AccueilThéologie et politique : les monarchomaques

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Publié le jeudi 22 mai 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Colloque du Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance organisé sous la direction de P.-A. Mellet Présentation : Le premier objectif de cette journée d’étude sera de mesurer la pertinence du terme générique de « Monarchomaque ». En effet

Annonce

Colloque du Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance organisé sous la direction de P.-A. Mellet

Présentation :


Le premier objectif de cette journée d’étude sera de mesurer la pertinence du terme générique de « Monarchomaque ». En effet, il s’applique autant aux protestants (Brutus, Bèze) qu’aux catholiques ligueurs (Dorléans, Rose), et aux Français (Hotman, Boucher) comme aux autres Européens (Knox, Mariana). Ne peut-on pas lui opposer une répartition confessionnelle séparant ligueurs et protestants ? Ne doit-on pas, d’autre part, faire apparaître de différence idéologique entre protestants anglais et calvinistes français ? Enfin, ne faut-il pas introduire des distinctions nées de contextes différents ?

Le deuxième objectif de cette journée d’étude sera d’analyser la pertinence d’une approche « événementielle » de ces auteurs. En effet, l’histoire des guerres de religion vise surtout à souligner la radicalisation des théories politiques protestantes après la Saint-Barthélémy (4ème et 5ème guerres), puis leur recul après 1584. Le traité monarchomaque n’occupe alors qu’un espace de contestation circonstancielle, et se rapproche du pamphlet. Doit-on se limiter à ce « St Bartholomew day trauma thesis » (R. Giesey) ? Que penser du rapprochement entre monarchomaques protestants et « Malcontents » à partir de 1574 ? Quelle place consacrer aux biographies individuelles dans l’étude des théories politiques ? Quelles distinctions faire entre ces traités savants et la littérature pamphlétaire ? Comment mesurer leur impact dans les assemblées protestantes du Midi ?

Le troisième objectif de cette journée d’étude sera de tenter de répondre à une aporie théorique. L’histoire des idées politiques ne consacre en effet que de rares mentions aux monarchomaques. Et dans ce cas, elle conduit surtout à dégager leur innovation conceptuelle : l’invocation d’un contrat unissant le prince et ses sujets, l’appel à une résistance armée orchestrée par les magistrats, le principe de l’élection du roi par le peuple ou les Etats. Mais cette approche conduit alors à leur rechercher des prédécesseurs à l’époque médiévale, ou des successeurs aux XVIIème et XVIIIIème siècles. Il s’agira de montrer que les Monarchomaques occupent une place à part dans l’histoire des idées politiques. Ils ne constituent en effet ni les derniers soubresauts de la pensée scolastique, ni de lointains ancêtres des révolutionnaires de 1789. Mais ils ne se réduisent pas non plus dans le schéma de la lente sécularisation de l’Etat : théologie et politique sont dans leurs théories intrinsèquement liées.

Le quatrième objectif de cette journée d’étude est de dégager des axes de mesure de la diffusion de ces ouvrages et de ces idées à l’échelle de l’Europe. Considérés longtemps comme porteurs d’un projet politique abstrait, les monarchomaques protestants ont surtout fait l’objet d’études thématiques et théoriques. Mais leurs ouvrages ont connu des éditions multiples et une diffusion européenne. Ils se sont inscrits dans un contexte général de développement de l’écrit, et dans un réseau européen protestant organisé autour de Genève. De plus, ils possèdent une force persuasive qui dépasse le seul cadre du lectorat français calviniste. En prenant en compte les analyses des historiens du livre, il faut s’interroger sur leur circulation. En intégrant l’apport de l’étude des éditeurs européens, il faut se pencher sur l’évolution de leurs éditions. Enfin, en s’appuyant sur les linguistes et les historiens de la lecture, il faut questionner leur vigueur argumentative.

Programme :


-9h 00 : Accueil au CESR.

-9h 15 : Ouverture et présentation.

Direction des débats : Arlette Jouanna

-9h 30 : Cornel Zwierlein (doctorant, CESR / Munich) :
« La loi de Dieu et l’obligation à la résistance : de Florence à Magdebourg (1500-1550) ».

-10h 15 : Thierry Ménissier (Université de Grenoble) :
« Les relations entre l’autorité spirituelle et l’autorité politique chez Machiavel, Bodin et les Monarchomaques ».

-11h 15 : Robert M. Kingdon (Université de Wisconsin-Madison) :
« Théodore de Bèze : était-il vraiment « monarchomaque » ? ».

-12h 00 : Paul-Alexis Mellet (doctorant, CESR) :
« Nouveaux espaces et autres temps : le problème de la Saint Barthélémy et l’horizon européen des Monarchomaques ».


Direction des débats : Robert Kingdon

-14h 15 : Hugues Daussy (Université du Mans) :
« Déconfessionnaliser pour convaincre : les théories monarchomaques comme instrument politique ».

-15h 00 : Arlette Jouanna (Université de Montpellier) :
« Capituler avec son prince : la question de la contractualisation de la loi au XVIème siècle ».

-16h 00 : Isabelle Bouvignies (doctorante, ENS Lyon) :
« Les théories de la souveraineté des monarchomaques huguenots et de Jean Bodin ».

-16h 45 : Clôture.

Lieux

  • Tours, France

Dates

  • mercredi 28 mai 2003

Contacts

  • CESR #
    courriel : cesr [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Théologie et politique : les monarchomaques », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 22 mai 2003, http://calenda.org/188120