AccueilL'hérédité à la fin du Moyen Age

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Publié le lundi 31 mars 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Le 3 et 4 avril 2002, le Groupe d'Anthropologie Scolastique, en association avec le Centre de Recherches Historiques et l'EHESS, organisera une table ronde sur l'hérédité à la fin du Moyen Age. Cette table ronde s'inscrit dans le projet Unité du genre hum

Annonce

Le 3 et 4 avril 2002, le Groupe d'Anthropologie Scolastique, en association avec le Centre de Recherches Historiques et l'EHESS, organisera une table ronde sur l'hérédité à la fin du Moyen Age. Cette table ronde s'inscrit dans le projet Unité du genre humain et naissance des théories des races (XIIIe-XVIe), qui a débuté en janvier 2002 ; elle se rattache également au séminaire de recherche annuel du Groupe d'Anthropologie Scolastique à l'EHESS. Notre objectif est d'étudier la place de la notion d'hérédité dans les discours savants (droit, médecine, philosophie naturelle, théologie) à la fin du Moyen Age.

L'historien peut aborder cette problématique sous au moins trois angles différents.

Si l'on part du vocabulaire médiéval, il s'agit de se demander quelles sont les notions recouvertes par des termes comme hereditas, hereditarius, heres, successor, innatus (ou leurs équivalents en langues vernaculaires) dans différents domaines du savoir. Le sens de ces termes évolue-t-il au cours du temps ?

Un deuxième point de départ possible est constitué par le concept actuel d'hérédité, en tant que détermination ancrée dans le génome, et opposée à l'influence de facteurs socio-culturels. Il est évident que le Moyen Age ignore tout de la génétique et n'a pas de discours unifié sur l'hérédité, mais on peut se demander à quel point l'on retrouve, mutatis mutandis, dans la science médiévale l'idée d'une transmission physique des caractéristiques des personnes. Le cas échéant, quel est le vecteur de cette transmission (le sang, la semence) ?

Enfin, on pourrait considérer l'hérédité plutôt comme l'un des facteurs parmi d'autres qui déterminent les caractéristiques physiques, psychologiques et socio-culturels d'individus et de groupes. Il s'agirait alors de s'interroger sur l'importance relative de l'hérédité par rapport à ces autres facteurs (nourriture, astres, climat, éducation, travail) et se demander si la pensée médiévale sépare l'hérédité de ces autres causes. Les savants médiévaux établissent-ils une distinction claire entre les facultés innées et celles héréditaires ?

Quelle que soit l'approche choisie, il convient de s'interroger sur l'étendue de l'hérédité : les savants médiévaux l'envisagent-ils essentiellement comme la transmission entre parents et enfants, ou est-ce que cette transmission englobe plusieurs générations ? Les passages et les analogies (dans les deux sens) entre les théories de la reproduction biologique et les règles de la transmission des biens méritent également de retenir l'attention.

Il serait aussi intéressant de mettre en lumière les moments et les circonstances où l'hérédité, au lieu d'être un simple argument, acquiert une valeur normative permettant de justifier ou d'expliquer les privilèges et les exclusions. De manière plus générale, il s'agira d'évaluer la pertinence de l'hypothèse de travail d'une importance accrue de l'hérédité vers la fin de notre période, annonçant et préparant les idéologies et pratiques du début de l'époque moderne (rêveries du sang bleu, limpieza de sangre etc.).

Programme

Jeudi 3 avril,

54, Bd. Raspail, 75006 Paris
Salle 015 (sous-sol)

[9h30-10h] Présentation

[10h-10h45] Staffan Müller-Wille (Institut d'histoire des sciences Max-Planck, Berlin)
Le projet de recherche ``A Cultural History of Heredity (17th-20th century)'' de l'Institut d'histoire des sciences Max-Planck : présentation et premiers résultats.

[10h45-11h15] Discussion

[11h30-12h15] Maaike van der Lugt (Université de Paris VII, Groupe d'Anthropologie Scolastique)
Les maladies héréditaires dans la médecine savante médiévale.

12h15-12h45] Discussion



Salle 214

[14h00-14h45] Joseph Ziegler (Université de Haïfa)
Hérédité et physiognomonie.

14h45-15h10] Discussion

[15h15-16h] Carlos López Beltrán (Université Nationale Autonome de Mexico)
Les maladies héréditaires dans la médecine savante du XVIIIe siècle.

[16h-16h30] Discussion

[16h45-17h30] Alain Boureau (EHESS, Groupe d'Anthropologie Scolastique)
L'hérédité de l'hérésie.

[17h30-18h] Discussion



Vendredi 4 avril

Salle 015 (sous-sol)

[10h-10h45] Klaus Oschema (Université de Berne)
Lignage, noblesse et pouvoir : autour de l'hérédité en Bourgogne (XVe siècle).

[10h45-11h15] Discussion

[11h30-12h15] Guido Castelnuovo (Université de Savoie-Chambéry)
Noblesse, hérédité et vertu chez Dante et chez Bartole.

[12h15-12h45] Discussion



Salle 015 (sous-sol)

[14h15-15h] Franck Roumy (Université de Paris-XI)
La naissance de la notion canonique de consanguinité et sa réception dans le droit civil.

[15h-15h30] Discussion

[15h45-16h30] Charles de Miramon (CNRS, Groupe d'Anthropologie Scolastique)
Hérédité et idéologie dynastique chez Jean de Terre Vermeille.

[16h30-17h] Discussion

[17h15-18h] Conclusion

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 03 avril 2003

Contacts

  • Charles de Miramon
    courriel : miramon [at] ehess [dot] fr
  • Maaike van der Lugt
    courriel : vanderlugt [at] paris7 [dot] jussieu [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sylvain Piron
    courriel : sylvain_piron [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'hérédité à la fin du Moyen Age », Colloque, Calenda, Publié le lundi 31 mars 2003, http://calenda.org/187958