et savants présentent pour le moins certaines porosités. L'objectif de cette journée est de les faire se croiser, en faisant intervenir praticiens, consultants et chercheurs (sans présumer que les identités des uns et des autres soient fixes et homogènes).


Organisation de la journée

Matin de 10h00 à 12h30 :

Introduction : Jacques de Maillard et Sebastian Roché (CERAT/Sciences Po Grenoble)
Expériences d'acteurs : Cédric Lefebvre (Directeur territorial OPAC Seine Maritime), Luc Gisdal (Chargé de mission politique de la ville au Conseil général de l'Hérault).

Après-midi de 14h00 à 17h00 :

Regards de chercheurs : Gilbert Berlioz (Berlioz et Dubouchet Consultants), Philippe Estèbe (Université de Toulouse et Acadie).
Conclusions et mise en perspectives : Olivier Nay (Université de la Rochelle).

Lieux

  • Grenoble, France

Dates

  • vendredi 06 décembre 2002

Contacts

  • Jocelyne Nicolas
    courriel : jocelyne [dot] nicolas [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Jocelyne Nicolas
    courriel : jocelyne [dot] nicolas [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sécurité et sociétés », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 25 novembre 2002, http://calenda.org/187637