AccueilLes Siècles des Socialismes. Perspectives Européennes

Les Siècles des Socialismes. Perspectives Européennes

Colloque international - Dijon, 27-28-29 novembre 2003

*  *  *

Publié le mardi 30 septembre 2003 par Anne Gentil-Beccot

Résumé

Des deux derniers siècles européens, le socialisme est un point commun, un ferment d’identité. Du siècle en cours, il est partie prenante. Il appose sa marque sur les siècles. Au XIXe siècle, force montante, d'invention, réprimé, dénié, le socialisme devi

Annonce

Des deux derniers siècles européens, le socialisme est un point commun, un ferment d’identité. Du siècle en cours, il est partie prenante. Il appose sa marque sur les siècles. Au XIXe siècle, force montante, d'invention, réprimé, dénié, le socialisme devient dans nombre de pays européens en un double mouvement, vecteur d'intégration politique et élément de contestation de l'ordre social. La guerre de 1914-1918 rompt ce balancement avec l'alignement politique et social du socialisme majoritaire sur l'ordre des sociétés en guerre. Union sacrée, Burgfriede témoignent de ce passage, même si certains partis socialistes restent pacifistes comme le Bund. L'émergence d'un socialisme minoritaire exprime la première rupture importante au sein de courant émancipateur puisque le désaccord ne se fait plus sur les fins et les moyens, mais sur la manière dont s’articulent un passé renié, un présent de trahison et un avenir impossible dans le cadre de l’unité socialiste. L’érection de la contestation en mouvement autonome après les révolutions russes sous le nom de communisme témoigne de l’importance de la période. Après la séparation, après la scission, le socialisme européen modifie sa pesée sur les sociétés nationales par la valorisation du politique dans son action sous l'effet de la concurrence communiste, de l'expérience de la guerre. En ce sens, les institutions politiques deviennent un des principaux lieux d'expression de l'identité socialiste. Le rapport à l'Etat change et le pouvoir est un objectif partagé suivant les modalités particulières de chaque système politique national. Cette description se nuance des effets des contextes extérieurs sur le socialisme. Pacifisme, antifascisme, planisme constituent des phénomènes divers appelant des réponses différentes suivant les espaces concernés. Dans la diversité des réponses naissent des clivages à l'intérieur des partis, entre sections nationales, au sein de l'IOS. La Seconde Guerre mondiale rompt le déséquilibre. Luttes anti-nazie, anti-totalitaire donnent au socialisme européen une unité plus grande autour de la démocratie devenue valeur, de l'Europe devenue horizon, de la société acceptée comme cadre de sa nécessaire réforme. Cette homogénéisation suppose la lecture des organisations nationales au sein de trois temporalités différentes liées au parti, à la politique nationale, à l'intégration européenne, mais aussi au contexte de guerre froide et de décolonisation. Le parcours séculaire du socialisme interroge sa permanence comme courant politique multiforme. Ainsi, il est mouvement d’idées et s’exprime dans des organisations aux formes variées, partis, Internationales, sociétés, clubs, mais aussi associations d'élus et syndicats, etc. Cette diversité fait du socialisme un objet à la croisée de plusieurs types d'histoire, de plusieurs types d'approches dont chacune conserve sa pertinence. Saisies culturelle, politique, sociale, s'épaulent pour cerner les différentes facettes du socialisme, énoncer les singularités, décrire les ruptures, souligner les permanences, aborder ses représentations. De ces confrontations, de ces comparaisons, de la diversité des abords, le pluriel rend compte : il sera donc question des socialismes. A quelles périodes ? Deux moments apparaissent importants pour constituer une histoire comparée : - Les moments d’origine, les moments où se constitue le socialisme comme mouvement, comme utopie, comme organisation. Il ne s'agit pas tant de reconstituer des généalogies, de retracer des filiations que de mettre à jour les conditions d'émergence des socialismes. L'analyse peut porter sur un événement interne, un congrès, une réunion, une relation avec un phénomène de longue durée, être liée aux modifications radicales des sociétés, des systèmes politiques. Ces moments d'origine sont des instants privilégiés pour mettre en relief les conditions de concurrence, de complémentarité, d'affrontement avec les autres forces sociales et politiques, mais aussi de filiations. - Le moment de la transmission et de la représentation du socialisme comme patrimoine. Sont attendus ici des éléments de réflexion sur les traces du socialisme, sur la manière dont les socialistes perçoivent le patrimoine national, régional, folklorique. Il ne s'agit pas de participer à une liturgie patrimoniale, de muséifier l'histoire, mais de donner sens aux traces multiples laissées par les socialismes dans les paysages, les institutions. Tout comme le patrimoine idéologique, le référentiel et ses évolutions, ses mises en scène et ses usages tant au niveau des partis nationaux, qu'au sein des formes d'organisations supranationales. A quelles échelles ? Tant l’actualité que la méthode appellent une approche où se combinent les différentes échelles, internationales, européennes, nationales, voire locales. Pour clarifier le débat, il est nécessaire de poser les prémices d’une réflexion sur la manière dont les socialistes envisagent l’Europe comme utopie, puis projet, comme institution et comme forme de gouvernance au fil du temps. Cependant, cette réflexion ne saurait se conduire sans réfléchir sur la manière dont les différents socialismes structurent leur identité par rapport à leurs sociétés, à leurs systèmes politiques, à la nation ou aux nations constituant l’Etat dans lequel ils déploient leurs actions. Disséquer les territoires, les mettre en relation, s'interroger sur les lieux où se prennent les décisions participent d'une exigence aujourd'hui reconnue : l'appréhension des échelles pour considérer un espace politique spécifique. La diffraction du socialisme sur une multiplicité de niveaux, rend-elle compte à tout instant de l'activité socialiste ? N'y a-t-il pas des situations où les échelles disparaissent, s'effacent au profit d'une approche plus globale? Derrière ces jeux d'échelles, les réseaux doivent être aussi pris en considération comme la manifestation de solidarités particulières.

Les Siècles des Socialismes. Perspectives Européennes

Jeudi 27 novembre 2003

Amphi Mathiez – bât. Extension UFR Littéraires - 2, bd Gabriel

Accueil des participants 9 h. 30

Ouverture 10 h.
Par le président de l’université de Bourgogne
et Serge Wolikow, directeur de la MSH


L'INVENTION DES SOCIALISMES

Président : Denis Peschanski (CNRS)

Thème 1 : Genèse et geste socialiste : le regard historiographique.
Participants :
Fabrice d'Almeida (Université Paris X-Nanterre), La fonction politique des historiens socialistes
Vincent Chambarlhac (Université de Bourgogne), Le mouvement socialiste, l'écriture d'un mouvement ?


Thème 2 : De la modernité, posture et pratique
Participants :
Frédéric Moret (Université de Marne-la-Vallée) : Les socialismes et le fait urbain (France Royaume-Uni, XIXe siècle)
Loïc Rignol (Doctorant, Université Paris VIII), Socialismes et science sociale sous la monarchie de Juillet
Antony Todorov (Nouvelle université bulgare), La modernité du socialisme aujourd'hui dans les PECO
Maurizio Ridolfi (Italie), Elections et modernité politique dans le socialisme entre XIXe et XXe siècle

PATRIMOINE ET SOCIALISME, PATRIMOINE SOCIALISTE – 14 h. 30

Président : Jean François Sirinelli (IEP Paris)

Thème 1 : Socialisme et patrimoine : les usages du patrimoine
Participants :
Frédéric Cépède (OURS), Les usages du discours de Léon Blum à Tours
Vincent Duclert (EHESS), Les socialistes et le passé colonial : le cas algérien
David S Bell, Labour a hesitant socialism

Thème 2 : Les projets culturels socialistes.
Participants :
Philippe Poirrier (Université de Bourgogne), Les projets culturels et leurs réalisations : le cas du PS français
Pascale Laborier (Université d’Amiens), Les projets culturels socialistes et leurs réalisations en Allemagne
Axel Korner (Londres), Une politique culturelle de gauche - avant le socialisme municipal : Bologna après l'unification d'Italie

Table ronde :
CULTURE, SOCIABILITE, SOCIALISME.

Participants :
Animateur : Jean Vigreux (Université de Bourgogne)
Maurice Agulhon (Collège de France),
Pierre Lévêque (Université de Bourgogne),
Alain Bergounioux (Inspecteur Général).

Vendredi 28 novembre 2003 – 9 h.


EUROPE ET SOCIALISMES : APPROCHES PLURIELLES

Président : Pierre Lévêque (Université de Bourgogne).

Thème 1 : La possibilité d'une histoire comparée : le poids des partis.

Participants :
Michel Dreyfus (Université Paris I), Le socialisme français au regard des socialismes européens
Maurice Carrez (Université de Bourgogne), Y-a-t-il un modèle social-démocrate scandinave ?
Serge Wolikow (Université de Bourgogne), La dénégation des ressemblances PS-PC
Gilles Morin (Université Paris I), La figure de l'élu local socialiste
Alceo Riosa (Université Milan), Historiographie du socialisme en Italie
Jean-François Fayet, La SDKPiL: premier réseau socialiste, international et internationaliste


14 h. 30

Thème 2 : Identités, pratiques et sociologies socialistes

Président : Pascal Delwit (Université libre de Bruxelles)
Participants :
Michel Cordillot (Université Paris VIII), Socialisme et démocratie aux Etats-Unis : des idéaux politiques incompatibles ?
Edouard Lynch (Université Lyon II), Les socialistes et les paysans en Europe
Philippe Darriulat (Docteur en histoire), Le patriotisme : identité et pratiques socialistes
Thierry Hohl. (Université de Bourgogne), Le comité socialiste de propagande pour la défense nationale
Alexandre Courban (Doctorant, Université de Bourgogne), Un journal socialiste dans la Grande Guerre : l'Humanité
Michel Ralle (Université Paris IV), Identités et pratiques du socialisme espagnol
Michel Hastings (Lille), Social-démocratie suédoise ou le socialisme de la confiance

Samedi 29 novembre 2003 – 9 h. 30


Hôtel de Ville – Salle de Flore
Place de la Libération – 21000 Dijon

ENTRE MEMOIRE ET HISTOIRE : LE POIDS DES FONDATIONS SOCIALISTES ?

Président : Françoise Blum (CODHOS).
Discutant : Fabrice d'Almeida. Fondation Guy Mollet, OURS,

Lieux

  • Dijon
    Dijon, France

Dates

  • jeudi 27 novembre 2003

Mots-clés

  • Europe, socialisme

Contacts

  • Rosine Fry
    courriel : rfry [at] u-bourgogne [dot] fr

Source de l'information

  • Rosine Fry
    courriel : rfry [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Siècles des Socialismes. Perspectives Européennes », Colloque, Calenda, Publié le mardi 30 septembre 2003, http://calenda.org/188338