AccueilHistoire culturelle du contemporain

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Publié le samedi 10 janvier 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle organise, du 23 au 30 août 2004, un colloque sur l'histoire culturelle du contemporain, accueillant non seulement des historiens français spécialistes de ce domaine et de cette période (XIXe - XXe siècles) mais aussi des chercheurs venus d'autres spécialités, disciplines, périodes, pays, pour un bilan historiographique et un débat épistémologique.

Annonce



DU LUNDI 23 AOÛT (19 H) AU LUNDI 30 AOÛT (14 H) 2004


L'HISTOIRE CULTURELLE DU CONTEMPORAIN


DIRECTION : Laurent MARTIN, Sylvain VENAYRE



ARGUMENT :


L'histoire culturelle des deux derniers siècles a connu en France un développement considérable depuis une trentaine d'années. Thèses, livres, articles, colloques et séminaires se sont multipliés sur le sujet, renouvelant largement la connaissance que nous pouvions avoir des hommes du passé le plus récent. Le temps semble venu d'établir un premier bilan, à vocation à la fois historiographique et épistémologique.

Historiographique : quels ont été les travaux marquants qui ont constitué au fil des années cet ensemble que l’on s’est habitué à regrouper sous cette appellation — cette bannière ? — de l’histoire culturelle ?

Epistémologique : il s’agira d’examiner les paradigmes dominants de l’histoire culturelle à la française en confrontation avec d’autres disciplines, spécialités, traditions nationales, de débattre des concepts, notions, théories utilisés, de s’interroger sur la place spécifique qu’occupe l’histoire culturelle au sein de la discipline historique et dans l’ordre des savoirs, sans faire mystère des difficultés et limites rencontrées.

PROGRAMME :


Lundi 23 août

Soirée : accueil des participants.

Mardi 24 août

Matin :
" L’histoire culturelle a une histoire " (Pascal Ory)
" Histoire et culture à Pontigny-Cerisy " (François Chaubet)
Débat : comment penser l’articulation des temporalités en histoire culturelle ?

Après-midi :
" Qu’est-ce que l’histoire culturelle pour un historien moderniste ? " (Annie Duprat)
" La géographie culturelle: émergence et enjeux "( Myriam Housay-Holzschuh)
" L’histoire culturelle du spectacle vivant : un nouveau champ d’études pour l’histoire culturelle ? " (Pascale Goetschel/Jean-Claude Yon)


Mercredi 25 août


Matin :
" Histoire culturelle et histoire politique " (Jean-François Sirinelli)
" L’histoire culturelle contre l’histoire sociale ? " (Dominique Kalifa)
Débat : quel sens donner aux niveaux et hiérarchies culturels ? (" culture savante ", " culture de masse ", " culture populaire ", etc.)

Après-midi :
" Sociologie de la culture et cultures des sociologues " (Laurent Jeanpierre)
" De l’histoire culturelle aux sciences du psychisme, et retour " (Laurent Martin)
" Histoire culturelle du phénomène guerrier au XXe siècle et questionnement anthropologique " (Stéphane Audoin-Rouzeau)


Jeudi 26 août

Matin :
" Histoire culturelle des sciences " (Anne Rasmussen)
" Histoire culturelle des techniques " (Catherine Bertho-Lavenir)
Débat : existe-t-il des sources et des objets propres à l’histoire culturelle ?

Après-midi :
" Histoire des intellectuels " (Thomas Loué/Philippe Olivera)
" L’histoire intellectuelle après le linguistic turn " (François Dosse)
"Avec Michel Trebitsch" (Nicole Racine)


Vendredi 27 août


Matin :
" Quinze ans d’histoire des politiques culturelles : Etat, institutions, collectivités locales " (Loïc Vadelorge)
" Pour une histoire culturelle des poétiques au XIXe siècle " (Marie-Eve Thérenty)
" Histoire culturelle et histoire littéraire " (Alain Vaillant)

Après-midi :
L’archive culturelle (O. Corpet)
Visite proposée de l’abbaye d’Ardenne (IMEC)


Samedi 28 août


Matin :
" L’histoire culturelle française vue d’Amérique " (Edward Berenson)
" L’histoire culturelle est-elle une histoire nationale ? " (Anne-Marie Thiesse)
Débat : de l’individu aux civilisations, quels niveaux et échelles d’analyse pour l’histoire culturelle ?

Après-midi :
" Les échanges culturels franco-américains au XXe siècle : jalons pour une histoire des circulations transnationales " (Emmanuelle Loyer/Ludovic Tournès)
" Transfert et autarcie culturelle dans l’Europe des années 1930 " (Marie-Anne Matard-Bonucci)
" Transferts culturels franco-allemands " (Michael Werner).


Dimanche 29 août

Matin :
" Histoire des médias : bilan et perspectives " (Christian Delporte)
" L’histoire du livre, de l’édition et de la lecture " (Jean-Yves Mollier)
Débat : comment traiter les " genres " (gender) en histoire culturelle?

Après-midi :
" Faire l’histoire de la culture sensible " (Alain Corbin)
" Frontière entre les sexes : la sensibilité " (André Rauch)
" Histoire des représentations et histoire des sensibilités " (Sylvain Venayre)


Lundi 30 août

Matin :
" L’œuvre d’art et l’histoire culturelle " (Gérard Monnier)
" L’histoire culturelle du Moyen-ge à la recherche d’un concept fédérateur, entre " mentalités ", " culture ", " représentations " et " idéologies " " (Hervé Martin)
Conclusion des débats


RÉSUMÉS :


Stéphane AUDOIN-ROUZEAU : Histoire culturelle du phénomène guerrier au XXe siècle et questionnement anthropologique
Une histoire du phénomène guerrier au XXe siècle peut-elle espérer faire son profit de l’apport d’un regard anthropologique ? Actuellement, cette anthropologie historique de la guerre n’existe pas. Est-il possible de rabattre vers l’espace occidental et l’activité guerrière des sociétés modernes un certain nombe de savoirs anthropologiques sur la guerre ? Et dans ce cas, au prix de quelles adaptations ? Comment organiser un tel transfert, et au nom de quoi s’y attacher ? Une histoire culturelle de la guerre soucieuse des représentations, des objets et des pratiques (en particulier des pratiques de violence) offre une opportunité pour de tels rapprochements. La violence de guerre — infligée ou subie — ramène en particulier à une histoire du corps, et cette corporalité de l’expérience guerrière pousse à son tour à des questionnements d’ordre anthropologique. Le déplacement du regard s’impose donc, sans abandonner pour autant un pupitre d’historien : il s’agit de rechercher des effets de connaissance grâce à cet enrichissement du regard que pourrait constituer une anthropologie historique du phénomène guerrier contemporain.

Bibliographie :
Ouvrages :
La guerre des enfants (1914-1918), Paris, A. Colin, 1993, 185 p.
Combattre, CRDP Amiens, 1995, 104 p.
L'enfant de l'ennemi, Paris, Aubier, 1995, 222 p.
Cinq deuils de guerre (1914-1918), Paris, Noêsis, 2001, 261 p.
Avec A. Becker, 14-18, Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2000, 272 p.
Avec A.Becker, Ch. Ingrao, H. Rousso, La violence de guerre, 1914-1945, Actes du colloque IHTP et Centre de Recherches de l'Historial de la Grande Guerre (Paris, 1999), Bruxelles, Complexe, 2002, 348p.
Articles dans revues :
"Pour une anthropologie du combat. Pratiques et objets de la cruauté sur le champ de bataille", 14-18 aujourd'hui, n° 2, 1999, p. 105-115.
Avec A. Becker: "Vers une histoire culturelle de la Première Guerre mondiale", Vingtième Siècle, n° 41, janvier-mars 1994, p. 5-7.
Avec A. Becker, introduction au dossier : "Le corps dans la Première Guerre mondiale", Annales, n° 1, janvier-février 2000, p. 43-45.
Articles dans ouvrages collectifs et actes de colloques :
"Violences extremes de combat refus de voir", in : Violences extrêmes,Actes du colloque de la FNSP (Paris, 2001), Revue internationale des sciences sociales, Décembre 2002, n°174, p.543-549.
Avec A. Becker: "Violence et consentement : la 'culture de guerre' du Premier Conflit mondial", in : Pour une Histoire culturelle, sous la dir. de J.—P. Rioux et J.-F. Sirinelli, Paris, Seuil, 1997, p. 251-271.
Préfaces :
G. Mosse, De la Grande Guerre au totalitarisme, Paris, Hachette-Littératures, 1999, p. I-XVII.
Editions critiques de documents :
Marc Bloch, Ecrits de Guerre 1914-1918,Paris, A. Colin, 1997, 195 p.

Edward BERENSON: L’histoire culturelle française vue d’Amérique
Au cours du dernier demi-siècle, les historiens nord-américains ont produit des travaux nombreux et importants dans le domaine de l’histoire culturelle de France. Et si pendant les années soixante et soixante-dix, les historiens américains travaillaient surtout dans le sillage de leurs
collègues français et en particulier de ceux de l’Ecole des Annales, ils ont depuis commencé à tracer leurpropre sillon. On peut surtout remarquer
qu'ils abordent l’histoire culturelle française à partir de perspectives théoriques et de méthodes plus communément en usage aux Etats-Unis qu’en
France. Il y a, néanmoins, des échanges de plus en plus nourris entre les historiens américains et français, et ses échanges enrichissent l’historiographie des deux cotés de l’Atlantique.

Alain CORBIN : Faire l'histoire de la culture sensible
À la veille de la Première Guerre mondiale, Lucien Febvre prônait une histoire des sensibilités ; lui-même donnait l’exemple en esquissant une histoire des messages sensoriels. Ses héritiers, notamment Robert Mandrou, tentaient, à l’aube des années 1960, de donner un contenu à cette histoire. Quelles pistes se sont révélées, ces dernières années, les plus fructueuses en matière d’anthropologie sensorielle menée dans une perspective historique ? Quelle place, aujourd’hui, compte tenu de l’évolution des sciences cognitives, des travaux de la neuroscience sur la perception sensorielle, cette histoire, naguère réclamée par l’un des fondateurs des Annales mais vite délaissée, peut-elle occuper aujourd’hui ?

François DOSSE : L’histoire intellectuelle après le linguistic turn
Se poser la question du sens de l’histoire des idées présuppose d’en restituer les supports, les conditions sociétales d’émergence, le rapport énonciateur/destinataire, ainsi que les traces laissées par le sens énoncé dans la durée jusqu’au temps présent. Ce domaine a été récemment renouvelé grâce à la prise en compte de la production culturelle comme pratique, indissociable de ses lieux d’énonciation et de ses supports. L’autre grande mutation tient aux effets du linguistic turn qui a donné une centralité nouvelle au " monde du texte " et une attention plus grande, tant à l’opération d’écriture qu’à la réception de celle-ci par des lectorats multiples, en fonction du lieu et du moment de leur appropriation. La rénovation en cours du questionnement provint surtout du monde anglo-saxon et de l’Allemagne. L’école de Cambridge, l’histoire intellectuelle telle qu’elle conçue aux Etats-Unis, ou encore la Begriffsgeschichte de l’autre ont déjà à leur actif des travaux reconnus au plan international. Avec quelque retard, la France commence à s’approprier ces études. La rencontre de ces traditions intellectuelles différentes en fonction de leur configuration nationale respective peut avoir pour effet positif d’éviter les apories d’un historicisme enfermé dans la simple restitution du contexte passé en s’ouvrant sur un sens toujours ré-ouvert par le présent. C’est le chantier très fécond qui se présente au devant d’une histoire proprement intellectuelle qui n’en est qu’à ses débuts dans son double refus d’une démarche purement internaliste et d’une démarche purement externaliste.

Annie DUPRAT : Quelle histoire culturelle pour les historiens modernistes ?
Empruntant à Daniel Roche le titre de son article, « une déclinaison des Lumières », qui figure dans le premier ouvrage de synthèse sur l’histoire culturelle publié, comme un manifeste, sous la direction de Jean-Pierre Rioux et de Jean-François Sirinelli, Pour une histoire culturelle(Seuil, 1997), nous présenterons les principaux courants thématiques qui inspirent aujourd’hui les historiens modernistes. A côté de l’histoire érudite, qui s’efforce de publier des recueils de sources (l’enquête sur les rapports des intendants, sous la direction des archives de France et de Bernard Barbiche, ou encore l’enquête sur les écrits du for privé, lancée par François-Joseph Ruggiu) afin de donner des documents nouveaux aux historiens, @on peut observer actuellement, les nouveaux territoires des historiens modernistes qui explorent l’histoire non écrite (l’iconographie et, plus largement, l’histoire des représentations) mais aussi l’histoire des idées (qui permettent d’identifier des catégories sociales ou des identités personnelles, comme les magistrats, les graveurs ou encore les protestants, par exemple), l’histoire des paysages et l’histoire des pratiques sociales (la nouvelle république des lettres, les réseaux de sociabilités en Révolution, etc…).

Bibliographie :
Duby Georges, " Problèmes et méthodes en histoire culturelle ", in Objets et méthodes de l’histoire de la culture, ss dir. Le Goff Jacques et Köpeczi Béla, Paris, CNRS, 1982
Rioux Jean-Pierre et Sirinelli Jean-François, Histoire culturelle de la France, vol. 3, " Lumières et Liberté ", ss dir. De Baecque Antoine et Mélonio Françoise, Paris, Seuil, 1998
Rioux Jean-Pierre et Sirinelli Jean-François, Pour une histoire culturelle, Paris, Seuil, 1997
Schaub Jean-Frédéric, " Une histoire culturelle comme histoire politique ", Annales HSS, n°’4-5, juillet-octobre 2001, p. 981-997.

Laurent JEANPIERRE : Sociologie de la culture et cultures des sociologues
On tentera de proposer ici une cartographie rapide de la sociologie de la culture en France depuis les années 1970, c'est-à-dire après les premiers travaux de Pierre Bourdieu portant sur le musée et la photographie et le développement, dans son village notamment, d'une sociologie empirique des pratiques culturelles. On s'appuiera sur une analyse des institutions de production de sociologie de la culture, sur des relevés d'articles dans les principales revues nationales de sociologie ainsi que sur une lecture des travaux paradigmatiques publiés sous forme d'ouvrages. Il s'agira de repérer les différentes écoles en matière de sociologie de la culture, les thématiques et les problématiques qui sont associées à chacune. Au terme de ce bilan, qui prend donc lui-même la forme d'une sociologie historique des sciences sociales, on devrait être en mesure d'évaluer les types d'emprunts faits par l'histoire culturelle française à la sociologie, les stratégies interdisciplinaires ou intra-disciplinaires qui les sous-tendent et surtout d'entamer un débat sur la sociologie spontanée ou implicite des historiens culturels, dont les définitions acceptées de ce que représente « la culture » ou de ce qu'est un « fait culturel » ne représentent peut-être en définitive q'un trait secondaire.

Emmanuelle LOYER & Ludovic TOURNÈS : Les échanges culturels franco-américains au XXe siècle : Jalons pour une histoire des circulations transnationales
Cette conférence à deux voix se propose de faire le point sur les relations culturelles franco-américaines depuis la fin du XIXe siècle. Ni histoire comparée ni histoire des perceptions mutuelles, elle s’attachera à mieux comprendre la dynamique de quelques phénomènes de diffusion et de réception dans les deux sens, qui illustrent la confrontation entre ces deux pays à vocation universaliste entre lesquels s’opère au XXe siècle un renversement d’hégémonie au profit des Etats-Unis.
En s’attachant à l’adoption américaine de certains phénomènes intellectuels et courants culturels venus de la France — surréalisme, existentialisme, post-modernisme et Nouvelle Vague —, Emmanuelle Loyertentera d’étudier la multiplicité des usages intellectuels et politiques permis par la traversée de l’Atlantique. Comment et par quels vecteurs, par quels passeurs, quelles médiations, quels sélections et marquages symboliques, quelles traductions s’effectue l’appropriation (ou au contraire le rejet) d’un auteur ou d’un mouvement artistique ? Processus de détournement, contre-sens productifs, lectures biaisées seront considérées ici non comme des rapts illégitimes mais au contraire comme les preuves d’une intégration complète de la référence française dans le champ politique et intellectuel, universitaire ou artistique américain. Intégration qui donne parfois en terre américaine une nouvelle vie à des phénomènes devenus moribonds ou répétitifs en Europe. Dans cette circulation culturelle franco-américaine, les contre-temps, les effets de la décontextualisation expliquent bien souvent les malentendus que la vulgate réduit à un affrontement héroïque.
Ludovic Tournès abordera la question des vecteurs de l’américanisation de la France à partir du cas des fondations américaines (notamment la Rockefeller et la Ford), dont la politique scientifique internationalemenée entre les années 1920 et 1960 est à l’origine de transferts de savoirs et de pratiques venues des Etats-Unis, et ce, dans des champs aussi divers que la biologie, la médecine, la santé publique, l’économie et la sociologie. Remettant en cause l’idée encore trop souvent reçue d’une américanisation limitée à la culture populaire, l’étude de ces institutions typiquement américaines que sont les fondations philanthropiques constitue un observatoire privilégié pour observer l'affirmation de l'universalisme américain au XXe siècle et la dynamique de son déploiement à partir de la première Guerre mondiale.

Bibliographie :
" La diplomatie culturelle de la fondation Ford. Les éditions Intercultural Publications (1952-1959) ", XXe siècle. Revue d’histoire, octobre-décembre 2002, pp. 65-77.
" Mass communications and the foundations : Rockefeller, Ford and the Role of Radio (1935-1964) ", in Giuliana Gemelli and Roy MacLeod (dir.), American Foundations in Europe : Grant-giving Policies, Cultural diplomacy and Trans-atlantic Relations, 1920-1980, Actes du colloque (Amalfi, 28-30 juin 2001), Bruxelles, Peter Lang, 2003, pp. 129-144.
" Les boursiers français du programme Fellowships and Scholarships de la Fondation Rockefeller, 1917-1970 ", base de données, site internet de l’Institut Pasteur, http://www.pasteur.fr/infosci/archives/f-rock.html, juillet 2003, dernière mise à jour en juillet 2003.
" Les élites françaises et l’américanisation : le réseau des boursiers de la fondation Rockefeller (1917-1970) ", Actes du colloque (université Paris-I/Institut de Hautes Etudes Internationales de Genève, 13-14 juin 2003), Relations internationales, n° 116, novembre-décembre 2003.

Hervé MARTIN : L’histoire culturelle du Moyen Age à la recherche d'un concept fédérateur, entre « mentalités », «culture », « représentations » et « idéologie »
Le but de cette communication est d'essayer de faire le point sur les usages de mentalités, culture, représentations et idéologie par les médiévistes, en s'appuyant sur des cas précis et en tirant parti des résultats d'une enquête conduite à la demande du CISAM de Spolète sur les Atti delle Settimane di Studio publiés entre 1954 et 2000. S'agit-il d'un simple problème de mots, ou les enjeux des choix terminologiques opérés par les différents auteurs sont-ils plus profonds ? Comment dépasser ces divergences ? Est-il possible de suggérer le recours à un concept fédérateur, qui pourrait être celui de système culturel de représentations ?

Laurent MARTIN : De l’histoire culturelle aux sciences du psychisme, et retour
La dimension psychique de l’activité humaine pose problème aux historiens. Les disciplines qui s’y consacrent sont tenues en lisière de la démarche historique et leurs débats internes, souvent virulents, y rencontrent peu d’échos, quand ils n’alimentent pas la méfiance à l’égard de savoirs qui semblent si peu assurés de leur objet. L’ignorance — réciproque — s’autorise d’un jeu d’oppositions apparemment irréductibles : le passé versus le présent, le social versus l’individuel, le phénoménal versus l’invisible, l’intérieur, l’intime. Pourtant, des ponts existent. Du côté des sciences de la psyché, avec la psychohistoire, la psychologie sociale et historique, la psychanalyse ; du côté de l’histoire, avec l’histoire des mentalités, des sensibilités, de la culture. Il s’agira donc pour nous d’examiner quels sont les allers et retours possibles entre ces rives opposées d’un même courant de questions sur l’humain, de mettre à jour leurs points de rencontre et de rupture (en particulier sur les thèmes de l’identité, de la représentation, de la biographie, de la communication de masse), en somme de déterminer quels usages l’histoire culturelle du contemporain a pu et peut encore faire de la psychologie entendue au sens le plus large.

Références bibliographiques :

P. Ansart, les Cliniciens des passions politiques, Paris, Seuil, 1997.
T. Adorno (et al.), The Authoritarian Personality, New York, Norton, 1969.
S. Barrows, Distorting mirrors. Visions of the Crowd in late Century France, Yale UP, 1981.
A. Besançon, Histoire et expérience du moi, Paris, Flammarion, 1971.
A. Corbin, le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot, Paris, Flammarion, 1998.
A. Dupront, " Problèmes et méthodes d’une histoire de la psychologie collective ", Annales ESC, janvier 1961.
A. Dupront, " L’histoire après Freud ", Revue de l’Enseignement supérieur, n°44-45, 1969.
R. Binion, Introduction à la psychohistoire, Paris, PUF, 1982.
M. de Certeau, Histoire et psychanalyse, entre science et fiction, Paris, Gallimard, nouv. éd. 2002.
E. H. Erikson, Adolescence et Crise. La quête de l’identité (1968), trad. française Flammarion, 1972.
S. Freud, Psychologie des foules et analyse du moi (1921), trad. française, Payot, 1981.
S. Freud, le Malaise dans la culture (1930), trad. française PUF, 1995.
S. Friedländer, l’Antisémitisme nazi. Histoire d’une psychose collective, Paris, Seuil, 1971.
S. Friedländer, Histoire et psychanalyse : essai sur les possibilités et les limites de la psychohistoire, Paris, Seuil, 1975.
E. Fromm, la Peur de la liberté (1941), trad. française Buchet-Chastel, 1973.
P. Gay, Weimar Culture. The Outsider as Insider, Londres, Secker et Warburg, 1969.
A. Giddens Modernity and Self-Identity : Self and Society in the Late Modern Age, Stanford, 1991.
D. Jodelet, J. Viet et P. Besnard, la Psychologie sociale, La Haye, Mouton, 1970.
G. Le Bon, la Psychologie des foules, 1895, nouv. éd. PUF, 2002.
H. Marcuse, Eros et civilisation (1962), trad. française Seuil, 1973.
I. Meyerson, Ecrits, Paris, PUF, 1987.
S. Moscovici, l’Age des foules, Paris, Fayard, 1981.
S. Moscovici (dir.), Psychologie sociale, Paris, PUF, 1984.
F. Parot (dir.), Pour une psychologie historique, Paris, PUF, 1996.
David E. Stannard, Shrinking History : on Freud and the Failure of Psychohistory, Oxford UP, 1980.
G. Tarde, l’Opinion et la foule, rééd. PUF, 1989.
S. Tchakhotine, le Viol des foules par la propagande politique (1939), nouv. éd. Gallimard, 1952.
Fred Weinstein, Gérald M. Platt, Psychoanalytic Sociology : an Essay on the Interpretation of Historical Data and the Phenomenon of Collective Behavior, The John Hopkins Press, 1973.

Jean-Yves MOLLIER : L'histoire du livre, de l’édition et de la lecture
Jeune puisqu'elle a débuté au début des années 1950 à l'instigation de Lucien Febvre, cette discipline a tenu, au Québec, en mai 2000, sa première rencontre au niveau mondial. A cette seconde date, elle rassemble près de 2000 chercheurs venus d'horizons divers, l'histoire, la littérature, la sociologie, les langues ou les bibliothèques principalement. Carrefour disciplinaire par conséquent, se nourrissant des apports de la recherche en histoire économique, sociale, politique et culturelle, comme des regards que la sociologie pose à l'apprentissage de la lecture ou l'ethnologie à la place du livre dans les sociétés, elle cherche à penser les pratiques des hommes en matière de culture imprimée ou de civilisation de l'écrit. Soucieuse de ne pas occulter les conditions de production, à chaque époque et en chaque lieu, de même que celles de la diffusion du livre et de l'imprimé — tous les imprimés, et pas seulement le livre de bibliothèque — elle ne passe à l'étude de la réception des textes qu'à l'issue de cette ascèse qui lui évite, en principe, d'échafauder de belles constructions théoriques reposant sur du sable. Exigeante par conséquent, difficile et longue à mettre en œuvre, l'histoire du livre, de l'édition et de la lecture cherche à comprendre l'évolution des sociétés, qui, dans la plus grande diversité de leurs conditions d'épanouissement, ont fait un usage plus ou moins important de l'écrit ou, plus tard, de l'imprimé.

André RAUCH : La sensibilité. Frontière entre les sexes ?
L'étude du genre s'est beaucoup enrichie de l'histoire des femmes et de l'étude des inégalités hommes / femmes. Les identifications de genre ont ainsi retenu l'attention des historiennes et des historiens, mais aussi des sociologues ou des anthropologues, qui ont signalé le déplacement des frontières à partir desquelles se distinguent les sexes. La question de la « différence » est devenue cruciale : est-elle « naturelle », c'est-à-dire existe-t-elle essentiellement entre hommes et femmes, ou reste-t-telle dans notre société comme un reliquat de l'inégalité entre les sexes ? Elle serait appelée dès lors à disparaître sous les effets de la démocratisation de l'éducation, de la participation politique et de l'activité économique.
Se pose ici le problème de la sensibilité, pierre angulaire de cette réputée différence. Sensuelle, d'abord, affective ensuite, sentimentale aussi, intellectuelle sans doute. Bien d'autres formes encore. Comment historiennes et historiens de la sensibilité ont-ils développé cet aspect de l'histoire culturelle aux XIXe et XXe siècles ? Une interrogation retiendra plus particulièrement la réflexion : quelle « insensibilité » en est-il résulté pour identifier les hommes, en comprendre l'éducation, en interpréter les initiations, en construire les personnalités ? Peut-on conlure aujourd'hui, comme l'ont prétendu quelques auteurs après la Grande guerre, que leur espèce a disparu ? Les hommes, les vrais, sont-ils sensibles ?

Marie-Eve THÉRENTY : Pour une histoire culturelle des poétiques au XIXe siècle
Les développements récents de l'histoire culturelle ne peuvent qu'inviter l'histoire littéraire non seulement à réfléchir sur ses propres objets mais aussi à tirer inspiration de la nouvelle discipline. Sans négliger la spécificité du fait littéraire, il semble bien cependant que l'étude historique de l'ensemble des discours sociaux et culturels concomitants est essentielle pour appréhender certaines mutations littéraires. L'étude des faits médiatiques par exemple ou celle du spectacle et des loisirs (les scènes classiques mais aussi beaucoup plus largement les cabarets, les cafés concerts, les bals) et surtout la prise en compte de tous les discours qui découlent de ces phénomènes culturels (le reportage, la chronique, l'interview, la blague, l'enquête sociale) permettent de comprendre des mutations poétiques et génériques majeures du XIXe siècle (en vrac le roman réaliste, le poème en prose, le monologue comique, l'œuvre-monde) et d'inviter à considérer les écrivains comme les principaux médiateurs-transformateurs d'une histoire culturelle qui excède évidemment l'histoire littéraire classique. Nous souhaiterions en appeler à une histoire culturelle des poétiques qui prendrait en compte les spécificités des différents phénomènes discursifs d'une société, les effets de contamination entre ces discours et également la traduction poétique (et non pas thématique) par la littérature des faits culturels qui l'environnent.

Michel TRÉBITSCH : De l’histoire des intellectuels à l’histoire intellectuelle
S'il faut replacer les questions posées ici dans l'interrogation bien plus vaste qui est au cœur de ce colloque sur le statut de la culture et du «culturel » dans la période très contemporaine, cette communication poursuit en fait une réflexion critique amorcée ici-même lors du colloque S.I.E.C.L.E. de 2002 sur la fonction — mission ou jeu de rôles — de l'histoire des intellectuels depuis qu'elle est apparue sur la scène historiographique il y a une vingtaine d'années. L'intention globale est de remettre en cause ce qu'on peut qualifier d'approche externaliste (qu'elle soit sociologique dans la mouvance de Pierre Bourdieu ou politique dans celle de Jean-François Sirinelli) de la construction d'objets, de méthodes et d'outils qui a dominé cette historiographie. On propose à l'inverse de centrer le questionnement sur la production, la création intellectuelle, de chercher dans les « contenus » la signification des prises de position dans le champ intellectuel, de passer, en ce sens, à une histoire intellectuelle des intellectuels. Sur le modèle de la réflexion conduite par Gisèle Sapiro sur les luttes de légitimité autour de l'idée nationale pendant la guerre et l'Occupation, on peut montrer que des notions telles que crise du roman, réalisme, humanisme, etc..., peuvent être au cœur d'une analyse des prises de position, y compris politiques, des intellectuels.

Sylvain VENAYRE : Histoire des représentations et histoire des sensibilités
Depuis une petite trentaine d'années, l'histoire des représentations s'est imposée comme un des champs de l'histoire. Il s'agit ici de faire le récit de cette irruption, parfois jugée envahissante, à partir de la littérature critique sur l'hstoire des représentations ainsi que des travaux pratiques des historiens. La notion de représentation, toutefois, pose problème, et on ne l'envisagera qu'en termes de perception, c'est-à-dire dans le rapport qu'elle entretient avec l'histoire des sensibilités. On tâchera ainsi d'examiner la généalogie généralement attribuée à cette histoire. Celle-ci va de l'histoire des « mentalités » aux emprunts variés aux autres sciences humaines, en passant par l'apport décisif de la pensée de Michel Foucault, sur laquelle il conviendra de revenir, afin de faire de cette histoire parfois décriée pour son idéalisme, tout au contraire, une base solide pour une histoire peut-être bien « positiviste ».
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BIBLIOGRAPHIE :

Agulhon (Maurice), Marianne au combat : l’imagerie et la symbolique républicaines, vol. 1 : de 1789 à 1880 ; vol. 2 : de 1880 à 1914, Flammarion, 1989.
Audoin-Rouzeau (Stéphane), La Guerre des enfants, 1914-1918. Essai d’histoire culturelle, Paris, Armand Colin, 1993.
Baecque (Antoine de), Cinéphilie. Invention d’un regard, histoire d’une culture, Paris, Fayard, 2003.
Barker (C.), Cultural studies. Theory and Practice, Londres, Sage, 2000.
Barbier (Frédéric), Bertho-Lavenir (Catherine), Histoire des médias, de Diderot à Internet, Armand Colin, 2000.
Bénéton (Philippe), Histoire de mots : culture et civilisation, Paris, Presses de la fondation nationale des sciences politiques, 1975.
Bénichou (Paul), Le Sacre de l’écrivain. Essai sur l’avènement d’un pouvoir spirituel laïque dans la France moderne, Gallimard, nouvelle éd., 1996.
Berenson (Edward), The Trial of Madame Caillaux, Chicago, University of Chicago Press, 1993.
Bernstein (Serge) (dir.), Les cultures politiques en France, Le Seuil, 1999.
Bonnell (Victoria E.) et Hunt (Lynn) ed., Beyond The Cultural Turn, London/Berkeley/Los Angeles, University of California Press, 1999.
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Lieux

  • Cerisy-la-Salle, France

Dates

  • lundi 23 août 2004

Contacts

  • CERISY #
    courriel : info [dot] cerisy [at] ccic-cerisy [dot] asso [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurent Martin
    courriel : laurent [dot] martin [at] univ-paris3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoire culturelle du contemporain », Colloque, Calenda, Publié le samedi 10 janvier 2004, http://calenda.org/188687