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Villes en guerre

Villes en guerre dans le premier XXe siècle (c. 1914-c. 1945)

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Publié le lundi 03 mars 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

COLLOQUE DU CENTRE D’HISTOIRE DE LA VILLE MODERNE ET CONTEMPORAINE (CEHVI) EN ASSOCIATION AVEC LE CENTRE D’ETUDES D’HISTOIRE DE LA DEFENSE (CEHD) TOURS, 11-12 DECEMBRE 2003 APPEL A COMMUNICATIONS Le Centre d’Histoire de la ville mo

Annonce


COLLOQUE DU CENTRE D’HISTOIRE DE LA VILLE MODERNE ET CONTEMPORAINE (CEHVI)

EN ASSOCIATION AVEC LE CENTRE D’ETUDES D’HISTOIRE DE LA DEFENSE (CEHD)

TOURS, 11-12 DECEMBRE 2003

APPEL A COMMUNICATIONS




Le Centre d’Histoire de la ville moderne et contemporaine, de l’Université de Tours (CEHVI — EA 3251) organise les 11-12 décembre 2003, à Tours, un Colloque : “ Villes en guerre dans le premier XXe siècle (c. 1914-c. 1945) ”


Hiroshima, Verdun, Reims, Ypres, Guernica, Londres, Stalingrad, Hambourg, Madrid... L'énumération rappelle que les cités sont restées au cours des âges des objectifs militaires stratégiques ou tactiques. Elle illustre aussi une des transformations majeures de la guerre moderne. Dans la guerre “ classique ” ou la guerre civile, les populations sont devenues l'enjeu même des combats. En conséquence, la croissance urbaine et l'essor des moyens de destruction massive ont fait des citadins les victimes désignées des stratégies d'anéantissement du moral et de la volonté de combattre de l'adversaire.
Le CEHVI, ne pouvait manquer de s’intéresser à ce phénomène. Symbole très fort du passage progressif à la guerre totale, le sort des villes-martyres ne résume pourtant pas la situation des “ villes en guerre ” au XXe siècle. La bataille n'est pas toute la guerre et les villes ont inégalement subi le temps des épreuves. Dans une perspective comparatiste largement ouverte sur le plan géographique, à l’échelle du “ phénomène-guerre ” lui-même, dans la période maintenant considérée comme déterminante des deux guerres mondiales, le colloque aurait à s'interroger sur les manières dont la guerre et le fait militaire irriguent l'espace urbain, sur l’impact de l’état de guerre sur l'évolution sociale et économique des villes, et sur les rapports entre guerre et identités urbaines.

1) Les “ espaces de la guerre ” en ville

On analysera ces espaces- réels et potentiels-en tenant compte de la plus grande diversité d'approches.
a) On ne s'enfermera pas dans une conception étroite de la bataille. Il est certes légitime de montrer comment les belligérants “ usent ” des tissus urbains et pour quels buts. La destruction de Verdun ou de Reims sous les bombardements d'artillerie, les batailles de rues comme à Stalingrad sont le produit de doctrines tactiques car les militaires prennent en compte des structures urbaines spécifiques. Mais il s'agit surtout de mesurer le poids des destructions (dues aux canons ou à l'aviation, aux destructions préventives), les modalités et les orientations de la reconstruction. A ce titre, il serait opportun de comparer les après–guerre (France, Belgique) et les politiques suivies après la Seconde Guerre Mondiale en Europe.
b) Les spécificités de l'urbanisme de guerre doivent ici être analysées : celles du temps de guerre, défenses temporaires etc., celles du temps de paix (casernes, abris etc.). L'impact sur l'évolution urbaine des bases sous-marines et plus largement, de l'aménagement des ports (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis) et des défenses, comme le démantèlement de fortifications obsolètes devrait être souligné.
c) Les militaires et les armées en guerre investissent de nouveaux quartiers. Le cas des armées d'occupation allemandes est évident, ainsi que celui des Alliés en 1945(Allemagne, Autriche, Japon). Il faudrait voir aussi comment certaines villes françaises, Reims, Paris en 1944-1945 ont reçu et logé les services, les Etats-Majors et les dépôts des armées de la Libération.

2) La vie du temps de guerre

A tous les sens du mot, la guerre est une lourde épreuve, mais aussi un temps d'expérimentations et de défis. Dans la mesure où le champ d'étude “ villes en guerre ” reste ouvert pour les historiens, il serait souhaitable d'utiliser des échelles variables de la rue ou des quartiers à l'ensemble des villes
a) L'adaptation des municipalités et de l'ensemble des autorités aux conditions nouvelles devrait permettre de recenser les pesanteurs et les innovations administratives.
b) L'économie de guerre en milieu urbain : les conséquences de transformations ou d'implantations d'usines, les problèmes du marché du travail, les relations au travail relèvent de l'étude au même titre que l'analyse de la production, des échanges , du rationnement et de la pénurie.
c) On évoquera les dimensions nouvelles de la question déjà difficile du logement urbain. Elle est parfois aggravée par la nécessité d'accueillir des réfugiés (qui peuvent doubler ou tripler le nombre d'habitants de certaines villes), des populations sinistrées.
d) Les conditions de vie se sont aggravées pour diverses parties de la population. On s'intéressera à la perception et à la résolution des problèmes de santé publique, à l'organisation des secours aux catégories en difficulté, et plus largement à l'évolution de la démographie urbaine.
e) La part du changement et de la nouveauté, de la modification ou du maintien des habitus issus du temps de paix pourrait être analysée sous l'angle de l'adaptation aux conditions nouvelles nées de la guerre : réussites et échecs de la mobilisation des populations urbaines, surveillance des criminels et contrôle de la criminalité, part nouvelle prise par les militaires dans l’administration de l'ordre urbains.

3) Guerre, mémoire et identités

a) En tant que communautés, les villes appartiennent à l'ensemble plus large qu'est la Nation. Les entrées en guerre, la fin des guerres, notamment les fêtes de la victoire en 1918 et 1945, mais aussi la perception de l'effondrement font des villes les lieux privilégiés de l'observation de la force du sentiment national, de la joie d'assister à la victoire ou plus simplement à la fin de l'épreuve. Des dates spécifiques de mobilisation des esprits devraient retenir l'attention dans le cadre urbain ex. les journées des orphelins en France à partir de 1915.
b) Les villes symboles, martyres ou non de la guerre étrangère, de la guerre idéologique et de la guerre civile (ex. Espagne) restent emblématiques. Elles rappellent la guerre et ses horreurs, le courage et l'adversité des temps. Si la perception des villes symboles est bien connue de l'extérieur, elle l'est beaucoup moins de l'intérieur: comment ces villes reprennent -ou combattent- des représentations nées du temps de guerre ? Comment ces représentations deviennent, ou non, des facteurs d'identités urbaines ?
A l'opposé de ce qui est symbolique, on pourrait aussi s'interroger sur ce que devient la guerre dans la mémoire et l'identité des villes oubliées de l'histoire des guerres.
c) Des villes ont un statut particulier : les capitales de pays vainqueurs et vaincus ou Vichy dans le cas de l'Etat Français. On peut occulter les souvenirs de la défaite (Paris 1940), ou refouler le souvenir d'un Etat honni (Vichy). La mémoire de la victoire s'entretient davantage (cf. les mythes de la Libération de Paris), ou disparaît progressivement (1918 en France).

Le choix de multiplier les interrogations et d'étendre au maximum le domaine géographique permet d'ouvrir un immense champ de réflexion et de comparaison. Malgré les difficultés inhérentes aux fabrications de typologies, la pluralité des expériences du temps de guerre, des mutations urbaines, et les différences culturelles invitent à tenter l'inventaire des réalités et des représentations de ce que furent les villes “ en guerre ”.



Philippe Chassaigne
Professeur d’histoire contemporaine
Directeur du CEHVI
Jean-Marc Largeaud
Maître de conférences d’histoire
contemporaine


Nous vous remercions d’adresser vos propositions de communication (titre + court exposé de la problématique abordée + situation professionnelle de l’auteur) avant le 30 juin 2003





Lieux

  • Tours, France

Dates

  • lundi 30 juin 2003

Contacts

  • CEHVI #
    courriel : cehvi [at] univ-tours [dot] fr
  • Jean-Marc Largeaud
    courriel : jean-marc [dot] largeaud [at] wanadoo [dot] fr
  • Philippe Chassaigne
    courriel : philchassaigne [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Jean-Marc Largeaud
    courriel : jean-marc [dot] largeaud [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes en guerre », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 03 mars 2003, http://calenda.org/187880