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Identités et construction du lien social

lloque international de Carthage, Tunisie

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Publié le mardi 20 janvier 2004 par Marin Dacos

Résumé

L’Unité de recherche sur l’analyse du changement social (Faculté des Sciences Humaines et Sociales Université de Tunis) en collaboration avec l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF) organise un colloque international sur l

Annonce

L’identité sociale est la conscience d’appartenir ou de participer à la vie de certains groupes sociaux. Elle se forme dans l’interaction avec l’identité personnelle et se définit comme un ensemble de représentations, de sentiments, de connaissances, de souvenirs et de projets rapportés à ce qui est considéré comme un soi. L’observation du social nous autorise à penser que les identités font l’objet d’une négociation permanente par les sujets ou les acteurs sociaux et que les liens qui leur servent de support sont moins donnés que construits, contrairement à ce que laissaient croire certains paradigmes classiques de la sociologie. Plus que jamais, les questions sur lesquelles les sciences sociales sont invitées à réfléchir sont les suivantes : à l’encontre de certaines lectures qui déplorent l’affaiblissement du lien social et la fin des solidarités collectives ne serions-nous pas plutôt face à une recomposition de ces liens et à leur transformation favorisés, entre autres, par les processus d’individuation en cours ? Peut-on parler d’un déclin des identités assignées et contraintes ? L’observation de certains contextes sociaux ne remet-elle pas en question une telle affirmation au point de nous pousser à nous demander si nous sommes en train d’assister à la disparition des identités globalisantes et totalisantes ou, au contraire, à leur résurgence ?

La connaissance sociologique a de plus en plus tendance à appréhender la construction du lien à partir de l’individu-acteur et de sa capacité à produire du social. Sur le plan méthodologique, les grilles de lectures adoptées favorisent des perspectives microsociologiques où les pratiques ordinaires deviennent des lieux de production des identités, des mécanismes d’inclusion et d’exclusion, des formes de mise à distance et de proximité.

Nous proposons quatre axes de réflexion :

1- Institutions, ressources et construction des identités et des liens sociaux :
Les liens et les identités peuvent être envisagés dans leur dépendance à des normes prescrites et à des institutions (la famille, la profession, etc.) qui leur servent de garants. Dans ce cas, ce qui fait lien, c’est le partage de valeurs et de normes d’action qui donnent le sentiment d’appartenir à quelque chose de commun et qui définissent la place de chacun dans ce commun. Mais le lien peut être appréhendé également comme une relation intersubjective où les acteurs en jeu mobilisent des ressources qui leur permettent, à travers un ensemble d’actes quotidiens et de rites d’interaction, de négocier les normes qui leur conviennent, qu’il s’agisse de rapports intergénérationnels, de rapports sociaux de sexe ou de relations d’affinité amicale.

2- Les liens sociaux entre privé et public, rupture et recomposition :
La construction des liens suppose la production de frontières, engendre des mécanismes d’inclusion et d’exclusion, des formes de distanciation, mais aussi de sociabilité et de “ connexion ” jusque-là inédites (mise en réseau, communication virtuelle, etc.). La rupture de certains liens sociaux et la dislocation de certaines formes de solidarité qui les accompagnaient (solidarité vicinale, inter-générationnelle, etc.) ne constitueraient-elles pas un écran qui nous empêche de voir la recomposition du lien social et l’émergence de nouvelles solidarités (associatives, par exemple) ? Le bouleversement des limites entre le privé et le public, les formes de “ filtrage ” du lien qu’ils impliquent et les changements qui affectent la vie urbaine et la sociabilité de proximité ou de voisinage interpellent les spécialistes en sciences sociales et les poussent à revoir leurs concepts et leurs grilles d’analyse.

3- Identités et citoyenneté :
La compétition des identités, leur hiérarchisation ou leur architectonique est au cœur de la question citoyenne. La fragilisation de l’Etat-nation et le dynamisme des identités de base (groupements de quartier, associations, etc.) dans certains contextes et la résurgence d’identités totalisantes dans d’autres contextes (intégrismes religieux) constituent des objets d’investigation de première importance, en indiquant les lignes de fracture qui traversent le social et les formes de recomposition et de cohésion possibles qu’il recèle.

4- Identités et imaginaires :
Les identités se fondent sur des socles imaginaires, produisent des topographies sacrées et des géographies mythiques. Les imaginaires construits autour de la “ tradition ” qui se réfèrent à l’héritage du passé et à l’idée d’un lieu propre, ceux tournés vers le futur ou vers l’ailleurs ou ceux produits par les médias font l’objet d’un travail de bricolage symbolique et témoignent d’une manipulation permanente des référents qui se reconnaît rarement comme telle. Les rites de passages, les symboliques diffuses dans les pratiques quotidiennes (culinaires, vestimentaires, sexuelles, etc.) sont des lieux d’inscription et de négociation des identités.

Ce colloque de dimension internationale, qui réunira des chercheurs en sciences sociales de divers pays (Maghreb, Europe, Afrique, Amérique du Nord), contiendra également un aspect interdisciplinaire à travers l’organisation d’une table ronde intitulée « Identités et lien social à la croisée des disciplines ».

Catégories

Lieux

  • Tunisie
    Carthage, Tunisie

Dates

  • lundi 08 mars 2004

Contacts

  • Association internationale des sociologues de langue française
    courriel : aislf [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Identités et construction du lien social », Colloque, Calenda, Publié le mardi 20 janvier 2004, http://calenda.org/188725