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Recensement et interprétation des sources iconographiques musicales

La collecte des musiques traditionnelles et sa valorisation

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Publié le vendredi 27 février 2004 par Anne Gentil-Beccot

Résumé

Les deux premières éditions (2002 et 2003) du Plan interrégional de formation à la collecte ont connu un réel succès. De nombreux étudiants en ethnologie et anthropologie, archivistes, chercheurs et artistes, ont suivi cette formation qui avait pour objectif d’apporter un éclairage complet sur la « chaîne du collectage » en musiques traditionnelles, depuis la collecte jusqu’à l’exploitation et la valorisation de ces sources, en passant par la conservation et le traitement documentaire des archives sonores. Devant son succès et à la demande de la plupart des stagiaires, les organisateurs ont décidé de la reconduire, en étendant l’interrégionalité à Midi-Pyrénées et à la Corse et en l’étoffant de modules supplémentaires. Frais pédagogiques : 15 € / jour

Annonce

Saint-Jean-de Védas (34), Médiathèque Jules Verne

19-20 mars 2004

Organisé par le CLRMDT.


Vendredi 19 mars :

• 9h-12h : L’iconographie musicale et son apport à l’histoire des pratiques musicales : champs de recherche, méthodologie, bibliographie (Florence Gétreau).

Après avoir rappelé l’histoire de cette discipline et sa définition, Florence Gétreau approfondira les différents domaines thématiques de l’iconographie (représentation des instruments, musique et société, portraits de musiciens, allégories etc.). Elle abordera les méthodes de catalogage, présentera les organismes spécialisés au plan international et les corpus rassemblés. Elle commentera les ressources bibliographiques. Elle proposera enfin une visite de différentes bases de données et de sites spécialisés.


• 14h-15h30 : Les musiciens et la fête à travers des fonds photographiques héraultais (Pierre Laurence).

Quels renseignements spécifiques nous apportent les photographies sur la place des musiciens populaires dans la fête ?  Quels événements sont plus souvent représentés, quels autres ne sont presque jamais photographiés ? L’analyse portera sur des fonds de cartes postales et de photographies privées collectés dans l’Hérault.

Pierre Laurence est doctorant en anthropologie.

• 15h30-17h : Application méthodologique : l’iconographie des musiciens ambulants (Florence Gétreau)

S’appuyant sur les multiples dépouillements effectués à l’occasion de l’exposition Musiciens des rues de Paris (MNATP 1997), sur la base « Euterpe » et sur sa photothèque personnelle, elle proposera une analyse approfondie de documents se rapportant aux musiciens ambulants, notamment urbains. Elle prendra ses exemples du Moyen Age au XXe siècle et dans de nombreux pays d’Europe.

Conservateur du patrimoine, Florence Gétreau a consacré vingt années de sa carrière au Musée instrumental du Conservatoire national supérieur de musique de Paris et a été chef de projet du musée de la Musique de 1987 à 1992. Responsable du département de la Musique et de la Parole au Musée national des Arts et Traditions populaires de 1994 à 2003, elle dirige depuis 2004 l’Institut de recherche sur le patrimoine musical en France (Unité mixte de recherche CNRS/Culture/Bibliothèque nationale). Au sein de cette équipe, elle a créé en 1995 la revue scientifique Musiques-Images-Instruments (CNRS Editions). Elle enseigne l’organologie et l’iconographie musicale au Conservatoire de Paris.

Samedi 20 mars :

• 9h-10h-30 : Les pièges de l’interprétation en iconographie musicale : des sujets religieux d’iconographie musicale à ceux de la musique ménétrière (Luc Charles-Dominique)

Cette intervention tentera de mettre l’accent sur deux situations paradoxales de l’iconographie musicale historique : d’une part celle figurant, dans une iconographie religieuse, des instruments situés dans la sphère du populaire ; d’autre part, celle occultant d’une façon assez systématique (pour le domaine français tout au moins) l’iconographie de la musique ménétrière dans ses contextes historiques habituels. D’un côté, une inflation picturale d’instruments populaires dans des scènes hors contextes sociaux et rituels ; de l’autre, leur absence quasi générale (ainsi que celle des musiciens qui les jouent) dans des représentations faussement documentaires. Si l’on s’en tient au document lui-même, les erreurs d’interprétation sont possibles — et parfois avérées —. D’où la nécessité d’aborder ces divers types d’iconographie comme des genres allégoriques et d’y adapter le décryptage nécessaire.

Luc Charles-Dominique entré en 1977 au Conservatoire Occitan de Toulouse, en a occupé les fonctions de Directeur musical jusqu’en 1999, année où il est nommé Directeur du Centre Languedoc-Roussillon des Musiques et Danses Traditionnelles. Musicien et acteur culturel, fondateur de la revue musicale Pastel, chercheur et collecteur, il est l’auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages d’anthropologie musicale historique, notamment sur le personnage historique du ménétrier. Docteur en anthropologie, il est également Chargé de cours d’ethnomusicologie à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis.

• 10h30-12h : Réception et usages de la photographie en Cévennes : 1870-1930 (Jean-Noël Pelen).

L’exposé retracera les grandes lignes de la réception et des usages populaires de la photographie en Cévennes, de 1870 à 1930, dates rondes. Il enrichira ainsi l’histoire de la photographie par la prise en compte à la fois de ses pratiques ordinaires et de sa régionalisation. En second lieu sera posée la question de l’apport de cette étude à une connaissance plus fine de l’histoire et de l’ethnographie des Cévennes : que nous apprend de spécifique le corpus photographique ?

Jean-Noël Pelen, ethnologue, est chargé de recherche au CNRS. Il travaille sur les récits, dans leurs diverses formes et articulations : conte, chanson, légende, mémoire de la quotidienneté, récits de vie, récit de l’histoire, récit ethnographique…

 • 14h-17h : Comment faire parler des images muettes ? (Claude Ribouillaut).

Mis à part un traitement analytique de ce qui est représenté sur les images photographiques, on peut tirer de leur matière même une série d’informations permettant, notamment, de les dater. La séance se propose d’initier les participants à la reconnaissance de la plupart des procédés et de leurs dates d’invention et d’utilisation. On en tirera les leçons utiles à une meilleure conservation. On explorera aussi le domaine des cartes postales — procédés et lecture des types de dos.

Claude Ribouillault, qui habite les Deux-Sèvres, titulaire d’un DEA d’Histoire-Civilisation et Culture, de maîtrises de démographie et de préhistoire, est journaliste-photographe à Trad Magazine, mais également écrivain, chercheur et collectionneur. Il a réuni des milliers de pièces a priori un peu déconsidérées, parce que souvent anonymes : instruments de facture populaire, masques, marionnettes, cahiers de chansons, feuilles volantes… et photographies anciennes sur des thèmes ethnologiques et/ou musicaux.

Lieux

  • Saint Jean de Vedas

Dates

  • vendredi 19 mars 2004

Contacts

  • Luc Charles-Dominique
    courriel : luc [dot] charles-dominique [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Véronique Ginouvès
    courriel : veronique [dot] ginouves [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Recensement et interprétation des sources iconographiques musicales », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 27 février 2004, http://calenda.org/188849