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Publié le mercredi 29 janvier 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

  Le succès du thème "L'Amérique des territoires" n'est plus à démontrer. Nous avons reçu largement plus de propositions d'ateliers qu'il ne nous en fallait. Après une première sélection, incluant des fusions et l'attribution d'ateliers simples

Annonce

 

Le succès du thème "L'Amérique des territoires" n'est plus à démontrer. Nous avons reçu largement plus de propositions d'ateliers qu'il ne nous en fallait. Après une première sélection, incluant des fusions et l'attribution d'ateliers simples à ceux qui avaient réclamé des ateliers doubles, nous avons toujours 19 propositions d'ateliers. Elles sont toutes intéressantes et correspondent toutes parfaitement au cadrage du thème. Nous avons donc décidé de les soumettre dans leur ensemble aux éventuels communicants.
Faute de salles en nombre suffisant, il nous faudra, hélas nous limiter à 15 ateliers (5 par demi-journée). Nous avons pensé que la technique de sélection la moins arbitraire était de laisser les communicants eux-mêmes choisir ces 15 ateliers. Nous retiendrons donc les 15 premiers ateliers constitués, c'est-à-dire ceux pour lesquels les directeurs nous transmettront une liste de 5 communicants retenus par leurs soins. Pour laisser à chacun le temps d'élaborer sa proposition de communication, nous ne recueillerons les propositions d'atelier qu'à partir du 1er septembre (date du mail faisant foi). Nous rappelons à ce sujet que, s'il est légitime que les directeurs d'atelier contactent eux-mêmes certains collègues, il leur est demandé de faire une place à des propositions spontanées, notamment peut-être, celles émanant de doctorants ou de collègues qui n'ont pas encore pu se faire connaître de notre communauté.
Nous publions donc ci-dessous les titres des ateliers, les noms des directeurs et les textes de cadrage fournis par ceux-ci. Ceux qui souhaitent proposer leur participation devront envoyer DIRECTEMENT aux directeurs d'ateliers leurs propositions. Nous vous encourageons donc à le faire le plus rapidement possible, si vous souhaitez promouvoir l'atelier qui vous intéresse.
Avant de conclure, nous signalons que Divina Frau-Meigs a proposé une table-ronde intitulée "territoire des revues", qui se déroulera en séance plénière, et dont nous publions également le texte de cadrage.

Annonce de la table-ronde et liste des ateliers sur le site indiqué dans la fiche technique



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Annonce de la table-ronde et liste des ateliers



Table-ronde





Territoires des revues (Divina FRAU-MEIGS)




Les revues en sciences humaines et plus particulièrement en études américaines et anglaises, ne sont pas encore un vecteur prioritaire du développement de la recherche en France. Elles sont peu et mal diffusées, peu lues, peu recommandées par les enseignants aux étudiants, peu citées.

Comment modifier ce constat négatif et sensibiliser nos collègues à la nécessité d'utiliser cet outil mis à leur disposition tant pour faire connaître leurs propres recherches que pour former un corpus de références communes, sans compter la participation au débat scientifique national et international ?

Organiser une table ronde des revues à Rouen, c'est s'inscrire dans une réflexion entamée avec la première consultation européenne qui s'est organisée sous l'impulsion de la RFEA, au congrès EAAS de Bordeaux ; c'est aussi essayer de répondre aux recommandations du rapport Kempf sur l'état des lieux des études américaines en France. Débattre de questions de visibilité et de divulgation scientifique, c'est participer à la réflexion sur les territoires de la recherche qui est de notre ressort à tous et à toutes.

Les débats pourraient s'organiser autour des sous-thèmes suivants : -fonctions des revues : diffuser recherche fondamentale ou vulgariser ? rechercher un lectorat large ou pointu ? -rapports entre revues électroniques-revues papier : quels rapports ? Quelles légitimités ? -indexation et enjeux européens : faut-il entrer dans le système bibliométrique dominé par les anglo-saxons et/ou chercher à développer un système européen de catalogage ?

Cette table ronde doit être envisagée comme un espace de dialogue entre les chercheurs, les enseignants et les responsables des revues de la discipline, voire de champs disciplinaires voisins (histoire, sociologie, sciences politiques, littérature, philosophie,). Elle pourrait déboucher sur des propositions communes pour les stratégies et les moyens à mettre en uvre en vue d'un plus grand développement des revues. Les responsables de revue sont invités à présenter une contribution succincte pour engager le débat entre eux et le public. Toute personne souhaitant participer à la table-ronde est priée de contacter Divina Frau-Meigs pour de plus amples renseignements meigs@wanadoo.fr

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I. CIVILISATION






1- Territoires amérindiens (Elise MARIENSTRAS et Marie-Claude STRIGLER)


"L'Amérique des Territoires" comprend naturellement, aussi bien le point de vue des Euro- Américains qui ont colonisé à un moment ou un autre ces territoires, que celui des Premiers Américains, ou Amérindiens, chez lesquels le territoire est aussi bien socle des structures sociales et mythiques que lieu du sacré et souce de vie et de souveraineté. Quelques premières orientations sont d'ores et déjà envisageables, telles que: -la géographie, la cartographie des réseaux du sacré. -le lien entre territorialité symbolique et mobilité, qui revêt certains points du territoire (comme les Black Hills...) d'un caractère sacré, bien que récent. -la division du territoire et son regroupement dans des réserves en vue de la formation de confédérations comme dans le Nord-Ouest Pacifique. -le territoire comme cause de conflits intertribaux ou coloniaux ou comme bien d'échange entre colons et Amérindiens signataires de traités. Dans tous ces exemples apparaît clairement la polysémie du concept "territoire", notamment dans son acception de "terre-mère" chez certaines populations autochtones, en contraste avec sa fonction de légitimation de l'Etat-nation chez les populations allogènes. Toute proposition de communication allant dans l'une de ces directions présentera un intérêt. Mais ces indications ne sont pas restrictives. Nous souhaitons que les approches soient diverses, entrecroisant géographie, économie, histoire et ethnohistoire ou anthropologie. Les propositions en un résumé de 3000 mots doivent nous parvenir au plus tard en septembre 2002. Elles donneront lieu à un exposé n'excédant pas 30 minutes. Ecrire à Marie-Claude Strigler: mailto:strigler@libertysurf.fr ou à Elise Marienstras: mailto:marienst@club-internet.fr

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2- The Southernization of American Politics (Vincent MICHELOT)


Depuis la fin des années 1950 jusqu'aux élections présidentielles et législatives de 2000 qui ont montré les limites d'une coalition conservatrice républicaine toute entière appuyée sur la pierre de touche de sa domination du Sud, on constate un fort tropisme sudiste dans la vie politique américaine. Grandes évolutions thématiques, événements marquants, changements dans les doctrines et les pratiques dominantes, tout porte la marque ou l'inspiration de Dixie : lorsque le parti Républicain conquiert en 1994 pour la première fois depuis 40 ans une majorité dans les deux chambres du Congrès, c'est l'aboutissement de la Stratégie Sudiste de Richard Nixon ; lorsque le parti Démocrate recompose la coalition du New Deal, c'est à l'issue des élections de 1958 et d'un aggiornamento caractérisé par la perte de poids et d'influence du Sud dans sa représentation au Congrès, qui va lui permettre d'initier l'extraordinaire élan transformateur des années 1960. A des moments différents, chacun des deux partis meurt et renaît dans le Sud. En 2002 toujours, le fragile équilibre partisan au Congrès repose presque entièrement sur la capacité du parti Républicain à pérenniser sa domination des Etats du Sud. Est-ce un hasard encore si l'investiture des deux grands partis s'est très souvent jouée, lors des récentes primaires présidentielles, à l'occasion du Super Tuesday qui voit les Etats du Sud voter ? Si l'on parle aujourd'hui d'une résurgence des doctrines du "fédéralisme duel", notamment dans le judiciaire, c'est bien que la protestation sudiste autour de la thématique des "droits des Etats" a su se 'civiliser' et ainsi pu retrouver droit de cité politique par une active et efficace pédagogie de l'anti-fédéralisme dont les racines sont au sud de Richmond. Enfin, l'une des thématiques les plus complexes et fascinantes de la science politique aujourd'hui porte sur la mesure de l'efficacité transformative du judiciaire : si l'on remet parfois en cause aujourd'hui la validité des stratégies du "tout-judiciaire" des organisations féministes ou de défense des droits civiques, c'est que leur présupposé de départ, l'impossibilité de la construction négociée des droits par la voie législative dans les Etats du Sud, a été perdu de vue. On pourrait multiplier à l'envi les exemples. Dans l'histoire politique américaine, on a presque toujours pensé le Sud en termes de différence, d'opposition, de marginalité ou d'exclusion. Peut-être vaudrait-il mieux parler aujourd'hui de paradigme politique sudiste, d'hyper-normalité plutôt que d'exception. Cet atelier vise dans un premier temps à retracer les étapes qui jalonnent ce recentrage autour de deux questions d'apparence simple : s'agit-il d'une normalisation du Sud ou d'une sudisation/radicalisation des esprits ? Cette évolution est-elle 'naturelle' au sens où elle serait la simple conséquence de mutations démographiques et économiques ou est-elle politiquement construite ? Dans un deuxième temps, on pourra s'interroger sur l'existence d'un consensus sudiste et sur ses contours. Les Etats-Unis traversent-ils simplement ce que l'on pourrait qualifier de "moment sudiste" dans lequel le discours d'une région se trouve en phase avec celui de la nation, ou faut-il aller jusqu'à avancer que le Sud serait la dernière et la seule région à pouvoir tenir un discours spécifique de l'américanité ? Adresser vos propositions à mailto:michelot@univ-lyon2.fr

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3- Représentations de l'espace colonial (Catherine BECASSE)


Avant d'être un territoire peuplé par les Européens, l'Amérique fut d'abord imaginée, rêvée. Les Européens projetèrent sur ces terres nouvellement "découvertes" leurs espoirs, leurs attentes, leurs craintes, leurs mythes, in-formant ainsi la réalité avant même de la décrire. Un atelier pourrait alors être consacré aux représentations de l'espace, des territoires américains maritimes et terrestres, aux XVIIe et XVIIIe siècles (époque coloniale), dans une optique phénoménologique prenant en compte l'histoire des mentalités, l'histoire des idées, la cartographie et l'iconographie.

Adresser vos propositions à Catherine Becasse: catherine-rouen@wanadoo.fr

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4- Resurgences: Cycles of Destruction and Rebirth in US Social and Cultural Areas in 20th-21st Century America (John DEAN)



This workshop will study how social institutions and cultural groups have been destroyed and recreated in 20th-21st Century America. We attempt to get at what happens when social and cultural territories fade then fire back into life. In the apparently disparate there is unity. The states are united. The search here is for a principle of resurgence at work in American life -- across the board, within the fabric, essential to the exceptional DNA of the place -- a principle which can best be isolated by analyzing different examples of death and rebirth, cycles of resurgence. Our technique: to focus on key case studies of the death and rebirth of social and cultural territories in the USA. Areas of prime interest are the secular, civic spaces of 20th- 1st Century American Life -- not overt religious resurgence -- but the spaces of worldly return; resurgence not in the religious, doctrinal, or ideological sphere -- but in the secular world of the mass media & popular culture, mass communications and everyday civil events, occasionally spectacular but fundamentally worldly and mundane. This is, essentially, a civilization topic. But it has strong application to all sorts of American stories of all forms, in all media. As William Dean Howells said: "What the American public always wants is tragedy with a happy ending." For example: one case study [paper already committed] would be the evolving meaning of September 11th, 2001 in the USA -- both in American life & as interpreted by the national and local mass media. This study is by US professor of journalism & mass communications, would be rich in iconic images of resurgence, studies of the territory of the World Trade Center as sacred-secular site. Another case study [paper already committed]: the management group of the Ford Motor company at the end of Henry Ford's lifetime in the 1940s -- a time when America's premier, pioneering automobile company almost disappeared from the face of America's business and culture map, until the people within the inner-core of Ford management and ownership culture found the means to bring this concern back to life. In many ways, America is characterized by a "come-back story", by the person, people, or organization who are down ú but manage to get up and come back to life and prosperity once again. Mr. William Jefferson Clinton, "the come-back kid," was a recent, living personification of this value - as were many a president before him from Andrew Jackson through Harry Truman. It is this American cycle of loss and gain associated with key social and cultural territory -- whether it be a school or a business, a city or a neighborhood, hospital or museum, sports or artistic life, government or illicit organizations, cohort groups or ethnic bands -- which this workshop shall explore.

Adresser vos propositions à : johndean@netcourrier.com

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5- La Louisiane du XIXe siècle: un Etat, des territoires (Salwa NACOUZI)

En 2003, les Etats-Unis célèbreront le bicentenaire de l'achat de La Louisiane. D'abord, territoire immense, qui s'étend du Canada au Mexique, la Louisiane sera, à partir de 1812, réduite à un espace bien plus modeste. L'histoire de cet Etat peut constituer une illustration exemplaire de la polysémie du concept "territoire". On se posera ainsi la question du " territoire" dans sa dimension administrative, mais aussi comme espace du collectif et comme lieu de résidence et de propriété individuelle. On s'interrogera sur le transfert rapide du statut géographico-politique du territoire vers une acception symbolique et mythique de cet espace tel que s'y mêlent et s'y confrontent "races", ethnies, nations diverses. Dans une approche synchronique, on comparera l'espace/territoire de la ville -La Nouvelle Orléans- et celui des paroisses; l'espace des plantations créoles et celui des plantations anglo-américaines dans la diversité des structures de l'architecture, de l'urbanisme, de la société. Dans une approche diachronique, on examinera la transformation que le conflit Nord-Sud et la Guerre civile provoquent dans cet Etat sudiste.

Toute proposition pouvant s'inscrire dans l'une des approches sera la bienvenue. Les propositions sous la forme d'un résumé de deux à trois paragraphes sont à envoyer à : Salwa Nacouzi Nacouzi63@hotmail.com Adresse: 2, rue Sainte Catherine, 86000 Poitiers 0549418279 / 0549454591 / 0549453214

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6- Arts contemporains et territoires identitaires des minorités (Gérard SELBACH)


Je souhaite que les collègues réfléchissent, d'une part, au temps présent pour éviter qu'ils ne parlent d'artistes et de créateurs du passé, tant de fois traités, et d'autre part, des minorités (hispanique, noire, amérindienne, asiatique, et autres) qui sont si souvent omises et qui pourtant seront la majorité d'ici quinze ans dans certains Etats. Il s'agit de faire le point sur la scène artistique actuelle quel que soit le médium - d'où le pluriel "arts". Il s'agit donc de parler des artistes issus des minorités. Deux pistes de réflexions : 1-Y a-t-il une vision ou une représentation du territoire (au sens géographique : grands espaces, nature vierge ou territoires urbains comme sujets ou thèmes artistiques) propre à chaque minorité ethnique, qui soit révélation et témoignage de leur identité culturelle spécifique, de leurs référents et différences, des liens qui les attachent à leur passé, etc.? La représentation géographique dans les arts est-elle culturelle ? Quel est le degré de métissage, d'hybridation et d'échanges avec la culture dominante ? Y a-t-il pour certains un retour régénérateur vers les terres ancestrales pour mieux s'approprier le Nouveau Monde ou est-ce pour d'autres un "labyrinthe des cultures" dans l'utilisation des symboles ou mythes des espaces naturels ou urbains américains? 2- Les arts contemporains comme territoires imaginaires, terrains de prédilection de l'identité culturelle des minorités: une zone où l'imaginaire transplanté se donne libre cours, une surface où l'expression duale n'est point bornée. Les arts sont des jeux de pistes des préoccupations, des thématiques propres à chaque communauté. Quelle image les arts projettent-ils de communautés imaginées ? Comment peuvent s'exprimer la double appartenance culturelle et la migration de communautés en transition ? Y a-t-il mélange des genres ?

Adresser vos propositions à: Gérard Selbach , 5 avenue de Sceaux, 92160 Antony, Tél: 01 46 66 59 26 selbach@club-internet.fr ou Université de Paris 5, Tél: 01 44 14 44 06 selbach@iut.univ-paris5.fr

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7- Territoires et pouvoir(s) (Elisabeth BOULOT)



Je souhaiterais que les communications de cet atelier que j'ai intitulé territoire et pouvoir(s) explore les rapports entre ces termes plus particulièrement sous leurs aspects politiques, juridiques et constitutionnels. Par exemple, l'importance et les limites du "nouveau fédéralisme" dans la vie politique américaine; les arrêts de la Cour suprême qui confortent cette politique mais aussi la façon dont, à la suite de la dernière élection présidentielle comme les événements du 11 Septembre, les rapports entre le pouvoir fédéral et celui des Etats ont été modifiés. Tout communication relative au statut des territoires sous mandat ou tutelle pourrait aussi y trouve sa place ainsi que celles portant sur les les rapports entre les réserves indiennes avec le pouvoir fédéral aujourd'hui comme par le passé. En ce qui concerne la question : espace public / espace privé. Je pense à des communications sur les rapports famille / Etat(s), école / Etat(s), citoyen / Etat(s). Les atteintes à la vie privée justifiées pour des raisons sécuritaires ou encore le débat actuel relatif à la protection de la vie privé face à l'intrusion de l'informatique. Voici quelques pistes de réflexion qui ne sont pas exhaustives

Merci d'adresser vos propositions à Elisabeth Boulot: mailto:Elisabeth.Boulot@univ-mlv.fr ou mailto:Elisabeth.BOULOT@wanadoo.fr

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8- Religion et territoire (Mokhtar BEN BARKA)


Le rôle de la religion dans la colonisation de l'Amérique du Nord est essentiel. En effet, les États-Unis sont le premier pays de l'époque moderne dont la fondation repose sur un idéal religieux, inspiré du protestantisme. Les premiers pèlerins ouvrent la voie aux vagues de migrations religieuses qui vont profondément influencer l'Amérique. Plusieurs États se formeront au rythme de rassemblements religieux, avec une forme de gouvernement et une tolérance plus ou moins grande. Parallèlement, le territoire, qui est à la fois "temps consolidé" et une construction mouvante, marque la religion de son empreinte. Deux exemples, parmi tant d'autres, viennent à l'esprit : l'adaptation au XIXe siècle des baptistes et des méthodistes aux conditions de la Frontière et la plus récente "protestantisation" du catholicisme américain. Dans le cadre de cet atelier, on pourrait s'interroger sur la nature et l'évolution des relations religion/territoire à travers l'histoire américaine. Il serait également intéressant de se demander si les nouvelles technologies ne provoquent pas au bout du compte la "déterritorialisation" de la religion. D'autres pistes de réflexion sont possibles, telles que : -la place de la religion dans la culture sudiste -le rôle des missionnaires dans l'expansion territoriale -la religion en tant que terrain de rencontre -la mobilité du religieux américain -les religiosités "sans frontières" : télévangélisme, sectes ....

Pour toute proposition contactez : Mokhtar Ben Barka , 78, rue Henri Durre,59590 RAISMES

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9- Les projections extra-territoriales des Etats-Unis (Pierre GUERLAIN)



La "gestion du territoire américain", plus encore que celle d'autres pays, passe par la gestion du contact avec l'autre. Cet atelier propose une approche du phénomène de la projection extra-territoriale pratiquée par les Etats-Unis sur plusieurs plans et de diverses façons, le "territoire américain" devenant alors la référence ou le pivot d'un système planétaire. Cette problématique recoupe celle dite de l'américanisation du monde, terme souvent impropre, mais elle met l'accent sur la volonté de projection des Etats-Unis et l'extension des normes qui régissent le territoire américain au monde entier. Cette volonté de projection extra-territoriale rencontre parfois la demande des pays cibles ou leur résistance, elle est aussi souvent contredite, sur le plan rhétorique, par des formes de protectionnisme économique, juridique ou culturel qui sont justifiées au nom de la souveraineté américaine, voire de la supériorité des institutions américaines. Les Etats-Unis, seule hyperpuissance planétaire, influencent le monde entier et refusent le plus souvent de se soumettre aux jugements des organismes internationaux ou de signer des traités de portée planétaire. Leur territoire sert de référence à un monde avec lequel ils établissent un échange inégal, ce qui est le propre des puissances dominantes. Cet atelier s'adresse aux historiens, politologues, spécialistes des cultural studies ou American studies, anthropologues et sociologues qui s'intéressent aux phénomènes transculturels et internationaux. Les Etats-Unis, unité géopolitique clairement définie et territoire aux frontières connues, sont les inventeurs de nouvelles formes d'extra-territorialité et ont aussi recours à d'anciennes formes de projection hors de leur territoire ou de redéfinition des frontières.En effet, le territoire américain est en perpétuelle évolution : les conquêtes, annexions ou vassalisations d'autres territoires sont une part importante de l'histoire américaine. De l'expansion territoriale du XIXe siècle au protectorat de Cuba ou des Philippines voire du Salvador plus récemment, les phénomènes de projection extra-territoriale militaire et politique des Etats-Unis font l'ordinaire des historiens de la politique étrangère ou des politologues, spécialistes de cette politique dans la période d'après la seconde guerre mondiale. Ces formes de projection ne recoupent pas nécessairement ce que l'on entend par impérialisme, elles peuvent inclure l'occupation d'un pays étranger (ou non), le contrôle de ses institutions politiques ou économiques ou ne renvoyer qu'à une forte influence. Dans cet atelier on pourra s'intéresser aux relations entre les Etats-Unis et un autre pays ou une région du monde sous l'angle d'extra-territorialisation américanisante. Ainsi l'étude des relations nippo-américaines est riche en exemples de négociations entre impositions américanisantes et défenses territoriales ou protectionnistes japonaises. Les relations actuelles entre les Etats-Unis et l'ex-bloc soviétique peuvent également s'appréhender sous l'angle d'une exportation extra-territorialisante d'un modèle d'organisation politico-économique. Une approche économique et juridique pourra étudier la projection américaine en matière de droit. Par exemple, les Etats-Unis votent des lois qu'ils cherchent ensuite à imposer au reste du monde (en ce qui concerne les embargos commerciaux) et donc étendent symboliquement leur territoire à la planète entière ou à ce qui reste leur pré carré en Amérique latine (dans ce que l'anglais américain appelle la "Western hemisphere"). Cette projection extra-territoriale coexiste avec un refus de pénétration juridique de leur territoire [refus des institutions internationales qui pourraient juger des Américains (Cour pénale internationale de La Haye), refus des traités de protection de l'environnement, rejet des jugements défavorables dans certaines institutions internationales]. Les relations entre l'ONU et les Etats-Unis illustrent l'unidirectionnalité de l'extraterritorialité. Dans le domaine culturel, les Etats-Unis, qui sont le producteur le plus actif et le premier exportateur, se projettent hors de leur territoire et sont présents partout dans le monde dans les autres unités géopolitiques. L'exportation culturelle accompagne à la fois l'exportation de valeurs et de pratiques mais aussi l'exportation indirecte d'une critique de ces valeurs. Hollywood exporte des approches culturelles mais aussi alimente la méfiance vis à vis des Etats-Unis. Cette projection extra-territoriale est d'ailleurs hybride puisque les produits exportés ont incorporé certaines idées, pratiques ou représentations nées en dehors des Etats-Unis mais territorialisées, c'est à dire américanisées aux Etats-Unis avant d'être réexpédiées à l'extérieur. On pourra s'intéresser aux enjeux et ambiguïtés de l'exportation culturelle américaine et aux processus de territorialisation mis en uvre dans les pays récepteurs. (Exemples : Hollywood en Inde ou Malibu dans le monde arabe). On pourra également s'intéresser aux flux d'échanges des idées ou théories entre les Etats-Unis et le reste du monde. Ainsi le succès des théories dites de "tolérance zéro" ou des approches américaines en science politique, droit et économie dans les autres pays occidentaux peut s'analyser sous l'angle de l'extra-territorialité normalisante. Internet est à la croisée de ces problématiques : invention d'abord américaine puis européenne, Internet est un réseau dit "dé-territorialisé" qui relie le monde entier sans centre apparent, mais il est néanmoins américano-centré puisque les bases de données et le plus grand groupe d'utilisateurs sont aux Etats-Unis ainsi que les instances de régulation (noms de domaine, par exemple). Internet diffuse à la fois des valeurs américaines en dehors des Etats-Unis et permet des connections qui évitent le territoire américain. Le postmodernisme a aboli la distinction entre dehors et dedans et, dans le cas de l'Internet, il peut être intéressant d'appréhender ce jeu subtil entre extra-territorialisation, américanisation et leurs chocs en retour ou rétroactions. On pourra s'interroger sur le paradoxe d'un outil de dé-territorialisation qui sert la projection extra-territoriale des Etats-Unis. On pourra également s'intéresser aux discours américains mis en uvre pour faire prévaloir l'extra-territorialité et aux contre discours vantant la souveraineté ou le protectionnisme dans une optique de défense du territoire américain. Ces jeux rhétoriques recoupent d'ailleurs les enjeux de la stratégie militaire : bouclier anti-missiles et projection militaire dans toutes les régions du monde ne sont pas en véritable opposition mais en complémentarité critique. Dans de nombreux domaines en effet, l'extra-territorialité américaine n'est pas un échange entre pairs avec le monde mais une circulation à sens unique ou bien un échange très inégal.



Adressez vos propositions à Pierre Guerlain: pierre.guerlain@univ-lemans.fr

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10- Les communautés entre lieux et mobilités: écritures et analyses (Cynthia GHORRA-GOBIN et Alain SUBERCHICOT)


La réflexion s'inscrit dans la relecture de William Leach: "From the 1790s on, indifference to place has been a hallmark of American life. In the 1840s and fifties these goads and pressures caused the biggest internal migration of people up to that time in American history. ...But it was not immigration that decentered America so much as American industrial and financial capitalism, which formed the critical impetus behind this migratory flow. ...Industrial capitalism at the time of the century yielded one more centrifugal outcome; it laid the formations for what Americans would come to know as "mass consumer society". This society gave birth, after 1880, to all those institutions we have come to associate with mass consumption -department stores, chain stores, mail order houses, and a flood of available credit. ...A cardinal feature was the desire to improve and simulate place, to make up or invent places that people had only dreamed of but never thought possible to inhabit. Only America displayed such a high degree of passion for themed theatrical environments- in amusement parks, on the theatrical stage, in movie palaces and on the screen, and even in department stores around the country after 1895- that invoked anywhere while at the same time being unimpressed by real places.

William Leach, Country of Exiles: Destruction of Place in American Life, Vintage Books, 1999, p.12-14. L'auteur associe l'"americanness" à la mobilité. Il va même jusqu'à dire que les Américains sous l'impulsion de la dynamique capitaliste ont négligé toute idée d'attachement au territoire pour ne plus privilégier que les lieux de la consommation. Ces "nouveaux" lieux également qualifiés de "themed theatrical environments" (environnements à thèmes dotés d'un aspect théâtral) présentent la caractéristique de n'insuffler aucun sens des lieux et du territoire. Tout en partageant le point de vue de William Leach et en l'illustrant à partir d'exemples précis (gated communities, theme parks), l'atelier se propose de le nuancer et de l'enrichir. Ces "pseudo-lieux" sont en effet en mesure de susciter un sens de la communauté, un concept que l'historien Thomas Bender associe volontiers à l'"americanness". Aussi les présentations prennent le parti de mettre en perspective les deux thèmes que sont la mobilité et la construction de lieux en évitant de les mettre dans une position antagoniste pour les associer tous les deux à l'identité américaine. L'idée d'une possible convergence entre les deux notions se situe autour de leur capacité à susciter un sens de la communauté. L'historiographie récente a bien démontré combien tout au long du XIXème siècle, la conquête de l'ouest s'est effectuée sur la base de réseaux de familles et d'individus insérés dans des communautés. Cet idéal de la communauté ne se conçoit pas comme un ensemble d'individus liés par la tradition et l'histoire mais comme un groupe d'individus qui choisissent de se donner des objectifs communs à un moment donné de leur trajectoire. Contrairement à l'Ancien Monde, la communauté relèverait plus de l'invention que de la tradition. Les thématiques de lieux et de mobilités peuvent ici être abordées aussi bien à partir d'une approche littéraire que d'une approche civilisationnelle (sciences sociales), comme l'indique le sous-titre avec l'usage des mots écriture et analyse. Ces deux perspectives qui mobilisent des corpus de connaissances différentes et des sources variées ont pour objectif de mettre en scène le lieu et la mobilité tout en soulignant leur capacité à générer et à véhiculer un sens nouveau de la communauté, un principe fondateur de l'identité américaine.

Envoyez vos propositions à Cynthia Ghorra-Gobin implementation@compuserve.com

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II. LITTERATURE





1. Littérature et Philosophie (Noëlle BATT et Mathieu DUPLAY)


La philosophie américaine débute par la mise en cause du territoire et de la territorialité, entendus comme produits de délimitations restrictives et objets d'appropriation. « The charming landscape which I saw this morning, is indubitably made up of some twenty or thirty farms. Miller owns this field, Locke that, and Manning the woodland beyond. But none of them owns the landscape, » lance ainsi Emerson dans le premier chapitre de Nature, avant d'ajouter dans « Self-Reliance » : « Travelling is a fool's paradise. Our first journeys discover to us the indifference of places. » Mais l'indifférence des lieux n'est pas indifférence au lieu, et c'est justement l'uvre d'Emerson qui, selon Stanley Cavell, incite à formuler une interrogation essentielle : à quelles exigences propres au Nouveau Monde répond le projet d'une américanité philosophique ? Même jalouse de son universalité, la philosophie américaine reste confrontée à la question du « titre » et du territoire : « There is a property in the horizon, which no man has but he whose eye can integrate all the parts []. This is the best part of these men's farms, yet to this their warranty-deeds give no title, » poursuit le texte de Nature. A quel titre la philosophie se fait-elle américaine, et de quel titre le philosophe peut-il se prévaloir pour parler au nom d'un continent qu'il revendique comme sien ? Un questionnement parallèle parcourt la littérature américaine - à supposer bien sûr que littérature et philosophie, en Amérique, occupent elles-mêmes des territoires distincts et rigoureusement délimités. Si l'on en croit Deleuze, ce serait une littérature de la fuite, du glissement, de la dérive, rétive à tout enfermement territorial. Mais c'est justement cette particularité qui, pour Deleuze, permet de la dire « américaine », voire « anglaise-américaine », en référence à un espace géographique qu'on peut délimiter et nommer, fût-ce de manière délibérément imprécise et en prenant bien soin à ne pas l'emprisonner dans les étroites limites d'un cadastre. L'objet du présent atelier sera d'examiner cette problématique commune, c'est-à-dire d'étudier les échanges complexes entre littérature et philosophie à propos des enjeux de la territorialité ; il s'agira donc aussi de s'interroger sur la zone d'indistinction où l'une et l'autre se rejoignent et se confondent, quitte à se demander s'il n'y aurait pas là un moyen par lequel est résolue, sur un mode non dialectique, l'antinomie entre la mise en question du territoire et la recherche d'un lieu spécifique, défini par sa résistance aux délimitations autoritaires. Ainsi posée, la question ne concerne pas uniquement l'esthétique ou la poétique, mais aussi la philosophie politique, puisqu'elle rejoint par exemple la problématique de l'utopie, concept et mode littéraire dont la désignation ambiguë signifie aussi bien « good place » (eu-topia) que « no place » (ou-topia), à moins qu'on ne choisisse d'y voir l'envers indéfini de toute délimitation, « this place transfigured » (Cavell), ferment d'un dépassement perpétuel - autant de visages de l'Amérique.

Adressez vos propositions à mailto:mduplay@club-internet.fr

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2. Territoires de la Poésie (Geneviève COHEN-CHEMINET)


À partir de la métaphore du champ esthétique, nous proposons d'examiner les lieux où le geste artistique se met en uvre. Il semble admis que la modernité s'est constituée dans un refus de réduire l'art à une représentation de la réalité ou à la reproduction de contraintes génériques. Cette modernité perdure dans la diversité des créations artistiques qui, selon des voies qui leur sont propres, interrogent un héritage de la négation des frontières entre les arts ou entre les modes de représentation. L'art a aujourd'hui conscience qu'il n'a plus de lieu propre ou unique. En ce sens, la poésie américaine est programmatique dans l'objection qu'elle soulève contre son propre pouvoir, son propre territoire, son propre cadre. La notion de territoire se pose donc à nous de manière paradoxale dès que les pratiques artistiques modernes et contemporaines sont convoquées. On peut aborder ces enjeux sous l'angle du deuil, de la disparition ou de la restriction du champ littéraire. Ou à l'inverse dans une extension potentiellement infinie du littéraire à tous les arts. Ces deux approches peuvent être problématisées dans les termes d'une recherche de la « singularité quelconque » selon l'analyse de Giorgio Agamben dans La communauté qui vient (Paris: Seuil, 1990). Le Quelconque dont il est ici question ne prend pas la singularité artistique dans son indifférence par rapport à une propriété commune qui resterait comme cadre sous-jacent. Quelconque signifie la recherche de singularités parfaitement déterminées, mais sans qu'un concept ou une propriété puisse leur servir de lieu. L'art irait vers « son propre avoir-lieu » (11), « c'est-à-dire vers la totalité de ses possibilités » (68). C'est donc moins le lieu que « l'événement d'un dehors » (69) qui importerait ; moins le lieu que l'expérience d'un passage, moins la dialectique du donné et du construit que le trajet d'un processus, d'un déplacement. Territoire appellerait ainsi autant la constellation des catégories esthétiques connexes de frontière, de limite, de bornage, de clôture, que celles de décadrage-recadrage-absence de cadre, de seuil, de passage, de hors. Nous serions alors au plus près de l'articulation entre l'espace de l'uvre et l'espace du lecteur/spectateur. Un certain nombre de pistes sont suggérées, sans qu'elles ne soient limitatives. Toutes ont en commun les lieux du geste poétique, qu'ils soient pré attribués ou non :
-le livre : la page, « Poetry On and Off the Page », poésie concrète, visuelle, sonore, de signes, poésie procédurale, poésie dans l'espace cybertextuel poésie dans les espaces publics, l'affiche, poésie dans les lieux naturels, poésie des lieux naturels
-la salle : performance poetry, le théâtre (théâtre poétique, poésie adaptée au théâtre, musique et poésie) le musée, poésie et arts (peinture, installations: le site/non site muséal)

Adressez vos propositions à mailto:Genevieve.Cohen-Cheminet@paris4.Sorbonne.fr

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3. Boston dans la littérature américaine (Annick DUPERRAY)


Dans son essai sur Hawthorne, Henry James écrit :" The moral is that the flower of art blooms only where the soil is deep, that it takes a great deal of history to produce a little literature, that it needs a complex machinery to set a writer in motion". Il semblerait que Boston ait été suffisamment chargée d'Histoire, d'impact culturel et imaginaire, pour susciter une communauté littéraire dont on peut considérer qu'elle s'affirme pendant l'American Renaissance puis évolue, se renouvelle et persiste jusqu'à l'époque contemporaine avec des écrivains comme John Cheever ou encore John Updike, bostonien d'adoption, qui cite Emerson dans ses essais autobiographiques - "We are natural believers" (Self-Consciousness, 1989) - et détecte chez Cheever l'esprit des lieux: "Were Cheever less a New Englander than he is, with the breath of Thoreau and Emily Dickinson in his own quick light phrasing, he might fail to convince us that a real glory shines through his transparent inventions"(Hugging the Shore, 295)... "The New England genius", c'est aussi l'expression que TS Eliot emploie dans son essai consacré à Henry James: ..."whatever we associate with certain purlieus of Boston, with Concord, with Salem and Cambridge, Mass.: notably Emerson, Thoreau, Hawthorne and Lowell". Quant à James lui-même, il fait de la "scène " bostonienne" la scène américaine par excellence avec The Bostonians et précise dans ses Carnets son intention d'écrire un roman qui serait "as local, as American as possible, and as full of Boston : an attempt to show that I can write an American story". Jusqu'à quel point peut-on accepter la conception d'une communauté littéraire qui s'identifierait à un territoire tout aussi géographiquement que symboliquement circonscrit? Boston - the City upon a Hill - est-elle une "idée" plus encore qu'une cité? Après la première moitié du 19e siècle la ville a graduellement perdu la valeur emblématique, quasi allégorique, d'une cartographie dominée par certains hauts lieux - the Garden , the Common and the Hill. On a coutume d'insister sur la dégradation des idéaux qui se manifeste concrètement par l'extension de ville au-delà de son périmètre symbolique originel, à mesure qu'elle absorbe de nouvelles couches sociales et de nouvelles générations d'immigrants: Back Bay, Roxbury etc; Dans le domaine de la fiction, cette dégradation se signifie dans l'évolution du romance vers le roman réaliste; W.D Howells, Henry James s'accommodent de l'univers de Greater Boston. Mais on devine encore derrière la comédie de murs une dimension idéelle, une exigence éthique, une aspiration verticale; le thème de la quête, du voyage allégorique de l'âme persistent sous couvert de la comédie de murs, aussi désabusée soit-elle - voir entre autres le vingtième siècle avec Santyana (The Last Puritan: A Memoir in the Form of a Novel), Marquand, Mark De Wolfe Howe, puis ultérieurement Cheever et Updike. On se propose d'examiner l'évolution du paysage littéraire bostonien, (Boston et région) à travers les divers genres (essai philosophique, autobiographie, poésie et fiction) qui ont trouvé là un terreau propice à leur épanouissement. On pourra adopter un point de vue diachronique ou se concentrer sur une période ou un auteur particulier. On pourra également envisager les versions filmiques d'uvres romanesques (The Europeans, The Bostonians etc..) Il s'agira moins d'insister sur la dégradation de la valeur symbolique du lieu que de mettre en relief la manière dont cet héritage culturel a pu se préserver jusqu'à l'époque contemporaine. Territoire bi-polaire, placé dès son origine sous le double sceau de l'esprit de religion et de l'esprit de liberté (voir de Tocqueville), du sectarisme et de l'innovation, Boston tire son impact et sa dynamique de ses contradictions, de son mélange particulier de ferveur et de scepticisme.

Adressez vos propositions à duperray@newsup.univ-mrs.fr

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4. On and off the Road : Les littératures américaines de la bifurcation de la fin des années 50 aux années 70 (Didier GIRARD)


Jusqu'à la fin des années cinquante, les écrivains américains s'attachent encore aux particularismes des territoires - réels, mythiques ou imaginaires - dans lesquels ils s'inscrivent même lorsqu'ils visent principalement à montrer l'aliénation et l'inadaptabilité des individus face à des schémas statiques et cartographiés avec force détails. C'est le cas de best-sellers relativement oubliés, par exemple J D Salinger The Catcher in the Rye ou Sloan Wilson The Man in the Grey Flannel Suit (1955) qui pourraient d'ailleurs faire l'objet d'une réévaluation. Mais à partir de la fin des annes 50, malgré ou parallèlement à la violence et à l'obscénité des réalités sociales, les identités régionales et ethniques des écrivains tendent à se dissoudre devant un processus d'homogénéisation de certaines des différentes parties de l'Amérique. Il ne s'agit plus seulement de se libérer d'un enracinement dans une réalité sociale mais d'aller jusqu'à un déracinement ultime (back to the roots vs. uprooting) afin de vérifier jusqu'où mènent les racines, qu'elles soient ethniques, sociales ou existentielles, bien loin souvent des territoires américains répertoriés et de transgresser les stéréotypes de la frontière et autres mythes « fondateurs ». D'où une certaine forme de radicalisme artistique, esthétique et politique qui prendra de nombreuses formes d'errance et d'expérimentation encourageant l'éclosion de nouveaux territoires et de multiples lignes de fuite : espaces mouvants, nomades, instables, mondes parallèles voire hallucinogènes, perspectives extrêmes et orientales, ultra-localisme touchant à l'universalité, frontières poreuses sur le territoire des diverses régions de l'art etc. En fait bon nombre d'artistes des années 60 et 70 vont s'attacher à traduire des versions extrêmes de l'expérience et c'est précisément ce que cet atelier, impur et hétérogène par sa nature trans-générique, a pour intention de repenser ou d'explorer. A titre d'exemples : L'école de San Francisco (sans doute, l'espace géographique et culturel américain le plus anti-américain qui ait existé) ; le traitement de l'espace chez les écrivains Beat (qu'il s'agisse du nouveau type de travelogues qu'ils ont créés ou des interzones et autres territoires psychiques qu'ils ont parcourus comme dans le cas de William Burroughs en particulier mais aussi Grégory Corso, Kerouac, Ginsberg ou Farlinghetti) ; l'expérience de la route 66 et l'uvre de Ken Kesey (mort récemment et dont l'expérience collective à bord du bus Further en 1964 nécessiterait analyse) ; le nomadisme des « beatniks » et des « pranksters » ; le refus de tout attachement topo-graphique chez ceux que l'on pourrait donner comme représentants du camp (Gore Vidal, Truman Capote, etc.) la littérature ou la poésie hippie (si elles existent) ; des approches thématiques d'auteurs plus commentés par la critique universitaire tels que Robert Lowell, Thomas Pynchon, Joseph Heller, Norman Mailer, Henry Miller ou William Styron mais aussi des artistes qui restent à découvrir (les premiers romans de Paula Fox par exemple) ou l'école des poètes de New York entre la fin des années 50 et le début des années 60 en particulier les poétesses Bunny (Violet) Lang ou Jane Freilicher ; l'abolition ( ?) des frontières entre divers territoires artistiques : de l'action painting à l'action poetry - l'émergence du new journalism, (la dimension littéraire conférée à des articles rebaptisés « pieces » chez des essayistes comme Tom Wolfe, Susan Sontag, Benjamin DeMott ou Richard Poirier) - la tradition orale portée au rang poétique dans des discours ou déclarations politiques ou encore dans les textes de chansons de musique populaire ; enfin, il ne pourrait ne pas être question des récupérations topographiques ou iconographiques par les artistes et diaristes pop. des lieux communs américains. La liste n'est évidemment pas exhaustive.

Adressez vos propositions à drgeere@club-internet.fr

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5. HOMELAND / NO MAN'S LAND DE L'ECRITURE (Jean-Yves PELLEGRIN)


S'il est vrai, comme le soutient brillamment Jean-Pierre Martin (dans La bande sonore, José Corti, 1998), qu'"il n'y a de langue littéraire qu'étrangère, de littérature que comme décollement du terroir et dispositif de déracinement", il faut peut-être envisager la notion de territoire ú avec tout ce que ce terme pourra d'abord connoter en fait d'espace clos, cadastré, soumis à l'autorité d'une juridiction dont le rôle premier est d'assurer la pérennité du même (ne doit-on pas toujours défendre son territoire contre l'invasion de l'autre ?) ú comme une limite que l'écriture littéraire se doit de dépasser. Pour mettre en lumière ce dépassement, on pourra s'interroger dans un premier temps sur le rapport problématique de l'écriture (c'est-à-dire la littérature mais aussi l'écrit) à "son" territoire : existe-t-il un espace ú fût-il théorique ou virtuel ú, espace linguistique (langue écrite contre langue orale), stylistique (académisme, lois du genre), thématique (topoï, "grands sujets" de la littérature) où l'écriture serait dans ses terres ? Inversement, ou dans un deuxième temps, il pourra être utile d'étudier les stratégies de dépassement mises en oeuvre par l'écriture ; entreprises diverses qui visent à "décoller" celle-ci de son territoire présupposé pour lui en assigner un autre, apatride celui-là, inexploré, profondément métissé, sans possession et ouvert à tous les vents. Ce sont les nomadismes de l'écriture au nombre desquels on pourra compter les transformations de l'écrit lorsqu'il cherche à investir ou mimer des formes d'expression réputées constituer son envers ou son autre (l'image, la voix, la musique...) ; la lutte contre le cloisonnement des langues ; le mélange des genres ; en bref, tous les dispositifs de l'entre-deux... chemins d'ex-territorialisation qui sont peut-être justement ceux par lesquels la littérature revient au bercail. Adressez vos propositions à mailto:jypellegrin@wanadoo.fr

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6. 'Design and Intention' : Les femmes-écrivains et la littérature régionale (Marie-Claude PERRIN-CHENOUR)


Avant d'être une nation unifiée, l'Amérique s'est d'abord pensée comme une collection de territoires avec leurs caractéristiques géographiques propres, leur histoire et leurs populations regroupées en communautés ethniques qui, dès la fin du 18ème siècle, ont commencé à produire une littérature spécifique aujourd'hui qualifiée de "regionalist> literature". Cette litérature a souvent été à tort assimilée à un autre courant littéraire, celui de la "couleur locale". Il s'en distingue cependant par la position du narrateur (extra-diégétique et volontiers ironique dans le cas de la "couleur locale"; intra-diégétique et en symbiose avec l'environnement dans le cas du "régionalisme"). Mary Austin, romancière de l'Ouest américain au tournant du 20e siècle, définit ainsi les conditions indispensables à l'écriture régionaliste : "the region must enter constructively into the story, as another character, as the instigator of the plot". C'est cette dernière proposition ("the region as instigator of the plot") que l'on examinera> plus particulièrement dans cet atelier. On s'attachera à identifier les stratégies narratives qui permettent aux auteurs régionalistes, après avoir dégagé du paysage une série de schémas récurrents, de les reproduire dans leur ouvre sous la forme d'un "design" affectant non seulement la thématique et la construction de l'intrigue, mais aussi, dans une certaine mesure, l'élaboration du récit sur l'espace figural de la page. On se concentrera sur les femmes-écrivains, car elles sont nombreuses à avoir introduit dans leurs romans ou nouvelles une réflexion théorique sur ce processus, par le biais d'un personnage engagé dans une activité créatrice mettant en jeu, lors de la production d'artefacts (poteries, quilts etc..) les mêmes "patterns" que l'on retrouve dans l'espace géographique environnant. Ces motifs, à leur tour, par un effet de miroir de type métafictionnel, renvoient à ceux qui président à la construction du texte qui les contient (voir, par exemple, "The Basket Maker" de Mary Austin). Outre Mary Austin, on pensera bien sûr à Sarah Orne Jewett, à Mary Wilkins Freeman, à Willa Cather, à Kate Chopin pour le 19e siècle et le début du 20e siècle. Mais l'on ne s'interdira pas d'examiner l'oeuvre de romancières contemporaines, en se demandant si le rapport de l'écriture à l'espace régional est toujours de même nature ou s'il emprunte aujourd'hui des voies nouvelles.

Adressez vos propositions à mchenour@noos.fr

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7. In the Southern Grain: How Southern is it? (Jacques POTHIER)


Il y a un demi-siècle, Flannery O'Connor proclamait que le Sud était devenu, au cours d'une translatio imperii culturelle nationale, le lieu de la meilleure littérature américaine, qui ne saurait être que régionale : "The best American fiction has always been regional. The ascendancy passed roughly from New England to the Midwest to the South; it has passed to and stayed longest wherever there has been a shared past, a sense of alikeness, and the possibility of reading a small history in a universal light. In these things the South still has a degree of advantage." ("The Regional Writer") Dans le même souffle, elle mettait en cause les stéréotypes de l'identité sudiste: "Southern identity is not really connected with mocking-birds and beaten biscuits and white columns any more than it is with hookworm and bvare feet and mudddy clay roads." En somme, pas plus Gone With the Wind que O Brother Where Art Thou, qui témoignent à soixante ans d'intervalle de la permancence d'une exception sudiste dans l'imaginaire national. Pourtant rien n'est plus difficile que de délimiter clairement ce territoire à l'identité si marquée. A moins que les frontières culinaires de la consommation de la bouillie de maïs, dressées par le géographe Richard Pillsbury et qui se rient des limites d'Etats comme des définitions classiques de la culture, ne suggèrent que le Sud relève d'une territorialité spécifique(voir ). Enracinés comme Flanney O'Connor ou Eudorea Welty, éloignés du Sud, ses écrivains (de Richard Wright à Richard Ford, Richard Gaines ou Elizabeth Spencer) continuent de s'affirmer "Southern": ne serait-ce pas que l'on trouve dans cet ancrage contradictoire un exemple paradigmatique de cette "dé-territiorialisation" à laquelle la thématique de notre Congrès nous invite? Comment au juste la littérature peut-elle aujourd'hui être du Sud ?

Adressez vos propositions à Jacques.Pothier@sudam.uvsq.fr

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8. Littérature et nature: Territoires représentés, territoires imaginés (Thomas PUGHE)


Cet atelier propose de travailler, à partir de la notion de territoire, sur la relation entre littérature et nature ou littérature et environnement. Il s'agit donc de (re-)visiter les territoires représentés ou imaginés de la tradition pastorale et " verte " dans la littérature américaine. Autrement dit, quels sont les liens entre l'écriture (ou la rhétorique) de la nature et la notion de territoire? Quels sont les enjeux esthétiques, philosophiques ou idéologiques d'une littérature qui tourne le dos aux villes et rêve des territoires (OED : "Territory : The land round a town "). Les communications pourraient porter aussi bien sur les auteurs canoniques du 19e siècle que sur les écrivains du 20e et notamment ceux et celles de l'époque contemporaine. Le genre hybride de " nature writing ", entre fiction et diction ("literary non-fiction "), semble dans ce contexte présenter un intérêt particulier. Plusieurs des " classiques " du genre ainsi que des textes contemporains portent d'ailleurs dans leur titre des références ou des allusions à un territoire, comme A Sand County Almanac d'Aldo Leopold, Desert Solitaire d'Edward Abbey ou The Solace of Lonely Places de Gretel Ehrlich. Les genres littéraires étudiés dans cet atelier ne devront cependant pas se limiter à la prose, mais pourraient également inclure la poésie (cf. " The Prairies "). Certains écrivains amérindiens (Leslie Silko ou Terry Tempest Williams ou, dans un autre genre, William Least Heat Moon, par exemple) mériteront dans le cadre proposé une attention particulière. La problématique générale pourrait être abordée selon les axes suivants : paysages représentés entre terre sauvage et " middle landscape " ; la pastorale et le pastoralisme/anti-pastoralisme ; fonctions du descriptif ú métaphore et métonymie, " nature writers /nature fakers " ; la nature d'un territoire entre anthropocentrisme et éco-centrisme ; la nature comme territoire du mythe (celui de l'ouest, par exemple, ou celui de l'état sauvage : " wilderness/ wildness ") ; les relations entre ville et campagne. Enfin, sur un plan plus théorique, on pourrait s'intéresser à certains des problèmes soulevés par la critique consacrée aux relations entre littérature et environnement (" ecocriticism ", par exemple Lawrence Buell ou Leo Marx)) : la persistance du pastoralisme comme cadre de réflexion sur les problèmes de l'environnement ; la tradition de l'imagination environnementale (" environmental imagination ", L. Buell) ; les enjeux d'un discours non-anthropocentrique de la nature ; la valeur de l'enracinement dans un lieu (une " terre ") ou un territoire. Dans la mesure où la problématique générale de l'atelier met l'accent sur ce que N. Evernden appelle la " création sociale de la nature ", les communications proposées devraient privilégier les analyses textuelles et discursives.

Adressez vos propositions à pughe-perrot@club-internet.fr

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III CINEMA





Territoires du cinéma (Gilles MENEGALDO et Melvyn STOKES)


Le cinéma a partie liée avec la notion de territoire dans la mesure où il met en scène des espaces (naturels, urbains, réalistes, oniriques etc.) et définit une topographie. Le cinéma exploite la notion de territoire et d'espace à différents niveaux. Il met en jeu des dimensions narratives dramatiques et symboliques qui servent aussi à définir le territoire par rapport à son cadre générique. La notion d'appartenance, de conquête d'un territoire sert à identifier le western ou le policier ; la question du passage, du franchissement des limites est centrale dans le film fantastique. Ainsi le territoire implique un balisage, des bornes que les films s'ingénient à transgresser. Le territoire suppose aussi un arpentage par lequel le sujet se définit et construit son identité et imprime la marque de sa présence. Le territoire se fait langage, codage, réseau de signes qui permet de tisser des liens entre les espaces. Ce tissage est vecteur de métissage et permet le renouvellement ou l'émergence de nouveaux genres qui se nourrissent aussi du " territoire " des autres. Cette traversée du " territoire cinéma " s'exprime aussi dans la pratique intertextuelle, piste qu'on pourra également explorer. On pourra s'interroger également sur la spatialisation du dispositif cinématographique, défini en termes de tension entre l'espace limité du cadre et et l'espace imaginaire illimité du hors-champ, ce qui ouvre sur un autre territoire, celui du spectateur, l'en-deçà de l'écran et l'au-delà. L'élaboration de Gilles Deleuze sur la notion de déterritorialisation peut servir, entre autres, de fondement théorique à certaines de ces préoccupations.

Adressez vos communications à gilles.menegaldo@mshs.univ-poitiers.fr







Lieux

  • Rouen, France

Dates

  • vendredi 30 mai 2003

Contacts

  • Nathalie Dessens
    courriel : dessens [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Marc Amfreville
    courriel : marc [dot] amfreville [at] worldonline [dot] fr
  • Divina Frau Meigs
    courriel : meigs [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'Amérique des territoires », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 29 janvier 2003, http://calenda.org/187773