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Publié le jeudi 24 juillet 2003 par Marin Dacos

Résumé

Programme des communications : Les Pères de l'Eglise et les femmes - 6 et 7 septembre 2003 - La Rochelle. I - La genèse du projet. Elle se trouve au point de rencontre de plusieurs réseaux ayant tous des intérêts du côté de la lecture des Pères

Annonce

Programme des communications : Les Pères de l'Eglise et les femmes - 6 et 7 septembre 2003 - La Rochelle.

I - La genèse du projet.

Elle se trouve au point de rencontre de plusieurs réseaux ayant tous des intérêts du côté de la lecture des Pères de l'Eglise tant sur le plan historique que spirituel.

La question a été posée de savoir comment transmettre et rendre accessible à un plus grand nombre le trésor et la pertinence de la Tradition patristique, non pas comme le vestige de l'âge d'or d'une chrétienté révolue, mais comme la trace d'une interaction féconde entre culture et Evangile qui invite à prendre parole aujourd'hui.

Il s'agissait dès lors de demeurer attentif à l'expression d'une fidélité créatrice qui entendait conjuguer le legs de la première communauté chrétienne avec l'accueil des valeurs essentielles de l'Antiquité païenne.

Dans cette tradition " en travail ", nous nous proposons d'observer plus particulièrement ce mode de relation nouveau qui s'instaure d'une façon paradoxale entre les leaders de communautés chrétiennes (Pères de l'Eglise) et les femmes de leurs congrégations.

II - L'enjeu du projet.

En sollicitant le partenariat de l'Université de La Rochelle, nous avons souhaité que des chrétiens en tant que tels, en fonction de leur formation, de leur domaine de recherche et/ou d'intérêts intellectuels, participent ou même initient le débat dans le monde universitaire, et cela avec des chercheurs venant de tout horizon confessionnel ou agnostique.

Ensemble, il s'agira de repérer et d'explorer la fécondité pour aujourd'hui de l'héritage patristique. Pour cela, le colloque de La Rochelle sera articulé sur deux axes : une thématique proprement universitaire (historique et patristique) avec son cycle de conférences propres (le samedi), et une thématique plus théologique, le dimanche, qui portera sur la nature de l'accompagnement spirituel.

Le diocèse de La Rochelle est partie prenante de la réalisation de ce colloque avec le relais de l'Association " Histoire et Culture ". Du côté de l'Université de La Rochelle, le projet est porté principalement par les historiens du Droit concernés par les perspectives d'un vivre-ensemble toujours à renégocier.

III - Le thème du colloque : les Pères de l'Eglise et les femmes.

La question des relations entre les Pères de l'Eglise et les femmes se détache sur un horizon historique riche de potentialités et de fragilités et qui, né de la rencontre de la culture gréco-romaine et du christianisme va donner corps pour de longs siècles à l'histoire du monde occidental. Ce legs sera tout particulièrement important dans le domaine des relations hommes/femmes dont notre culture contemporaine est encore toute imprégnée.
La diversité des communications du colloque de La Rochelle s'efforcera ainsi de mettre en lumière comment à une époque de grandes incertitudes tant culturelles que politiques, la mise en place de nouveaux modes de pensée issus des petites diasporas chrétiennes, a pu favoriser - ou non - une réelle promotion de la femme gréco-romaine, lui permettant en particulier de prendre la parole ou bien de s'affirmer comme une personne autonome.

Le colloque se propose aussi de voir dans quelles conditions et pour quelles raisons les responsables d'Eglise essaieront aussi de cantonner les femmes dans une position subalterne quand ils ne les conduiront à exister à la marge voir dans l'hérésie. Cette tendance patriarcale fut-elle si majoritaire ou refléterait-elle d'abord les aspirations de quelques pasteurs dont nous avons conservé les écrits ?

Des hommes dans l'Eglise ont aussi œuvré à une promotion de la femme, réellement désirée en tant que telle parce que selon la parole de l'apôtre Paul " Il n'y a plus ni homme ni femme dans le Christ ". À leurs côtés se trouvent des femmes qui ont alors souvent rendu possible, en raison de leur personnalité charismatique ou de leur rang social, l'émergence d'un nouveau type d'autorité ecclésiale à qui la tradition ultérieure donnera le nom de " Pères de l'Eglise ". Autrement dit, peut-il y avoir des Pères de l'Eglise sans " mères " ?

Pour mener à bien cette tâche portant sur une répartition nouvelle (et souvent occultée) des relations entre hommes et femmes à la source d'un imaginaire social et religieux toujours pérenne, il nous est apparu nécessaire de réunir des historiens, des patristiciens et des théologiens ayant déjà une longue familiarité de ces questions à l'interface du social et du spirituel. En effet, il s'agira de relever en particulier dans ce champs d'investigation que représente l'Antiquité Tardive ce qui relève de la tradition antique, des structures sociales, de l'histoire des mentalités, et de ce qui a été induit plus spécifiquement par le fait chrétien.

Ce colloque voudrait enfin montrer, par sa diversité scientifique, que les considérations d'ordre anthropologique et spirituel, loin d'être antagonistes, sont complémentaires. Elles invitent en effet à penser et à mettre en jeu des conditions d'un vivre-ensemble à la fois hospitalier et respectueux de l'altérité, dans un monde pluri-culturel et pluri-religieux. Cette réflexion ne peut-elle pas nous aider aujourd'hui, à mieux comprendre notre société qui évolue elle aussi, comme l'Antiquité Tardive, dans un monde de grandes mutations, pour que s'élabore un nouveau vivre-ensemble où tous trouveront leur place ?

IV - Déroulement du colloque.

Le colloque débutera le samedi 6 septembre à 9 h 00 dans les locaux de la Faculté de Droit de La Rochelle. Après l'ouverture de la session par le Doyen de la Faculté de Droit suivie de cinq communications générales le matin, les travaux reprendront à 14 h 30 avec des interventions plus thématiques données en deux lieux distincts (voir programme).
La journée du samedi se terminera vers 18 h 00. Il sera donné un concert classique en lien avec le thème du colloque à 21 h 00 à l'église Notre Dame de La Rochelle qui, de Milan à Monserrat, nous permettra de goûter à travers antiennes, hymnes et cantiques les plus beaux chants célébrant la Vierge.

La séance du dimanche matin se tiendra au Centre Jean-Baptiste Souzy et sera ouverte, à 9 h 00, par Mgr Pontier, évêque de La Rochelle. Elle comprendra quatre communications sur le thème de l'accompagnement spirituel aujourd'hui (voir programme). La matinée se terminera pour ceux qui le souhaiteront par une eucharistie présidée par Mgr Pontier à la chapelle du Centre Jean-Baptiste Souzy.

Une exposition-photos organisée par la revue " Le Monde de la Bible " sur les femmes au temps des Pères de l'Eglise sera mise en place du 18 août au 5 septembre dans le cloître du Centre Sainte Eustelle au cœur de la ville de La Rochelle, puis à la maison diocésaine de Saintes jusqu'au 9 octobre.

Les Etudes Augustiniennes assureront la publication des actes du colloque que les participants pourront réservés à l'issue de ces deux jours.


Comité scientifique
M. Jean-Marie AUWERS, Professeur, Faculté de théologie de Louvain La Neuve, Grand Place, 45 B - 1348 LOUVAIN LA NEUVE. Belgique.
Mme. Monique ALEXANDRE, Professeur émérite de l'Université de Paris IV - Sorbonne, 3 rue Gabriel Péri 92120 MONTROUGE.
Mme. Martine DULAEY, Directeur d'études, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Parie IV Sorbonne, 3 rue du Parc Blanc 78480 VERNEUIL.
M. Yves-Marie DUVAL, Professeur émérite, Université de Paris X - Nanterre, 9 boulevard Verd de St Julien, 92190 MEUDON.
M. Pierre JAY, Professeur émérite, Université de Rouen, 8 square Kennedy, 76130 MONT- SAINT-AIGNAN.
Dom Jean-Pierre LONGEAT, Père abbé du monastère de Ligugé, Abbaye de Ligugé, 2 place du RP Lambert, 86240 LIGUGE.
Mme. Luce PIETRI, Professeur émérite, Université de Paris IV - Sorbonne, 14 square Adamson 75005 PARIS.
M. Hervé SAVON, Professeur honoraire, Université libre de Bruxelles, 52 rue Leibniz, 75018 PARIS.
P. Jean-Nicolas SED, o.p., Directeur des Editions du Cerf, 29 bis rue de la Tour Maubourg 75007 PARIS.
Renseignements et inscription :

http://eutropius.free.fr

Association "Histoire et culture" 21 rue du 19 mars 1962 - 17300 Rochefort. Tel. : 05 46 99 22 18
Email: colloque.patr.fem@wanadoo.fr
Droits d'inscription :
Pour les 3 demi-journées : 20 €
Pour la journée du samedi : 15 €
Pour la matinée du dimanche : 10 €
Demi-tarif : étudiants et demandeurs d'emploi
Possibilité de réservation repas - Envoi possible d'une liste d'hôtels.

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Journée du samedi 6 septembre

Jérôme ALEXANDRE (Institut Catholique), "Tertullien et la différence sexuelle".
Résumé.
Contrairement à une idée largement répandue, il apparaît que Tertullien a eu une idée positive des femmes, de la sexualité et du mariage, ce que soupçonnait déjà l'exégète Jean Steinmann. Cette position se dévoile en particulier dans sa théologie anti-marcionite qui apparaît comme une réaction vigoureuse à la dépréciation de la sexualité et donc finalement des femmes.

Monique ALEXANDRE (Professeur émérite de l'Université de Paris IV - Sorbonne), "Faire le point sur la place des femmes auprès des Pères de l'Eglise".
Résumé.
L'émergence de ce champ d'études, la " matristique " (Kari Borresen) est relativement récente, étroitement liée à l'essor de " l'histoire des femmes " en général. Bien des raisons peuvent avoir joué ici, le développement de l'histoire sociale, de l'histoire des mentalités, celui des mouvements féministes, entraînant la constitution de " Women's Studies ", en particulier dans les pays d'Europe du Nord, aux Etats-Unis, mais aussi des préoccupations religieuses et existentielles. Comment cerner le rôle des femmes dans la famille, la société, l'Eglise ? Certes les modèles anciens ne peuvent être directement imités, mais ne peuvent-ils fournir quelques bases de réflexion, quelques précédents transposables ?

Philippe BLAUDEAU (Université de Créteil), "Les augustae garantes de la continuité de la politique religieuse impériale ? Regard sur l'engagement respectif de Pulchérie et d'Eudocie dans la controverse christologique (448-156)"
Résumé
Le déclenchement de la polémique autour des convictions de l'archimandrite Eutychès (448) s'accompagne d'une intervention marquée de l'empereur Théodose II. Sa préférence pour la ligne défendue par Dioscore d'Alexandrie s'exprime sans réserve et ne varie nullement jusqu'à sa mort accidentelle (juillet 450). Or, dernier descendant mâle de la dynastie théodosienne, le basileus disparaît alors que la situation religieuse reste fort agitée, au point que Pulchérie et Eudocie, respectivement sœur et épouse de Théodose qui ont été tenues à l'écart des décisions prises par le souverain, apparaissent bientôt comme les figures emblématiques des deux camps opposés. Causée par des considérations personnelles, l'implication de ces deux augustae dans le développement de la controverse est cependant indissociable des liens qui les unissent au souverain défunt. Aussi doivent-elles signifier chacune qu'elles assurent par leur choix une certaine continuité de la politique religieuse décidée, un temps au moins, par Théodose. C'est cette délicate mise en perspective du motif de fidélité à une représentation idéale de l'Eglise impériale censée caractériser la première moitié du Ve siècle que nous nous proposons d'examiner ici en interrogeant des sources partisanes d'une grande richesse.

Catherine BROC-SCHMEZER (Université de Bordeaux), Les femmes de la Bible, reflet de l'évolution de Jean Chrysostome.
Résumé
Le commentaire que fait occasionnellement Jean Chrysostome sur les femmes de la Bible permet de suivre l'évolution de sa pensée sur les femmes et sur leur rôle dans la société et dans l'Eglise : la figure biblique demeure, mais le contexte - historique, social, ecclésial - et l'expérience du prédicateur changent et l'amènent à modifier son discours. C'est cette évolution que nous tenterons de saisir au travers de quelques exemples.

Aline CANELLIS (Université de Lyon II- Louis Lumière), "Les figures féminines dans la prédication de Zénon de Vérone".
Résumé
Zénon de Vérone est le premier évêque occidental (IVE s.) dont nous ayons conservé un ensemble de sermons, les Tractatus, même si la date de rédaction de ces homélies est encore discutée.
Les figures féminines de l'Ancien Testament surtout occupent une place importante dans l'exégèse typologique de Zénon, antérieure à l'exégèse " scientifique " qui se répandra bientôt en Occident grâce à Ambroise, Jérôme et Augustin.

Guerric COUILLEAU (Abbaye de Bellefontaine), Evagre et la direction spirituelle des moniales.
Résumé
C'est sous l'influence négative et positive de deux femmes, qu'Evagre va devenir lui-même, qu'il passera de la théorie oratoire à la pratique et de la pratique à la théorie contemplative. C'est donc d'abord dans sa vie et dans ce qu'il laisse percevoir de sa psychologie qu'on peut soupçonner le regard qu'il porte finalement sur le monde féminin. En analysant la fonction qu'il attribue au "gnostique", l'expérience de fils et de père, de disciple et de maître, dont témoignera la Vie, sa correspondance et les sentences à une vierge, on a des chances, on espère avoir un écho de son expérience spirituelle traduite en termes relationnels.

Michel COZIC (Université de Poitiers), "Le liber ad Gregoriam, Un traité de morale conjugale original au Ve siècle ?"
L'auteur présumé, Arnobe le jeune, moine d'origine africaine réfugié à Rome, répond aux questions existentielles d'une riche matrone chrétienne demandant aide et conseils pour ses déboires conjugaux et son espoir de bonheur céleste. Face en effet à un mari présenté comme violent, l'auteur la rappelle à ses devoirs d'épouse et de maîtresse de grande maison. Il lui montre aussi qu'une sainte vie de couple est possible, même dans un contexte ecclésial tendant à valoriser surtout la virginité et la vie ascétique, à une époque de grande intensité spirituelle et intellectuelle. Nous voudrions montrer, en tenant compte de ces paramètres, que le Liber ad Gregoriam apparaît comme un bel hommage aux femmes et comme un vrai traité de morale conjugale chrétienne.

Pascal DELAGE (Séminaire de Bordeaux), "Dames d'Aquitaine en quête de directeur spirituel."
Résumé
Une documentation exceptionnelle nous fait connaître le monde des notables d'Aquitaine à la fin du IV° siècle, les femmes y apparaissent jouir d'une certaine liberté d'action et de pensée qui se manifeste, entre autre, par l'adhésion à des courants spirituels chrétiens plus ou moins orthodoxes. Par une approche prosopographique, il nous appartiendra de voir comment un christianisme pluriel a - ou non - précédé ou accompagné cette émancipation des femmes " bien-nées ", et quelles formes concrètes cette affirmation de soi a pu revêtir tant sur le plan social que religieux.

Vincent DESPREZ (Abbaye de Ligugé), "Les femmes et les Abba d'Egypte."
Résumé
Outre les figures mieux dessinées telles Synclétiques et les sœurs de fondateurs (Antone, Pachôme, voire Cassien et Augustin), on revisitera certaines héroïnes de Pallade et d'autres récits, et les destinataires des documents adressés aux vierges par Athanase.

Benoît GAIN (Université de Grenoble), "Saint Basile, misogyne ?"
Résumé
Moraliste sévère, peu sensible à la spécificité féminine, muet sur ce qu'il doit aux femmes de sa famille : l'évêque de Césarée a mauvaise réputation. Le jugement de savants contemporains n'est-il pas à nuancer à l'aide de quelques lettres et en faisant appel à son expérience pastorale ?

Benoît JEANJEAN (Université de Brest), L'exploitation littéraire de l'épisode de Susanne (Dan. 14,30-40) dans la lettre I de saint Jérôme.
Résumé
Dans sa lettre I, adressée au prêtre Innocent, saint Jérôme fait le récit d'un épisode miraculeux contemporain : une femme faussement accusée d'adultère est condamnée à mort, malgré ses dénégations et ses prières. Cependant les coups du bourreau ne parviennent pas à la mettre à mort et il faut l'intervention d'un second tortionnaire pour exécuter la sentence. Mais la mort n'est qu'apparente et la femme est finalement ramenée à la vie. Ce récit apparenté aux récits des martyres manifeste la dette de Jérôme à l'égard de la culture littéraire profane, mais il témoigne aussi de son attachement à la Bible, puisque l'écrivain emprunte à Daniel 14, 30-40 la trame narrative de sa lettre. L'épisode de Susanne faussement accusée par les vieillards prend ainsi une double dimension sous la plume de Jérôme en devenant à la fois modèle littéraire et prophétie du martyre contemporain.

Patrick LAURENCE (Université de Tours - François Rabelais), "Les Lettres d'Eutrope à Cerasia."
Résumé
Fin du quatrième siècle, début du cinquième, le prêtre Eutrope envoie quatre lettres à une femme noble du nom de Cerasia. La première répond à la demande de conseil de cette dame qui, avec sa sœur, vient d'être déshéritée par son père. La seconde est une exégèse chrétienne de la circoncision. La troisième est une méditation sur l'homme et sur ce que doit représenter son idéal. La quatrième et dernière s'interroge sur les souffrances de l'humanité.
Mais il existe un point commun entre ces lettres : toutes quatre traitent de l'ascèse chrétienne, constituée par le renoncement au monde, à ses richesses et à ses plaisirs : c'est dans cette voie que s'était engagée Cerasia, et la correspondance d'Eutrope nous invite à comprendre comment ce prêtre envisage le mode de vie monastique pour une femme noble, et quels sont les présupposés, mais aussi les conséquences de tels conseils.

Denis LENGRAND (Centre de Recherches sur l'Antiquité Tardive et le Haut Moyen-Age René Ginouves), "L'évêque d'Hippone et les femmes."

Goulven MADEC (Etudes Augustiniennes), "Augustin et les femmes."
"… Bien qu'il partageait le préjugé commun, invétéré, sur l'infériorité de la femme… je ne crois nullement qu'Augustin ait eu du mépris pour les femmes, " nos sœurs "…(Goulven Madec dans Le Dieu d'Augustin. p. 9). En lisant les lettres d'Augustin à ses correspondantes, on peut voir qu'il est moins misogyne que ne le dit sa réputation. Il montre un grand respect pour ces femmes. Quant à Monique, elle est davantage du type " mama " méditerranéenne que " mère abusive ".

Philippe REGERAT (Maître de conférences en Histoire ancienne, Centre de recherche Lenain de Tillemont), "Le Saint et les femmes " bien nées " Séverin de la cité de Favianis au tombeau de Lucullanum."
Résumé
Dans la Vie de Séverin sont mentionnées deux femmes de haute naissance qui entrèrent en relation avec l'homme de Dieu (vir Dei) : la première est Procula (nobilissimis orta natalibus, " de très haute naissance ", ch. 46, 1-2). Les deux femmes ont en commun d'être veuves et riches ; mais l'une garde ses richesses pour elle (pis, elle cache ses réserves de blé en temps de disette, à Favianis), l'autre, au contraire, les met à la disposition de la communauté monastique réfugiée en Italie, puisqu'elle accueille les exilés sur son domaine de Castellum Lucullanum et fait inhumer le corps de Séverin dans le mausolée qu'elle y avait fait construire. De la même manière, l'une fournit à Séverin l'occasion d'une exhortation à la charité (rapidement suivie d'effet), l'autre donne l'exemple d'un acte de dévotion (religiosa devotio, chj. 46, 2) spontané à l'égard du saint. Deux figures antithétiques à première vue, mais que rapproche l'expérience de la conversion.

Aline ROUSSELLE (Professeur émérite de l'université de Montpellier), "La fuite des femmes par les Pères de l'Eglise."
Résumé
Une trop grande proximité entre les hommes et les femmes, même consacrées, ne fut jamais bien vue des pasteurs. Jean Chrysostome a consacré un traité célèbre à ces cohabitations suspectes. Mais déjà au milieu du III° siècle, Cyprien de Carthage dans sa Lettre 4 met en garde contre " ces rapprochements illicites et dangereux " qui font la douleur du pasteur.

Hervé SAVON (Professeur honoraire à l'Université libre de Bruxelles). "Saint Ambroise et les femmes."
Résumé
Deux sources principales : les œuvres d'Ambroise (surtout les Lettres et les écrits destinés aux vierges consacrées) ; la première biographie d'Ambroise, par le diacre Paulin, qui fut son secrétaire. Au commencement, il y a la relation d'Ambroise et de son frère Satyrus avec leur sœur aînée Marcelline, qui avait reçu le voile d'épouse du Christ des mains du pape Libère et qui menait dans le Palazzo familial à Rome une vie simple et frugale, consacrée à la prière, à la lecture de la Bible et à l'aumône. C'est cet exemple - reflet lui-même de la figure idéale de Marie - qu'il propose aux vierges consacrées dans plusieurs traités. Cette vie austère, mais harmonieuse, apparaît parfois dans ces exhortations comme une libération des servitudes de la vie conjugale. À l'opposé, mais en mineur, il y a la femme hantée par la volonté de puissance, dont le modèle est fourni par l'impératrice arienne Justine qui engagea contre Ambroise une lutte implacable, et fut la mauvaise conseillère de son jeune fils, comme Eve l'avait été d'Adam et la femme de Job de son irréprochable époux. Car pour Ambroise toute relation humaine ne trouve son sens que lorsqu'elle est interprétée à la lumière de son archétype biblique.

Françoise THELAMON (Professeur à l'Université de Rouen), "Un modèle féminin chez les historiens du IV° et V° siècle : la souveraine chrétienne."


Journée du dimanche 7 septembre.

Hélène FEISTHAMMEL (Congrégation Romaine de Saint Dominique), "À l'école de saint Dominique."

Claude FLIPO (Centre Sèvres), "L'accompagnement spirituel ignatien dans la Tradition reçue et vécue depuis les origines de l'Eglise."
Résumé
L'accompagnement spirituel ignatien, basé sur la pratique des exercices spirituels, est une aide au discernement spirituel en vue de chercher et de trouver le vouloir de Dieu dans la disposition de sa vie. Il vise l'intégration de tout l'humain dans une vie selon l'Esprit, à travers des décisions concrètes. Cet accompagnement s'appuie à la fois sur les repères du discernement venant de la tradition chrétienne et sur l'écoute de la personne : relire sa vie pour y lire Dieu.

Philippe NOUZILLE (Abbaye de Ligugé), "L'accompagnement spirituel aujourd'hui selon la tradition monastique."
Résumé
À travers une étude des textes de cette tradition, l'exposé veut montrer que, dans le cadre particulier de la vie monastique, l'accompagnement spirituel s'exerce comme paternité spirituelle, délivrant une parole de salut, et qu'il est le fait d'anciens en qui on reconnaît le Christ et qui sont aptes à rétablir dans une attitude filiale à l'égard de Dieu ou à faire grandir une telle attitude.

Annie WELLENS (Libraire Puits de Jacob), "Le livre, accompagnateur spirituel ?"
Résumé
Les " livres " (papyrus, parchemin, codex …) firent très tôt partie de la tradition chrétienne (Bible, textes des Pères, rituel de l'ordination des " lecteurs " …) La " Lectio divina ", lecture privée de l'Ecriture, connut des siècles d'apogée, puis s'affadit en " lecture pieuse " pour nombre de pratiquants. Aujourd'hui, on redécouvre qu'en écoutant sans les forcer ni les actualiser sauvagement, les textes qui nous précédent, leurs lecteurs gagnent en liberté et en créativité spirituelles. Qu'il soit prière ou étude, " l'acte de lecture " construit la demeure intérieure.



Plus d'informations sur le site :
http://www.univ-nancy2.fr/HistoireduDroit/Congres.html

Catégories

Lieux

  • La Rochelle
    La Rochelle, France

Dates

  • samedi 06 septembre 2003

Contacts

  • Association "Histoire et culture" ~
    courriel : colloque [dot] patr [dot] fem [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les pères de l'Eglise et les femmes », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 24 juillet 2003, http://calenda.org/188242