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Les temps et les rythmes de la ville

Les rencontres de Gadagne

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Publié le mardi 26 novembre 2002 par Jean-Pierre Masse

Résumé

Les « Rencontres de Gadagne », trait d’union entre le musée et la recherche Lyon , le 22 novembre 2002 - Le musée Gadagne a lancé en octobre dernier « les Rencontres de Gadagne », un cycle de cinq journées d’études programmées du 14 octobre 2002 au 2

Annonce

Les « Rencontres de Gadagne », trait d’union
entre le musée et la recherche

Lyon , le 22 novembre 2002 - Le musée Gadagne a lancé en octobre dernier « les Rencontres de Gadagne », un cycle de cinq journées d’études programmées du 14 octobre 2002 au 2 juin 2003. Elles ont pour principe de convier des chercheurs de différentes disciplines à faire le point sur une question ou une problématique actuelle de la recherche, à confronter leurs approches et leurs pistes de recherche.

Conçues sous la responsabilité scientifique de chercheurs, ces journées s’attachent à mieux cerner et à faire connaître l’histoire de l’agglomération lyonnaise dans tous ses aspects, ainsi que l’art du théâtre de marionnettes. Elles s’adressent principalement à un public de chercheurs, universitaires et étudiants, mais sont suivies à 18h30 d’une conférence ouverte à tous qui présentera une synthèse du thème étudié.

Les « Rencontres de Gadagne » ont débuté sous la houlette de Jérôme Dorival, historien et musicien, professeur au Conservatoire National de Région, sur le thème des concerts à Lyon au 17e siècle, l’une des époques les moins étudiées dans l’histoire de la musique.

Elles se poursuivent le 2 décembre prochain avec Bernard Lamizet, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, sur les « rythmes urbains » qui ponctuent la vie des citadins : l’occasion de confronter différentes approches de la ville autour de la question majeure du temps.

Puis, ce sera au tour de Dominique Houdart, Président de l’association Themaa, association nationale « Théâtre de marionnettes et arts Associés », d’évoquer les rites dont la marionnette fait l’objet dans différentes cultures.

Deux rencontres se dérouleront sur des thèmes en rapport avec les expositions du musée : en avril 2003, « Lyon en fête » conduite par le politologue Philippe Dujardin, chercheur au CNRS, qui mènera la réflexion autour du remaniement de la scène festive lyonnaise dans les vingt dernières années, et en juin 2003, « Lyon et la Franc-maçonnerie » par Michel Chomarat, commissaire scientifique de l’exposition à Lyon, autour de l’apport de la Franc-Maçonnerie à la vie politique, culturelle et sociale de Lyon.


C’est l’occasion pour les chercheurs d’exposer leurs travaux, de confronter leurs points de vue et de les diffuser tant auprès des étudiants que, ce dont ils ont rarement l’occasion, du grand public. Les étudiants peuvent, eux, y glaner des idées de sujets de thèse…

Le musée, lui, tire parti de cette expérience à plusieurs niveaux : renforcer ses liens avec la recherche, faire connaître et proposer la richesse et la diversité souvent méconnues de ses collections ou de ses fonds, et au final enrichir le fonds du musée des résultats de ces travaux… Ceux-ci permettent par exemple de réactualiser les commentaires qui contextualisent les collections, d’améliorer la muséographie par un choix différent des objets présentés au public, de constituer des dossiers documentaires. Le musée affine son propre matériau afin de mettre à la disposition du public une information pertinente, à la pointe des recherches les plus récentes et sans cesse réactualisée. Une information qui sera pleinement utilisée lorsque le nouveau musée sera opérationnel, en 2005.

Quant au « grand public », en ayant accès aux conclusions d’une journée d’étude, il pourra s’ informer sur un sujet qui l’intéresse tout particulièrement et rencontrer des spécialistes.

Le musée Gadagne joue ainsi pleinement son rôle d’intermédiaire entre des mondes et des publics qui souvent s’ignorent.



Contact :
Nicole Guidicelli
Communication Musée Gadagne
04 72 56 74 14
nicole.guidicelli@mairie-lyon.fr



Les temps et les rythmes de la ville
2 décembre 2002

Sous la responsabilité scientifique de Bernard Lamizet, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon (Sciences de l’information et de la communication)

Qu'est-ce que le temps de la ville ? C'est, finalement, la façon dont, par nos usages et nos représentations de l'espace de la ville, nous articulons la temporalité quotidienne, individuelle de l'habiter à la temporalité sociale et politique de la dimension collective de l'aménager et du communiquer.

La question du temps urbain fera l’objet de quatre interrogations, qui seront confrontées les unes aux autres dans un débat et dans une réflexion collective, de nature à imaginer une rationalité nouvelle du temps de la ville.

La question urbaine du temps et du rythme permettra de rapprocher et de confronter l’approche collective de l’urbanité (celle des urbanistes, des aménageurs, des politiques et des économistes) et l’approche individuelle de la ville (l’habiter). Cette articulation entre le temps singulier et le temps collectif sera approchée par une interrogation de ses trois dimensions, le temps réel, celui de notre expérience de la ville et de l’habitat, le temps imaginaire, celui de nos rêves et de nos utopies, ou encore celui de la fiction, et le temps symbolique, celui des pratiques culturelles et des représentations de la ville.

L’anthropologie du temps urbain permettra de mettre en relation des temps urbains différents, appartenant à des cultures urbaines différentes. Toute une ethnologie et toute une anthropologie du temps urbain permettront de comprendre les différences tenant aux cultures urbaines des différents pays, mais elles seront aussi l’occasion de comprendre l’importance du rite et des rituels dans la formation du temps de la ville. Enfin, l’anthropologie du temps urbain permettra de penser la superposition ou l’articulation, dans un même espace urbain, de temporalités et de rythmes différents, voire antinomiques, tenant à la cohabitation de cultures différentes, ou à la formation de l’urbanité à partir de temporalités différentes et d’histoires de peuples différents.

La politique de la ville a son temps, fait de la succession des décideurs et des acteurs, de l’entrecroisement, dans un même espace urbain, de pouvoirs multiples et de stratégies différentes, de l’articulation des médias et des discours, parfois antinomiques, qui donnent sa dimension symbolique à la politique urbaine. La politique de la ville construit un rythme urbain particulier, fait de projets et de décisions, de règles et de normes, de débats et de confrontations. Finalement, le temps politique de la ville n’est pas autre chose que le temps de son histoire, dans toute sa complexité et dans toute la pluralité de ses aspects et de ses significations. La politique de la ville construit, ainsi, un rythme politique urbain.

Les ruptures du temps de la ville, enfin, seront interrogées : les dégradations du paysage, les manifestations, les guerres et les crises, qui sont des ruptures sociales et politiques de l’histoire de la ville, mais aussi le temps des “naufragés” de la ville, celui des exclus et des clochards, qui imposent une autre lecture du rythme de l’urbanité. Comme tout décor, le paysage de la ville a son envers, fait de ces ruptures et de ces drames, qui nous forcent à lire, à penser et à tenter de comprendre une autre histoire de la ville et une autre culture de l’urbanité. Les ruptures du temps urbain sont comme les déchirures de l’histoire de la ville, comme les traces des drames et des douleurs qui s’y impriment.


Programme détaillé
Mairie annexe du 5e
5, place du Petit Collège 69005 Lyon

10h Bernard LAMIZET, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques : "Les temps et les rythmes de la ville". Introduction.

10h30 Olivier ZELLER, professeur à l'Université Lyon II, chercheur à l'Institut des Sciences de l'Homme et au Centre Pierre Léon : "Les rythmes urbains dans l'histoire".(sous réserve)

11h15 Franck SCHERRER, professeur à Institut d'Urbanisme de Lyon : "Désynchroniser, resynchroniser l'action collective urbaine".

Cette intervention porte sur l'invention, le développement et la crise des temporalités pratiques de l'action collective urbaine, notamment dans l'urbanisme.

12h Pause déjeuner

14h Danielle VOLDMAN, directrice de recherche au Centre National de Recherche Scientifique, (Institut d'Histoire du Temps Présent) : "Villes en guerre, le temps de la destruction, le temps de la reconstruction".

A travers l'exemple de villes françaises pendant la seconde guerre mondiale, l'intervention mettra en avant la différence entre la fulgurance du temps de la destruction et la longueur de celui de la reconstruction.

14h30 Jean-Michel RAMPON, maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques : "La fabrique du temps local dans le Monde, Libération et Télérama : le "cas lyonnais" (années 1980-1990)"
.
A partir d'éditions spéciales sur Lyon, il s'agit d'analyser la façon dont le temps de l'actualité urbaine conçu par les médias repose sur la représentation de stéréotypes culturels et politiques.

15h discussion

15h15 François PORTET, conseiller pour l'ethnologie à la DRAC : " Rites, rituels et rythmes de la ville et dans la ville ".

Les approches récentes de l'anthropologie urbaine tenteront de confronter le thème de la journée à la question des rites et rituels dans la ville. Ces créations culturelles complexes devraient en effet introduire une réflexion d'une part sur la périodisation et la répétition des actes collectifs d'autre part sur la possibilité de rites "occasionnels" qui interviennent de façon non prévue pour donner un sens et à un évènement, à une scène urbaine.

15h45 Philippe FAYETON, architecte : "Le temps de l'espace, un rythme de l'urbanité".

L'organisation particulière - le rythme - du temps dans l'espace urbain participe du caractère spécifique de chaque ville. Compactes ou éclatées, les villes articulent leur propre rythme spatio-temporel dans les trois temps de l'urbain (l'histoire, le quotidien, le projet). L'espace urbain prend son sens par sa relation au temps.

16h15 discussion

16h30 Joëlle BOURGIN, urbaniste : "Les rythmes de transformation des villes et leur autonomie vis-à-vis des temps de l'histoire. Le cas de trois villes de Rhône-Alpes : Grenoble, Annecy et Saint-Etienne".

Les rythmes de transformation des villes ont leur part d'autonomie vis-à-vis des temps de l'histoire. Les décalages conséquents constituent des paramètres qui ont une part de responsabilité sur la production des formes urbaines et sur la singularité des villes.

17h Lucie TORTEL, Centre d'Etude sur les Réseaux, le Transport et l'Urbanisme : "Nouveau rythme de travail et ville de demain".

Les nouveaux rythmes de travail conduisent à repenser l'articulation des temps de vie personnels, professionnels et sociaux de chacun et à la création de nouveaux outils de gestion urbaine tels les "bureaux du temps".

18h30 Bernard LAMIZET et Laurent COUDROY DE LILLE, Institut d'Urbanisme de Paris "Les rythmes urbains". Conférence ouverte au public.

Catégories

Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • lundi 02 décembre 2002

Contacts

  • nicole guidicelli
    courriel : nicole [dot] guidicelli [at] mairie-lyon [dot] fr

Source de l'information

  • Musée Gadagne, Histoire de Lyon et marionnettes du monde ~
    courriel : nicole [dot] guidicelli [at] mairie-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les temps et les rythmes de la ville », Colloque, Calenda, Publié le mardi 26 novembre 2002, http://calenda.org/187641