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La ville des sciences sociales

Lieux, réseaux, traditions

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Publié le mardi 03 décembre 2002 par Jean-Pierre Masse

Résumé

Dans l'ouvrage La Ville des sciences sociales (Belin, 2001), comme dans le séminaire qui l'avait préparé, il s'agissait d'étudier une série de constructions savantes de l'objet "ville" en prenant pour terrain d'enquête des livres: leurs conditions de prod

Annonce

Programme 2002-2003

19 novembre 2002

Les oeuvres comme productions collectives I

3 décembre 2002

Les oeuvres comme productions collectives II

17 décembre 2002

Pierre Chabard (Université de Paris 8) Les usages de Patrick Geddes (années 1920-années 1970)

7 janvier 2003

Pierre Chabard - Les usages de Patrick Geddes II

21 janvier 2003

Peter Schöttler (Centre Marc Bloch-CNRS, Berlin) À la recherche des villes médiévales : Henri Pirenne entre l'Europe et l'Amérique dans les années 1920.

4 février 2003

Pierre-Yves Saunier (Environnement-Ville-Société UMR 5600 CNRS, Lyon) Des sciences sociales pour gouverner la ville : Charles Merriam, entrepreneur en public administration (Chicago, 1900-1940)

18 février 2003

Pierre-Yves Saunier - Des sciences sociales pour gouverner la ville II

4 mars 2003

Licia Valladares (Instituto Universitário de Pesquisas do Rio de Janeiro et Université de Tours) La favela des sciences sociales : le Père Joseph Lebret, l'"école de Chicago" et le Brésil (1947-1969)

18 mars 2003

Licia Valladares - La favela des sciences sociales II

2 avril 2003

"A new school of thought in urban sociology" : Robert E. Park, Ernest W. Burgess et la fugitive naissance d'une discipline (Chicago 1925)

29 avril 2003

"A new school of thought in urban sociology" II

6 mai 2003

Arnaldo Bagnasco (Università di Torino et EHESS) Les réceptions de Ulf Hannerz, Exploring the City (1980)

La ville des sciences sociales : lieux, réseaux, traditions

Dans l'ouvrage La Ville des sciences sociales (Belin, 2001), comme dans le séminaire qui l'avait préparé, il s'agissait d'étudier une série de constructions savantes de l'objet "ville" en prenant pour terrain d'enquête des livres: leurs conditions de production, leurs contenus, leurs réceptions et réinterprétations. Cette façon de faire a montré son efficacité. Elle prenait appui sur un genre didactique bien établi (l'explication des grands textes) tout en mettant en oeuvre un programme intellectuel tout différent, fondé sur deux propositions de méthode. D'abord, les questions auquelles voulaient répondre les auteurs - ainsi que leurs façons de faire de la science - ne sont pas les nôtres, elles doivent être restituées et ne sont intelligibles que référées aux conditions d'un autre temps. Ensuite, les interprétations successives d'un livre chargent celui-ci de nouvelles propriétés et significations, qui doivent être à leur tour référées aux conditions du moment et du lieu de son usage.

Le séminaire projeté se propose de poursuivre le même objectif - étudier historiquement les villes des sciences sociales - en expérimentant une autre voie de recherche: enquêter cette fois sur des constructions savantes de l'objet "ville" qui soient d'emblée collectives.

Les unités d'observation pourront être diverses. Des institutions de recherche (un institut, un département universitaire, un programme) qui ont joué, à un certain moment, un rôle innovant dans le domaine. Des congrès ou colloques où l'objet ville été mis en discussion et où l'on peut observer un éventail de paradigmes ou l'affirmation de l'un d'entre eux. Des revues ou des collections d'ouvrages qui ont un temps façonné et mis en scène une approche, des alliances, des controverses. Des voyages de savants, seuls ou en groupe, dans lesquels se sont joués les importations, traductions et usages de sciences étrangères. Des traditions savantes ou des écoles, enfin, terrains plus diffus, souvent discontinus, qui sont autant d'actions intellectuelles sur les oeuvres du passé en vue de définir les tâches présentes d'une discipline. L'intérêt de tels objets est d'être les sites de pratiques savantes collectives. Celles-ci ont souvent l'aspect d'entreprises - intellectuelles et institutionnelles - agissant en situation de concurrence. Les auteurs et leurs oeuvres y sont pris dans des réseaux et des dispositifs qui donnent forme ou renvoient à des champs savants qu'il conviendra de décrire, à des champs sociaux plus larges aussi. On y voit les objets de science se contruire dans l'action et l'interaction, dans des argumentaires publics, dans des controverses. On y voit aussi les "grands auteurs" environnés de personnages oubliés depuis - dont le rôle a pu pourtant être très significatif dans la formation et la consolidation d'une construction savante. Cette focale peut aussi avoir des inconvénients, par exemple celui de rendre moins visibles certains aspects essentiels des pratiques scientifiques (l'enquête empirique, les mises en forme, l'écriture). Il nous faudra donc replacer ces éléments dans le tableau, de sorte que soient rendus intelligibles ensemble les contenus de science et les interactions des savants. Les enquêtes conduites dans le séminaire permettront ainsi de réfléchir aux conditions dans lesquels les objets des savants se forment, se consolident et "tiennent" dans la durée, souvent s'effacent ensuite sous l'effet d'autres actions. Elles rencontreront constamment des pratiques d'usage des oeuvres du passé (ou prélevées dans d'autres pays) et donc le problème de la construction et reconstruction des traditions savantes.

L'univers à explorer restera celui des disciplines des sciences sociales dans leurs définitions contemporaines, celles qui commencent à prendre forme à partir de la fin du XIXe siècle dans les universités réformées et une nouvelle génération de sociétés savantes. Les cas retenus pourront relever de l'histoire, de la sociologie, de la géographie, de l'anthropologie, de la démographie, sans présumer de la stabilité de ces étiquettes. Il faudra assumer une large part d'arbitraire dans les choix: les situations étudiées doivent avoir une importance historique argumentable, mais peuvent ne pas présenter d'actualité évidente. On aura soin de ne pas retenir d'objet trop proche de notre présent, la nécessaire mise à distance présenterait des difficultés plus grandes encore. L'écart d'une génération ne garantit évidemment pas le refroidissement des objets, mais il paraît raisonnable de s'y tenir. D'où un arc temporel analogue à celui du premier volume de la Ville des sciences sociales: 1890-1980, approximativement.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 19 novembre 2002

Contacts

  • Christian Topalov
    courriel : topalov [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Christian Topalov
    courriel : topalov [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La ville des sciences sociales », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 03 décembre 2002, http://calenda.org/187659