AccueilL'échec dans l'histoire

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Publié le samedi 25 octobre 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Colloque organisé par l'université de Marne-la-Vallée en juin 2005

Annonce

L’ECHEC DANS L’HISTOIRE

Colloque organisé à Marne-la-Vallée les 28 et 29 mai 2005 par l’EA 3350 Histoire Comparée des Pouvoirs

APPEL A COMMUNICATIONS

Les acteurs de l’histoire, souverains, chefs de guerre, capitaines d’industrie ne parviennent pas nécessairement, après avoir construit un programme cohérent, à atteindre les buts qu’ils se sont fixés. L’un des buts du colloque est de repérer, à travers les quatre périodes de l’histoire les situations ou les épisodes de cette nature et de les décrire. Il s’agit de s’interroger sur la définition même de l’échec, ce qui amène à s’interroger sur des notions fondamentales pour l’historien. Les programmes n’existent pas toujours et c’est parfois rétrospectivement que l’on reconstruit un scénario idéal. La description de l’échec est alors, de façon typique une illusion : la disparition de l’empire carolingien est, par exemple, un échec patent pour des historiens obsédés par l’idée que la raison s’incarne dans l’État et que les progrès de toute nature ne peuvent se dérouler que dans ce cadre. Il est évident que le programme de Charlemagne, tel qu’il l’a lui-même énoncé ne peut être rempli. Il n’est pas moins évident que l’affaiblissement des structures de l’État a permis des réussites personnelles, des enrichissements et même des progrès économiques, à travers la transformation des structures de commandement qui organisaient la société. Il n’est dans ces conditions pas évident que le déclin de la royauté en France au Xe siècle ait été vu comme un grave inconvénient par les acteurs. Á l’exception du souverain.

Prendre la mesure de l’échec, et définir ce qu’il est, permet ou doit permettre de travailler les concepts sur lesquels nous vivons et de voir les secteurs où nous sommes précisément victimes des reconstructions rétrospectives.

Il existe cependant des situations où la question ne se pose pas : les exemples les plus simples peuvent être recherchés dans l’histoire militaire. Une bataille est gagnée ou perdue. La défaite peut parfois trouver son origine dans le comportement irrationnel, au regard du résultat escompté (la victoire), du général en chef dont les décisions peuvent ne pas répondre convenablement aux informations qui lui sont parvenues. Elle peut également s’expliquer par le comportement même de l’armée. Celui-ci peut n’obéir à aucune rationalité apparente, du moins au regard de la recherche de la victoire : on pense, par exemple, aux grandes batailles de la Guerre de Cent Ans où le commandement français est en cause autant que la recherche de la prouesse par les hommes d’armes dans l’explication de la défaite.

Qui juge, d’autre part, de l’échec ? Et comment en prendre la mesure ? Des réussites individuelles ou collectives éclatantes peuvent masquer l’échec global du projet initial : dans quelle mesure peut-on dire que Alexandre le Grand a échoué ou a réussi ? Et, si réussite il y a, ce qui, dans ce cas précis, est indéniable, où se situe-t-elle ? Certainement pas dans la construction d’un empire universel mais ailleurs, dans la confiscation par les élites macédoniennes d’États puissants et dans la construction de modes de domination originaux. Dans le registre militaire, toujours, une série de succès tactiques, comme lors de la campagne de France en 1814 ne parvient pas à empêcher la défaite finale. Au rebours, les défaites cuisantes subies par les Italiens face aux Sarrasins ou aux Hongrois n’empêchent pas que ceux-ci soient finalement contenus, repoussés ou plus simplement absorbés.

Enfin, quelles leçons ou quelles conséquences peuvent-elles être tirées de l’échec ? Les chevaliers français, même Du Guesclin, n’ont pas modifié leur comportement en bataille face aux Anglais jusqu’au règne de Charles VII. Les militaires du XXe siècle ont, au contraire, provoqué leur défaite en 1940 en tirant des leçons erronnée de la victoire de 1918.

Le propos du colloque est donc de permettre d’aborder la question de l’action et du regard porté sur elle par un biais inhabituel – pas nécessairement flatteur pour les agents ou pour leurs historiens – et sans aucun doute utile.

C’est pourquoi nous envisageons plusieurs approches : tout d’abord,

– Décrire l’échec, qu’il soit rapporté ou non à un programme défini.

– Prendre la mesure de l’échec : regard des historiens, mais aussi regard des acteurs sur leurs propres actes.

– Tirer les leçons de l’échec : quelles modifications des politiques et des comportements ? Quelles sanctions pour les individus ou les institutions manifestement en cause.

Ces axes ne sont pas limitatifs et sont bien sûr susceptibles d’être modifiés en fonction des propositions que nous recevrons.

Nous vous demandons de bien vouloir envoyer vos propositions de communication sous la forme d’un titre et d’un bref résumé (une page tout au plus) avant la fin du mois de janvier 2004 à

Laurent Feller

Université de Marne-la-Vallée, Cité Descartes, 5 bld Descartes, 77454, Champs-sur-Marne, Marne-la-Vallée Cédex 02.

Vous remerciant par avance de votre collaboration, l’équipe Histoire Comparée des Pouvoirs vous adresse ses plus cordiales salutations

Dates

  • vendredi 30 janvier 2004

Contacts

  • Feller #
    courriel : feller [at] univ-mlv [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Feller
    courriel : feller [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'échec dans l'histoire », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 25 octobre 2003, http://calenda.org/188461