AccueilLa France et l’Angleterre au XIXe siècle

La France et l’Angleterre au XIXe siècle

La France et l’Angleterre au XIXe siècle : échanges, représentations, comparaisons

*  *  *

Publié le samedi 03 mai 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

La France et l’Angleterre au XIXe siècle : échanges, représentations, comparaisons Colloque organisé par l’Université Paris X – Nanterre (Pôle XIXe siècle) et l’Ecole Normale Supérieure (Paris) les 29 et 30 janvier 2004 L’histoire culturel

Annonce

La France et l’Angleterre au XIXe siècle : échanges, représentations, comparaisons

Colloque organisé par l’Université Paris X – Nanterre (Pôle XIXe siècle) et l’Ecole Normale Supérieure (Paris) les 29 et 30 janvier 2004

L’histoire culturelle et celle des représentations, l’histoire des lettres et celle des arts, ou encore l’histoire des femmes, ont exploré ces dernières années de nombreux aspects des relations entre la France et la Grande-Bretagne au XIXe siècle, bien au-delà de la seule histoire des relations diplomatiques. Ce colloque se propose de confronter ces différentes approches, autour de trois axes essentiels :

I Echanges et transferts
Après la fin des guerres napoléoniennes, et de plus en plus au cours du siècle, la traversée de la Manche est un passage obligé. Elle l’est d’abord pour les Anglais. Ceux des classes aisées vont sur le continent en villégiature ou en affaires ; à la fin du siècle, la naissance du tourisme rallie de nouvelles couches sociales au voyage en France. Pour les artistes britanniques, le contact avec leurs homologues français est précieux. Enfin, de nombreux ouvriers, viennent, notamment sous la monarchie de Juillet, vendre leur qualification dans la construction des chemins de fer ou dans l’industrie textile, avant d’être, parfois, brutalement expulsés comme en 1848. Autant les séjours d’intellectuels comme Dickens, Thackeray, John Stuart Mill, Macaulay ou Oscar Wilde sont plus aisés à apprécier, autant l’histoire de ceux des milliers d’anonymes reste à écrire.
Dans l’autre sens, les échanges sont liés aux révolutions et aux contre-révolutions. Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III finissent leurs jours outre-Manche ; mais chaque période de réaction, comme celle qui suit le coup d’Etat du 2 Décembre, celle qui succède à la Commune de Paris, voire l’affaire Dreyfus, voit républicains et socialistes chercher refuge dans ce qui est, alors, la principale terre d’asile – Louis Blanc, Ledru-Rollin, Vallès, Zola en sont, parmi bien d’autres. Le « modèle anglais » donne lieu à de nombreuses visites plus brèves : Flora Tristan, Tocqueville, Léon Faucher, les Goncourt, et tant d’autres visitent l'Angleterre, d’où ils rapportent impressions et opinions. Les artistes ne sont pas en reste, à l’instar de Géricault, Delacroix, Gavarni, Gustave Doré, Constantin Guys, etc.
Ces échanges donnent lieu à d’innombrables transferts, appropriations et importations. On s’intéressera aux phénomènes d’acculturation tout autant qu’aux discours de rejet. Les lexiques, les sports, les pratiques culturelles des uns et des autres s’influencent. Les modèles politiques et économiques s’exportent plus ou moins : le parlementarisme anglais, le libre-échangisme, le féminisme, le socialisme, le syndicalisme, l’anarcho-syndicalisme sont autant de systèmes qui traversent la Manche, selon des modalités qu’il est nécessaire d’interroger.

II Représentations
Les relations diplomatiques, les récits de voyage, les comptes rendus de la presse, les rencontres contribuent à ce que se façonnent et se transforment les représentations de l’autre. Les périodes de tension (les guerres napoléoniennes, les crises coloniales, Fachoda et la guerre des Boers, etc.) donnent lieu à des vagues de xénophobie. Quand l’heure est à l’alliance militaire contre un tiers (guerre de Crimée, Entente Cordiale), anglophilie et francophilie sont de mise. Mais au-delà de ces fluctuations, des images et des stéréotypes ont la dent dure. Outre-Manche, l’image du Français vaniteux, expansionniste, versatile, révolutionnaire trouve des échos tout au long du siècle. En France, celle de l’Anglais égoïste, mercantile, matérialiste est également largement présente. Les caricatures donnent souvent une forme picturale à ces représentations.
A travers ces images, ce sont également les identités nationales qui s’affirment. Entre fascination et rejet, on se définit des deux côtés de la Manche par rapport à l’autre ; dans les discours politiques dominants respectifs, si le Français est versatile, l’Anglais est constant ; si l’Anglais est matérialiste, le Français est épris d’idéal. Avant que l’Allemagne ne vienne modifier ce rapport, chacun des deux peuples est, de l’autre côté de la Manche, l’étranger par excellence. Déchiffrer ces représentations, c’est ainsi tenter de comprendre l’image que les deux peuples construisent d’eux-mêmes.

III Histoire comparée
Ces pistes et approches multiples appellent une réflexion plus large sur les modalités d'une histoire comparée entre la France et l'Angleterre. Si, du côté français, cette démarche reste encore timide et programmatique, elle a cependant déjà de nombreux défenseurs, travaillant sur l'analyse de groupes comme les intellectuels, ou, dans un cadre plus global, les sociétés européennes. Mais le regard a surtout porté sur une comparaison entre la France et l’Allemagne, même si de nombreux travaux semblent annoncer une recherche plus centrée sur le couple franco-britannique. C’est avec un autre espace anglophone, les Etats-Unis, que l’histoire comparée française a également tissé des liens, centrée sur les migrants, qui sont par essence ceux qui comparent le pays d’accueil à celui d’origine.
Du côté britannique, les études comparatives, qui portent notamment sur la lecture populaire, le travail des femmes, la colonisation, semblent moins esquiver la question sociale ou économique, souvent délaissée en France au profit de l’histoire culturelle. Où en sont les acteurs de part et d’autre de la Manche ? La contestation des catégories, la micro-histoire, le linguistic turn, appliqués au XIXe, ont-ils produit les mêmes effets, et ceux-ci induisent-ils de nouveaux regards croisés ? La colonisation peut être également, en empruntant à d'autres sciences sociales, un thème de recherche à développer. Cet axe tend à établir des bilans mais surtout des perspectives, pour que l'histoire comparée soit l'un des champs renouvelés de l'étude de la France et de l'Angleterre.

Interdisciplinaire, ce colloque voudrait également être un lieu de rencontre entre chercheurs des deux pays, qui pourraient ainsi confronter leurs problématiques, leurs axes de recherche, et leurs perspectives.


Colloque organisé par l’Université Paris X- Nanterre (Pôle 19e siècle) et l’Ecole Normale Supérieure (Paris). Dates : jeudi 29 et vendredi 30 janvier 2004.

Organisation : Sylvie Aprile, Fabrice Bensimon.

Comité scientifique : Jacques Carré, Ségolène Le Men, François Poirier, Miles Taylor, Robert Tombs.

Veuillez adresser un synopsis (environ 2000 signes) à Fabrice Bensimon (bensimon@u-paris10.fr) ou à Sylvie Aprile (saprile@noos.fr) le 15 juin 2003 au plus tard.

Lieux

  • Nanterre, France
  • Paris, France

Dates

  • dimanche 15 juin 2003

Mots-clés

  • France, Angleterre, Grande-Bretagne, 19e siècle, représentations, comparaisons, échanges

Contacts

  • Fabrice Bensimon
    courriel : fbensimon [at] free [dot] fr
  • sylvie aprile
    courriel : sylvie [dot] aprile [at] univ-lille3 [dot] fr

Source de l'information

  • Fabrice Bensimon
    courriel : fbensimon [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La France et l’Angleterre au XIXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 03 mai 2003, http://calenda.org/188067