AccueilBarbarisation et humanisation de la guerre

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Publié le vendredi 31 janvier 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Lors de ces deux journées interviendront des historiens, des philosophes, des historiens du droit, des polémologues, des spécialistes de géostratégie et des "grands témoins", militaires ou acteurs, de guerres contemporaines, voire très récentes. D

Annonce

Lors de ces deux journées interviendront des historiens, des philosophes, des historiens du droit, des polémologues, des spécialistes de géostratégie et des "grands témoins", militaires ou acteurs, de guerres contemporaines, voire très récentes.

Dans un premier temps, il s'agira de tenter de penser la façon dont depuis le Moyen Age sont souvent allés de pair une conscience aiguë de la barbarisation croissante des conflits armés et une tentative parallèle d'humanisation de ces conflits.
Après une présentation du débat classique entre jus ad bellum et jus in bello nous nous arêtterons sur l'époque où, au tournant des XVe et XVIe siècles, avec le déchaînement des guerres d'Italie, la force des armes et la permanence de conflits plus violents s'impose comme une constante d'une nouvelle réflexion politico-diplomatique.
Le bouleversement des convictions issues des vieilles logiques dynastiques et de la réflexion théologico-juridique sur la guerre juste va dès lors de pair avec, d'une part, un renversement des équilibres de la philosophie politique traditionnelle (Machiavel, républicanisme italien, pensée de la raison d'Etat) et, d'autre part, une tentative progressive pour distinguer une autonomie de la sphère privée face aux désordres du monde (Montaigne, néo-stoïcisme).

Nous souhaiterions par la suite nous pencher sur les réflexions européennes qui de la fin du XVIe au XVIIIe siècle tentent de penser et de dire en même temps diverses définitions de la barbarie, du droit des gens, des lois de la guerre, de la paix universelle.
Enfin, nous voudrions tenter de nous demander si la barbarisation qui fait florès au fil du long XIXe siècle et du bref XXe siècle jusqu'aux derniers conflits en ex-Yougoslavie ou en Afrique, n'est pas, plutôt que l'origine et la justification, le pendant d'une tentative toujours plus forte de fixer des règles à la destruction et au droit de donner la mort que s'arrogent les Etats en guerre.

Bref, il s'agirait de tenter de questionner cette étrange articulation spéculaire qui fait se répondre l'appel, plus ou moins explicite et honteux, à la destruction de "l'ennemi" et le réquisit, plus ou moins moralisant, du respect de l'"adversaire".

Une partie du colloque sera en outre centrée sur le cas de la guerre en Bosnie-Herzégovine, pour appeler à s'interroger sur la façon dont l'expérience, directe ou indirecte, de ces conflits a pu influer sur les réflexions théoriques liées au thème de ces journées d'études.

Présentation succincte des intervenants

André Bach : Général à la retraite, ancien responsable du cours d'histoire-stratégie de l'Ecole de Guerre et du service historique de l'armée de terre, prépare actuellement une "Histoire politique de l'armée française entre 1850 et 1914"

Isabelle Delpla (Université Paul Valéry - Montpellier III), responsable de l'ACI "Morale, politique et justice internationale au prisme des sciences humaines : concepts, discours, représentations", auteur de Le principe de charité (PUF, 2001)

Jean-Louis Fournel (Université Paris 8) : membre du CERPPI (ENS LSH), avec J.-C. Zancarini il a publié des éditions françaises commentées d'oeuvres de Machiavel, Guicciardini et Savonarole ainsi que La Politique de l'expérience : étude sur Savonarole Guicciardini et le républicanisme florentin (Edizioni dell'Orso, 2002)

Ninon Grangé : doctorante en philosophie (thèse sur la pensée de la guerre civile), ATER à l'ENS LSH de Lyon

Laurent Henninger : membre du Centre d'Etude et d'Histoire de la Défense (CEHD), auteur de nombreux essais sur l'histoire militaire

Alain Joxe (EHESS), auteur de nombreux essais de géopolitique notamment Voyage aux sources de la guerre (PUF, 1991) et L'Empire du chaos (La Découverte, 2002)

Joseph Krulic (Université de Marne-la-Vallée) : historien des Balkans, auteur notamment de Histoire de la Yougoslavie de 1945 à nos jours (Complexe, 1993)

Sara Liwerant : doctorante (prépare à Paris X une thèse de droit sur passage à l'acte et pénalisation des crimes contre l'humanité), membre de l'ACI

Amor Masovic : Président de la commission Fédérale pour les personnes disparues en Bosnie-Herzégovine récipiendaire du prix Sakharov pour les droits de l'homme 2002

Christophe Prémat : élève de l'ENS LSH, membre du "labo. junior" de philosophie de l'ENS LSH sur "Les mécanismes guerriers"

Diego Quaglioni (Université de Trento -Italie- historien du droit, doyen de la faculté de jurispridence) auteur de nombreux essais notamment sur l'histoire du droit au Moyen Age et sur Jean Bodin

Michel Senellart (ENS LSH, section de philosophie), auteur de nombreux essais sur la philosophie politique de l'âge moderne notamment de Les Arts de gouverner : du regimen médiéval au concept de gouvernement (Le Seuil, 1995), responsable de l'UMR en voie de constitution "Discours du politique en Europe" (ENS LSH)

Nusreta Sivac : Juge à Prijedor (Bosnie-Herzégovine) avant 1992, ancienne détenue du camp d'Omarska (Bosnie-Herzégovine), partie prenante de la plainte adressée pour réparation devant une cour new-yorkaise (au civil) contre R. Karadjic.

Françoise Thébaud (Université d'Avignon, spécialiste d'histoire sociale et d'histoire du genre), auteure de nombreux essais d'histoire sociale et d'histoire du genre, co-directrice de la publication de la revue Clio



Programme

Vendredi 14 Mars


10 h : introduction du colloque par Isabelle Delpla et Jean-Louis Fournel

première section : Eléments de généalogie

1O h 15 Diego Quaglioni (Università di Trento): "Jus in bello du Moyen Age aux temps modernes"

11 h Jean-Louis Fournel (Université Paris 8 et CERPPI, ENS LSH) : "Violence et barbarie pendant les guerres d'Italie (1494-1559)"

11 h 30 Michel Senellart (ENS LSH) : "Droit des gens et guerre (XVIIe-XVIIIe siècles)"

12 h 15 - 13 h : débat

13 h : Déjeuner

14 h 30 Laurent Henninger (CEHD) : "De l'influence des Révolutions militaires sur la guerre"

15 h 15 Alain Joxe (EHESS) : "Barbarisations modernes du conflit : le paradigme de la guerre de banlieue"

15 h 45 Françoise Thébaud (Université d'Avignon) : "Les femmes dans la guerre"

16 h 30 Ninon Grangé (ENS LSH) : "L'état de nature comme modèle et miroir de la guerre civile"

17h 15 - 18 h 30 : Débat

20 h : Dîner

Samedi 15 mars

deuxième section : Violence, cruauté et représentation de l'ennemi

9h 30 André Bach : "La place de l'horizon de mort dans la violence guerrière"

10 h 15 Amor Masovic : "De l'échange des prisonniers à la recherche des disparus"

11 h Nusreta Sivac : "Le droit face à la guerre"

11 h 45- 12 h 30 : débat

12 h 45 : Déjeuner

14 h 30 (sous réserve) Joseph Krulic (Université de Marne-la-Vallée) : Racines historiques et différences de modèles dans les guerres en Croatie et en Bosnie

15 h 15 Sara Liwerant (Paris X) : "Passage à l'acte et cruauté"

16 h Christophe Prémat : "Barbarie et mécanismes guerriers"

16 h 45 - 18 h : Débat




Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • vendredi 14 mars 2003

Mots-clés

  • Histoire, Europe, Philosophie du droit, Guerres, Morale, Politique, Justice internationale, Balkans

Contacts

  • Jean-Claude Zancarini
    courriel : jean-claude [dot] zancarini [at] ens-lyon [dot] fr
  • Jean-Louis Fournel
    courriel : jean-louis [dot] fournel [at] ens-lyon [dot] fr

Source de l'information

  • Cécile Laube
    courriel : Cecile [dot] Laube [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Barbarisation et humanisation de la guerre », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 31 janvier 2003, http://calenda.org/187777