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La Forêt : Enjeux comparé des formes d'appropriation de gestion et d'exploitation dans les politiques environnementales er le contexte d'urbanisation généralisée.

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Publié le mardi 15 avril 2003 par Anne Gentil-Beccot

Résumé

La Forêt : Enjeux comparé des formes d'appropriation de gestion et d'exploitation dans les politiques environnementales er le contexte d'urbanisation généralisée. PROBLÉMATIQUE DU COLLOQUE Le devenir de la (des) forêt(s) et le rôle des espac

Annonce

La Forêt : Enjeux comparé des formes d'appropriation de gestion et d'exploitation dans les politiques environnementales er le contexte d'urbanisation généralisée.



PROBLÉMATIQUE DU COLLOQUE
Le devenir de la (des) forêt(s) et le rôle des espaces forestiers dans le (les) territoire(s)
sont devenus un enjeu social, environnemental et scientifique. Interroger la forêt en la situant dans
la dialectique de la relation environnement/société, c'est placer les pratiques au centre des relations
société-nature. Ces dernières sont l'objet de mutations lorsque l’accès aux ressources (lequel
conditionne le fonctionnement des systèmes productifs) n’est plus considéré comme efficient par
les membres des sociétés concernées ou les spécialistes de l'environnement (scientifiques,
experts…). En fonction de l'appartenance sociale, cette efficience peut prendre plusieurs
significations. C'est la confrontation de ces significations qui, en matière de pratiques, est le plus
souvent à l'origine des décalages constatés entre les attendus respectifs des acteurs en présence.
Si la fonction économique ancienne de la forêt pour la production de bois est toujours au
premier plan, de nouvelles exigences et attentes vis-à-vis de celle-ci ont émergé en liaison avec de
nouvelles perceptions : gestion respectant la biodiversité et veillant à une forêt plus « proche de la
nature », maintien de ses qualités paysagères, application des critères du développement durable,
mise en valeur patrimoniale, aménagement à but récréatif, respect des droits des populations
sylvicoles autochtones, mise en place de réserves intégrales forestières…
Peut-on insister dans les discours sur les effets destructeurs des activités humaines et
sous-évaluer la pluralité des situations, le poids de l'histoire et la spécificité des sociétés qui y
vivent depuis des siècles? Beaucoup d'actions de protection font état de l'ignorance voire de
l'indifférence des populations à l'égard de leur environnement. Les travaux des anthropologues (S.
Bahuchet, Ph. Descola, P. et F. Grenand, É. Navet…) soulignent au contraire l'existence de savoirs
ordinaires qui se traduisent par une recherche constante visant à ajuster les pratiques techniques
aux potentialités et contraintes du milieu, lui-même évolutif – la forêt a toujours été peu ou prou
sous l'influence des sociétés humaines y compris dans les régions où elle a été longtemps
considérée comme " vierge ". Comme le fait remarquer G.Di Méo, les forêts ainsi que les
montagnes et tous lieux réputés " naturels" constituent des territoires matériellement aménagés au
fil du temps et appartenant à l’ordre des représentations symboliques. Il apparaît d’autant plus
indispensable de contextualiser les approches, de comparer les situations, de prendre en
considération la dimension temporelle (on rappellera à ce titre les travaux des géographes du
groupe d'Histoire des Forêts françaises et des membres de la Commission de Biogéographie), et de
mettre en œuvre une démarche largement socio-centrée.
Le caractère des paysages n’est pas dissociable du projet des acteurs (G.Bertrand). Les
demandes des usagers de la forêt sont plurielles, relèvent de pratiques, de représentations et de
perceptions multiples: comment les saisir et les prendre en compte dans les aménagements?
Quelles significations accorder, par exemple, aux conflits entre promeneurs et chasseurs, de plus
en plus vifs au fil de l'augmentation de la population dans les banlieues et les espaces périurbains?
En France, l'adoption, le 27 juin 2001, de la Loi d'Orientation Forestière manifeste un
élargissement du champ de vision quant à la place et aux fonctions des espaces forestiers dans les
territoires et concernant les rapports qu'entretiennent les populations avec ces mêmes espaces. La
prise en compte de la demande sociale et la concertation avec les usagers et acteurs concernés, aux
différents niveaux territoriaux, dans les choix d'aménagement et de gestion se sont traduites par des
textes institutionnels. L'État, longtemps caractérisé par une politique forestière centralisatrice et
normative, entend désormais se situer au cœur d'une nouvelle politique contractuelle impliquant les
propriétaires privés pour qui la forêt n'est pas toujours la source principale de revenus. La volonté
affichée est de mieux prendre en considération les impératifs locaux pour décider des
aménagements sylvicoles et du type d'exploitation, en se conformant aux critères du développement
durable (" écocertification "). Le principe de la gestion durable et multifonctionnelle des
forêts domaniales et/ou privées a été érigé en " règle de conduite " pour tous les acteurs de la filière
bois et pour tous les propriétaires. Cette politique s'inscrit dans le respect des engagements
internationaux pris par Paris lors des Conférences de Rio (1992) et de Lisbonne (1998) ou au sein
de l'Union européenne (1997) visant à garantir une gestion qui préserve l'ensemble des fonctions
économiques, environnementales et sociales des espaces forestiers. Des " chartes de territoires ",
négociées entre les pouvoirs publics, les collectivités locales et les propriétaires, permettront de
rémunérer, par contrat, les services collectifs rendus par les forêts et d’entretenir le patrimoine. La
loi prévoit la possibilité de créer des appellations d'origine contrôlée (AOC) pour le bois, comme
pour le vin ou les fromages, afin de mieux valoriser les produits.
La forêt, organisme vivant, soumis aux variations climatiques, à la nature des sols, aux
aléas naturels, à nombre de facteurs parfois si subtils, si lents dans leurs effets qu'ils en sont
presque invisibles, fonctionne sur le temps long. Ce rythme ne coïncide que rarement avec les
contingences sociales (modifications du registre des valeurs, des besoins économiques et des
pratiques…) : les techniques sylvicoles (forêts cultivées, enrésinement, rotation des coupes…)
permettent-elles une mise en phase de ces paramètres et prennent-elles la mesure des conséquences
qu’elles induisent sur les autres composantes de ces écosystèmes (sols, populations animales,
biodiversité, cycle de l'eau…) ? L'aménagement forestier impose de plus en plus l'articulation des
échelles entre les différents niveaux (local, régional, national, européen, international), en vue de
concilier les multiples directives environnementales émanant des diverses instances avec les
besoins de développement local. Le rôle social et structurant pour l'espace rural exercé par
l'exploitation forestière – aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud –, longtemps
passé sous silence, bénéficie aujourd’hui d'un regain d'intérêt.
Un point commun aux écosystèmes forestiers, au Nord comme au Sud, est celui des
menaces qui pèsent sur eux. Les incendies, les coupes immodérées dans les forêts intertropicales et
boréales, les grignotages par l'urbanisation, les fronts de défrichement pour les besoins de
l'agriculture, les prélèvements de bois de feu sont autant de facteurs qui transforment durablement
les paysages. Ils contribuent à modifier le fonctionnement des processus physiques (circulation
hydrique, évolution des sols et des formations superficielles), et menacent de déséquilibres graves
le mode de vie des populations indigènes : les exemples ne manquent pas en Amazonie, en Afrique
centrale, en Indonésie… L'avenir des espaces forestiers est devenu un enjeu planétaire avec des
implications géopolitiques de plus en plus affirmées. À l'échelon international, et depuis le
Sommet de la Terre à Rio en 1992, les États tentent de définir et d'adopter une Convention
Forestière Mondiale. Les enjeux économiques, écologiques, politiques cristallisent les
affrontements entre opposants à cette Convention, au nom de la souveraineté nationale et de leurs
intérêts particuliers, et ceux qui s'y rallient, au nom d'arguments ethno-environnementaux.
L'évolution du regard des naturalistes, géographes, sociologues, anthropologues,
historiens économistes et politistes sur l’"objet forêt ", la mise en exergue des nouvelles fonctions
émergentes ainsi que la définition de nouveaux thèmes de recherche sont sans aucun doute
révélatrices de ces enjeux et de ces mutations.
Le colloque doit permettre de faire le point sur les nouveaux enjeux portés par
l’évolution des rapports entre les sociétés humaines et les espaces forestiers, de même que sur les
recompositions affectant les usages de la forêt. Quelles sont les aspirations individuelles et
collectives à l’égard des forêts ? Quelles sont les conséquences des évolutions culturelles et
technologiques sur les attitudes sociales vis-à-vis de ces espaces ? Comment la ville et
l'urbanisation généralisée influent-elles sur les aspirations sociales envers la forêt et ses usages
dans les pays du Nord ? Quelles conséquences sur les forêts entraînent les mutations des pratiques
et des usages dans les pays du Sud ? Quelles implications en termes d'aménagement, de gestion et
de préservation des forêts génèrent les nouvelles demandes sociales ? Comment appréhender ces
demandes sociales? Quel peut être l’apport d'une démarche interdisciplinaire dans une
problématique de la multifonctionnalité des forêts ?



Trois axes destinés à orienter les communications sont ici proposés.

Axe n°1 - La forêt : du géosystème au(x) territoire(s)
L'approche actuelle des structures et dynamiques forestières met toujours plus en lumière l'imbrication des
faits écologiques et des pratiques sociales. La lecture purement naturaliste des milieux forestiers apparaît de
plus en plus insuffisante, ce qui oblige à repenser les modèles d'évolution des peuplements sylvicoles en
relation avec les usages et les modes de gestion à différentes périodes.
Si elles ont intégré de nombreux acquis scientifiques en écologie et en foresterie, les conceptions de
l'aménagement forestier et de la gestion des massifs ont-elles pour autant abouti à mieux les articuler avec
l’aménagement du territoire aux différentes échelles ? De quelle manière prennent-elles en compte l’évolution
des connaissances concernant les interactions entre l'environnement, la fonction économique, l’évolution des
demandes sociales, ainsi que les impératifs de développement durable ?
La forêt et le territoire : la forêt constitue-t-elle un espace périphérique, marginal, ou au contraire un
territoire de projet dans le cadre du développement local ? Quelle place lui attribue-t-on en tant que
patrimoine bio-culturel et paysager dans les schémas d'aménagement ? Quels outils et méthodes sont sollicités
pour évaluer la qualité et le rôle des espaces forestiers ? La forêt publique (et seulement elle ?) représente-telle
un nouvel enjeu de la démocratie participative au niveau local ?

Axe n°2 - La forêt : représentations et appropriation de la nature
En prenant appui sur deux types de forêt, l'un pris en Europe occidentale – en allant jusqu'au cas de figure
« extrême » de la forêt cultivée (du genre de celle des Landes) – et l'autre en milieu tropical faiblement
anthropisé – telle la forêt amazonienne –, il s'agira d'interroger et de décrypter les procédures d'appropriation
de la nature (i.e. l'exploitation des ressources physiques et la transformation de celles-ci en biens
économiques) dans leur imbrication complexe avec les schèmes de représentation propres aux populations du
lieu : comment ces schèmes structurent, rationalisent et légitiment les dispositifs techniques, les rapports de
production et l'impact des groupes sociaux sur leur environnement. Il conviendra ici de tenir le plus grand
compte des nouvelles orientations de l’« anthropologie de la nature » qui ont révélé que la dualité
nature/culture, principe fort du mode de pensée européen, n'est pas opérante dans nombre de cultures extraeuropéennes.

Axe n°3 - La forêt dans l' espace périurbain
Comment la forêt participe-t-elle à la qualification des espaces périurbains ? Quelles relations entretiennent la
ville et ses habitants avec la forêt ? Quelles sont les pratiques spatiales des urbains et en fonction de quelles
représentations de la forêt ?
Quel traitement est réservé aux forêts périurbaines dans les différents instruments d’aménagement urbain et
projets de territoire ?
Sur quels moyens et procédures repose la régulation de la pression sur les espaces forestiers périurbains en
fonction des différents contextes (pays du Nord, pays du Sud) ? Comment s'organise la concertation entre les
différents acteurs concernés dans l'espace périurbain quant à la définition et au choix des projets ?
La multifonctionnalité de la forêt, reconnue ou réclamée, trouve-t-elle là sa meilleure concrétisation ? Quels
enseignements peut-on tirer à partir des cas où ce concept à été mis l’épreuve de la pratique, et quelles
implications en termes de gestion ?



RESPONSABLES DU COLLOQUE : Francis DUPUY, Mohamed TAABNI

COMITE SCIENTIFIQUE: Paul ARNOULD, professeur de géographie ( ENS Lyon) , Président
Membres:
Patrick DESHAYES, maître de conférences en anthropologue (Université de Paris VII)
Annie GUEDEZ, , professeur de sociologie (Université de Poitiers)
Micheline HOTYAT, professeur de géographie (Université Paris IV)
Dimitri KARADIMAS, anthropologue, chargé de recherche (EREA/CNRS-Villejuif)
Eric NAVET, professeur d’anthropologie (Université Marc Bloch Strasbourg)
Hervé RAKOTO RAMIARANTSOA, professeur de géographie (Université de Poitiers)
Joëlle SMADJA, géographe, directrice de recherche (UPR 299/CNRS-Villejuif)


BULLETIN

Laboratoire I Co T E M "Identité, Connaissance des
Territoires
et Environnements en Mutation"
EA 2252, MSHS, Université de Poitiers

COLLOQUE
LA FORET : ENJEUX COMPARÉS DES FORMES D’APPROPRIATION, DE
GESTION ET D’EXPLOITATION DANS LES POLITIQUES
ENVIRONNEMENTALES ET LE CONTEXTE D’URBANISATION
GÉNÉRALISÉE

Poitiers, 16-17 Octobre 2003
PROPOSITION DE COMMUNICATION A RENVOYER
AVANT LE 15 JUIN 2003


NOM:_______________________________________________
PRENOM:____________________________________________
Organisme de rattachement: _______________________________

Fonction: _____________________________________________
Adresse postale: __________________________________________________
____________________________________________________

Tél: ___________________________
Télécopie:_________________
E mail:_______________________

Axe choisi (1, 2, 3):
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Titre de la communication:
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Bulletin à renvoyer accompagné d'un résumé d'une page (3000 signes) et d'une
version électronique sur disquette (Word , PC ).
A adresser à:

Laboratoire ICoTEM (MSHS)
Colloque « La forêt : enjeux comparés… »
Francis DUPUY et Mohamed TAABNI
99, Av. du recteur Pineau
86 022 Poitiers

Tél: 05 49 45 46 81 ou 05 49 45 46 94.
Télécopie : 05 49 45 48 98
Email: mohamed.taabni@mshs.univ-poitiers.fr
Francis.Dupuy@univ-poitiers.fr

Si vous souhaitez être informé du déroulement du Colloque sans adresser de proposition:
Nom:
Prénom:
Adresse:
Tél:
Email:

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • dimanche 15 juin 2003

Contacts

  • Mohamed taabi
    courriel : mohamed [dot] taabni [at] mshs [dot] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La forêt », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 avril 2003, http://calenda.org/188027