AccueilLes Français peints par eux-mêmes

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Publié le dimanche 18 janvier 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Journée organisée par le séminaire de recherches sur la littérature panoramique de l’équipe « Littérature et civilisation du XIXe siècle » de l’université Paris 7-Denis Diderot

Annonce

Le séminaire de recherches sur la littérature panoramique de l’équipe
« Littérature et civilisation du XIXe siècle » de l’université Paris 7-Denis Diderot

organise une Journée d’étude sur

Les Français peints par eux-mêmes

Maison de Balzac

47, rue Raynouard
75016-Paris


Samedi 31 janvier 2004
de 9h 15 à 18 h 30

Matinée : 9 h 15

1. Le dispositif panoramique

Présidence : Ségolène LE MEN


Boris LYON-CAEN (Toulouse-Le Mirail), Discours et récit
Judith LYON-CAEN (Paris 10), L'esprit de sérieux

Présidence : Claude DUCHET

Marie-Eve THERENTY (Montpellier), Les Français peints par le rire
Christelle COULEAU (Versailles-Saint-Quentin), L’auteur panoramique


Après-midi : 14 h 30

2. Le laboratoire des identités

Présidence : Nicole MOZET

Anne-Emmanuelle DEMARTINI (Paris 7-Denis Diderot), Être Français : les provinces
Jean-Dominique GOFFETTE (Paris 8), La figure de l'ouvrier et la représentation du monde du travail

Présidence : Charles GRIVEL

José-Luis DIAZ(Paris 7-Denis Diderot), Le monde littéraire
Isabelle MICHELOT (Paris 4), Illusions et vertiges d’un monde en marge (la mère d’actrice, la figurante, l’élève du conservatoire, la cantatrice de salon)

Groupe de recherche sur la littérature panoramique
en collaboration avec la Maison de Balzac


Notre groupe de recherches a déjà abordé l’étude de la « littérature panoramique » à l’occasion de divers exposés de séminaire et lors d’une première demi-journée d’étude à la Maison de Balzac :

— Marie-Ève THERENTY (littéraire, Montpellier II) : La littérature panoramique ou la galerie des glaces
— Jean-Claude BONNET : Louis-Sébastien Mercier, piéton de Paris
— Judith LYON-CAEN (Paris X) et Dinah Ribard, Paris III) : Représenter le XIXe siècle dans l’immensité de ses agitations
— Karlheinz STIERLE, (Université de Constance), Paris, empire des signes ou capitale du mythe

Il s’est assigné trois champs de recherches complémentaires :

1. La littérature panoramique, de Sébastien Mercier à Charles Virmaître


Il s’agit d’abord de prendre en considération cette littérature que Walter Benjamin nous propose de rebaptiser « panoramique », de l’étudier en elle-même et pour elle-même, en s’attachant à définir sa chronologie et ses différentes formes. Car le paradoxe, c’est que, hors rares exceptions, ces « Tableaux de mœurs », ces « Tableaux de Paris », mais aussi ces « Physiologies », ces « Codes », ces « Guides », ces « Voyages à Paris » - dont la Bibliographie parisienne de Paul Lacoste nous offre un recensement opulent - n’ont pas beaucoup été étudiés en tant que tels, mais en tant que fournissant des informations sur l’évolution des mœurs.

2. Paris, ville-spectacle


Un second pôle de recherches consistera à s’attacher à la problématique urbaine, en privilégiant les lieux et les problématiques déjà hantés par les critiques - les « passages » de Walter Benjamin, l’« omnibus » et le « flâneur » de Karlheinz Stierle, les « boulevards » (un numéro de Romantisme est en préparation sur ce thème), etc. - mais aussi en ouvrant la perspective. Hypothèse de départ : l’idée que le Paris du XIXe siècle est à la fois un lieu de passage mais aussi un lieu qui s’offre en spectacle, se construit selon une logique de la représentation, cela en particulier sous l’influence des nécessités du déploiement visuel de la marchandise. De là une logique du visible et de l’invisible, du montré et du caché : il y a, d’une part, ce qu’on exhibe, les lieux que les tableaux de Paris visitent sans cesse (le Palais-Royal, les passages, les Panoramas, les jardins, etc., hauts-lieux d’un Paris-de-convention) ;l et, de l’autre, le « Paris inconnu » (Privat d’Anglemont), celui des égouts, de la morgue, de la nuit, des « filles », des halles, qui accèdent à une visibilité compensatrice, à mesure le XIXe siècle avance.

3. La littérature panoramique et la transformation des identités


Enfin, un dernier champ de recherches consistera à reprendre le fil conducteur initial du séminaire, celui des mutations identitaires dont ces « Tableaux de mœurs » et ces « Physiologies » sont, au même titre que le roman contemporain (en particulier balzacien), à la fois des observateurs et des « manipulateurs ». Il s’agirait donc d’étudier le tableau des identités mouvantes que nous présentent ces ouvrages collectifs ; de voir comment ils sélectionnent les personnages de la « comédie sociale » (le gamin, la grisette, l’étudiant, le rapin…), fixent des « types », reviennent inlassablement sur des types-vedettes, quitte à laisser dans l’ombre d’autres pans du tissu social.

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La présente journée se propose de prendre pour objet d’étude un des fleurons de cette littérature-là : Les Français peints par eux-mêmes, Paris, Louis Curmer, 1839-1842, 8 volumes (les cinq premiers consacrés à Paris, les trois derniers à la province). Il s’agit ainsi de profiter de la publication récente d’un partie de cet ouvrage aux Éditions Omnibus (en un volume qui recueille les t. I et II de l’édition originale). Ce qui revient à préluder à l’étude d’ensemble de la littérature panoramique par l’analyse d’un corpus monographique, mais cela en essayant de définir de manière comparatIve la spécificité des Français au regard des autres « Tableaux de mœurs » contemporains.

Deux des champs de recherche retenus seront explorés :
1. Le dispositif générique et énonciatif tel que le re(définissent) Les Français peints par eux-mêmes.
2. Quelques-unes des identités sociales dont Les Français peints par eux-mêmes proposent le tableau.


Nota

A l’occasion de cette journée, la Maison de Balzac va mettre sur son site (http://www.paris.fr/musees/Balzac/default.htm) une importante série de documents : bibliographie des travaux sur la littérature panoramique, chronologie des principaux ensembles, reproduction des pages de titres, des tables des matières, des introductions ainsi que de certains articles, en particulier ceux de Balzac : L’Hermite de la Chausse d’Antin (1813-1814), Paris ou le livre des cent-et-un (1831-1834), le Nouveau Tableau de Paris (1834-1835), Les Français peints par eux mêmes (1839-1842), La Grande ville. Nouveau Tableau de Paris (1842-1843), Le Diable à Paris (1845-1846),

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 31 janvier 2004

Source de l'information

  • José-Luis Diaz
    courriel : jldiaz [at] ccr [dot] jussieu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Français peints par eux-mêmes », Journée d'étude, Calenda, Publié le dimanche 18 janvier 2004, http://calenda.org/188720