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Publié le mardi 17 février 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Malgré la faiblesse de leurs effectifs, les crises qui les traversent, les dissensions internes et externes qu’ils connaissent, voire les échecs qu’ils rencontrent, force est de reconnaître que les syndicats de salariés continuent de disposer d’une capacité de mobilisation certaine. Comment expliquer ce paradoxe ?

Annonce

Malgré la faiblesse de leurs effectifs, les crises qui les traversent, les dissensions internes et externes qu’ils connaissent, voire les échecs qu’ils rencontrent, force est de reconnaître que les syndicats de salariés continuent de disposer d’une capacité de mobilisation certaine. Comment expliquer ce paradoxe ? Est-ce le symptôme du désarroi des salariés confrontés à la remise en cause de leurs acquis sociaux ou au contraire la manifestation d’une capacité d’innovation tant au niveau des propositions relatives à l’amélioration de la condition salariale qu’au niveau des modes d’action susceptibles d’assurer un nouveau dynamisme ? Si les syndicats ont toujours été simultanément force de réaction ou de contestation et force de proposition et d’innovation, s’ils ont souvent joué sur le double registre de l’opposition et de la négociation, on peut néanmoins se demander si ne s’opère pas une métamorphose de l’action syndicale. Cela explique sans doute la volonté manifestée par la majeure partie des syndicats de se situer résolument du côté de la négociation et leur dénonciation des déficits en la matière, que celui-ci résulte de l’action autoritaire de l’Etat ou du recours à des formes de participation directe (référendum). Cette affirmation du primat de la négociation interroge d’autant plus que la remise en cause d’un certain nombre de principes par les employeurs et l’Etat se fait en effet non seulement au nom d’un principe de réalité mais d’une certaine conception de la justice, de l’équité voire de la démocratie. La négociation collective semble ainsi se détacher du préalable d’une alternative politique. Tendrait-elle à se recentrer sur les règles et les conflits de règles ? Et quel serait dès lors le rapport de cette nouvelle démarche à des actions portant sur des questions de fond ? Pour autant, la négociation ne va pas de soi. Sa promotion comme mode d’action privilégié en même temps qu’elle interroge les vieilles catégories (syndicats réformistes/syndicats révolutionnaires, syndicats de militants/syndicats d’électeurs, syndicats de contestation/syndicats de proposition, syndicats majoritaires, etc.), n’oblige-t-elle pas à repenser le dispositif contractuel et partenarial ? C’est ainsi l’ensemble de l’édifice qui mérite un examen nouveau : les niveaux de la négociation (européen, national, de branche, local), les domaines et les contenus et notamment la prise en compte du rapport travail / hors-travail et les nouveaux mouvements sociaux, la portée des accords, ce qui renvoie à la hiérarchie des règles, au rapport du contrat et de la loi et au statut de la dérogation, la définition des acteurs, ce qui réfère à la question de la représentativité et du paritarisme, mais aussi de la capacité de renouveler les militants et pose la question de l’identité syndicale...

C’est sur l’ensemble de ces dimensions que nous attendons des communications qui pourraient ou faire état d’expériences innovantes en la matière ou de réflexions prospectives.

Ce colloque s’adresse donc à la fois aux chercheurs et aux praticiens de l’action syndicale.

Trois grands thèmes pourraient plus particulièrement organiser les débats :

  1. action syndicale et démocratie sociale: quelles conceptions de la démocratie présupposent les nouvelles formes d’action syndicale ? Comment interrogent-elles la hiérarchie des règles et l’économie générale du système de régulation, les fondements et la légitimité de la représentativité, la démocratie représentative et la démocratie syndicale ?

  1. les acteurs de la négociation, ce qui pose la question de la dynamique syndicale aux divers niveaux de négociation, et notamment au niveau de l’entreprise : renouvellement des militants, mobilisation dans les PME, formation, intérêt et limite du mandatement, rôle et fonction des confédérations à ce niveau.

  1. les objets de la négociation : y a t-il de nouveaux objets qui apparaissent ? Sont-ils liés à des mouvements sociaux autour de grandes questions d’actualité ? Comment et en quels lieux sont-ils traités ? Capacité des syndicats à les prendre en charge ?

Les propositions d’intervention - 2000 signes - sont à faire parvenir au plus tard pour

le 30 mars 2004.

Catégories

Lieux

  • Rouen, France

Dates

  • mardi 30 mars 2004

Contacts

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Source de l'information

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Action syndicale et innovation sociale », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 février 2004, http://calenda.org/188817