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    Identités franciscaines à l'âge des réformes

    Foyers et réseaux de diffusion de l’Observance, circulation et transferts de religieux du début du XVe au début du XVIIe siècle

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    Publié le lundi 24 mars 2003 par Natalie Petiteau

    Résumé

    Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand II) Centre d’Histoire « Espaces et Cultures (C.H.E.C.) Colloque international des 4 - 5 avril 2003 IDENTITÉS FRANCISCAINES A L’ÂGE DES RÉFORMES Foyers et réseaux de diffusion de l’Observan

    Annonce

    Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand II)
    Centre d’Histoire « Espaces et Cultures (C.H.E.C.)

    Colloque international des 4 - 5 avril 2003

    IDENTITÉS FRANCISCAINES A L’ÂGE DES RÉFORMES

    Foyers et réseaux de diffusion de l’Observance,
    circulation et transferts de religieux
    du début du XVe au début du XVIIe siècle



    Franciscanisme : largement utilisé par les historiens, le mot donne certes à un certain nombre d’expériences religieuses un ancrage essentiel dans le modèle de vie et l’esprit de François d’Assise ; mais il dilue aussi, dans le flou d’un vaste mouvement présenté en un seul bloc, la spécificité de chacune des ramifications nées du constant désir de réforme. Si les débats et évolutions ayant suivi la bulle Quo elongati, aux XIIIe et XIVe siècles, ont fait l’objet de très nombreux travaux, le dernier siècle du Moyen Âge demeure encore inégalement étudié selon les espaces, et une vue d’ensemble du mouvement de l’Observance reste à préciser . Incontestablement, la période du Schisme a constitué un tournant, avec l’émergence, puis la spectaculaire progression de la Régulière Observance durant la première moitié du XVe siècle. Entre la bulle Ut sacra Ordinis de 1446 et la dernière apparition connue de Fraticelli en 1466, en passant par les Statuts généraux de 1457 dits « de Barcelone », vingt années sanctionnant les tendances fortes des décennies précédentes et modelant le paysage de celles à venir ; vingt années de « triomphe de l’Observance » — l’expression se rencontre pour les Mendiants bretons d’Hervé Martin comme dans la synthèse d’ensemble de Duncan Nimmo — dû au succès d’un apostolat dont Bernardin de Sienne, canonisé en 1450, est le plus célèbre acteur ; vingt années, toutefois, qui ne doivent pas masquer les divisions du mouvement ni la violence des assauts lancés, jusque dans le premier tiers du XVIe siècle, contre les couvents de « Conventuels ». S’inscrivant dans un contexte de revival monastique bien mis en relief, à l’échelle du Bassin Parisien, par la thèse de Jean-Marie Le Gall , les affrontements au sein de l’Ordre franciscain aboutirent à la scission officielle ; dans les années précédant et suivant les bulles pontificales de 1517, les troubles que connaissent nombre de communautés sont, sans aucun doute, une donnée majeure pour comprendre le climat social et religieux dans lequel s’enracine la Réforme : étroitement liés aux interventions de puissances aristocratiques, ils mettent en lumière le lien existant entre pouvoir politique et réforme religieuse ; incitant à la circulation des hommes et des informations entre les couvents, ils permettent de mieux cerner le fonctionnement des réseaux franciscains ; débordant largement du seul cadre des enclos conventuels, ils invitent à se demander, enfin, quelles furent leurs répercussions sur le regard des fidèles.
    Tandis que des choix individuels menaient certains frères dans la prédication des idées protestantes, les mouvements de rénovation traversant et bouleversant l’Ordre dès les débuts de la Réforme catholique ne furent sans doute pas très éloignés, mutatis mutandis, de processus antérieurs d’un siècle ou deux, tant les questions et les références essentielles demeuraient les mêmes : au cœur des débats, le respect de la Règle et du Testament. Est-ce à dire que le paysage franciscain, en pleine mutation au long du XVIe siècle, n’aurait été qu’une affaire de degrés, de niveaux d’observance sur une échelle verticale face à laquelle le peuple des fidèles aurait dû trouver ses repères ? Il faut poser la question de l’identité de chacune des branches de la famille franciscaine, clef de sa capacité à susciter des vocations comme de la réception de sa pastorale, pour mieux cerner ce qui permit aux Conventuels et à la Régulière Observance de tenir le choc, aux congrégations issue de la Stricte Observance — Alcantarins, Riformati, Récollets — d’acquérir une autonomie plus ou moins large, aux Capucins, enfin, de s’ériger progressivement, jusqu’en 1619, en ordre indépendant. Le premier tiers du XVIIe siècle, favorable aux réguliers, peut à bien des égard être considéré comme terminus ad quem de ces mouvements de transformation et, par là même, terminus a quo pour qui veut étudier le monde franciscain, certes jamais figé, dans l’Église tridentine. Capucins et Récollets, mieux connus, pour une partie de l’espace français, grâce aux travaux de Bernard Dompnier et Frédéric Meyer , témoignent ainsi tout à la fois de la référence à un héritage séculaire, de l’enracinement dans les décennies troublées — mais fondatrices — de la seconde moitié du XVIe siècle, de la difficile cohabitation, aussi, entre les différents rameaux de l’arbre franciscain.

    C’est cette intense période de mutations que le présent projet voudrait explorer, à la faveur d’une collaboration qui permette d’effacer les visions trop abruptes que la « frontière » entre histoire médiévale et histoire moderne a pu ou pourrait accentuer, voire créer artificiellement. La pertinence de la démarche, sa difficulté, les relations du C.H.E.C. ou de certains de ses membres avec des partenaires extérieurs incitent à ne pas restreindre le cadre géographique au seul espace français : si le pôle italien est incontournable, on aura soin de ne négliger, ni le monde ibérique qui, par l’Aquitaine en particulier, ne cessa d’irriguer le mouvement réformateur, ni les Flandres, le monde germanique et l’Europe centrale — tôt gagnée par l’Observance. Cette rencontre pourrait ainsi poser les fondements d’une réflexion collective plus poussée au cours des prochaines années, tant les deux axes principaux proposés permettent d’aborder la plupart des facettes de l’histoire franciscaine.
    Occasion de faire le point sur les travaux existant ou en cours d’élaboration , nous centrerons en effet nos analyses sur les parcours de frères et de sœurs, qu’ils rayonnent à partir de quelques foyers souvent mal connus ou témoignent, au contraire, d’une rupture plus ou moins délibérée.

    Les réformateurs à l’œuvre

    On cherchera à « pister » les individus afin de mettre en évidence les principaux foyers et les réseaux de diffusion des différentes tendances. La réalité des faits fut complexe, marquée par une bonne dose de pragmatisme, voire de violence, et tend à montrer, dans le cas de l’Observance à l’œuvre au tournant des XVe-XVIe siècles, que les Conventuels « déformés » étaient prêts à accepter une réforme mais refusaient qu’on la leur impose unilatéralement. Derrière les différentes tentatives se profilent autant d’environnements — soutiens des puissants , cadres urbains, rivalités locales, conflits de générations… —, quelques thèmes de controverse majeurs — la pauvreté, les études, mais aussi les offices et la musique, d’une façon générale la memoria franciscaine — et des instruments de diffusion communs — prédication, quête, circulation des dévotions…

    Les choix individuels

    Si plusieurs cas de passages de Franciscains à la Réforme protestante sont connus , sans doute est-il nécessaire d’évaluer l’ampleur du phénomène avec plus de précision — quitte à la relativiser. Corrélativement, il faut essayer d’estimer à sa juste valeur le poids de l’arrivée des réformateurs franciscains dans la réception du discours réformé à l’intérieur du monde des Conventuels, agressé par l’extrémisme des grands prédicateurs de l’Observance : « Ne pourrait-on pas soutenir au contraire que par leur culte outrancier de la règle, ils ont conduit à la Réforme nombre de leurs meilleurs disciples de l’Observance, et à la révolte beaucoup de conventuels scandalisés et écoeurés par leurs méthodes ? » En outre, on ne négligera pas, au contraire, les passages d’une branche de l’Ordre à une autre, révélateurs d’une sensibilité religieuse ou de facteurs ressortissant à d’autres sphères .
    Il s’agira donc, dans cette période de mutations profondes du paysage franciscain, et pour reprendre les mots du Père Thierry Desbonnets, de faire réapparaître un peu mieux « l’intuition » derrière « l’institution », sans pour autant ignorer combien les choix individuels ont souvent dû être influencés, voire déterminés par les pouvoirs et réseaux aristocratiques.

    Lieux

    • Clermont-Ferrand, France

    Dates

    • vendredi 04 avril 2003

    Mots-clés

    • Identités franciscaines, Observance, Circulation et transferts de religieux

    Contacts

    • Ludovic Viallet
      courriel : Viallet [dot] Ludovic [at] wanadoo [dot] fr

    URLS de référence

    Source de l'information

    • Ludovic Viallet
      courriel : Viallet [dot] Ludovic [at] wanadoo [dot] fr

    Pour citer cette annonce

    « Identités franciscaines à l'âge des réformes », Colloque, Calenda, Publié le lundi 24 mars 2003, http://calenda.org/187940