AccueilLa littérature antique dans les bibliothèques

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Publié le vendredi 03 janvier 2003 par François Ploux

Résumé

Comment la littérature antique est-elle représentée dans les bibliothèques européennes, entre le XVe et le XIXe siècles ? Quelle est sa place, et surtout comment sa présence se manifeste-t-elle ? Comment la conception même des bibliothèques, comment la co

Annonce

La littérature antique classique dans les bibliothèques
(XVe-XIXe siècles)


Colloque international
Lyon
Ecole normale supérieure de lettres et sciences humaines
27-29 mars 2003


Comment la littérature antique est-elle représentée dans les bibliothèques européennes, entre le XVe et le XIXe siècles ? Quelle est sa place, et surtout comment sa présence se manifeste-t-elle ? Comment la conception même des bibliothèques, comment la constitution de leurs catalogues en rendent-elles compte ? Ce colloque espère non seulement dresser un état des lieux, ou du moins dessiner des perspectives à l’échelle européenne, mais contribuer à établir une méthodologie : l’étude des catalogues de bibliothèques ou des inventaires doit apparaître comme un mode d’accès privilégié, mais d’usage délicat, à une histoire intellectuelle qui est aussi bien celle des savoirs que celle des goûts. La définition même de ce sujet impose une approche pluridisciplinaire : il intéresse à la fois les spécialistes de littérature antique et d’histoire des idées (littéraires et historiens), et les historiens du livre, pour mieux cerner la présence de l’Antiquité à une époque où celle-ci imprègne la littérature et les arts.

Renseignements :
Catherine Volpilhac-Auger
UMR 5037
Ecole normale supérieure de Lettres et sciences humaines
15 Parvis Descartes
69366 Lyon cedex 07

Secrétariat UMR 5037
tél. 04 37 37 61 90



Ce colloque se place dans le prolongement des travaux entrepris depuis quatre ans à l’École des chartes et à l’ENSSIB sur l’histoire des collections de livres, à travers les catalogues de vente de bibliothèques privées (programme L’Esprit des livres, mené en collaboration par l’ENSSIB et l’Ecole des chartes depuis 1998 et journées d’étude des 15 et 22 janvier 1998, qui ont donné lieu au volume Les Ventes de livres et leurs catalogues, XVIIe-XXe siècles, Droz, 2000, éd. E. Parinet et A. Charon). Il constituera la première des manifestations proposées dans le cadre d’un Programme Pluri-Formation inscrit dans le contrat quadriennal 2003-2006 de l’ENS-LSH et de l’ENSSIB, élargi à l’Ecole des chartes ; il répond ainsi au programme défini par l’Institut d’histoire du livre (IHL), né en 2000 de la collaboration de l’ENS-LSH, de l’ENSSIB, de l’Ecole des chartes et de la Ville de Lyon (Musée de l’imprimerie et Bibliothèque municipale).

On se propose de mettre en lumière la présence de la culture littéraire classique dans les bibliothèques. Celle-ci apparaît de manière diffuse mais constante dans les catalogues ; ce sont donc autant les contenus que les modes d’apparition (notamment grâce au classement des « libraires de Paris ») qu’il faut rechercher, en privilégiant les catalogues de vente, les inventaires après décès, les catalogues de libraires, les catalogues personnels ou encore les inventaires des saisies révolutionnaires – modes d’approche à propos desquels s’est déjà élaborée une méthodologie à laquelle ce colloque doit aussi contribuer, sans omettre les « bibliothèques idéales » offertes comme normes ou modèles.

C’est d’abord par le biais d’une étude par auteur que l’on peut procéder ; il s’agit, en complément des études déjà existantes sur les conditions de production, moins de dresser un « palmarès » des auteurs, des titres ou des genres littéraires, que de poser les jalons d’une étude plus vaste sur la définition chronologique et générique de ce que, du XVe au XIXe siècle, l’on entend par « Antiquité » ; la définition, relativement récente, d’une Antiquité restreinte à l’éloquence, à l’histoire et à la poésie épique ou lyrique, à l’âge cicéronien et augustéen, risque fort d’en être éloignée.

On réservera une place aux instruments de travail, dictionnaires et grammaires, qui témoignent d’un type d’approche des langues anciennes particulièrement riche de sens. La question de la diffusion des traductions, de leur concurrence éventuelle avec les œuvres en langue savante, devrait faire aussi partie des priorités du colloque – ce qui est une autre manière d’envisager l’écart entre publications destinée au public mondain et publications savantes, tout en cernant l’apparition de traductions à finalité savante.

Devra aussi être étudiée l’évolution des grandes « séries » ou collections d’œuvres antiques (Variorum, Elzeviers, Ad usum Delphini, Didot, Lemaire…) comme de la production des grands éditeurs humanistes, dont le statut et le succès suivent une courbe qui n’est pas seulement due à la qualité intrinsèque des publications : dans quelle mesure sont-elles présentes, mais surtout identifiées ou mises en valeur dans les catalogues ? Peut-on en interpréter les traces ? Existe-t-il une typographie et une mise en page spécifiques pour de tels ouvrages, et identifiées comme telles ? Ce sont les questions principales (mais non exclusives) qu’elles suscitent.

Ces différents axes de recherche devraient être complétés par une interrogation sur la quête du livre « rare et curieux », fondée sur d’autres critères ; en effet celle-ci joue en la matière un rôle remarquable, en faisant entrer dans les catalogues maint ouvrage qu’aucun des axes d’étude précédents n’arriverait à faire émerger, ou en offrant une place privilégiée à une catégorie d’ouvrages particuliers : il importerait de faire l’inventaire de ce qui relève du goût spécifique du collectionneur, et en retour de mesurer ce que l’Antiquité lui offre de remarquable, notamment par l’intérêt porté à l’antique dans les bibliothèques proposées comme modèle bibliophilique. Afin de couvrir tous les domaines envisagés, on préférera les études synthétiques, en évitant les monographies consacrées à un exemplaire particulier, et en restreignant les études d’un seul catalogue à quelques cas remarquables, de préférence en croisant les approches (littéraire et historienne) à propos d’un même objet.

Les actes seront publiés.




Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • jeudi 27 mars 2003

Mots-clés

  • littérature antique, bibliothèques

URLS de référence

Pour citer cette annonce

« La littérature antique dans les bibliothèques », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 03 janvier 2003, http://calenda.org/187718