AccueilGroupes sociaux et territoires urbains (Moyen Age-XVIe siècle)

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Publié le mardi 17 février 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Appel à communications dans le cadre du Programme Pôle d’Attraction Interuniversitaire—Politique scientifique fédérale : La société urbaine dans les anciens Pays-Bas. Bas moyen âge-XVIe siècle.

Annonce

Groupes sociaux et territoires urbains (Moyen Age-XVIe siècle)

Colloque international organisé dans le cadre du PAI V/10


Programme Pôle d’Attraction Interuniversitaire—Politique scientifique fédérale : La société urbaine dans les anciens Pays-Bas. Bas moyen âge-XVIe siècle


Appel à communications
Lieu : Université Libre de Bruxelles
Date : 2-4 décembre 2004
Langues du colloque : français-anglais
Propositions de communications : A soumettre avant le 30 avril, sous la forme d’un abstract d’environ 300 mots.
Personne de contact : Dr Chloé DELIGNE, Section d’Histoire, ULB, 50, av. Roosevelt, 1050 Bruxelles, CP 175/01. Tél : 32 2 650 38 07, fax 32 2 650 39 19, Email : cdeligne@ulb.ac.be
Voyage et logement pris en charge pour les intervenants

Présentation :
La notion de groupe social au Moyen Age recouvre des réalités variées qui vont de l’ensemble de populations jouissant d’un certain statut matériel au clan familial ou au groupement professionnel, en passant par la confrérie militaire, la congrégation ou encore la communauté religieuse.
Les recherches de la dernière décennie ont montré à quel point il est difficile de faire passer des lignes de démarcation claires entre ces différentes appartenances, qui souvent se recouvrent et interagissent sur les comportement collectifs. Elles ont montré aussi l’absence d’homogénéité des différents groupes, qui se manifestent, sur la scène urbaine.
Les travaux des historiens ont utilisé avec fruit des notions comme celles de réseau social, issu d’autres sciences humaines, pour appréhender la complexité de la réalité ancienne. C’est dans toute sa souplesse d’acceptation que les organisateurs du colloque entendent que soit mise en œuvre la notion de groupe social.

La notion de territoire urbain peut, elle aussi, s’appréhender à différents niveaux ou échelles. Il y a le territoire urbain stricto sensu, c’est-à-dire l’assiette territoriale limitée par une éventuelle muraille, avec ses quartiers et ses paroisses qui sont autant de territoires inclus. Il y a aussi le territoire au sens large, celui qui s’étend au-delà de la muraille et sur lequel les différents groupes sociaux internes et externes à la ville tentent d’asseoir leur contrôle en vue d’assurer leur survie, leur fortune ou leur pouvoir. Cet hinterland constitue un champ particulièrement intéressant pour observer les effets des logiques sociales urbaines sur l’espace et l’aménagement de celui-ci.
A l’échelon supérieur encore, les zones d’influence respectives des villes d’une principauté ou d’un Etat s’enchevêtrent et s’organisent à travers des processus de conflits / régulations. Les routes, les ponts, les canaux, les rivières, les forêts ou les terroirs sont souvent les enjeux de ces processus et les hommes qui les parcourent deviennent dès lors des pions importants des politiques interurbaines.

Le colloque organisé à l’Université Libre de Bruxelles, dans le cadre du Pôle d’Attraction Inter Universitaire (PAI) « La Société urbaine dans les anciens Pays-Bas » et du Groupe de recherche « Destins de capitales et processus de normalisation » envisage l’exploration des deux approches : l’approche sociologique et l’approche territoriale.
Les contributions permettant une comparaison entre les anciens Pays-Bas et d’autres aires géographiques seront très bienvenues.

Trois axes thématiques charpenteront notre réflexion :
- l’évolution diachronique de l’organisation du territoire urbain
- les modalités de l’occupation du sol par les différents groupes sociaux
- l’instrumentalisation des liens entre la ville et l’extérieur et les conséquences spatiales de l’emprise urbaine.
Explicitation des axes thématiques :

La diachronie de l’organisation territoriale
De plus en plus, le processus d’émergence des villes médiévales est associé au phénomène d’unification progressive de différents noyaux anciens. Quels ont été les facteurs de l’homogénéisation de ces noyaux ? Quelle fut leur permanence au cours des siècles ?
L’historiographie récente retient l’idée d’une réduction progressive de la puissance privée au profit de la notion d’espace public. Dans quelle mesure cette vision n’est-elle pas idéalisée ? Les cas de Tournai, Bruxelles ou Liège invitent à réfléchir, au contraire, sur la pérennité des espaces privés et communautaires dans les villes des Pays-Bas. Une question à poser dans ce cadre concerne les paroisses. Comment les espaces sociaux qu’elles construisent se superposent-ils aux espaces lignagers ou aux espaces communaux ?
Le statut juridique des habitants, qu’ils soient membres des lignages ou des clans familiaux au pouvoir, des bourgeois ou du commun déterminent-ils la structure spatiale de la ville ? En d’autres termes y a-t-il des occupations spécifiques de l’espace. Y a-t-il des quartiers homogènes socialement et juridiquement ? Que faut-il penser de la mixité sociale des villes médiévales ? Sait-on quelque chose des dynamiques qui font évoluer les quartiers, tant socialement que morphologiquement ?
Les articulations socio-spatiales sont mouvantes. Les heurs et malheurs des alliances familiales sont en mesure de constituer de véritables bastions fonciers au cœur de la ville comme de morceler en de nombreuses parts les ensembles lentement construits.
L’apparition éphémère ou durable de quartiers « parias » s’éveillant ou s’éteignant au gré des conjonctures économiques ou morales est encore un aspect de la mutation permanente des espaces urbains.
L’admission à la participation politique de représentants des quartiers, évolution concernant de nombreuses villes, a été interprétée comme la mise en place d’un quadrillage et d’un contrôle plus serrés sur l’ensemble du territoire. Cependant, les quartiers ont aussi servi à la structuration de milices, ce qui pousse à se demander s’ils n’exerçaient pas à leur tour un contrôle sur le Magistrat.

L’occupation du territoire urbain

L’hydrographie et le relief sont des éléments structurants de l’espace urbain. Les quartiers laborieux s’installent au fil des eaux, le commerce s’établit là où la rivière est aménagée pour la réception des barques. Pôle commercial et pôle artisanal apparaissent très tôt dans la structuration urbaine et influent fortement sur l’artificialisation des cours d’eau : multiplication des bras de la rivière et savant partage des potentialités hydrauliques sont les marques du développement urbain. Berges et rives sont convoitées par des groupes souvent antagonistes : Quels ont été les résultats de ces frictions sur la structuration de la ville ?
Pourquoi certaines villes offrent-elles des patrons clairs de leur organisation fonctionnelles et d’autres moins ? Est-il possible d’identifier des schémas répétés de l’organisation spatiale, notamment dans le cas des filières artisanales ?
L’opposition entre haut et bas de la ville n’est-elle que le reflet d’une structuration sociale liée à la présence de l’eau ? Où et quand la symbolique spatiale intervient-elle ?
Quelles stratégies les pouvoirs et les groupes développent-ils pour s’assurer le contrôle sur l’espace urbain ?
Les circulations ritualisées (processions, cortèges, ommegangs) sont des expression d’emprise sur le territoire. Quel rôle jouent-elles sur l’aménagement de l’espace et sur la hiérarchisation des espaces urbains ?

La ville hors de la ville
La ville est impensable sans ses relations avec l’extérieur. L’aspect le plus connu de l’emprise urbaine réside dans la détention foncière des citadins en territoire campagnard. Mais là ne s’arrête pas l’influence.
Les groupes urbains éprouvent leurs rapports de forces respectifs sur les espaces ruraux périphériques. Ils s’affrontent en outre avec les non urbains. L’aménagement des territoires ruraux, l’accessibilité des ressources dépend des politiques urbaines de contrôle et d’accaparement.
La conquête des espaces extérieurs ne met pas que les villes en action, le prince est largement partie prenante. Privilèges fiscaux, octrois de juridictions, prérogatives de gestion des routes et cours d’eau, implantation de relais urbains sous la forme de couvents sont les outils essentiels de la conquête urbaine.
Le développement de larges zones d’influence crée la concurrence territoriale entre les villes. Conflits et négociations ponctuent l’histoire des hinterlands comme ils conditionnent la vie urbaine. Des paysages entiers sont modelés par les confrontations inter urbaines.

Catégories

Lieux

  • Bruxelles, Belgique

Dates

  • vendredi 30 avril 2004

Contacts

  • Dr Chloé DELIGNE
    courriel : cdeligne [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Benoît Beyer de Ryke
    courriel : benoit [dot] beyer [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Groupes sociaux et territoires urbains (Moyen Age-XVIe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 février 2004, http://calenda.org/188814