AccueilLe portrait individuel : réflexions autour d'une forme de représentation du XIIIe au XVe siècle

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Publié le mardi 25 novembre 2003 par Jean-Pierre Masse

Résumé

Colloque international à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris 6/7 février 2004 amphithéâtre de l'Ecole de hautes études en science sociales 105, boulevard Raspail 75006 Paris Sou

Annonce

Colloque international à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris 6/7 février 2004 amphithéâtre de l'Ecole de hautes études en science sociales 105, boulevard Raspail 75006 Paris Sous les auspices de l'Ecole des hautes études en sciences sociales et avec le soutien du Centre allemand d'histoire de l'art, Paris et de la Fondation Maison des sciences de l'homme, Paris Dans le cadre du colloque, nous cherchons doctorants ou postdocs qui souhaiteraient intervenir oralement. Les interventions devront être en langue française ou allemande et seront limitées à 35 minutes. Chaque intervention sera suivie d'un débat avec l'auditoire. Les propositions d'intervention, d'une longueur maximale de deux pages, doivent nous parvenir au plus tard le 25 novembre 2003 à l'adresse électronique suivante :
olariudominic@aol.com
Le comité scientifique fera connaître son avis aux auteurs des propositions au plus tard début décembre 2003.

INTRODUCTION AU THEME
Au Moyen Âge, une très intime conscience du corps humain, d'une part, et de l'homme en tant que dépendant de son corps organique, d'autre part, fut développée. Le corps humain devient de plus en plus le support de mises en scène dans lesquelles il occupe une place majeure. Il fait également l'objet d'une attention de plus en plus soulignée dans différentes pratiques religieuses. Il est ainsi l'expression d'un ordre symbolique, autour duquel se cristallisent d'essentielles questions anthropologiques et morales aussi bien que des réflexions portant sur la théorie de la perception. De la sorte, le corps humain au Moyen Âge se situe dans un contexte général de la " représentation ". En se proposant d'étudier les représentations du corps humain à la période évoquée, le colloque souhaiterait avant tout porter son attention sur les corrélations et interdépendances entre le corps et ses images. Il voudrait éclairer les champs sémantiques que les concepts du corps occupent à cette époque. Ce n'est toutefois ni de la compétence ni dans l'objectif premier du colloque de réunir un nombre aussi important que possible de concepts du corps et de discours sur le corps. Il ne s'agit pas non plus de cerner le corps par des " framings ", comme l'expriment Kay/Rubin (1994), ou de le détailler dans des " mappings ", comme l'écrivent Biddick (1993) et Sarasin (1999). Il s'agit davantage d'une tentative de mettre à jour des rapports possibles entre le corps et ses représentations à une période donnée. Le point de départ d'une telle démarche est le constat, que les différents " corps médiévaux " sont soumis à une réévaluation au sein des champs sémantiques qu'ils occupent et que, par ailleurs, de tout " nouveaux corps " sont constitués. De ce fait, les axes référentiels entre corps et images sont susceptibles d'un glissement considérable. Pour le Moyen Âge chrétien, la liaison sémantique entre corps et image tire son origine du Christ, devenu Image de Dieu en acceptant la chair humaine (i.e. un corps). Certains moments essentiels d'importance eschatologique, nous en voulons pour exemple la résurrection corporelle du Christ et la stigmatisation de saint François d'Assise, " vraie image du Christ ", sont de véritables " images produites sur le corps " ou " des images produites par le corps ". D'un point de vue conceptuel, l'image et le corps sont susceptibles d'être mutuellement rapprochés au Moyen Âge. La variation sémantique des rapports entre le corps et ses images est attestée par des réflexions très diverses à l'égard du corps. Les représentations contemporaines de l'homme ne sont que l'expression, en images, de ces pensées. Voici quelques exemples : l'Angleterre du XIVe siècle voit apparaître l'effigie comme une copie réaliste du corps du roi, afin de substituer ce dernier jusqu'à l'élection de son successeur. Lorsque se manifeste - merveille spectaculaire - dans la chair stigmatisée du franciscain la présence divine, son corps est considéré comme une image d'un ordre tout nouveau. C'est également le corps qui devient l'objet de discussions portant sur les images, p. ex. lorsque le thème de la " vision béatifique " est intimement lié à la condition physique de l'être humain. Le colloque s'intéresse surtout à des problèmes ayant été traités jusqu'à présent sous une autre lumière. En se référant régulièrement aux mêmes notions (corps et image), les exemples cités indiquent clairement l'existence d'ensembles de questions, certes très variées, mais toutes menant dans la même direction : Quels discours du corps, quelles éventuelles contradictions furent formulées et thématisées dans les images ? À quels concepts du corps les représentations se référèrent-elles et de quelles façons certains corps purent devenir des images ?

THEME DU COLLOQUE
La représentation de l'homme fait l'objet d'un grand changement entre les XIIIe et XVe siècle. " Portraiture is the depiction of an individual in his own character ", propose John Pope-Hennessy en 1963, en se référant aux portraits depuis le XVe siècle. Mais en désaccord avec ce point de vue, fréquemment rencontré, des représentations ressemblantes et individuelles existent en Italie dès la fin du XIIIe siècle et elles n'expriment pas forcément le caractère d'un individu : certaines statues funéraires de cette époque illustrent bien la fidélité de ressemblance que les représentations humaines peuvent déjà atteindre. Ces statues, étaient-elles déjà des portraits ou seulement des prototypes ? Le point de vue de Pope-Hennessy devrait-il être reconsidéré ? Certes, une définition univoque du terme, à travers les pays et les cultures, n'existe probablement pas. Ce ne sera d'ailleurs pas non plus un objectif du colloque d'en formuler une. Il est néanmoins possible d'attirer l'attention sur le fait que la valeur sémantique de " similitude " semble être contenue dans le terme " portrait " depuis son apparition au XIIe siècle. Ceci justifierait donc la proposition, suggérée par le colloque, de considérer les représentations individuelles de l'homme, à l'époque en question, comme des portraits ressemblants. Par ailleurs, certaines pratiques de l'époque indiquent que la figuration individuelle, qu'elle soit définie comme portrait ou non, existe déjà et que la ressemblance y joue un rôle primordial. Il suffit de prendre pour exemple la liturgie funéraire. Les dépouilles des hauts dignitaires, exposées pour leur vénération sur le catafalque, sont minutieusement reproduites par leurs statues funéraires, souvent jusque dans les moindres détails. Peut-on voir là une tentative de transfert, sur leurs substituts en pierre, des fonctions sociales des corps exposés ? La raison d'être de ces représentations semble d'ailleurs tenir précisément à l'extrême dignité des personnes représentées, dignité théologiquement justifiée et liée à l'émergence d'une nouvelle conception de l'homme à la fin du XIIIe siècle : l'homme en tant qu'image de Dieu, imago Dei, implique des réflexions très complexes sur les rapports entre image et original, copie et modèle, imitant et imité. Dans cette perspective, la ressemblance acquiert une signification toute spécifique. Dans quelle mesure le portrait est-il vraiment le substitut de son modèle et dans quelle mesure dépasse-t-il son modèle, en exprimant davantage qu'une pure similitude ? Au XIIIe siècle par exemple, le portrait individuel peut représenter, grâce à sa ressemblance même au modèle, la proximité de cette personne à Dieu. Il peut ainsi devenir un type de représentation susceptible d'être instrumentalisé à diverses fins. Le colloque tentera d'analyser les fonctions politiques, religieuses, ou sociales, ayant pu conduire à la genèse des portraits individuels. Dans ce cadre, des contributions sur la problématique de la " similitude " enrichiraient considérablement le débat, quand bien même le sujet serait abordé sous un angle non médiéviste.

LISTE DES CONFERENCIERS AYANT DONNE LEUR ACCORD DE PARTICIPATION :
Monsieur Hans Belting
Staatliche Hochschule für Gestaltung, Karlsruhe Sujet encore a préciser

Monsieur Enrico Castelnuovo
Scuola Normale Superiore, Pise " Les portraits individuels de Giotto "

Madame Danièle Cohn
École des hautes études en science sociales, Paris " Une analyse de la ressemblance "

Monsieur Jean-Luc Nancy
Université Marc Bloch, Strasbourg " Le portrait de la personne divine "

Monsieur Agostino Paravicini Bagliani
Université de Lausanne " Les portraits de Boniface VIII "

Monsieur Norbert Schneider
Université Fridericiana, Karlsruhe " Les portraits individuels du XVe siècle et leur rapports aux portraits romains "

Monsieur Gerhard Wolf
Institut allemand d'histoire de l'art à Florence " Les portraits chez Dante "

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 25 novembre 2003

Contacts

  • Olariu #
    courriel : olariudominic [at] aol [dot] com

Source de l'information

  • H-France #
    courriel : cfdks [at] eiu [dot] edu

Pour citer cette annonce

« Le portrait individuel : réflexions autour d'une forme de représentation du XIIIe au XVe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 25 novembre 2003, http://calenda.org/188585