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Démocratie et réseaux

La remise en cause des modes de représentation politique et sociale

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Publié le mercredi 02 avril 2003 par Olivier Tur

Résumé

Séminaire organisé par le CEVIPOF et FT R&D (France Télécom Recherche et Développement) La première séance aura lieu mercredi 12 mars à 14h, à la Maison des sciences de l'homme, 54 bd Raspail, salle 015, au 2ème sous-sol. Nous consacrerons la première

Annonce

Séminaire organisé par le CEVIPOF et FT R&D (France Télécom Recherche et Développement)

La première séance aura lieu mercredi 12 mars à 14h, à la Maison des sciences de l'homme, 54 bd Raspail, salle 015, au 2ème sous-sol. Nous consacrerons la première partie de cette séance à présenter les objectifs de ce séminaire. La périodicité des séances sera mensuelle, les séances – ouvertes à tous - devant avoir lieu les deuxième mercredi de chaque mois dans l'après midi, à l'exception des mois de juillet et d'août.

Martine Barthélémny, CEVIPOF (Centre d'étude de la vie politique française / Sciences Po. Paris),
Jacques Capdevielle, CEVIPOF,
Olivier Blondeau, Sciences Po. Paris, FT R&D
Christophe Aguiton, FT R&D,
Francine Bavay, FT R&D,
Dominique Cardon, FT R&D,
Fanny Carmagnat, FT R&D


PRESENTATION

La montée de l'abstention et la crise du militantisme politique et syndical traditionnel sont des phénomènes communs à de nombreux pays, en particulier en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. De nombreux auteurs expliquent cette évolution par l'inexorable processus d'individualisation qui donnerait à tout un chacun, et surtout dans les sociétés les plus développées, un surcroît de liberté et de responsabilité mais impliquerait un désinvestissement relatif de la sphère publique.

Cette interprétation rend cependant mal compte des poussées populistes et de la montée de mouvements défensifs et communautaristes et, surtout, de l'émergence d'un mouvement mondial de contestation du système, en particulier dans la jeunesse, mouvement qui s'est exprimé à Seattle ou lors des Forum sociaux de Porto Alegre ou de Florence.

Cette difficulté explique notre volonté d'explorer une autre voie, qui ne nie pas le processus d'individualisation en cours mais cherche à comprendre ce qui relève de la crise de la représentation politique et sociale et ce que sont les nouveaux modes de représentation et de prises de décision qui émergent au sein du monde politique et économique, mais aussi au sein des mouvements de contestation.

Nous voudrions, pour cela, commencer par un retour aux sources des modes de représentations politiques et sociales traditionnelles. Sur le plan politique nous nous intéresserons à ce moment où, au XVIIème et XVIIIème siècle, entre la révolution anglaise et la révolution française, l'élection s'est imposée comme le mode normal de représentation politique au détriment de modes de représentations plus directes, le tirage au sort ou l'assemblée populaire. Sur le plan social, ce sera la période, au XIXème siècle, où s'est cristallisé le mode de représentation social que nous connaissons et qui s'appuie sur la représentativité syndicale et qui a marginalisé d'autres voies, parfois plus riches en capacités auto-émancipatrices, qui existaient à l'état de potentiel.

Dans une deuxième phase, nous voudrions étudier les phénomènes émergents, les processus de prises de décisions dans les institutions les plus récentes, qu'elles soient internationales, comme l'OMC ou l'ICANN ou locales, comme les structures intercommunales mais aussi les modes de fonctionnement du mouvement alter-mondialiste ou ceux de la communauté des NTIC, qu'elle s'intéresse au logiciel libre, au WiFi ou aux différents usages d'Internet…

A partir de ces cas concrets, nous voudrions voir s'il est possible de penser l'émergence d'un nouveau mode de représentation politique et social, qui ne se substitue pas aux modes de représentations antérieurs, mais en limite la légitimité. Il s'agira :

d'étudier ce nouveau mode de représentation, basé sur les réseaux et les prises de décisions au consensus, ainsi que ses modalités d'appropriation,
de discuter les modèles qui pointent l'importance des isomorphies entre le capitalisme contemporain, les mouvements de contestation et les NTIC,
de mettre en relation ces évolutions avec celles mises en œuvre par d'autres acteurs qui ont besoin, eux-aussi, de modes de représentation, comme les instituts de sondages ou de nouvelles procédures de décision, comme le monde de la recherche scientifique,
d'étudier les critiques qui commencent à poindre en relation à ce nouveau mode de représentation : poids des structures dominantes, difficultés à gérer les divergences, etc.
L'usage des NTIC sera un des fils conducteurs de ce séminaire.

D'abord pour relever, au-delà de techniques comme le vote électronique, les multiples usages des NTIC en amont et en aval des procédures de décisions : information, formation de l'opinion, formation de groupes de pression, mise sur agenda politique etc…

Mais aussi pour étudier les effets structurants de l'usage des NTIC dans la "mise en réseaux" et les paradoxes auxquels il conduit (concentration accrue des lieux de production des savoirs et des contenus, phénomène d'archipel, etc.).

L'étude de ces pistes d'évolutions ne prétend pas apporter de solutions à la crise de la représentation, mais dire comment les réseaux, leurs fonctionnements et les technologies sur lesquelles ils s'appuient transforment les termes du débat.

1. Séance introductive 1 - Genèse et mise en place des modèles de représentation politique, mouvement ouvrier, mouvements sociaux et émancipation
Jacques Capdevielle (FNSP/CEVIPOF), Roland Lew (ULB/MSH)
Discutant : Jean-Marie Pernot (IRES)

2. Séance introductive 2 - La forme associative a-t-elle modifié la donne ? le mouvement associatif français dans les années 1950/1970, la montée des ONG, les associations de l'Internet
Martine Barthélémy (FNSP/CEVIPOF), Johanna Siméant (Lille 2), Valérie Peugeot (VECAM)

3. Des modèles de représentation politique et sociale fragilisés. Les nouveaux cadrages théoriques des des années 1980 et la crise des stratégies de transformation sociale
Philipe Corcuff (IEP Lyon), Christophe Aguiton (FT R&D)
Discutant : Dominique Cardon (FT R&D)

4. Transformations de l'entreprise, transformations du salariat
Thomas Coutrot (DARES), Philippe Zarifian (Université de Marne la Vallée)
Discutant : Jacques Capdevielle (FNSP/CEVIPOF)

5. Un nouveau cycle de mobilisation, les mouvements opposés à la mondialisation libérale
Christophe Aguiton (FT R&D), Franck Poupeau (CSE)
Discutant : Sophie Beroud (CELSA/Paris IV)

6. La coopération, le logiciel libre, la propriété intellectuelle
Olivier Blondeau (IEP/FT-R&D), Nicolas Auray (ENST), Yann Moulier Boutang (ISYS-MATIS/Paris I)
Discutant : Patrice Flichy (Université de Marne la Vallée)

7. La "gouvernance" ; les institutions internationales, ICANN, OMC, Union européenne
Meryem Merzouki (CNRS) et Cécile Méadel (CSI),…

8. La "gouvernance" ; démocratie locale et démocratie participative, sondages, formation et pouvoir de l'opinion
Loïc Blondiaux (Paris I, IEP Lille), Stéphane Rozès (CSA/IEP), Francine Bavay (FT R&D)
Discutant : Yves Sintomer (Paris VIII / GERS - Iresco)

9. Dispositifs hybrides : les outils du débat sur l'action scientifique
Pierre Lascoumes (CNRS/CEVIPOF), Daniel Boy (FNSP/CEVIPOF)
Discutant : Christian Licoppe (FT R&D)

10. Espace public et médias, les médias alternatifs et les NTIC
Dominique Cardon et Fabien Granjon (FT R&D), Aris Papathéodorou (Samizdat), …

11. Nouveaux débats, nouvelles pistes...

12. Nouveaux débats, nouvelles pistes...

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 12 mars 2003

Mots-clés

  • Politique, démocratie, élection, république, scrutin

Pour citer cette annonce

« Démocratie et réseaux », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 02 avril 2003, http://calenda.org/187972