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L'individu social : autre réalité autre sociologie ?

Comité de recherche n° 5 "Systèmes complexes et politiques territoriales"

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Publié le samedi 29 novembre 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Appel à communicationspour le XVIIème Congrès de l'AISLF

Annonce


XVIIe Congrès international de l'AISLF
Tours, 5-9 juillet 2004

L’INDIVIDU SOCIAL : autre réalité ? autre sociologie ?

C.R. 5 SYSTEMES COMPLEXES ET POLITIQUES TERRITORIALES

L’orientation réflexive du prochain congrès de l’AISLF ne manque pas de faire écho au sein du CR n° 5 Systèmes complexes et politiques territoriales. De fait, ce comité a longtemps été l’un des rares à mettre au centre de sa problématique plus une orientation théorique –l’approche systémique- qu’un type de phénomène. Cette perspective théorique, mais aussi épistémologique, largement inspirée par la pensée complexe, a souvent conduit les membres du comité à pointer les mêmes problèmes qui sont présentés dans le texte introductif au prochain congrès : la nécessité d’articuler individu et lien social, le caractère obsolète des cadres de pensée et des concepts traditionnels, la réification des frontières disciplinaires, l’intérêt des emprunts à d’autres disciplines notamment. On se réjouira de cette convergence même si on peut malheureusement douter que « l’importance sociale de la discipline » soit aussi substantielle que le laisse accroire le texte d’orientation.

Plusieurs axes problématiques peuvent donc être définis :


1) Peut-on et est-il pertinent de représenter ou de modéliser l’individu social comme un système complexe ? Penser l’individu social ne revient-il pas à penser à la fois son autonomie (auto) et ses multiples dépendances (éco), la permanence relative de son identité dans une histoire et un environnement changeants (ré) ? L’individu social n’est-il pas alors un système « auto-éco-ré-organisateur » tel que l’a théorisé Edgar Morin ? Il apparaît pertinent de discuter la fécondité de ce concept sous un double éclairage théorique et empirique. On pourra, d’un point de vue théorique, confronter ce concept à d’autres approches « systémiques » telles que celles, par exemple, de N. Luhmann et d‘A. Giddens. Mais, il est aussi souhaitable que des tentatives d’opérationnalisation de ce concept soient proposées sur des phénomènes territoriaux, on peut penser, par exemple, à des résultats de monographies ou d’études comparatives sur des acteurs politiques, économiques ou sociaux agissant sur un territoire. Dans une perspective d’ouverture, toute tentative de modélisation systémique de l’individu social pourra être soumise au comité. La question de l’identité et de l’espace étant ici commune avec le CR 1 Identité, espace et politique il est possible d’envisager une session commune aux deux comités.

2) L’approche par les systèmes complexes a développé, notamment dans le monde anglo-saxon, un certain nombre d’outils aujourd’hui appliqués à la description et à l’étude de phénomènes sociaux et territoriaux. Parmi ces outils, les modèles informatiques de simulation multi-agent constituent une perspective de recherche potentiellement féconde pour comprendre la dynamique du passage du niveau micro au niveau macro-sociologique. On sait qu’il s’agit là d’une difficulté conceptuelle et méthodologique considérable qui n’est pas propre à la sociologie d’ailleurs. L’intérêt de ces modèles de simulation est d’autoriser une expérimentation virtuelle de phénomènes sociaux de toute nature, par exemple la diffusion d’opinions dans une population, l’émergence de comportements collectifs, de réseaux de règles ou d’institutions. Mais, et l’on ici est au cœur du thème du congrès, la question qui se pose réside dans les caractéristiques dont il faut doter les agents ou entités de base – id est les « individus sociaux »- pour qu’ils soient « réalistes » et non pas des épures trop simplistes. Cette discussion suppose une interaction entre spécialistes de ces modèles, principalement des informaticiens, et les sociologues. On mesure qu’au moment où on débat des nouvelles relations avec d’autres disciplines, des emprunts à d’autres champs disciplinaires, la question apparaît pertinente. En bref, les contributions témoignant et rendant compte de l’utilisation de ce genre d’outils pour étudier des phénomènes sociaux et notamment territoriaux sont les bienvenues. La question est d’ailleurs suffisamment importante pour qu’on puisse envisager la tenue d’une table ronde visant à poser plus généralement les termes du débat et susciter des perspectives de collaboration concrète.

3) « Repenser la sociologie », le programme qui nous est proposé peut paraître bien ambitieux. Pourtant, ne faut-il pas constater la faiblesse de cette discipline tant dans les financements dont elle peut disposer que dans sa capacité à éclairer le débat public ? Les éternels tourments d’une discipline vouée à élucider le social, historiquement partagée entre critique et technique, la menacent de toutes parts et suscitent des réactions contradictoires. D’un côté le repliement identitaire s’accompagnant d’une crispation aux frontières et de la recherche, assez illusoire, d’une pureté scientifique originelle, d’un autre, la recherche d’une fonction quasi-technocratique de conseiller du Prince ou bien encore, la quête personnelle en dehors de toutes contraintes collectives, scientifiques ou émanant d’un commanditaire. Comment aborder cette question du double point de vue des systèmes complexes et de l’angle territorial ?
Du point de vue de la complexité, le sociologue doit prendre clairement conscience des limitations intrinsèques – sociales, culturelles, historiques, anthropologiques notamment- de la connaissance qu’il produit sans pour autant abdiquer son projet d’intelligibilité du social. Si l’honnêteté intellectuelle, la rigueur conceptuelle et méthodologique de même que la meilleure connaissance possible de la discipline lui sont légitimement exigibles, il peut sembler aussi nécessaire qu’il s’ouvre aux autres disciplines, qu’il prenne conscience qu’il n’a, au mieux, accès qu’à une petite partie des phénomènes humains eux-mêmes poly-déterminés. L’un des grands impératifs qui semble donc se présenter de nos jours consiste à « relier les connaissances » et le sociologue doit y prendre sa part. Cela passe par le dialogue des disciplines et la recherche de concepts transversaux capables de permettre une réelle collaboration, le paradigme de la complexité en est potentiellement porteur. Toute contribution s’inscrivant dans cette perspective, par exemple portant sur les interdépendances entre contextes écologiques et contextes sociaux sur des territoires particuliers, sera évidemment considérée avec intérêt.
L’angle de vue territorial amène à considérer la question de la repensée de la sociologie dans un sens complémentaire. En peu de mots : la sociologie est-elle faite pour les sociologues ? En d’autres termes, comment le sociologue doit-il définir son projet de connaissance ? Peut-il se satisfaire de thématiques émergeant du seul champ scientifique au risque d’en oublier les enjeux concrets auxquels les individus, les groupes et les collectivités sont confrontés ? Si l’on répond par la négative alors il faut concevoir des modes de communication et de délibération avec ces mêmes acteurs permettant de produire un projet de connaissance partageable et partagé. Quelles formes peuvent-ils prendre ? Les expériences territoriales témoignant de ce type de processus ou les tentatives pour les théoriser apparaissent ici pertinents.

On le voit le champ est large mais stimulant, gageons qu’il suscitera des envies d’échange et de débat. Tout projet de communication constitué d’un titre, des mots-clefs et d’un résumé d’une page environ doit être envoyé aux responsables du comité avant février 2004, au secrétariat de l’AISLF aislf@univ-tlse2.fr qui transmettra aux responsables du comité ;
Renseignements scientifiques : slaflamme@nickel.laurentian.ca
Pascal.Roggero@univ-tlse1.fr










Catégories

Lieux

  • Tours, France

Dates

  • vendredi 30 janvier 2004

Contacts

  • Pascal Roggero
    courriel : pascal [dot] roggero [at] ut-capitole [dot] fr
  • AISLF #
    courriel : aislf [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • S Laflamme
    courriel : slaflamme [at] nickel [dot] laurentian [dot] ca

Source de l'information

  • Pascal Roggero
    courriel : pascal [dot] roggero [at] ut-capitole [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'individu social : autre réalité autre sociologie ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 29 novembre 2003, http://calenda.org/188601