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Les dynamiques spatiales dans l'aire germanophone

Frontières, itinéraires, réseaux : les dynamiques spatiales dans l’aire germanophone au XIXe siècle.Journées d'études franco-allemandes

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Publié le mercredi 07 mai 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Université Marc Bloch Strasbourg II UFR des Sciences Historiques Equipe d’accueil en sciences historiques 3400 Groupe de recherche sur la construction de l‘espace centre-européen (Catherine Maurer) JOURNÉES D’ÉTUDES FRANCO-ALLEMANDES „

Annonce

Université Marc Bloch Strasbourg II
UFR des Sciences Historiques

Equipe d’accueil en sciences historiques 3400
Groupe de recherche sur la construction de l‘espace centre-européen (Catherine Maurer)

JOURNÉES D’ÉTUDES FRANCO-ALLEMANDES „

23 et 24 mai 2003, Palais Universitaire, salle Fustel de Coulanges


Depuis 1945 et la fin du IIIe Reich, la notion d’espace (Raum) a été quasiment bannie du discours et de la pratique scientifique en Allemagne en raison de son instrumentalisation par le régime nazi. Pourtant, ces dernières années, un frémissement se dessine : publication en 2000 de deux gros volumes interdisciplinaires sur la Geopolitik, terme jusque là encore tabou ; publication en 2001 des « lieux de mémoire allemands » (Deutsche Erinnerungsorte) dont quelques contributions touchent aux thèmes spatiaux ; sortie en 2002 d’un numéro de la revue Geschichte und Gesellschaft consacré aux mental maps et insistant sur le « retour de l’espace » (Wiederkehr des Raumes) et publication enfin de l’ouvrage d’Axel Gotthard qui inclut la catégorie « espace » dans son analyse de « la réalité constitutionnelle impériale » .
C’est dans ce mouvement de redécouverte de l’espace que la recherche du Groupe de recherche sur la construction de l‘espace centre-européen de l’Equipe d’Accueil en Sciences Historiques de l’université Marc-Bloch s’inscrit. En effet, depuis 1996, l’Equipe d‘Accueil a engagé une réflexion sur l’utilisation de la notion d’espace et des catégories spatiales dans les travaux des historiens. En témoignent notamment une publication collective (Les espaces de l’historien, études d’historiographie rassemblées par Jean-Claude Waquet, Odile Goerg et Rebecca Rogers, Strasbourg, 2000) et l’organisation en mars 2001 de deux journées d’études consacrées à la construction de l’espace dans le Saint Empire Romain Germanique à l’époque moderne (compte rendu dans Bulletin de la Mission Historique Française en Allemagne, n°37, 2001, p.104-110). Les journées d’études des 23 et 24 mai 2003 s’inscrivent dans la continuité de ces réflexions en se consacrant aux dynamiques spatiales à l’oeuvre dans l’aire germanophone au XIXe siècle.

On connaît l’importance des mouvements nationaux pour l’histoire de l‘Europe centrale au XIXe siècle, mouvements nationaux dont l’horizon historique est la constitution de l‘Etat-nation et donc la définition d’un territoire, si l’on suit l’historiographie française récente : un espace borné, délimité par des frontières stables, désigné par un nom unique et sur lequel s’exerce un pouvoir politique. C’est dans cette perspective que s’inscrit Thomas Nipperdey quand, dans le premier volume de sa Deutsche Geschichte consacré à la période 1800-1866, il souligne : „La dimension tragique de l’histoire allemande tient essentiellement au fait que la nation allemande, au sens politique du terme, n’a pu se constituer que par la division.“
Notre objectif n’est pas reprendre cette histoire désormais bien balisée, mais au contraire de décrire d’autres processus de construction spatiale dont la finalité n’est pas nécessairement la constitution d’un espace territorial et qui fonctionnent selon des logiques intellectuelles ou matérielles propres, dans la phase de transition entre deux types d’espaces qu’est le demi-siècle qui sépare la fin du Saint Empire du début de l’oeuvre bismarckienne, mais aussi dans la nouvelle configuration introduite par l’émergence du premier Etat-nation germanique qu’est le Reich wilhelmien. Dans quelle mesure les dynamiques spatiales à l’oeuvre dans le Saint Empire se retrouvent-elles ou ne se retrouvent-elles pas dans ces nouveaux espaces? En fonction de quels critères (culturels, confessionnels, diplomatiques, économiques, militaires...) les frontières de ces derniers se définissent-elles? Ces nouveaux espaces génèrent-ils de nouvelles catégories juridiques et politiques? Comment se constituent et fonctionnent les réseaux économiques, commerciaux et financiers, scientifiques et techniques, universitaires et intellectuels, à l’intérieur de ces espaces? Comment s’articulent et se différencient les espaces locaux, régionaux et national, se marque l‘appartenance à la „petite“ patrie et à la grande, se manifestent les processus d’assimilation et de différenciation, que celle-ci soit l’Etat territorial ou fédéral? Une nouvelle hiérarchisation de l’espace se met-elle en place et selon quelles modalités (un ou des centres, détermination de centres et de périphéries, revendications d‘autonomie...)? Quelles sont les résistances et les oppositions à ces processus de construction spatiale?
L’un des enjeux de notre enquête est d’essayer de se dégager de la „dimension tragique“ de la division rappelée par T. Nipperdey pour rappeler la complexité d’un espace germanophone qui ne se réduit pas à la logique séparatrice ou annexioniste entre territoires, mais se construit aussi sur des circulations et des réseaux extra-territoriaux, avec toutes leurs interactions positives et négatives.


PROGRAMME DU COLLOQUE

23 et 24 mai 2003, Palais Universitaire, salle Fustel de Coulanges

Vendredi 23 mai (matin)

9h. Ouverture des journées d’études.
Allocutions de FRANÇOIS-XAVIER CUCHE, président de l’université Marc-Bloch, et de BERNARD VOGLER, directeur du groupe de recherche sur la construction de l’espace centre-européen.
Présentation des journées d’études par CATHERINE MAURER.

ESPACE OUVERT, ESPACE FERME : LA QUESTION DES FRONTIERES

Président de séance : CHRISTIAN BAECHLER (professeur d’histoire contemporaine de l’Allemagne à l’université Marc Bloch).

BERNHARD STRUCK (Berlin, Zentrum für vergleichende Geschichte Europas) :
Espace ouvert, „Kultur“ et nation. La perception des frontières franco-allemandes et germano-polonaises dans les récits des voyageurs allemands 1750-1850.

MORGANE LABBE (Paris, EHESS, CRIA) :
Les frontières de la nation allemande dans l’espace de la carte et du tableau statistique.

11h. Pause

THOMAS SERRIER (Paris, Université Paris-VIII) :
Les imaginaires sociaux dans la cristallisation de la frontière germano-polonaise au XIXe siècle.

CHRISTIAN PLETZING (Lübeck, Academia Baltica) :
"Preußisches Nationalgefühl": Der preußische Staatspatriotismus und der deutsch-polnische Konflikt in Ost- und Westpreußen 1830-1871.

12h30-14h30. Pause déjeuner

Vendredi 23 mai (après-midi)

CONSTRUIRE L’ESPACE : ÉDUCATION ET CONFESSION


Président de séance : MICHEL FABREGUET (professeur d’histoire contemporaine à l’université Robert Schuman Strasbourg III).

14h30. MARIE-EMMANUELLE REYTIER (Institut d’Histoire du Christianisme, universités Lyon-II et Lyon-III) :
Les Katholikentage et la construction d'un espace religieux catholique germanophone (1848-1933).

ELIGIUSZ JANUS (Marbourg, Institut Herder) :
Territorium, Ethnizität, Konfession. Das Grossherzogtum Posen und die Erzdiözesen Gnesen-Posen im preußischen Staatsverband (1815-1867).

16h. Pause

MONIQUE MOMBERT (Strasbourg, UMB, Département d’Etudes Allemandes) :
Le système éducatif allemand entre pluralisme et unité (autour de 1900).

Dîner en commun

Samedi 24 mai (matin)

DU NATIONAL AU LOCAL, DU CENTRE À LA PÉRIPHÉRIE : NIVEAUX D’ESPACE ET INTERACTIONS


Président de séance : MICHEL HAU (professeur d’histoire contemporaine à l’université Marc Bloch et membre senior de l’Institut Universitaire de France).

9h. JAY ROWELL (Paris, CNRS, CRIA) :
Les visites de souveraineté comme articulation du national et du local en France et en Allemagne à la veille de la guerre de 1914.

HUBERT KIESEWETTER ( Eichstätt, Université catholique) :
L’apport théorique de Walter Christaller à la recherche régionale.

10h30. Pause

FRANÇOIS IGERSHEIM (Strasbourg, UMB, UFR des Sciences Historiques) :
Réseaux intellectuels supra-régionaux et retombées régionales : les congrès strasbourgeois des grandes fédérations historiques et archéologiques allemandes (1870-1914).

GILLES BUSCOT (Strasbourg, UMB, Département d’Etudes Allemandes) :
Les cérémonies strasbourgeoises de la (re)germanisation après 1870.

Conclusions des journées d’études (CHRISTINE LEBEAU, CATHERINE MAURER).

Pour toute information sur les journées d’études :
Catherine Maurer
Institut d’Histoire Contemporaine
Palais Universitaire
9, place de l’Université
67 0984 Strasbourg Cedex
tél : 03 88 25 97 71
e-mail : maurer@umb.u-strasbg.fr




Ces journées d’études ont pu être réalisées grâce au soutien de l’Université Marc Bloch, du Conseil Général du Bas-Rhin, de l’Equipe d’Accueil en Sciences Historiques 3400, de la Mission Historique Française en Allemagne et de l’Institut Universitaire de France.

Lieux

  • Strasbourg, France

Dates

  • vendredi 23 mai 2003

Mots-clés

  • Allemagne, espace, XIXe siècle

Contacts

  • Equipe d'accueil 3400 ~
    courriel : maurer [at] umb [dot] u-strasbg [dot] fr
  • université Marc Bloch (Catherine Maurer) ~
    courriel :

Source de l'information

  • Catherine Maurer
    courriel : catherine [dot] maurer [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les dynamiques spatiales dans l'aire germanophone », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 07 mai 2003, http://calenda.org/188081