AccueilLe chantier du photographe

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Publié le samedi 28 décembre 2002 par Marin Dacos

Résumé

Programme du séminaire de photographie 2002 - 2003 ENS, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, salle d'histoire, escalier D, deuxième étage, 17 heures à 19 heures Présentation du séminaire de photographie 2002 - 2003 Le chantier est cet intermédiaire ent

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Programme du séminaire de photographie 2002 - 2003

ENS, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, salle d'histoire, escalier D, deuxième étage, 17 heures à 19 heures

Présentation du séminaire de photographie 2002 - 2003
Le chantier est cet intermédiaire entre le projet et la construction définitive, un entre-deux imparfait, souvent caché, masqué par souci de clarification positive. Plus peut-être que ceux des arts plastiques ou du cinéma, les chantiers de la photographie sont passés sous silence.
Dans la diversité de ses catégories, elle apparaît souvent comme le fruit d'une vivacité, de la saisie géniale, quasi réflexe, de l'instant, au mieux comme l'aboutissement d'une connaissance, d'un regard profond et décisif. Elle serait une immatérialité, une image sans épaisseur… qui ne ferait œuvre que par la ténacité, l'accumulation et de valorisants discours d'escorte. Les difficultés, les obstacles, les nécessaires métissages, les emprunts restent inavoués.

Etymologiquement, le chantier est le cheval hongre, non castré, la mauvaise bête de charge ; celle qui, rebelle, rue dans les brancards et oppose son caractère farouche aux tentatives organisées. L'humeur sauvage du chantier en fait un oxymore : il s'offre comme une technicité au naturel.
Les métaphores font glisser les mots, classiquement, par le jeu des formes, de l'animal vers l'artisanat. La chèvre se fait chevron ; le cheval, chevalet. Le chantier, lui, devient support de bois : juste équilibre pour la treille, les bateaux en construction, les tonneaux à mettre en perce (en chantier).
Comme le chantier du bâtisseur, le chantier de l'artiste s'oppose à la standardisation. Il est, chaque fois, à réinventer, car nulle construction n'est jamais similaire à la précédente. Lieu des hasards au risque du bazar, espace des prises de risques, il est dépôt de matériaux, organisation humaine, terrain de transformation, architecture en devenir, promesse des « mises en chantier », espoir des commencements décrétés. Un chantier s'ouvre et se clôt - matériellement -.
Pour l'artiste photographe, dévoiler ses chantiers c'est reconnaître que le brillant individuel s'enracine dans une réflexion, un travail, des stratégies ; que l'espace lui-même - denrée rare - participe de la création. C'est révéler que la fabrication ne s'est pas effectuée en un seul clic-clac, mais qu'elle fut lente, mobilisant les volontés, les techniques, les personnes, les institutions. Inscrire ainsi l'œuvre dans un milieu, c'est lui redonner sens.
On sait bien qu'afficher des images magnifiques aux cimaises des galeries ne suffit pas pour faire œuvre. Il faut encore qu'en deçà, fonctionne le chantier.
En peignant son propre atelier et le joyeux fouillis qui y régnait, en révélant son chantier, Horace Vernet faisait, sous Charles X, œuvre politique. En révélant les fonctionnements, les difficultés et les réussites de la production artistique, le tableau s'affichait comme une forme de résistance aux normes ambiantes. Interdit de Salon, mais présenté avec d'autres toiles au sein même de l'atelier du peintre, le tableau rencontra, de fait, un succès considérable. Rendre visible ses chantiers, ses manières de faire, c'est interroger, bousculer, déplacer.

En invitant en alternance les théoriciens et les artistes à analyser leurs propres chantiers photographiques, le séminaire de photographie vise à une meilleure connaissance des efficacités artistiques contemporaines. Il s'agit, par l'analyse des productions, de mettre à jour des processus de création mêlant profondément le matériel et l'intellectuel.

Où se situent aujourd'hui les grands chantiers de la photographie ? Comment les repérer ? Quels fonctionnements spécifiques mettent-ils en œuvre ? Quels échafaudages assemblent-ils ? Quelles constructions préparent-ils ?


13 novembre 2002 Monique Sicard
Claude Frontisi Introduction
Les chantiers de la photographie

27 novembre 2002
Colette Hyvrard
Artiste, plasticienne Mises en oeuvre
Présentation de travaux

11 décembre 2002
Marie-Claire Adès Commissaire d'expositions, Ancienne directrice du Musée de la SEITA
et Itzhak Goldberg Historien d'art
Le chantier de l'exposition :
« Photographes en Algérie »

8 janvier 2003
Visite de l'exposition James Nachtwey
BNF, site Richelieu Le chantier de la guerre

22 janvier 2003
Jean-Claude Moineau
Historien de la photographie Le chantier de l'histoire

26 février 2003
Hervé Abaddie
Plasticien, photographe Le temps du chantier

12 mars 2003
Jean-Louis Garnell
Plasticien L'espace de la création

26 mars 2003
Claude Imbert
Professeur de philosophie, École normale supérieure
Les chantiers du voir. De Victor Hugo à Roland Barthes

23 avril 2003
Bernard Dudoignon Collectionneur et Stéphane Duroy Plasticien
De la collection à la prise de vue Présentation de travaux

22 mai 2003
Claude Frontisi
Monique Sicard
Le chantier du chantier
Conclusions / Analyse des concepts

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 13 mai 2003

Pour citer cette annonce

« Le chantier du photographe », Séminaire, Calenda, Publié le samedi 28 décembre 2002, http://calenda.org/187716