AccueilLes relations scientifiques franco-allemandes à l'épreuve du terrain nord-africain

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Publié le jeudi 23 octobre 2003 par Anne Gentil-Beccot

Résumé

Vieux rêve européen, la prise d’Alger en 1830 promet, en même temps que des occasions d’expansion vers de nouveaux territoires, de livrer à l’exploration et à la science du vi

Annonce

Vieux rêve européen, la prise d’Alger en 1830 promet, en même temps que des occasions d’expansion vers de nouveaux territoires, de livrer à l’exploration et à la science du vieux continent, de nouveaux terrains, au double sens du terme. Perçue comme le triomphe des Lumières sur l’obscurantisme, elle suscite tout d’abord un élan de sympathie à l’échelle continentale. Les Allemands, en particulier, sont alors fortement intéressés par cette nouvelle conquête, en tant que déversoir potentiel pour leur excédent démographique, et en tant que théâtre où ils pourraient affirmer et renforcer les pôles d’excellence scientifique (philologie, épigraphie, archéologie, ethnologie, etc.) qu’ils se sont préalablement constitués. Les Français regardent d’abord cet intérêt d’un œil bienveillant. Ils l’entretiennent même, sachant tout le bénéfice qu’ils peuvent en tirer (peuplement pour la colonisation, prestige, etc.). Pendant un temps, missionnaires, voyageurs, savants et même militaires sont donc accueillis, sans grande réserve. Mais au fur et à mesure que se cristallisent les rivalités entre les deux nations, les politiques protectionnistes tendent à limiter l’ouverture aux terrains de recherche que constituent les colonies. Dans le cas de l’Algérie, et bientôt de l’Afrique du Nord dans son ensemble, l’accès va en être de plus en plus âprement disputé aux savants allemands, pourtant reconnus et admirés par leurs pairs français.

Si la dimension politique des relations franco-allemandes en rapport avec la constitution d’empires coloniaux est bien connue, comme l’est aujourd’hui celle des transferts culturels en Europe même, l’histoire de la rencontre entre les traditions scientifiques de ces deux pays sur le terrain algérien puis maghrébin, à un moment crucial de l’histoire des sciences humaines, reste à faire. Pour y parvenir, il est indispensable d’approfondir notre connaissance de la production scientifique allemande sur l’Algérie et sur le Maghreb, qui est loin de se résumer à quelques œuvres marginales.

Afin de contribuer à ce travail de défrichement, nous nous proposons de réunir des spécialistes principalement allemands, français et maghrébins autour des axes suivants :

1. Savoirs non constitués, savoirs constitués

Il s’agira de faire un bilan de la connaissance de l’Afrique du Nord dans les pays germanophones, par des acteurs et des institutions ne relevant pas de la sphère académique : récits de voyageurs, de captifs, de diplomates, de religieux, etc., aussi bien avant qu’après l’occupation de l’Algérie, puis des autres pays du Maghreb. On cherchera à identifier les liens entre cette connaissance et la construction de savoirs académiques, les processus de constitution ou d’évolution des disciplines, les supports de transmission et de diffusion de la science, avec pour perspective une meilleure appréhension de ce qui s’opère dans l’interaction entre les dynamiques scientifiques allemande et française.

2. Enjeux scientifiques, enjeux politiques

On se demandera si, dans ces relations, les enjeux scientifiques ne se confondent pas forcément avec les enjeux politiques. Peut-on les identifier selon les disciplines, les contextes, les acteurs, les objets ? Quels éclaircissements peut-on attendre d’une histoire politique croisée des disciplines françaises et allemandes qui ont pris pour objet l’Algérie et le Maghreb ?

3. Effets du terrain et effets sur le terrain

On cherchera à comprendre l’impact de la transplantation ou de la transposition de relations complexes et multidimensionnelles sur un terrain tiers, le Maghreb. On s’interrogera sur ce que ce terrain induit comme transformations de ces relations et on examinera les effets de retour. On sera donc attentif aux sociétés nord-africaines comme acteurs en puissance et partenaires tiers de ces relations de transferts entre science française et science allemande.

Les délais pour la réception de vos intentions de communication à ce colloque qui se tiendra à l'EHESS, 96 Bd Raspail, 75006 Paris, du 30 septembre au 2 octobre 2004, coordonné par Ahcène Abdelfettah (Université d’Alger), François Pouillon (CHSIM/EHESS) et Michael Werner (CRIA/EHESS), sont fixés au 15 novembre 2003. Les textes définitifs qui prêteront à publication devront être reçus au 1er juin 2004.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 15 novembre 2003

Contacts

  • Sonia Fleurance
    courriel : fleuranc [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Alain Messaoudi
    courriel : alain [dot] messaoudi [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les relations scientifiques franco-allemandes à l'épreuve du terrain nord-africain », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 23 octobre 2003, http://calenda.org/188447