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L'individu social en sociologie économique

Au sein du Congrès 2004 de l'AISLF.

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Publié le jeudi 04 décembre 2003 par Natalie Petiteau

Résumé

Appel à contributions personnalisé du Comité de Recherche 27

Annonce

AISLF CR 27 "Sociologie économique"

Le XVIIe congrès de l’AISLF aura pour thème « L’individu social. Autre réalité, autre sociologie ? ».

Le comité de recherche Sociologie économique entend être pleinement partie prenante des réflexions qui pourront se nouer autour de ce sujet. À cette fin, il invite les auteurs qui souhaitent participer à ses travaux à proposer des communications s’inscrivant dans l’une des nombreuses perspectives qu’ouvre la thématique du congrès lorsqu’elles correspondent à des enjeux de développement et de renouvellement de la sociologie économique. Le dernier congrès, tenu en 2000 à Québec, avait été l’occasion pour l’actuel comité de recherche de Sociologie économique de faire le constat du nombre croissant de chercheurs concevant leurs travaux comme relevant du champ de la sociologie économique. À Québec comme en différentes occasions, l’idée s’est formée qu’il devenait nécessaire de s’engager dans un double approfondissement des objets et méthodes. La thématique du congrès 2004 de l’AISLF est parfaitement adaptée à un tel projet.

1. La sociologie économique, ses approches, ses méthodes : la perspective de l’individu social La sociologie économique de langue française a pris conscience d’elle-même dans le sillage de la « nouvelle sociologie économique » (NSE) anglo-saxonne. Celle-ci est diverse. Cependant, marquée par la figure de Mark Granovetter, elle fait une large place à la sociologie des réseaux sociaux. Celle-ci n’est pas loin de tendre à s’imposer, dans les milieux anglo-saxons, comme l’approche de référence de la NSE. La situation francophone paraît de ce point de vue plus contrastée : des approches y tiennent une place importante, qui ne relèvent pas de l’analyse de réseaux (problématiques des médiations ou des prescripteurs sur les marchés, de la place de l’économique dans la société, etc.). L’origine est sans doute liée au fait que la sociologie économique francophone hérite de traditions de recherche anciennes et qu’elle tire parti de la contribution des approches économiques hétérodoxes. Or, une telle variété implique une diversité des conceptions de l’individu et du lien social. Chaque approche peut se trouver à s’appuyer sur des conceptions qui lui semblent « aller de soi » mais qui seraient susceptibles d’être discutées, soit isolément, soit sur le mode de la comparaison entre les perspectives théoriques. Une explicitation de ces conceptions serait un travail utile. À titre d’indication, les contributeurs pourraient envisager d’approfondir les questions suivantes. On retrouve fréquemment l’idée, formulée par M. Granovetter, d’un enjeu de dépassement des conceptions « sous- » et « sur-socialisées » de l’individu. Ce dépassement, cependant, peut s’opérer avec des solutions théoriques éventuellement assez distinctes. Quelle représentation sous-jacente trouve-t-on chez Granovetter lui-même, ainsi que dans d’autres approches ? Quelles questions se pose-t-on et quelles autres ne se pose-t-on pas dans les différents cas ? Derrière cette manière de se représenter l’individu, on sous-entend également une certaine conception de l’articulation entre l’économique et le social et de la fameuse « embeddedness ». Comment peut-on en rendre compte ? Quelles sont les grandes lignes de démarcation ? Comment peut-on interpréter la différence de signification de l’« embeddedness » chez Polanyi et chez Granovetter ? La notion de réseaux elle-même peut être discutée. La thématique des réseaux sociaux sous-entend une certaine conception de l’individu et de son lien au collectif. Toutefois, les approches francophones (mais aussi italiennes) ont fait grand cas de la notion de réseaux socio-productifs. La notion de réseau renvoie alors davantage à des appartenances communes touchant au communautaire, à une sociabilité marquée par les solidarités familiales et territoriales et la réciprocité. Ces approches ont fait ressortir les modalités très spécifiques d’articulation de l’économique et du non économique. Il serait intéressant de se pencher sur les implicites et implications des diverses utilisations de la notion de réseau. Donner, rendre, compter, ne pas compter : faut-il nécessairement opposer strictement ces logiques dans les comportements individuels et dans les sphères du social ? Les individus les séparent-ils ? L’approfondissement des recherches invite peut-être à nuancer de telles oppositions dans la représentation de l’individuel et du collectif. L’exercice de la rationalité « froide » (échange sur les marchés de biens, relation salariale…) ne peut-il pas s’articuler à une part d’émotionnel, d’engagement gratuit, etc., comme le suggère V. Zelizer ? La notion de collectif pourrait être approfondie. Elle correspond, dans certains cas, à l’idée d’aide à l’action de l’individu dans l’univers économique (notion d’« équipement collectif » de l’individu) et, dans d’autres, à celle d’entité se structurant autour de mouvements de résistance contre la logique économique. Quelle représentation du collectif pour quelle approche des enjeux sociaux de l’économique ? La sociologie économique entretenant des liens marqués avec les analyses économiques, on peut également travailler sur les liens (de dépendance ? d’opposition ? d’articulation ?) entre ses représentations de l’individu, du collectif, du social et celles des diverses théories économiques. Chaque approche ne s’oppose pas et ne dialogue pas avec les mêmes théories économiques. Comment peut-on comprendre ainsi les conceptions de l’individu, du collectif et du social dans ces approches ?

2. L’individu social et les objets de la sociologie économique L’individualisation est généralement considérée comme l’une des évolutions contemporaines majeures. Certaines approches de sociologie économique mettent l’accent sur ce que l’individualisation implique de fragilisation économique et sociale de certaines populations, d’exclusion, d’isolement, etc. Quelles sont les analyses récentes en la matière ? Comment le phénomène évolue-t-il ? Pose-t-il les mêmes questions selon les contextes, les catégories sociales concernées, etc. ? Quelles sont les manifestations de l’individualisation. L’univers économique est sans doute travaillé par des mouvements contradictoires d’individualisation et de montée de nouvelles formes collectives : que peut-on dire à ce sujet ? L’individualisation a ses revers, ce qui suscite parfois des réactions. Quelles formes d’engagement individuel et collectif voit-on apparaître (mouvements militants, formes associatives…) ? La diversité des approches déjà évoquée devrait se traduire par un choix d’objets et des modes de traitement différents. Il serait intéressant de pouvoir tester l’opposition entre individualisation et mouvements collectifs à la lumière de ces différences d’approches. Systèmes d’échanges locaux, mouvements de consommateurs et d’usagers, protestation individuelle ou collective, recours à la défection ou à la prise de parole : comment ces phénomènes s’interprètent-ils ? Comment les appréhender ? Quel sens faut-il leur donner ? Quels sont les nouveaux territoires d’action du collectif et de l’institutionnel ? Les territoires apparaissent comme des espaces qui font sens pour l’engagement collectif, pour la réunion des individus concernés par des problèmes économiques et sociaux communs. A quelles échelles spatiales et autour de quels enjeux l’action collective se structure-t-elle ? Dans quelle mesure un certain effacement des frontières de la firme conduit-il l’action collective à tenter de se structurer à l’échelle territoriale ? Le regroupement pour l’action se fait-il sur une base communautaire ou sociétaire ? Qui sont les individus de l’économie ? Il n’est pas sûr que les figures typiques, telles que celles des managers, des entrepreneurs, soient parfaitement connues. Que signifie « devenir entrepreneur » ? Que connaît-on des identités, des trajectoires individuelles et des aspirations des entrepreneurs ? Comment peut-on être entrepreneur d’une activité à finalité sociale (dirigeants d’entreprises d’insertion…) ? Les outils de gestion, les modes managériales, sont construits sur des présupposés quant aux comportements individuels et sociaux. Comment se produit la connaissance (ou la méconnaissance ?) en la matière, par quelles médiations, quels intermédiaires (experts…) ?

Le comité de recherche appelle les auteurs à inscrire, dans la mesure du possible, leur réflexion dans ces axes. Néanmoins, en dehors de ces sujets, toutes les propositions de communications seront étudiées avec attention. Les projets de communication, sous la forme d’un résumé de 3000 signes maximum, sont à adresser avant le 15 janvier 2004 au secrétariat de l'AISLF aislf@univ-tlse2.fr qui transmettra aux responsables du comité.

Catégories

Lieux

  • Tours, France

Dates

  • jeudi 15 janvier 2004

Contacts

  • Pascal Ughetto
    courriel : pascal [dot] ughetto [at] ires-fr [dot] org

Source de l'information

  • Pascal Ughetto
    courriel : pascal [dot] ughetto [at] ires-fr [dot] org

Pour citer cette annonce

« L'individu social en sociologie économique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 04 décembre 2003, http://calenda.org/188615